Sauriez-vous ce qu'il advient si une personne mariée civilement voulait par la suite se marier avec une autre personne religieusement ?
En envisageant 2 cas : l'un où la personne a divorcé de son premier mariage, l'autre où il n'a pas divorcé (mais en ne prenant que le côté théologique et non légal français qui interdirait au prêtre de marier cette personne puisque qu'il ne s'est pas encore marier civilement)
Il faudrait distinguer : deux catholiques, deux baptisés, deux non baptisés, un baptisé avec un non baptisé, l'un se convertit, etc
ensuite il existe des situations dans lesquelles le mariage ne sera pas sacramentel mais seulement naturel, des privilèges, des exceptions, etc
Impossible donc de répondre précisément.
Dans tous les cas le "mariage civil" est absolument sans légitimité aucune.
Il ne vaut que comme preuve de l'intention des époux dans une certaine mesure, comme indiqué supra, notamment du fait
- que le mariage civil souvent offre un conception incompatible avec le mariage
- que le mariage civil peut être voulu simplement pour ses effets civils
Il faut aussi préciser de façon abstraite
- que l'Eglise considère qu'elle est seule compétente concernant le mariage, l'Etat n'ayant à connaitre que des effets purement civils can. 1672. Cette compétence inclue tout mariage, y compris entre non baptisés.
- que l'orthodoxie conserve une théologie tout à fait acceptable mais notoirement différente de la notre sur certains points, de sorte que l'on ne peut être trop affirmatif par exemple sur la nature de l'intervention du ministres sacré, la nature contractuelle (échange des consentements), l’indissolubilité, etc. On peut dire que selon la discipline latine il en va de telle sorte can. 11. N.B. il n'y a pas de contradiction entre cette limitation et le premier tiret : l'Eglise est seule compétente quant au mariage mais tout mariage n'est pas soumis à la forme canonique de l'Eglise latine.
- qu'il y a une "vérité juridique", c'est à dire que parfois la solution juridique ne collera pas parfaitement à la réalité.
pour s'en tenir au plus simple
* Deux personnes catholiques ne sont pas mariés s'ils ne le sont "religieusement" can. 1117.
Elles ne sont pas mariés du fait que catholiques elles ont entendu exclure un élément essentiel : le sacrement.
Il en va donc autrement si l'exclusion de cet élément n'est pas intentionnelle : impossibilité matérielle, morale, exceptions, etc. le can. 1108 vous donnera une idée.
C'est dire que deux catholiques "divorcés civils" d'un "mariage civil" sont en principe libres de se marier, [ceci quant à la valeur du mariage civil] : pour l'Eglise ils sont des concubins.
Voyez Familiaris Consortio l’hypothèse d'un catholique qui ne se serait pas marié "religieusement" motivé par un faux respect de la liberté de croyance de son conjoint, pour ne pas lui imposer sa foi, etc : on ne peut les tenir comme célibataires, mais le catholique ne peut non plus recevoir les sacrements tant que sa situation n'est pas tranchée.
[Quant à l'intention] : il se peut que les époux "civils" se soient unis avec l'intention de se marier, et que les éléments constitutifs du mariage étaient présents et voulus. Il y a lieu en ce cas de solliciter la reconnaissance du mariage (entendu comme échange des consentements) afin de recevoir la grâce sacramentelle et de devenir légitimement mariés (entendu ici comme l'état de mariage). C'est la procédure de convalidation : dispense
in radice.
Peut on frauder et alors qu'on voulait se marier de bonne foi invoquer ensuite un défaut afin de pouvoir se marier avec un autre devant l'Eglise. C'est possible, nous sommes sur terre. il faudrait alors en discuter de façon plus précise.
la seconde question est sans portée concrète : on ne voit pas, même si la condition canonique n'existait pas, une personne liée civilement à une autre superposer un second lien. Dans aucun cas :
pour le mariage "religieux" qu'une personne demeure liée à une autre serait une cause d’empêchement au mariage,
pour le "mariage civil" : il est impossible de contracter deux mariages ; une fois la polyandrie ou polygamie reconnus, ce sera un unique poly-mariage.
* mariage entre un catholique
- et un non baptisé : mariage dispar, en principe invalide pour la raison exposé dans le premier paragraphe.
- et un non catholique : mariage mixte : can 1124 il faut au minimum un ministre sacré pour la validité.
* l'union de deux non baptisés peut être valide si les éléments constitutifs sont présents, sans avoir à satisfaire aux formes canoniques.
Mais pour redire, ce n'est pas le fait qu'ils aient contractés un mariage civil qui fait qu'ils sont mariés.
En ce cas le mariage, naturel, sera indissoluble. Syllabus n° 67 par exemple.
Il existe le privilège Paulin pour la partie qui se convertirai, la faveur de la Foi primant sur la faveur du mariage.
voilà en bref, vous m'excuserez de ne pas pouvoir être plus précis.