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La vigne et les sarments

Publié : mer. 13 mai 2009, 10:56
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.

Le sarment qui ne donne pas de fruit est coupé. Mais le sarment qui donne du fruit, lui aussi, subit un élagage afin de porter plus de fruit encore. Il est essentiel de demeurer dans le Christ comme le Christ demeure en nous, ce qui veut dire: non de manière passive, mais active. La sève, c'est le sang de la vigne : il faut chaque jour que la sève circule, que les branches tirent de jeunes pousses, que la vigne entière s'épanouisse. Et cela fait partie du bon entretien que les sarments secs soient enlevés, ramassés et jetés au feu.
De la même manière, si nous entretenons chaque jour nos échanges avec le Christ, tout devient possible. C'est une relation d'amour et un échange constant qui s'établissent, et tout ce que nous demanderons nous sera accordé, car le Père lui-même a soin de ceux qui servent sa gloire.

En lisant de nouveau ce passage, je remarque ceci: il est inévitable que des sarments sèchent et tombent, mais il ne nous est pas possible d'en juger. Il ne nous est pas possible de dire: le malheur d'untel prouve sa faute, car le malheur peut aussi bien être comparé à l'épreuve du sarment qui est "nettoyé". Puisque sans le Christ, nous ne pouvons rien faire, abstenons-nous de juger de quoi que ce soit, mais avançons d'un pas ferme et résolu, dans la confiance.

Le cep et les sarments

Publié : sam. 29 août 2009, 2:50
par ancilla
L'idée de Jean 15 est simple : tant que nous sommes en relation étroite avec Jésus; tant que la sève du Saint-Esprit coule en nous parce que nous sommes branchés spirituellement au cep qui est Jésus, nous portons du fruit. Par contre, si nous sommes des sarments séparés du cep, si notre vie se déroule sans être dans cette intimité avec le Christ, nous vivons, certes, mais nous ne portons pas de fruits.





Et si nous ne portons pas de fruit, cela pose un grave problème ! Pourquoi ?

Parce que Jésus dit: "tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, je le retranche". Pascal nous avait dit que ce mot retranché pouvait avoir aussi un autre sens, celui d'être élevé, ce qui signifierait : le sarment qui ne porte pas de fruit, Dieu l'élève, l'attache sur une palissade, ou le remet en place, en résumé, lui redonne une chance... Cette hypothèse est confirmée par Kühn et nous ouvre une réflexion nouvelle.
C'est vrai, Dieu nous donne et redonne sans cesse de nouvelles chances; il est très patient avec nous..à l'image de cette parabole du figuier dans Luc 13. Devant ce figuier qui ne porte pas fruit alors qu'il devrait en porter, le propriétaire -Dieu-demande au vigneron -Jésus- de le couper. Mais le vigneron demande un délai : "Attends encore cette année; je vais y mettre du fumier et peut-être que l'année prochaine il portera du fruit!"
Dieu est patient avec nous, c'est vrai, mais l'avertissement reste totalement valable: tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, finalement, dit Jésus.. je le retranche, je l'ôte !


Il faut prendre cet avertissement au sérieux : si je suis greffé à Jésus, c'est-à-dire chrétien déclaré, mais sans porter du fruit, sans mettre mes dons et mes talents à son service, la pince m'attend pour me retrancher. On n'aime pas trop en parler, mais c'est ce que le texte dit !
Donc il ne suffit pas d'être sauvé, Dieu attend de nous impérativement que nous portions du fruit.
J'aimerais maintenant prendre les choses sous un angle plus positif à travers une sorte de parabole, une histoire qui nous aidera à comprendre comment mieux porter du fruit.


De passage dans une grande ville un violoniste célèbre annonça qu'il donnerait son concert en se servant d'un " Stradivarius", le plus célèbre des violons. Il fit salle comble. Beaucoup étaient venus pour voir le violon aussi bien que l'artiste. Quand le musicien se mit à jouer, tout l'auditoire fut saisi par sa virtuosité et une ambiance magique régnait dans la salle.
Quand soudain, à la fin du premier morceau, le violoniste, à la stupeur de tous, brisa l'instrument sur ses genoux et quitta la scène. Les auditeurs jugèrent qu'il avait dû perdre la raison pour avoir brisé un instrument aussi précieux.
Se présentant au public, le directeur du théâtre s'efforça de calmer les esprits en disant : " Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, ne soyez pas inquiets, car le violoniste ne s'est pas encore servi du " Stradivarius" . Le violon qu'il vient de briser n'est qu'un vieux crincrin sans valeur ".
Le virtuose réapparut, muni cette fois d'un vrai " Stradivarius ". Il reprit le morceau de musique là où il l'avait arrêté. A la fin, il demanda qui, dans la salle, avait remarqué la différence entre les deux instruments. Seules quelques mains se levèrent. Presque personne n'avait fait la différence entre un vieux crincrin à 20 francs et un Stradivarius valant une fortune.

Il déclara alors à la foule : " Je voulais démontrer ce soir que ce n'est pas tellement de l'instrument que dépend le charme de la musique, mais de l'instrumentiste....

Le sens de cette parabole est simple. Je suis comme un violon. Pour qu'une belle mélodie sorte de ma vie, il suffit que je laisse le Christ me prendre entre ses mains et me jouer avec l'archet du Saint-Esprit. Alors des mélodies merveilleuses peuvent retentir de ma vie.

Je crois que cette affirmation qui dit que l'instrumentiste est plus important que l'instrument sur le plan spirituel est juste et je vais vous en fais la démonstration tout de suite :
Je vais vous jouer une mélodie avec le violon aimablement prêté par Mélody ...mais sachez d'abord que je n'ai pas rejoué de violon depuis 30 ans et que j'ai répété moins d'une minute.
(Je joue de manière pitoyable le refrain du cantique "A toi la Gloire").
Maintenant je redonne le violon à Mélody et c'est elle qui va jouer la même mélodie... vous entendrez facilement la différence si je joue ou si elle joue , alors que nous utilisons le même violon !
(A Mélody joue de manière extraordinaire le refrain du cantique "A toi la Gloire" avec brio).

Vous avez entendu la différence ? Qu'est-ce qui fait la différence entre les deux exhibitions ? pas le violon mais le violoniste !
Qui parmi nous, peut se vanter, d'être par lui-même, sur le plan humain, un vrai " Stradivarius " ? Nous ne sommes tous que de modestes violons plus ou moins usagés : " tous de pauvres crincrins "
A moins que Jésus cohabite en nous. Alors des choses extraordinaires peuvent se passer dans notre vie.
Ce modeste violon que nous sommes tous ne peut pas faire grand chose tout seul. Mais si le Seigneur nous prend dans ses mains de violoniste, des mélodies extraordinaires vont se faire entendre.. et les fruits vont pousser dans notre vie !

Pour vivre cela il y a toutefois quelques étapes à franchir. D'abord il faut accepter de sortir de notre boite à violon

Imaginez un violon qui refuse de sortir de sa boite ? "Allez sors ! Non je ne veux pas, laisse-moi tranquille!" Un tel violon serait vite rempli de poussière et de toiles d'araignées.
N'est-ce pas un peu ce que nous faisons lorsque nous ne mettons pas nos dons à Son service ? Lorsque notre engagement nos dons ou nos talents restent cachés ou inutilisés ? On entend souvent des remarques telles que : " Je ne suis pas doué... D'autres feront beaucoup mieux que moi... je suis incapable... je n'ai pas le temps, j'ai d'autres priorités en ce moment, etc...



Nous avons tous des dons extraordinaires et en laissant Jésus nous prendre entre ses doigts, nos dons vont résonner comme des mélodies harmonieuses, à la maison, au travail, à l'église. Car Dieu croit en nous... et il a équipé chacun de nous de nombreux dons ou talents destinés à bénir l'église... encore faut-il que nous sortions de notre confort, de nos craintes, de notre mauvaise estime de soi, de nos réserves, etc... pour nous laisser prendre en main par le Grand violoniste.
J'ai entendu plusieurs fois ces derniers années des personnes dire : " J'ai tel don, mais je ne le pratique pas dans l'église, pour telle ou telle raison ".
Ils ont décidé de rester dans sa boîte.

Tous les grands personnages bibliques que Dieu a utilisés ont du faire l'effort de sortir de leur boîte: par exemple Moïse devant le buisson ardent qui, bloqué dans sa mauvaise estime de lui-même et dans sa peur de l'échec, refuse de partir en Egypte lorsque Dieu veut l'y envoyer pour sortir son peuple d'Egypte.. ou Gédéon, que Dieu veut envoyer libérer Israël des madianites. Gédéon se lamente : "Pourquoi me demander à moi qui suis le plus petit de ma famille, une famille d'ailleurs qui est la plus petite de toutes les tribus.." Il se sent aussi incapable et complexé que Moïse. Dieu doit les aider à se décider, à se mettre en marche et sortir de leur boîte.
Alors nous aussi, croyons en nous-même et en tout ce que Dieu a investi dans notre vie. Croyons à la richesse des dons que Dieu a mis en nous, même si nous avons de la peine à les voir. Et sortons de notre boîte pour que Jésus puisse nous mettre en valeur ! nous mettre en marche !



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Continuons.
Il y a une autre étape que le violoniste accomplit avec son violon, une fois qu'il est sorti de sa boîte. Il doit l'accorder. C'est ce que je vais faire maintenant (j'accorde le violon).
Si notre violon n'est pas accordé, ça joue faux, ça fait mal aux oreilles ! (jouer faux)...
L'accordage , c'est la sanctification, la guérison de mes côtés charnels, de mes blessures, de mes réactions émotionnelles perturbées, etc... Combien de dons se trouvant en nous ne peuvent pas s'épanouir parce qu'il y a des problèmes émotionnels, des fausses motivations, des blessures non guéries qui suscitent en nous un zèle amer ou perturbent nos relations communautaires ? Combien de fruits qui poussent mal, qui ne mûrissent jamais à cause de guérisons pas terminées ?
Petit exemple purement imaginaire.
Supposons que je sois jaloux de Guy, grand pianiste devant l'Eternel parce qu'il joue mieux que moi du piano. Chaque fois qu'il joue pendant la louange je me sens nul. Je commence à détester ces moments de louange. Lorsque je préside un culte, je suis tenté de proposer de chanter "a cappella", sans piano, c'est tellement plus beau ! En réalité je fais cela par jalousie, par mauvaise estime de moi. Mon manque de guérison m'empêche alors de porter du fruit.
Cet exemple était purement imaginaire... En fait non, cela m'est arrivé avec un autre pianiste, il y a de nombreuses années.
Vous pourriez certainement me donner vous-même de nombreux exemples montrant comment un don, un talent peut être perturbé par une vieille blessure... ou par un problème non réglé.
Je crois que les pires obstacles à porter du fruit, ce sont les problèmes de caractère et la difficulté à dompter notre langue. Si nous n'avons pas vécu une guérison en profondeur, nos dons aussi merveilleux soient-ils, seront sans cesse handicapés.
Dans ce cas nous avons besoin d'un accordage afin que nos mélodies sonnent juste. Laissons-nous accorder par le Seigneur ! Alors nous pourrons porter du fruit, de bons fruits bien mûrs !!!



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Continuons.
3e démarche. Entre le violon et le violoniste, il se passe quelque chose d'extraordinaire; une sorte de symbiose. A force d'être bien joué, un violon s'améliore et le son qu'il produit est de plus en plus pur. Comme un bon vin, le violon se bonifie avec le temps. Il faut dire que c'est un instrument extraordinaire.


Regardez sur ce dessin: chaque partie a un nom; ce violon a été fait avec art et amour par un luthier qui est un artiste accompli.. e violon est une oeuvre artistique sophistiquée: avec sa volute, son manche, sa table d'harmonie, ses cordes , son chevalet, sa mentonnière, son bouton, son cordier, son ouïe, son échancrure, sa cheville.. que c'est beau !
Cela me fait penser au psaume 139, lorsque le psalmiste dit de nous que nous sommes des créatures merveilleuses, à l'image de Dieu, remplies de qualités extraordinaires. Et ce violon me fait penser à chacun de nous:


La volute c'est notre originalité... le manche c'est le fondement biblique en nous... la table d'harmonie c'est notre caractère.. les cordes, nos dons et nos talents.. le chevalet, notre engagement, notre fidélité..la mentonnière c'est foi et la loyauté.. le bouton qui tient les cordes c'est l'amour, le cordier la volonté.. l'ouïe c'est notre l'authenticité, notre transparence.. l'échancrure c'est notre beauté, notre personnalité.. la cheville c'est notre souplesse à laisser Dieu nous accorder (sanctification).. finalement, l'archet c'est le Saint-Esprit qui nous habite et
le luthier bien-sûr, c'est Dieu qui nous a créés avec tellement de qualités.
Cette découverte nous remplit de reconnaissance. Elle me pousse à dire au Seigneur: "Merci pour ce que tu mis en moi... et vas-y, continue à m'accorder afin que spirituellement, ma vie résonne de mélodies toujours plus belle !


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Il reste une 4e démarche à faire entre le violon et le violoniste.
Il faut aimer la musique. C'est le violoniste qui choisit les morceaux, pas le violon. C'est le Seigneur qui choisit les talents qu'il nous a donnés. C'est lui qui choisit d'avance nos dons et l'église dans laquelle il nous envoie pour les mettre en oeuvre.. etc..

Aimer la musique, c'est aimer le Seigneur, bien sûr, mais c'est aussi aimer le reste de l'orchestre, l'église, malgré ses couacs. Aimer la musique, c'est finalement de croire à l'utilité de l'église et de s'y investir.



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Un jour, je parlais devant un public majoritairement non chrétien. Durant tout mon message, un homme me regardait avec amusement. Je me suis dit plusieurs fois " il a vraiment l'air de se moquer de moi ". Un peu plus tard, cet homme, qui était ambassadeur Suisse en Roumanie, est venu vers moi et m'a expliqué la raison de son amusement. Il m'a dit ceci : " En vous écoutant parler, M. Aubert, j'ai eu l'impression d'avoir devant moi, mon ancien patron le Conseiller Fédéral Pierre Aubert. Vous vous ressemblez comme 2 gouttes d'eau. Voilà le sujet de mon amusement."
Il y a longtemps que j'avais remarqué notre ressemblance et j'attends toujours l'occasion de le rencontrer, persuadé que nous avons quelques liens de parenté.

Pourquoi terminer par cette ressemblance ? Parce que cela m'honore de ressembler à un Conseiller Fédéral ? Non. Cela m'a parlé dans un autre sens.
Quand j'accepte de sortir de ma boîte à violon en acceptant mon potentiel et mes dons... Quand je laisse Jésus me prendre entre ses doigts pour mettre en valeur les dons reçus, quand je fais l'effort d'aimer l'église et que je m'y engage... je commence à ressembler à Jésus! Non pas pour essayer de devenir divin, mais pour devenir pleinement humain, à l'image de Jésus incarné. Et alors on commence à manifester sur soi, des petits airs de familles héréditaires... Nous commencerons à avoir dans nos attitudes, dans notre service, dans notre engagement, des manifestations du caractère de Dieu et de Jésus, comme l'amour, la joie, la paix, la patience, bonté, bienveillance, la fidélité, la douceur, maîtrise de soi, etc... Voilà les fruits de l'Esprit qui mûrissent en nous, tous des fruits relationnels entre nous qui attestent que nous commençons à ressembler à Jésus, ne serait-ce qu'un petit peu. C'est ce que Paul exprime lorsqu'il parle d'avoir l'odeur de Christ. Il s'agit de lui ressembler de plus en plus.
Vous me direz peut-être : " Oh là là, le chemin sera long pour vivre cela ".
C'est un chemin passionnant, à condition de se laisser sortir de son étui. Laissons le Seigneur nous prendre dans ses mains et ces choses vont se passer. Ça prendra du temps certes, mais cela se passera.
Comme Jésus a dit à Lazare : " Sors du tombeau ", j'ai envie de nous dire à chacun : " Sors de ton étui, laisse éclore tes dons, laisse le Seigneur guérir tes craintes. Mets-toi tout simplement à Son service, ose être toi-même.. et tu seras étonné de voir les fruits extraordinaires qu'II fera lui-même pousser sur ton sarment.


Philippe AUBERT, le 4 mai 2003 Pasteur

La vigne et les sarments

Publié : mer. 05 mai 2010, 11:25
par etienne lorant
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.

L'Evangile d'aujourd'hui répond tout à fait à celui du partage précédent (st Jean 14,6-14.celui du 3 mai), et c'est pourquoi je le place ici. Jésus avait en effet déclaré à ses disciples: "Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai." Et il me suffit pratiquement de constater que la condition pour accomplir des oeuvres et des signes est la même que pour porter du fruit en abondance: il faut demeurer en Jésus, car tout ce que nous pourrons faire, c'est "avec Lui, par Lui et en Lui". Il ne faut donc pas s'étonner de pas porter le fruit auquel nous avions pensé, ni d'avoir le sentiment de ne porter aucun fruit. Je me souviens que j'ai demandé à Jésus de guérir les genoux de ma mère. Mais ce qui est advenu, c'est que je me suis
moi-même blessé au genou droit - ce qui ne m'a pas paru très clair - si j'ose dire... Par contre, comme je continuais de prier à cette intention, plusieurs événements apparement anecdotiques se sont comme "enfilés" les uns aux autres jusqu'au moment où ma mère m'a dit: "Quand vais-je retourner à la maison ?"...

Elle a dit cela très finement, car je sais bien qu'elle ne veut pas m'inquiéter. Il n'empêche que j'ai commencé d'aller manger régulièrement à sa table à la maison de repos et j'ai constaté qu'on ne lui coupait pas sa viande, ce qui fait qu'elle était souvent débarrassée de on assiette avant d'avoir achevé son repas. « Votre maman est plus pâle », m'ont fait remarquer deux de ses relations là-bas. Et en définitive, aujourd'hui même, je vais lui proposer de revenir chez nous. Si le service payé jusqu'à quinze cents euros par mois en home n'est pas suffisant pour la maintenir en meilleure forme et avec un meilleur moral, alors je suis prêt à recommencer pour elle ce que j'ai fait d'ailleurs pour deux auparavant. Outre cela, les économies permettront toutes sortes de transformations et d'aménagements qui lui simplifieront l'existence en la rendant plus joyeuse. La première acquisition sera un fauteuil roulant électrique.

La vie va de nouveau changer – l'aboutissement final de ma prière sera une vie meilleure pour beaucoup. On me dira peut-être : qu'est-ce que cela à voir avec le fait de porter du fruit ? Je réponds que ce n'est pas à moi à le savoir ni à le prétendre, mais je sais que cette idée ne vient pas de moi – cela j'en suis certain. Et donc, j'accomplirai ce que le Seigneur m'indique et ma « prière pour les genoux de ma mère » n'aura certes pas été vaine...

La vigne et les sarments

Publié : mer. 25 mai 2011, 11:35
par stephlorant
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Voici l'un de ces passages de l'Évangile de Jean dans lequel le verbe 'demeurer' apparaît le plus souvent. Il s'agit en effet de demeurer en Jésus et ceci pour trois raisons.

La première raison est toute simple: en dehors de lui, nous ne pouvons rien faire.

Rien, même pas le bien ? La question pourrait se discuter longtemps, mais Il se trouve que le Pape Benoit XVI a exploré cette question dans son livre sur 'Jésus de Nazareth'. Et voici ce qu'il en dit:
"La tentation comprend aussi un comportement moral : elle ne nous invite pas directement au mal, ce serait trop grossier. Elle prétend nous montrer ce qui est meilleur : abandonner enfin les illusions et employer efficacement nos forces pour améliorer le monde. Elle se présente aussi avec la prétention du vrai réalisme. Le réel est ce qui se constate : le pouvoir et le pain. En comparaison, les choses de Dieu apparaissent comme irréelles, comme un monde secondaire, dont on n'a pas vraiment besoin.
Or, c'est de Dieu qu'il s'agit : est-il, oui ou non, le réel, la réalité même ? Est-il le Bien, ou devons-nous inventer nous-mêmes ce qui est bien ? La question de Dieu est la question fondamentale, qui nous place à la croisée des chemins de l'existence humaine. Que doit faire ou ne pas faire le Sauveur du monde ? Telle est la question que sous-tendent les tentations de Jésus." (1)

Or, dans l'esprit du texte d'aujourd'hui, le fait de pouvoir faire quelque chose ou ne pouvoir rien faire concerne d'abord le fait de porter du fruit ou non. Et dans ce sens, je suis tout à fait d'accord: hors de Jésus, s'il s'agit de porter du fruit - de susciter des conversions, de dépasser notre ego pour aller véritablement à la rencontre de l'autre, gratuitement et pour son salut, cela ne fait pas partie de notre psychologie, c'est même hors de portée de notre compréhension.

La seconde raison, c'est qu'il se produit un double mouvement si nous demeurons dans le Christ: porter du fruit, mais aussi devenir l'objet de l'amour du Père, qui nous 'émondera' (qui nous sanctifiera) afin que nous portions davantage de fruits. Quiconque se montre capable de peu de choses sera transformé pour en produire de plus grandes. Ce qui rejoint cette autre Parole: "Tout ce qui est abaissé sera élevé".
Cet émondage, je le considère personnellement, comme une libération de l'ego, lequel accumule les blocages : instinctifs, émotionnels, psychologiques, intellectuels et même spirituels. L'Esprit Saint nettoie l'être individuel, convoité par le monde, de tous ces présupposés : il s'agit vraiment d'un 'nettoyage' : d'une purification vers une plus grande authenticité.

La troisième raison, c'est que par l'offrande de nous-mêmes en vue du Royaume, nous pourrons aussi demander et obtenir tout ce que nous voudrons. (Ah, excellent ! Nous pourrons donc demander de gagner la cagnotte du lotto ?) Ce que je crois, c'est que parvenus à une vie authentique dans le Christ, nous ne demanderons jamais de gagner au lotto, puisque nous n'en aurons plus besoin. Je me souviens pourtant de cette anecdote dans la vie de saint Jean Bosco. Il venait d'acquérir un nouvel orphelinat. Des centaines d'enfants y ont été recueillis dès le premier jour. La sœur qui accompagne le saint lui dit : "Il ne nous reste que ce seul billet de banque, cela ne suffira jamais pour tous ces gosses !". Mais Jean Bosco saisit le billet et l'abandonne au vent, tout en répondant qu'il suffit de croire en la Providence. Et le soir même, l'inimaginable se produit: un camion chargé de pains au ras bord, don d'un minotier fortuné, passe la porte de l'établissement ... et exactement à l'heure du repas. Certes, nous pourrons demander ce que nous voudrons et, il est vrai également de dire 'Aime et fais ce que veux', mais tout cela est l'aboutissement de l'œuvre de l'Amour en nous.

Puisse-t-elle nous trouver donc de plus en plus disponibles !


(1) Joseph Ratzinger - Benoît XVI
Jésus de Nazareth, Flammarion, Paris 2007, p. 48, §3 - 49, §2

Demeurer dans le Christ

Publié : sam. 23 juil. 2011, 15:03
par stephlorant
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Atteint d'un mal de gorge cette nuit, réveillé trop tôt, je n'ai plus pu m'endormir, l'angoisse de toutes les choses qui me restent à terminer m'ayant saisi. Mais aussitôt, un vieux réflexe m'a fait saisir mon chapelet et je me suis mis à prier. Si je ne priais pas dans des moments pareils, tout me paraîtrait impossible: comment m'avancer jusqu'au bout de l'histoire qui m'est proposée ? La prière me répond que d'être présent à Dieu dans l'instant qui passe, et d'y demeurer 'de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces', cela suffit.

Demeurer. Essentiellement, il s'agit de cela. Dans le texte complet, ce verbe revient à longueur de lignes comme une mélopée: une grande douceur semble s'en dégager, car c'est bien d'amour qu'il s'agit, et de l'Amour de Jésus.

Au milieu des épreuves de ce temps, où l'on passe sans cesse de la solitude à la résolution de divers problèmes, dans un environnement indifférent, hostile ou faussement amical, peu importe: il faut demeurer dans le Christ.

L'Évangile de ce jour ne nous dit pas d'accomplir de grandes choses, mais d'être fidèle par le cœur et de vivre - quel que soit notre état en ce monde - dans l'amour de Jésus.

Rien de plus simple, rien de plus étonnant !

La vigne, le vigneron, les sarments

Publié : lun. 07 mai 2012, 16:21
par etienne lorant
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Lorsque j'ai écouté l’Évangile, ce dimanche, j'avais hésité à prendre ma voiture, car je souffre beaucoup de la tendinite consécutive à ma chute du mois de mars. Mais, comme il m'est arrivé si souvent, je me suis dit d'abord: 'non, je n'y vais pas', mais pour m'y retrouver ensuite et ressentir une grande paix.

Dans cette chapelle de saint Antoine, située au bord d'une chaussée de grande circulation mais aussi entourée de champs, je me suis senti comme chez moi, et accueilli comme en famille, même si je n'y connais personne par son nom. Mais Celui qui m'a accueilli, je l'ai reconnu ! J'ai retrouvé cette photo, qui montre aussi les alentours.
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Ce que j'ai retenu de l’Évangile de ce dimanche, c'est d'abord le discours en toute vérité, car Jésus ne cache pas que les sarments qui ne portent pas de fruit seront ôtés puis jetés au feu ! Et même ceux qui portent du fruit, le Père, qui est le vigneron, les "nettoiera" afin qu'ils portent plus de fruits encore. Et il dit a tous de chercher de plus en plus à demeurer unis en Lui, car sans Jésus nous ne pouvons rien faire.

Il ne s'agit donc pas d'avoir beaucoup d'activités de bienfaisance et d'engagements, mais d'abord de veiller avec le Seigneur en chaque jour et à toute heure. Un homme ne se développe-t-il pas en prenant la forme de la Croix de son maître ? Le mouvement vertical de l'âme, qui tend à l'union parfaite dans l'Amour, rencontre perpétuellement l'obstacle horizontal des circonstances de l'existence dans le monde aussi bien que la résistance de la chair: il y a donc opposition, effort, lutte, soulèvement... Dans son dynamisme intérieur, l'effort de la vie foi trace donc un signe de croix: verticalement d'abord, latéralement ensuite.

J'ai songé à cela et la douleur qui traverse à certains moments mon bras droit, en élancements imprévisibles, depuis l'épaule jusqu'à la main et aux doigts... m'a semblé plus acceptable. En repartant, j'ai émis ce souhait : "Que cette douleur me soit prière comme la prière m'est douceur !" et ce fut une bonne prière, car elle m'apporte encore beaucoup le lendemain.

Des demeures pour le Christ

Publié : mer. 09 mai 2012, 9:58
par etienne lorant
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Par deux fois en quelques jours, je retrouve des textes que j'avais déjà commentés, ce qui me pose un problème, du moins si je laisse ma raison décider de ce qu'il faut faire. Dès lors, j'en appelle au Seigneur, au sacrement reçu, à ma Joie, et ce qui me vient à l'esprit et dans mes doigts, je l'écris.

Dans ce monde en perpétuel mouvement vers un avenir qui semble toujours périlleux, le verbe demeurer - demeurer dans le Christ comme le Christ demeure en moi, me paraît très réconfortant. Outre qu'il me rassure, il m'indique également que le secret de la croissance, de la floraison et des fruits que peut porter un homme, tient tout entier dans le fait qu'il demeure ou qu'il ne demeure pas dans l'amour de son Maître.

Si par nous-mêmes, nous ne pouvons rien faire, c'est bien du fait de que notre cœur est presque constamment distrait. Et c'est ainsi que je m'explique comment ceux et celles qui ont une vocation monastique, font autant pour le Seigneur que ceux qui sont dans le monde, tout secoués par les événements du quotidien.

Demeurer, cela me fait songer aussi à un point d'équilibre placé assez bas. Ne sommes-nous pas terrestres ? Ce fut une des découvertes de ma conversion: plus mes pieds étaient proches de la terre (dans les premiers jours, j'ai marché pieds nus dans l'herbe de mon jardin), mieux mon cœur et mon esprit s'élevaient - un peu comme une vapeur, en louanges vers le Seigneur.

Demeurer, c'est encore être stable. Je ne peux que remercier Dieu pour m'avoir donner une règle à suivre. Par l'intermédiaire des responsables de ma Congrégation - laquelle ne peut aucunement vérifier ce que je fais, c'est la règle et son observance. Sans la règle, lorsqu'il m'arrivait de retomber, cela me prenait beaucoup de temps pour me relever; et non seulement cela, mais dans mon désir de ne plus chuter, je prenais des résolutions pus dures que ce que je savais supporter.

Demeurer, du moins pour moi, c'est enfin m'abandonner. Pour se défaire d'une mauvaise habitude comme pour en acquérir une autre, on vous dira souvent: il faut avoir de la volonté ! Eh bien, j'ai découvert que dans la foi, c'est presque l'inverse: il s'agit plutôt de s'abandonner. C'est ainsi que j'ai été délivré de ma tabagie à partir du moment où j'ai cessé de vouloir cesser de fumer : ce n'était pas du tout la même démarche. Dans la volonté, c'est le moi qui garde le contrôle; tandis que l'abandon, consiste à laisser faire Dieu en nous.

Et en définitive, le fruit que nous donnerons, est issu de la profondeur de notre lien au Seigneur. Plus donc nous creuserons en afin de demeurer en Jésus, plus le Seigneur nous fera donner du fruit sans même que nous en ayons conscience.

Tout est grâce !

le mercredi de la 5ème semaine de Pâques

Publié : mer. 01 mai 2013, 9:21
par etienne lorant
1er mai - fête du travail et mois du Rosaire

Livre des Actes des Apôtres 15,1-6.
Certaines gens venues de Judée voulaient endoctriner les frères de l'Église d'Antioche en leur disant : « Si vous ne recevez pas la circoncision selon la loi de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »
Cela provoqua un conflit et des discussions assez graves entre ces gens-là et Paul et Barnabé. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question. L'Église d'Antioche pourvut à leur voyage. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie en racontant la conversion des païens, ce qui remplissait de joie tous les frères. A leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l'Église, les Apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux. On vit alors intervenir certains membres du parti des pharisiens qui étaient devenus croyants. Ils disaient : « Il faut obliger ces gens à recevoir la circoncision, et à observer la loi de Moïse. »
Les Apôtres et les Anciens se réunirent pour examiner cette affaire.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,1-8.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.
Cy Aelf, Paris

La question de la circoncision, signe pour les juifs de l'élection divine, ne devait pas manquer de poser problème aux disciples de Jésus devenus ses apôtres. Pour Pierre, le premier des apôtres, comme pour les dix autres, et pour Saül lui-même, le fait de renoncer à la circoncision, ne serait-ce pas aussi renoncer à la loi de Moïse ? Ils se souviennent que Jésus avait dit: "Pas un seul petit trait de la Loi ne passera avant que tout soit accompli". On ressent bien qu'ils sont sensibles à la question soulevée par les pharisiens convertis. Et la nécessité d'apporter une réponse clairement formulée à la question soulevée va aboutir au premier concile de Jérusalem. Or, du point de vue de la foi, il est un autre signe qui a toute la faveur divine ! Mais mieux vaut sans doute attendre la finale de ce passage des Actes pour en parler.

Ce qui apparaît déjà dans l'Evangile du jour, qui donne une réponse à la question posée, c'est l'image de la vigne et des sarments. Il est indispensable, essentiel même, que les sarments (les chrétiens) demeurent, constamment et indéfiniment, attachés à la vigne qui est le Christ. C'est de Lui qu'ils puiseront en tout temps, non seulement leur subistance mais aussi leur croissance. Le verbe "demeurer" - demeurer dans le Christ - revient huit fois dans cet évangile. C'est dire toute l'importance du lien à Jésus-Christ pour la bonne santé et la croissance spirituelles du croyant.