Page 1 sur 1

A bas la laïcité "laïcisante"

Publié : jeu. 04 janv. 2007, 16:12
par jean_droit
Lu dans le Salon Beige :

..........

Rétrospective 2006 (2) : distinguer laïcité et laïcisme

La célèbre distinction -et non séparation- entre le temporel et le spirituel, enseignée par Notre-Seigneur Lui-Même ("Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu"), fait l'objet d'une grave déformation par l'Etat, la juste notion de laïcité devenant une idéologie, le laïcisme, véritable religion étatique. Les événements de l'année 2006 confirment et accélèrent cette dérive : tout ce qui touche à la religion, et par extension à la loi naturelle, tend à être chassé de la Cité.

1. Le laïcisme, nouveau nom de l'anticléricalisme militant

Dans son rapport 2005, rendu en avril 2006, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s'en est pris aux écoles catholiques dites "traditionalistes".
La CNAF (allocations familiales) pratique une discrimination en recommandant de ne plus rembourser les bons de vacances qu'aux associations "neutres" sur le plan religieux.
Au nom de la déesse "laïcité", via la justice, les politiques ou les médias, les symboles religieux (même les oeuvres d'art !) n'ont plus droit de "Cité".
Quant aux manifestations cathophobes voire sataniques (incendies d'églises, d'écoles catholiques, profanations de cimetières, etc.), elles laissent les autorités politiques -pourtant prolixes dès qu'il s'agit d'autres religions- dans un silence qui en dit long.
On note que cet anticléricalisme ne s'exerce le plus souvent qu'à l'égard des chrétiens. Etrangement, l'islam fait l'objet de toutes les attentions par l'Etat, dont le financement public, quand il n'est pas utilisé pour lutter contre les traditions chrétiennes, qui pourraient offenser les musulmans.

2. Structures promouvant le laïcisme

Création par le Conseil de l'Europe de l'institut européen des religions, basé à Strasbourg, et ayant pour mission de faire des propositions sur l'enseignement des religions dans les écoles. Il s'agit de mettre en oeuvre une instruction sur le "fait religieux" qui soit prodiguée par les professeurs du pouvoir. Quand on se souvient que, de leur côté, les institutions européennes ont condamné plus souvent le Vatican que Cuba, il y a de quoi s'inquiéter.
Création par Jacques Chirac de l'observatoire national de la laïcité, qui, fondé sur le principe selon lequel la loi religieuse ou naturelle (donc morale) ne doit pas primer sur la loi civile, fait de la laïcité une "antimoralité", conception de la laïcité récemment dénoncée par Benoît XVI.
Le Grand-Orient de France (duquel personne, sinon un ancien membre, ne réclame sa séparation d'avec l'Etat) a créé une "commission de défense de la loi de 1905".
Nous pourrions mentionner aussi bon nombre de structure étatiques, comme des tribunaux (ici, ici, ici), des mairies (ici, ici, ici, parfois sous la pression), ou supra-nationales (la CEDH : voir aussi ici) cautionnant bien souvent les atteintes à la religion. Sans oublier les établissements en charge des musées, qui agissent sous la tutelle du Ministère de la Culture, et qui confondent églises et musées (affaire de la chapelle royale de Versailles).
3. Face à la menace laïciste, la réponse de l'Eglise

Par la redéfinition des termes
Début décembre, le Pape Benoît XVI a rappelé :

"l'Etat ne peut considérer la religion comme un simple sentiment individuel qui peut être confiné à la seule sphère privée (...) [la religion] devrait être reconnue comme une présence communautaire publique (...) Une vision a-religieuse de la vie, de la pensée et de la morale a donné lieu à une conception erronée de la laïcité, un terme qui semble être devenu l'emblème essentiel (...) de la démocratie moderne (...) L'hostilité à toute forme de reconnaissance de l'importance politique et culturelle de la religion et à la présence en particulier de tous symboles religieux dans les institutions publiques (...) n'est pas un signe de saine laïcité, mais de sa dégénérescence en laïcisme".

Par la nécessité d'exiger de l'Etat, à temps et à contretemps, qu'il écoute ce qu'a à lui dire la religion
Dans Le Figaro, le Cardinal Scola a affirmé :

"la nécessité d'une sphère publique plurielle et religieusement qualifiée, dans laquelle les religions rempliraient un rôle public, bien différencié des institutions de l'État et distinct de la société civile elle-même. [...] Le pouvoir politique, face aux religions, [doit passer] d'un comportement de tolérance passive à une attitude d'«ouverture active»".

Par l'engagement concret des chrétiens en politique
Dans Valeurs Actuelles, Mgr Vingt-Trois a demandé aux chrétiens de ne pas déserter le terrain politique, face à ceux qui veulent "dissuader l’Église de s’exprimer sur des questions intéressant la société tout entière".

Michel Janva