Vers une monnaie des pays émergents ?
Publié : lun. 18 mars 2013, 16:58
LES BRICS : DE LA ZONE DE COMPENSATION A LA MONNAIE COMMUNE
Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)
Qui aurait cru que les pays non-alignés pourraient encore s’organiser en dehors du G8 ou même du G20, il y a encore une dizaine d’années ? Certainement pas les pays occidentaux ! Pourtant, ce sont les conséquences négatives sur les économies occidentales, américaines et européennes au plan budgétaire qui poussent à cette nouvelle organisation d’une meilleure maîtrise de la monnaie au sein des pays du BRICS, et à termes entre les pays en développement volontaires. Il s’agit donc de bâtir une nouvelle architecture financière et monétaire. Les BRICS doivent trouver de nouveaux alliés pour éviter à tout prix de continuer à compter, payer et épargner en euro ou en dollar américain.
La faute à qui ? La déréglementation. En effet, dès lors que les Etats-Unis et l’union européenne sont incapables de maîtriser les conséquences de la déréglementation tous azimuts prônés depuis les années 1970, la gestion rigoureuse des budgets publics s’est perdu dans le brouillard du « laisser-faire et de la main invisible ». Sauf que le poids des externalités financières et monétaires sont bien visibles sur le pouvoir d’achat, les délocalisations et surtout les importantes pertes de création d’emplois en économie de proximité.
Alors, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud peuvent-ils s’organiser pour créer une monnaie commune afin d’échapper à une perte systématique de leur épargne ? Dans la négative, le pragmatisme ne commande pas d’utiliser la monnaie du principal créancier qu’est la Chine pour régler les transactions et faisant usage le plus possible d’une forme nouvelle de la compensation et ses possibilités nouvelles de réinvestissement des surplus comme effet de levier ?
1. BRICS ET ALLIES
Alors que l’Union européenne et les Etats-Unis sont en train de voir leurs réserves internationales fondre comme neige au soleil ainsi que leur équilibre budgétaire s’enfoncer dangereusement dans le rouge, les pays émergents s’interrogent sur ce qu’ils pourraient faire ensemble alors qu’ils possèdent plus de 50 % des réserves mondiales. D’ailleurs, les pays émergents pourraient ne plus comprendre uniquement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud. D’autres pays pourraient venir les soutenir en temps que membres d’un deuxième cercle concentrique de pays non-alignés comme le Nigéria, un important pays d’Afrique subsaharienne ou ailleurs les pays comme la Turquie, l’Indonésie ou le Venezuela… Contrairement à l’UE, il ne s’agit pas en réalité de créer une monnaie commune, encore moins une monnaie unique, mais un instrument de paiement commun pour éviter que les échanges entre membres de la zone ne perdent de leur valeur monétaire du fait d’une conversion en euro ou en dollar américain. Compte tenu de la capacité des zones euro et dollar de voir la valeur de leur monnaie s’effriter compte tenu de la mauvaise gouvernance budgétaire passée, les BRICS ne peuvent accepter de voir leur épargne, leurs réserves internationales donc, perdre jusqu’à plus de 30 % de leur valeur. Ce serait une ponction intolérable sur leurs revenus. Il devient urgent pour les économies BRICS de trouver un « substitut aux monnaies convertibles 1 » comme l’euro ou le dollar américain.
2. EVITER A TOUT PRIX D’ECHANGER DES EUROS OU DES DOLLARS AMERICAINS
Aucun des pays du BRICS et ses alliés n’est prêt à accepter de commercer unilatéralement dans l’une des cinq monnaies d’un membre du BRICS, ni d’ailleurs d’aller réellement vers une « monnaie commune » qui aurait au moins les trois principales fonctions d’une monnaie à savoir : la monnaie de paiement, la monnaie de compte, la monnaie de réserve. En l’espèce, il est question d’abord que les économies du BRICS puissent ne plus dépendre du dollar américain ou de l’euro pour les échanges entre elles. A ce titre, ce sont les fonctions de « compte » et de « paiement » dans les échanges qui deviennent primordiales. En y adossant systématiquement un système de compensation, les Etats BRICS pourraient procéder à leurs échanges et ne solder les comptes qu’en fin d’exercice. Cette pratique est déjà institutionnalisée par la Chine et pose encore des problèmes de transparence. Mais elle présente l’avantage de créer pour les pays africains une marge de manœuvre économique fondée sur l’abondance et la valeur attribuée aux matières premières non transformées face à la marge de manœuvre économique en produits manufacturés qu’offrent les pays émergents. Il n’est donc pas question de création d’une monnaie unique ou de monnaie commune pour les BRICS avant une plus grande convergence monétaire et fiscale au sein du groupe.
Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)
Qui aurait cru que les pays non-alignés pourraient encore s’organiser en dehors du G8 ou même du G20, il y a encore une dizaine d’années ? Certainement pas les pays occidentaux ! Pourtant, ce sont les conséquences négatives sur les économies occidentales, américaines et européennes au plan budgétaire qui poussent à cette nouvelle organisation d’une meilleure maîtrise de la monnaie au sein des pays du BRICS, et à termes entre les pays en développement volontaires. Il s’agit donc de bâtir une nouvelle architecture financière et monétaire. Les BRICS doivent trouver de nouveaux alliés pour éviter à tout prix de continuer à compter, payer et épargner en euro ou en dollar américain.
La faute à qui ? La déréglementation. En effet, dès lors que les Etats-Unis et l’union européenne sont incapables de maîtriser les conséquences de la déréglementation tous azimuts prônés depuis les années 1970, la gestion rigoureuse des budgets publics s’est perdu dans le brouillard du « laisser-faire et de la main invisible ». Sauf que le poids des externalités financières et monétaires sont bien visibles sur le pouvoir d’achat, les délocalisations et surtout les importantes pertes de création d’emplois en économie de proximité.
Alors, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud peuvent-ils s’organiser pour créer une monnaie commune afin d’échapper à une perte systématique de leur épargne ? Dans la négative, le pragmatisme ne commande pas d’utiliser la monnaie du principal créancier qu’est la Chine pour régler les transactions et faisant usage le plus possible d’une forme nouvelle de la compensation et ses possibilités nouvelles de réinvestissement des surplus comme effet de levier ?
1. BRICS ET ALLIES
Alors que l’Union européenne et les Etats-Unis sont en train de voir leurs réserves internationales fondre comme neige au soleil ainsi que leur équilibre budgétaire s’enfoncer dangereusement dans le rouge, les pays émergents s’interrogent sur ce qu’ils pourraient faire ensemble alors qu’ils possèdent plus de 50 % des réserves mondiales. D’ailleurs, les pays émergents pourraient ne plus comprendre uniquement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud. D’autres pays pourraient venir les soutenir en temps que membres d’un deuxième cercle concentrique de pays non-alignés comme le Nigéria, un important pays d’Afrique subsaharienne ou ailleurs les pays comme la Turquie, l’Indonésie ou le Venezuela… Contrairement à l’UE, il ne s’agit pas en réalité de créer une monnaie commune, encore moins une monnaie unique, mais un instrument de paiement commun pour éviter que les échanges entre membres de la zone ne perdent de leur valeur monétaire du fait d’une conversion en euro ou en dollar américain. Compte tenu de la capacité des zones euro et dollar de voir la valeur de leur monnaie s’effriter compte tenu de la mauvaise gouvernance budgétaire passée, les BRICS ne peuvent accepter de voir leur épargne, leurs réserves internationales donc, perdre jusqu’à plus de 30 % de leur valeur. Ce serait une ponction intolérable sur leurs revenus. Il devient urgent pour les économies BRICS de trouver un « substitut aux monnaies convertibles 1 » comme l’euro ou le dollar américain.
2. EVITER A TOUT PRIX D’ECHANGER DES EUROS OU DES DOLLARS AMERICAINS
Aucun des pays du BRICS et ses alliés n’est prêt à accepter de commercer unilatéralement dans l’une des cinq monnaies d’un membre du BRICS, ni d’ailleurs d’aller réellement vers une « monnaie commune » qui aurait au moins les trois principales fonctions d’une monnaie à savoir : la monnaie de paiement, la monnaie de compte, la monnaie de réserve. En l’espèce, il est question d’abord que les économies du BRICS puissent ne plus dépendre du dollar américain ou de l’euro pour les échanges entre elles. A ce titre, ce sont les fonctions de « compte » et de « paiement » dans les échanges qui deviennent primordiales. En y adossant systématiquement un système de compensation, les Etats BRICS pourraient procéder à leurs échanges et ne solder les comptes qu’en fin d’exercice. Cette pratique est déjà institutionnalisée par la Chine et pose encore des problèmes de transparence. Mais elle présente l’avantage de créer pour les pays africains une marge de manœuvre économique fondée sur l’abondance et la valeur attribuée aux matières premières non transformées face à la marge de manœuvre économique en produits manufacturés qu’offrent les pays émergents. Il n’est donc pas question de création d’une monnaie unique ou de monnaie commune pour les BRICS avant une plus grande convergence monétaire et fiscale au sein du groupe.