La Bible de Jérusalem est-elle un plagiat ?
Publié : ven. 08 mars 2013, 13:53
Nul ne conteste l'originalité des introductions et des notes de bas de page de la Bible de Jérusalem, en revanche, comme nous en sommes à plus de 230 traductions de la bible en français, il est tout bonnement impossible de produire une traduction suffisamment différente des précédentes pour pouvoir revendiquer le caractère d'originalité.
ATTENTION, il faut savoir qu'en droit français de la propriété littéraire, ce ne sont pas les différences de traduction qui permettent de dire qu'une traduction est "originale", sinon, on modifie quelques mots et l'affaire est dans le sac.
Pour savoir si une traduction est originale, on regarde les points communs avec une autre traduction, si les deux comportent un certain nombre de choses identiques, le plagiat est constitué et l'originalité ne peut pas être revendiquée.
Pour la Bible, le protestant Daniel LORTSCH, Agent général de la Société Biblique Britannique et Étrangère a compté :
230 traductions différentes
129 révisions de la Bible en français (on trouve cela sur l'internet)
sa liste oublie d'autres traductions en français comme celle de Bourassé et Janvier au XIXème siècle.
L'absence d'originalité des dernières traductions en français de la Bible a été établie par le Centre Informatique et Bible de l'abbaye de Maredsous (Belgique) suite à leur analyse informatique du vocabulaire utilisé.
cf. Pierre-Maurice Bogaert, éd. Breprols (Turnhout, Belgique), 1991, Les Bibles en Français, Histoire Illustrée du Moyen-Age à nos jours, p.247-248 :
il est par ailleurs intéressant de noter qu'au delà de leurs différences et de leurs options respectives la plupart des traductions se rencontrent davantage qu'on ne le pense généralement. Une simple comparaison entre les quatre versions de Maredsous, de Jérusalem, du Rabbinat et de Segond entreprise au Centre Informatique et Bible de Maredsous révèle que sur 28.000 mots significatifs (soit 7000 mots par version) ces quatre Bibles utilisent 2.261 fois un mot identique dans un même verset, c'est à dire 32,36% des cas de mots significatifs par versions (7.000) ou, par verset, deux à trois mots identiques sur 7 ou 8. Le recouvrement augmente encore si l'on compare les versions deux à deux : ainsi Maredsous et Jérusalem ont 53% de cas de recouvrement, Jérusalem et Rabbinat de même, Jérusalem et Segond 63% de cas de recouvrement lexical. Ce calcul ne portant que sur des mots significatifs et identiques dans un même verset, on peut estimer que le recouvrement total du fonds de vocabulaire est de loin supérieur. Cette constatation témoigne d'une certaine homogénéité dans la façon dont le message biblique est transmis aux hommes de notre temps et perçu par eux. Il y a un "langage biblique français" du XXème siècle qui est désormais commun.
Pour être originale, une traduction doit avoir un certain nombre de traduction qui diffèrent des traductions précédentes;
je crois même que dans l'édition de la bible de Jérusalem en 43 fascicules (1948-1954), plusieurs auteurs reconnaissent (à vérifier) la proximité avec la traduction de la Bible du Centenaire de la Société protestante de paris (dite "Bible du Centenaire" introuvable sur internet car non encore scannée par google ou tout autre amateur de bible en français, on peut l'acheter d'occasion en 4 tomes et elle se trouve à la BNF et à la faculté de théologie protestante de Paris)
cela s'expliquerait par le fait que la Bible de Jérusalem a fait le choix des mêmes textes critiques grecs ou hébreux et des mêmes options idéologiques exégétiques que les auteurs de la bible du centenaire.
Il n'y a pas plagiat au sens de recopiage servile du travail d'un autre, mais comme la bible de Jérusalem arrive après les autres, tout en suivant le choix de prendre les mêmes textes grecs ou hébreux, avec les mêmes choix exégétiques, il est tout bonnement impossible de faire oeuvre originale. A moins que je ne me trompe sur l'état de la jurisprudence française, je ne sais pas à quel pourcentage d'identité la plagiat est constituée.
Mais traduisez "et il monta à Jérusalem" 230 fois, et expliquez moi comment la 230ème fois vous pouvez traduire de manière originale au sens de la loi et de la jurisprudence française.
Une autre manière de constater le fait consiste à faire l'expérience avec ce site :
http://djep.hd.free.fr/LaReferenceBiblique/
et encore, comme il ne publie pas la traduction de la BIBLE DU CENTENAIRE qui est semble-t-il la plus proche de la bible de Jérusalem vous n'aurez pas la possibilité de constater à quelle point ce phénomène est réel.
Ce qui est dit ici de la bible de Jérusalem ne la vise pas spécialement, mon propos n'est pas d'être désobligeant envers elle ou envers ses auteurs qui ont pu faire oeuvre originale dans les notes de bas de page et dans les introductions, en revanche pour la traduction, je pense que le Père Bogaert pointe une vérité incontestable, Il explique d'ailleurs bien que ce sont toutes les dernières versions en français allant des protestantes aux catholiques en passant par les versions juives qui, par la force des choses se recopient l'une l'autre, ou du moins, si elles ne se recopient pas, aboutissent à des traductions siamoises ou sœurs jumelles. C'est seulement une vérité scientifique qu'à un certain moment, il n'est plus possible de réaliser une traduction réellement originale en langue française.
salutation cordiale à tous les amoureux de l'Ecriture Sainte qui illumine nos vies.
ATTENTION, il faut savoir qu'en droit français de la propriété littéraire, ce ne sont pas les différences de traduction qui permettent de dire qu'une traduction est "originale", sinon, on modifie quelques mots et l'affaire est dans le sac.
Pour savoir si une traduction est originale, on regarde les points communs avec une autre traduction, si les deux comportent un certain nombre de choses identiques, le plagiat est constitué et l'originalité ne peut pas être revendiquée.
Pour la Bible, le protestant Daniel LORTSCH, Agent général de la Société Biblique Britannique et Étrangère a compté :
230 traductions différentes
129 révisions de la Bible en français (on trouve cela sur l'internet)
sa liste oublie d'autres traductions en français comme celle de Bourassé et Janvier au XIXème siècle.
L'absence d'originalité des dernières traductions en français de la Bible a été établie par le Centre Informatique et Bible de l'abbaye de Maredsous (Belgique) suite à leur analyse informatique du vocabulaire utilisé.
cf. Pierre-Maurice Bogaert, éd. Breprols (Turnhout, Belgique), 1991, Les Bibles en Français, Histoire Illustrée du Moyen-Age à nos jours, p.247-248 :
il est par ailleurs intéressant de noter qu'au delà de leurs différences et de leurs options respectives la plupart des traductions se rencontrent davantage qu'on ne le pense généralement. Une simple comparaison entre les quatre versions de Maredsous, de Jérusalem, du Rabbinat et de Segond entreprise au Centre Informatique et Bible de Maredsous révèle que sur 28.000 mots significatifs (soit 7000 mots par version) ces quatre Bibles utilisent 2.261 fois un mot identique dans un même verset, c'est à dire 32,36% des cas de mots significatifs par versions (7.000) ou, par verset, deux à trois mots identiques sur 7 ou 8. Le recouvrement augmente encore si l'on compare les versions deux à deux : ainsi Maredsous et Jérusalem ont 53% de cas de recouvrement, Jérusalem et Rabbinat de même, Jérusalem et Segond 63% de cas de recouvrement lexical. Ce calcul ne portant que sur des mots significatifs et identiques dans un même verset, on peut estimer que le recouvrement total du fonds de vocabulaire est de loin supérieur. Cette constatation témoigne d'une certaine homogénéité dans la façon dont le message biblique est transmis aux hommes de notre temps et perçu par eux. Il y a un "langage biblique français" du XXème siècle qui est désormais commun.
Pour être originale, une traduction doit avoir un certain nombre de traduction qui diffèrent des traductions précédentes;
je crois même que dans l'édition de la bible de Jérusalem en 43 fascicules (1948-1954), plusieurs auteurs reconnaissent (à vérifier) la proximité avec la traduction de la Bible du Centenaire de la Société protestante de paris (dite "Bible du Centenaire" introuvable sur internet car non encore scannée par google ou tout autre amateur de bible en français, on peut l'acheter d'occasion en 4 tomes et elle se trouve à la BNF et à la faculté de théologie protestante de Paris)
cela s'expliquerait par le fait que la Bible de Jérusalem a fait le choix des mêmes textes critiques grecs ou hébreux et des mêmes options idéologiques exégétiques que les auteurs de la bible du centenaire.
Il n'y a pas plagiat au sens de recopiage servile du travail d'un autre, mais comme la bible de Jérusalem arrive après les autres, tout en suivant le choix de prendre les mêmes textes grecs ou hébreux, avec les mêmes choix exégétiques, il est tout bonnement impossible de faire oeuvre originale. A moins que je ne me trompe sur l'état de la jurisprudence française, je ne sais pas à quel pourcentage d'identité la plagiat est constituée.
Mais traduisez "et il monta à Jérusalem" 230 fois, et expliquez moi comment la 230ème fois vous pouvez traduire de manière originale au sens de la loi et de la jurisprudence française.
Une autre manière de constater le fait consiste à faire l'expérience avec ce site :
http://djep.hd.free.fr/LaReferenceBiblique/
et encore, comme il ne publie pas la traduction de la BIBLE DU CENTENAIRE qui est semble-t-il la plus proche de la bible de Jérusalem vous n'aurez pas la possibilité de constater à quelle point ce phénomène est réel.
Ce qui est dit ici de la bible de Jérusalem ne la vise pas spécialement, mon propos n'est pas d'être désobligeant envers elle ou envers ses auteurs qui ont pu faire oeuvre originale dans les notes de bas de page et dans les introductions, en revanche pour la traduction, je pense que le Père Bogaert pointe une vérité incontestable, Il explique d'ailleurs bien que ce sont toutes les dernières versions en français allant des protestantes aux catholiques en passant par les versions juives qui, par la force des choses se recopient l'une l'autre, ou du moins, si elles ne se recopient pas, aboutissent à des traductions siamoises ou sœurs jumelles. C'est seulement une vérité scientifique qu'à un certain moment, il n'est plus possible de réaliser une traduction réellement originale en langue française.
salutation cordiale à tous les amoureux de l'Ecriture Sainte qui illumine nos vies.