Cher Boris, il me semble que vous oubliez votre catéchisme....
Voici un extrait d'une conférence donnée lors d'une retraite sacerdotale par le Chanoine LAHITTON :
Le saint sacrifice de la Messe est réellement distinct du sacrifice de la Croix, tout en lui demeurant intimement et totalement coordonné. Telle est la pensée que nous avons maintenant à développer.
On a coutume de dire que le sacrifice de l'Autel est le même que celui de la Croix.
Il faut bien s'expliquer sur ce point : il est d'importance.
Les deux sacrifices présentent certains éléments d'identité parfaite ; la chose va de soi. Mais il est non moins évident qu'ils diffèrent, au point de constituer deux espèces bien distinctes.
Mettons tout d'abord en lumière les côtés où éclate leur identité absolue ; un philosophe dirait : leur identité numérique.
Le Concile de Trente les signale on ne peut plus clairement au second chapitre de la vingt-deuxième session.
Dans l'un et dans l'autre sacrifice, explique-t-il, nous avons une seule et même victime : una enim eademque hostia.
Dans l'un et l'autre, le même prêtre principal, qui offre par les mains de prêtres subordonnés : idem nunc offerens sacerdotum ministerio.
De l'un à l'autre, enfin, identité de fruits ; car le sacrifice non sanglant de la Messe ne fait que distribuer, avec une somptueuse largesse, les fruits du sacrifice sanglant de la Croix : cujus quidem oblationis cruentæ fructus, per hanc incruentam uberrime percipiuntur.
Mais, si nous n'avons pas oublié les principes posés au début de cette étude, nous savons que la triple identité de la victime, du prêtre principal et des fruits, n'entraîne pas encore l'identité des deux sacrifices.
Le sacrifice, avons-nous dit, est formellement constitué par l'immolation de la victime. Si le rite de l'immolation est le même, nous aurons donc la même espèce de sacrifice. Mais si l'immolation diffère, les deux sacrifices différeront d'autant, selon l'adage : qui variat formant rei, variat speciem.
Or, le Concile de Trente ajoute : sola offerendi ratione diversa. Les deux sacrifices ne diffèrent que par le mode d'immolation.
Ils ne diffèrent que sur ce point ; mais cette seule divergence nous suffit. Car, en divergeant sur ce point essentiel, ils se classent sous deux espèces différentes : qui variat formant rei, variat speciem.
Et donc, quoique nous ayons, à l'Autel, la même victime que sur la Croix, et présentée par le même prêtre principal, et distribuant à la terre les mêmes grâces célestes, puisque, nonobstant cette triple identité, nous constatons que la victime est offerte, immolée, ici et là, de deux manières complètement différentes : là, sanglante ; ici, non sanglante, il est inexact de soutenir l'identité des deux sacrifices ; il est inexact de dire que le sacrifice de la Messe renouvelle ou reproduit le sacrifice de la Croix. Il ne reproduit, il ne renouvelle, au pied de la lettre, que le sacrifice de la Cène. Quant au sacrifice de la Croix, il demeure unique, « specie et numero », dans sa double unité spécifique et numérique ; et le sacrifice de l'Autel ne nous en donne qu'une représentation purement figurative par la séparation des deux espèces sacramentelles, recouvrant, ici le corps, là le sang de Jésus-Christ(7).
Donc, en distinguant les deux sacrifices par la seule différence du mode d'oblation : sola offerendi ratione diversa, le saint Concile les a distingués d'une distinction réelle, formelle, spécifique, bien qu'inadéquate.
On raconte qu'un novice de l'Ordre des Frères-Prêcheurs fut jeté dans les fers et condamné à mort pour la cause du Christ. Du cachot où il attendait son martyre, il écrivit à son Supérieur pour lui exprimer son vif désir d'être reçu à la profession religieuse avant de mourir.
Sa pieuse requête fut exaucée ; et dans sa prison, entre les mains de son Prieur, il eut le bonheur de se donner à Dieu par les trois vœux de religion, la veille même du jour où il devait se donner de nouveau par l'effusion du sang : pridie quam pateretur.
Ne voyez-vous pas l'application ?
Ici et là, c'est bien le même don et le même donateur : le novice s'offrant lui-même. Il n'y a de différence que dans la manière de s'offrir : sola offerendi ratione diversa.
Néanmoins, et parce que les deux façons dont ce religieux se donne sont tout à fait différentes, nul n'osera contester que nous ne soyons en présence de deux donations spécifiquement distinctes, malgré l'indéniable identité du donateur et du don. Identité et diversité que l'on pourrait fort bien exprimer par cette formule, imitée du saint Concile : « Ce religieux qui se donne aujourd'hui à Dieu par l'oblation sanglante du martyre, est celui-là même qui se donnait hier par l'oblation non sanglante de la profession religieuse (8). »
Je m'excuse d'avoir tant insisté sur une chose qui semble si claire. Mais elle a été si fort obscurcie dans certaines controverses récentes, qu'il a paru nécessaire d'y projeter une lumière intense.
Pour échapper à nos conclusions, on dira peut-être que le Concile de Trente parle d'une diversité dans l'oblation et non dans l'immolation : sola OFFERENDI ratione diversa.
La réponse est facile ; car, ainsi que nous l'avons observé, en matière de sacrifice, oblation et immolation se confondent, parce que la manière d'offrir une hostie en sacrifice est précisément de l'immoler.
Et c'est bien ainsi que l'entendent les Pères de Trente. Et la preuve palpable qu'à leurs yeux, dans le cas présent du sacrifice, oblation est synonyme d'immolation, c'est qu'ils divisent l'oblation en sanglante et non sanglante : cujus quidem ohlationis cruentæ fructus, per hanc incruentam uberrime percipiuntur (loc. cit.).
Or, c'est là, de toute évidence, une division qui concerne l'immolation, ou l'oblation-sacrifice ; car la simple offrande ne fut jamais sanglante : la chose offerte, qu'elle fût vivante ou inanimée, — pain de froment ou jeune agneau, poignée de farine ou couple de colombes, — demeurait intacte. On la présentait telle quelle, sans changement, à Dieu et à ses ministres (9).
Des théologiens récents — le P. de la Taille en tête — ont recours à un procédé nouveau, dans le but d'identifier les deux sacrifices de la Cène et du Calvaire.
Pour un sacrifice, disent-ils, il faut l'oblation actuelle d'une immolation ; mais il est indifférent que cette immolation soit présente, passée ou future. L'actualité de l'oblation suffit pour avoir un sacrifice actuel, à la seule condition que l'oblation que nous faisons maintenant se réfère à une victime à immoler, fût-ce le lendemain, ou déjà immolée, fût-ce depuis des semaines, des années et des siècles.
La Cène offrait la victime à immoler le lendemain ; notre Messe offre la victime immolée depuis des siècles.
Ils ajoutent ceci : au Calvaire, il n'y a pas eu oblation rituelle de la victime, mais son occision brutale par les bourreaux. Pareille occision, qui fut un vrai crime, ne saurait constituer un acte religieux. Si elle est quand même un sacrifice, c'est que l'oblation rituelle, qui lui fit défaut ce jour-là, avait été faite la veille au soir, par le Divin Maître, dans l'institution de la Sainte Eucharistie : pridie quam pateretur. Cette oblation rituelle et la tuerie du lendemain se complètent donc pour former un seul et même sacrifice, ici offert, là odieusement perpétré. Et notre Messe ne serait également qu'une nouvelle oblation, sans immolation actuelle, une nouvelle oblation du drame sanglant du Calvaire.
Si cette théorie est ingénieuse, elle ne résiste pas à l'examen des faits, ni aux termes dont se sert le Concile de Trente.
C'est une thèse très certaine de la Christologie que la passion fut un vrai sacrifice, un sacrifice absolu, et qu'on pourrait appeler subsistant par soi. Il fut complet par lui-même, sans avoir besoin de tel ou tel rite complémentaire posé la veille, ou reproduit le lendemain.
La Cène de la veille n'eût pas existé et nos Messes ne s'échelonneraient pas tout le long des siècles, que le sacrifice rédempteur offert sur la Croix ne perdrait aucun de ses éléments et garderait toute sa valeur.
Une preuve entre milles, c'est que, dans les pages où les théologiens, saint Thomas en tête, établissent l'existence du sacrifice rédempteur, ils ne font pas la moindre allusion à l'acte rituel de la veille, lequel, cependant, au dire des opposants, en aurait constitué l'élément principal.
Saint Thomas dit purement et simplement que la mort du Christ fut un vrai sacrifice.
Et qui ne sait que la Tradition est unanime à nous enseigner que Jésus, sur la croix, fit vraiment acte de prêtre, qu'il y remplit la fonction suprême de son sacerdoce, qu'il y prononça des paroles d'oblation vraiment sacerdotales, expression très claire de sa volonté actuelle de s'offrir en sacrifice : Consummatum est... Pater, in manus tuas commendo spiritum meum.
Qui ne sait, enfin, que Jésus avait plein pouvoir sur sa propre vie ; que son âme jouissait d'un domaine parfait sur son propre corps ; que personne ne pouvait la lui ravir contre son gré : nemo tollit eam a me; qu'il pouvait seul en disposer selon son bon plaisir : sed ego pono eam a meipso(10).
Il l'a bien prouvé au cours de sa passion. Les coups qu'il a reçus, le sang qu'il a versé auraient dû amener plus d'une fois la mort ; mais, chaque fois, Jésus, usant de sa puissance souveraine, a retenu d'autorité son âme prête à s'échapper. Enfin, quand la mesure des souffrances fut comble, Jésus constate tout haut que le programme imposé par la divine justice est rempli jusqu'au bout : consummatum est ! N'ayant plus à retenir son âme prête à s'envoler, il va la laisser sortir de ce corps qui ne la garde plus ; et, par un acte solennel, qui est l'acte sacerdotal de son sacrifice, il la prend toute palpitante de souffrances et d'amour, pour la présenter à son Père en holocauste de louange et d'expiation : « Père, je remets mon âme entre vos mains. » — « Et, ce disant, ajoute l'Évangile, il expira : et hæc dicens expiravit(11) »
« Ce fut par élection, et non par la force du mal qu'il mourut... et, partant, il n'est pas dit que son esprit s'en alla, le quitta ou se sépara de lui, mais, au contraire, qu'il mit son esprit dehors, l'expira, et le remit ès-mains de son Père éternel ; si que saint Athanase remarque qu'il baissa la tète pour mourir, afin de consentir et pencher à la venue de la mort, laquelle autrement n'eût osé s'approcher de lui ; et, criant à pleine voix, il remet son esprit à son Père, pour montrer que, comme il avait assez de force et d'haleine pour ne point mourir, il avait aussi tant d'amour qu'il ne pouvait plus vivre sans faire revivre par sa mort ceux qui sans cela ne pouvaient jamais éviter la mort ni prétendre à la vraie vie.
C'est pourquoi la mort du Sauveur fut un vrai sacrifice, et sacrifice d'holocauste que lui-même offrit à son Père pour notre rédemption ; car encore que les peines et les douleurs de sa passion fussent si grandes et fortes que tout autre homme en fût mort, si est-ce que quant à lui il n'en fût jamais mort s'il n'eût voulu et que le feu de son infinie charité n'eût consumé sa vie. Il fut donc le sacrificateur lui-même qui s'offrit à son Père, et s'immola en amour, à l'Amour, pour l'amour et d'amour. » (S. François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, L. X, ch. 17.)
Le sacrifice du Calvaire, sacrifice complet et subsistant par lui-même, le voilà !
Et c'est bien ainsi que le conçoit le Concile de Trente. Examinons, en effet, la manière dont il s'exprime, toujours dans cette célèbre session vingt-deuxième, dont les termes, précis et majestueux, semblent descendre directement du trône de la Vérité céleste.
Après avoir rappelé que Jésus se devait de réaliser en sa personne le type prophétique de Melchisédech, le saint Concile ajoute :
« Donc, notre Dieu et Seigneur Jésus, bien qu'il dût s'offrir une seule fois en sacrifice à Dieu sur l'autel de la Croix : in ara crucis oblaturus erat, par une mort qui rachèterait le monde ; néanmoins, parce que son sacerdoce ne devait pas s'éteindre à sa mort, il voulut, à la dernière Cène, laisser à l'Église, son Épouse bien-aimée, un sacrifice vraiment visible comme l'exige la nature de l'homme, sacrifice par lequel celui qu'il devait offrir une seule fois d'une manière sanglante fût représenté, et son souvenir ainsi que ses fruits perpétués jusqu'à la fin des siècles.
« Dans ce but, et pour bien marquer qu'il était prêtre selon l'ordre de Melchisédech, il offrit en sacrifice à Dieu son Père son corps et son sang sous les espèces du pain et du vin. Et il établit les Apôtres, ainsi que leurs successeurs, prêtres de ce sacrifice, en disant : Faites ceci en mémoire de moi. Ainsi l'a toujours compris et enseigné l'Église catholique. »
« C'est ainsi qu'il institua la Pâque nouvelle, ou le nouvel Agneau pascal, c'est-à-dire lui-même, que l'Église devra immoler, par ses prêtres, sous les signes visibles du pain et du vin : seipsum ab Ecclesia per sacerdotes sub signis visibilibus immolandum. »
Rien de plus clair ; et nous avons donc un sacrifice que Jésus-Christ devait offrir le lendemain sur l'autel de la Croix : in ara crucis oblaturus, — remarquez ce futur, — et un autre, institué la veille, un autre qui a son rite spécial, tout à fait distinct, dans lequel le Christ s'immole encore, mais non plus par effusion sanglante, sous les espèces du pain et du vin : sub signis visibilibus immolandum.
Notre sacrifice de la Messe est donc bien réellement distinct de celui de la Croix ; et, s'il est la représentation symbolique et le mémorial de celui-ci, in memoriam, on ne peut dire qu'il en soit la reproduction ou le renouvellement. Nous ne reproduisons pas, nous ne renouvelons pas, à la Messe, l'immolation sanglante du Calvaire, qui doit demeurer unique : semel oblaturus; nous reproduisons, nous renouvelons l'immolation de la Cène, immolation non sanglante, immolation mystique, mais très vraie, dont nous aurons bientôt à déterminer la nature et à revendiquer la réalité.
Avant d'achever, il nous sera utile d'étudier comment et pourquoi, au dire du saint Concile, le sacrifice de la Messe possède le privilège de nous obtenir l'application abondante, torrentielle, des fruits du Calvaire : « Cujus quidem oblationis, cruentæ inquam, fructus per hanc incruentam uberrime percipiuntur(12). »
Ce privilège lui vient précisément de ce qu'il est la représentation symbolique du sacrifice du Calvaire. Et telle paraît bien être la raison profonde pour laquelle Jésus-Christ rend présents son corps et son sang séparément, sous des espèces distinctes. Cette séparation nous paraît avoir une double fin : rappeler à la mémoire oublieuse de l'homme le sacrifice qui nous a rachetés ; d'autre part, présenter de nouveau à Dieu — « repræsentare » — ce sacrifice qui nous a ouvert un crédit illimité sur son miséricordieux Amour !
Inutile d'insister sur le premier but, que tout l'office du Saint-Sacrement s'applique à nous inculquer : O sacrum convivium... recolitur memoria passionis ejus. — Deus qui nobis, sub sacramento mirabili, passionis tuæ memoriam reliquisti.
Le second aspect nous met en face d'une vérité splendide. En renouvelant sans relâche, sur ses Autels, le mystère de l'immolation sacramentelle, l'Église catholique n'a pas d'autre souci que de maintenir sous les yeux de la justice divine son grand Crucifié, de le lui présenter sans cesse, comme un gage assuré de tous les pardons et un droit permanent à tous les bienfaits !
Et, quelle n'est pas l'efficacité d'une pareille présentation, quand elle s'adresse à Dieu !
Quand nous voulons émouvoir les pécheurs, le moyen le plus sûr est de les placer en face de la croix, en essayant de leur donner la sensation de la Passion présente. Ah ! si notre faculté d'évocation était telle que nous eussions le pouvoir de leur montrer Jésus crucifié, tel que le virent sa Mère, saint Jean, Marie-Madeleine ! Quel cœur serait assez dur pour nous résister !
Hélas ! pour nos semblables et pour nous-mêmes, nous en sommes réduits à des tableaux d'imagination, infiniment inférieurs à la terrible et poignante réalité.
Du côté de Dieu, au contraire, nous n'avons à recourir à aucun artifice. La Passion que nos Messes lui représentent ne se perd pas pour lui dans le lointain d'un passé brumeux. Celui qui est l'Être même ne vit pas sous le régime du temps qui s'écoule et s'enfuit, mais sous le régime de l'éternité immuable. Car, nous dit saint Thomas, l'éternité, ramassée tout entière en elle-même dans un perpétuel présent, embrasse et tient sous son regard toute la succession des temps : Æternitas, tota simul existens, ambit totum tempus(13).
Donc, en ce moment où la Passion est passée depuis des siècles, elle demeure aussi présente à Dieu qu'elle l'était à Marie au moment où cette Mère douloureuse se tenait debout contre le bois de la croix.
C'est ce spectacle que le corps et le sang de nos Messes ont le don de présenter, de représenter à Dieu : spectacle d'une éloquence infinie, par lequel nous parlons ainsi au Père céleste : « Mon Dieu ! par votre Fils qui souffre et meurt pour nous sous votre regard éternel ; par son sang que vous voyez sans cesse coulant à flots sur la terre et sur nos âmes coupables, pardon, Seigneur, pardon ! Pardon ! Et miséricorde ! Et votre bienveillance ! Et votre amour ! Et votre héritage ! Et votre ciel ! Et votre Cœur ! Et Vous, enfin ! J'ai droit à tout ! Je demande tout ! Et, je le sais, ô mon Père : par votre Fils, vous me donnerez tout ! »
Telle est l'éloquence de notre Messe dans son étroite dépendance avec le sacrifice de la Croix. Sous cet aspect, le sacrifice de nos Autels peut donc se définir : La re-présentation faite à Dieu de l'immolation du Calvaire, non comme passée, mais comme toujours présente à la Divine Éternité (14) !
Vous pensez peut-être, mes vénérés Confrères, que, repris par mes vieilles habitudes de professeur, j'en viens à oublier ma fonction actuelle de prédicateur.
Détrompez-vous ! à moins qu'il ne soit plus vrai que la première tâche, et la plus urgente du prédicateur de l'Évangile consiste à répandre la lumière : vos estis lux mundi... luceat lux vestra, et que son premier devoir est, non d'émouvoir la sensibilité, mais d'enseigner la vérité : docete.
Cet enseignement sur le sacrifice de la Messe, je le dépose dans vos âmes comme une semence divine, semence sacrée que le soleil de la grâce fera germer en son temps, semence féconde, sur laquelle, comme sur le sein virginal, le Saint-Esprit surviendra, et que la vertu du Très-Haut couvrira de son ombre.
Alors, de cette semence jaillira un prêtre nouveau, un prêtre, digne instrument du Souverain Prêtre, un prêtre sachant ce qu'il fait : agnoscite quod agitis, et qui, sachant ce qu'il fait, adaptera de plus en plus ses attitudes d'âme et de corps aux mystères sublimes que nous avons le redoutable pouvoir de manipuler !
Amen !