Le FMI a sous-estimé les effets de l'austérité
Publié : ven. 11 janv. 2013, 12:16
Et la différence ne représente pas une paille. Le document présenté le 3 janvier à l’assistance ne représentait pas une déclaration officielle de la part du FMI. La précaution était mentionnée en grands caractères sur la page de garde. Mais les révélations sont interpellantes.
Les auteurs s’ intéressent à la notion de "multiplicateur fiscal". Il s’agit du calcul des effets totaux d’une mesure sur l’économie. Lorsque les gouvernements prennent des mesures d’austérité, l’ampleur des conséquences dans la réalité est exprimée par cette donnée. Et là où le FMI s’est fourvoyé, c’est dans la valeur de ce multiplicateur. D’après le document présenté, les effets négatifs de l’austérité préconisée par le FMI seraient trois fois plus importants que prévu.
Des conclusions déjà connues
Incroyable ? Pas tant que ça. Les économistes se basent sur des modèles d’analyse prenant en compte des caractéristiques de base d’une société, sur lesquelles ils "greffent" les mesures prévues. Sauf qu’en 2008, à l’époque où les politiques d’austérité actuelles ont été déterminées, les caractéristiques de la société n’étaient pas les mêmes qu’en 2012. On n’a probablement pas tenu compte des taux très bas d’emprunts pratiqués par les banques, ou des revenus réels des ménages, du manque de liquidités des entreprises, ou d’autres paramètres.
"Je ne suis pas très étonné ", réagit l’économiste Paul De Grauwe. "Dans une situation de récession, les multiplicateurs sont plus élevés". Olivier Blanchard répète ce qui a déjà été publié par le FMI, ajoute-t-il.
Mais ce qui est interpellant, c’est l’ampleur de l’écart. Les effets négatifs de l’austérité sont multipliés par trois par rapport aux prévisions. Pour Paul De Grauwe, la crédibilité des modèles macro-économiques utilisés depuis des années est en cause. "Beaucoup de ces modèles ont été établis pour des économies en régime de plein-emploi", explique-t-il. Ils considèrent que les acteurs réagissent tous de manière très rationnelle, et que, par exemple, "les chômeurs ne sont au chômage que parce qu’ils le veulent bien". Or, depuis quelques années, ces convictions sont battues en brèche par la réalité.
Les auteurs s’ intéressent à la notion de "multiplicateur fiscal". Il s’agit du calcul des effets totaux d’une mesure sur l’économie. Lorsque les gouvernements prennent des mesures d’austérité, l’ampleur des conséquences dans la réalité est exprimée par cette donnée. Et là où le FMI s’est fourvoyé, c’est dans la valeur de ce multiplicateur. D’après le document présenté, les effets négatifs de l’austérité préconisée par le FMI seraient trois fois plus importants que prévu.
Des conclusions déjà connues
Incroyable ? Pas tant que ça. Les économistes se basent sur des modèles d’analyse prenant en compte des caractéristiques de base d’une société, sur lesquelles ils "greffent" les mesures prévues. Sauf qu’en 2008, à l’époque où les politiques d’austérité actuelles ont été déterminées, les caractéristiques de la société n’étaient pas les mêmes qu’en 2012. On n’a probablement pas tenu compte des taux très bas d’emprunts pratiqués par les banques, ou des revenus réels des ménages, du manque de liquidités des entreprises, ou d’autres paramètres.
"Je ne suis pas très étonné ", réagit l’économiste Paul De Grauwe. "Dans une situation de récession, les multiplicateurs sont plus élevés". Olivier Blanchard répète ce qui a déjà été publié par le FMI, ajoute-t-il.
Mais ce qui est interpellant, c’est l’ampleur de l’écart. Les effets négatifs de l’austérité sont multipliés par trois par rapport aux prévisions. Pour Paul De Grauwe, la crédibilité des modèles macro-économiques utilisés depuis des années est en cause. "Beaucoup de ces modèles ont été établis pour des économies en régime de plein-emploi", explique-t-il. Ils considèrent que les acteurs réagissent tous de manière très rationnelle, et que, par exemple, "les chômeurs ne sont au chômage que parce qu’ils le veulent bien". Or, depuis quelques années, ces convictions sont battues en brèche par la réalité.