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27 décembre : Saint Jean l'Évangéliste
Publié : jeu. 27 déc. 2007, 15:09
par ami de la Miséricorde
Première Epître de Saint Jean
1Jn 3:11- Car tel est le message que vous avez entendu dès le début : nous devons nous aimer les uns les autres,
1Jn 3:12- loin d'imiter Caïn, qui, étant du Mauvais, égorgea son frère. Et pourquoi l'égorgea-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, tandis que celles de son frère étaient justes.
1Jn 3:13- Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait.
1Jn 3:14- Nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort.
1Jn 3:15- Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu'aucun homicide n'a la vie éternelle demeurant en lui.
1Jn 3:16- A ceci nous avons connu l'Amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères.
1Jn 3:17- Si quelqu'un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui ?
1Jn 3:18- Petits enfants, n'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité.
1Jn 3:19- A cela nous saurons que nous sommes de la vérité, et devant lui nous apaiserons notre cœur
1Jn 3:20- si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout.
1Jn 3:21- Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons pleine assurance devant Dieu :
1Jn 3:22- quoi que nous lui demandions nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable.
1Jn 3:23- Or voici son commandement : croire au nom de son Fils Jésus Christ et nous aimer les uns les autres comme il nous en a donné le commandement.
1Jn 3:24- Et celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui ; à ceci nous savons qu'il demeure en nous : à l'Esprit qu'il nous a donné.
Source : Bible de Jérusalem le Cerf 1997
Union de prière
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
27 décembre : Saint Jean l'Évangéliste
Publié : sam. 27 déc. 2008, 23:59
par ami de la Miséricorde
Des Traités sur l’Épître de Jean de saint Augustin, évêque (Traité 1, 1.3; cf. SC 75, 112.116.118)
La vie s’est manifestée dans la chair
Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, et que nos mains ont touché, c’est le Verbe de la vie (1 Jn 1, 1). Y a-t-il quelqu’un qui touche de ses mains le Verbe de la vie, sinon parce que le Verbe s’est fait chair et qu’il a établi sa demeure parmi nous (Jn 1, 14)?
Or, ce Verbe qui s’est fait chair pour être touché de nos mains, il a commencé d’être chair dans le sein de la Vierge Marie. Mais il n’a pas alors commencé d’être le Verbe, car il était depuis le commencement, dit saint Jean. Voyez comme sa Lettre confirme son Évangile, où naguère vous avez entendu lire: Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu (Jn 1, 1).
Peut-être que certains entendent «le Verbe de la vie» comme une formule quelconque pour désigner le Christ, et non pas précisément le corps du Christ, que les mains ont touché. Mais voyez la suite: Oui, la vie s’est manifestée (1 Jn 1, 2). Le Christ est donc le Verbe de la vie.
Et comment cette vie s’est-elle manifestée? Car, si elle était dès le commencement, elle ne s’était pas manifestée aux hommes: elle s’était manifestée aux Anges, qui la voyaient et qui s’en nourrissaient comme de leur pain. C’est ce que dit l’Écriture: L’homme a mangé le pain des Anges (Ps 77, 25).
Donc, la Vie elle-même s’est manifestée dans la chair: elle a été placée, en effet, en état de manifestation pour qu’une réalité visible seulement par le cœur pût être aussi visible aux yeux, afin de guérir les cœurs. C’est par le cœur seul qu’on voit le Verbe, tandis que la chair est vue aussi par les yeux. C’est la chair qui nous permettait de voir le Verbe. Le Verbe s’est fait chair, une chair que nous puissions voir, afin que soit guéri en nous ce qui pourrait voir le Verbe.
Nous portons témoignage, dit saint Jean: nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée en nous (1 Jn 1, 2), c’est-à-dire qui s’est manifestée parmi nous; on dirait plus clairement: qui s’est manifestée à nous.
Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons (1 Jn 1, 3). Que votre charité soit attentive: Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons. Eux, ils ont vu le Seigneur lui-même présent dans la chair, ils ont entendu les paroles tombant de sa bouche et ils nous les ont annoncées. Mais nous, si nous avons entendu, nous n’avons pas vu.
Sommes-nous donc moins favorisés que ceux qui ont vu et entendu? En ce cas, pourquoi ajoute-t-il: pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous? Eux ont vu; nous, nous n’avons pas vu; et pourtant nous sommes en communion avec eux, parce que nous avons une foi commune.
Et notre communion est avec Dieu le Père et Jésus Christ son Fils. Et c’est nous qui écrivons cela, ajoute Jean, pour que vous ayez la plénitude de la joie. Cette plénitude de la joie, il la fait consister précisément dans la communion, dans l’amour, dans l’unité.
Source : Forum Catholique du 26 décembre
Union de prière
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
27 décembre : Saint Jean l'Évangéliste
Publié : dim. 27 déc. 2009, 18:34
par ami de la Miséricorde
HOMELIE I (extrait)
de Saint Jean Chrysostome
Sur l’Evangile de Saint Jean
Ce n'est point un musicien ou un orateur qui vous appelle au spectacle, c'est un homme dont la voix du haut du ciel se fait entendre plus clairement que le tonnerre. En effet, par cette voix il a attiré, captivé et rempli tout l'univers, non par la grandeur et l'éclat du son, mais par une langue que le mouvement de la grâce faisait parler. Et, ce qui est admirable, cette voix, qui se fait entendre si loin, n'a rien de rude, rien de désagréable, mais elle est plus douce, plus aimable que la musique la plus harmonieuse.
Ajoutons à cela, que c'est un homme très-saint, très-respectable, plein de tant de trésors et de secrets, et qui apporte de si grands biens, que ceux qui le reçoivent avec empressement, et qui savent le retenir avec eux, ne sont plus des hommes, ni ne demeurent plus sur la terre, mais s'élèvent au-dessus de toutes les choses terrestres; et, devenant semblables aux Anges, ils sont sur la terre, comme étant déjà habitants du ciel. Cet enfant du tonnerre (Marc, III, 17) que Jésus aimait, qui est la colonne de toutes les églises du monde, qui a les clefs du ciel, qui a bu au calice de Jésus-Christ, et a été baptisé de son baptême, qui s'est reposé avec une grande confiance sur le sein du Seigneur, vient maintenant chez nous, non pour donner une pièce de théâtre, non couvert d'un masque pour jouer un rôle (ce n'est point de ces sortes de vanités qu'il doit nous entretenir) : il ne va pas monter à la tribune, aux harangues, ni danser dans l'orchestre ; il n'est pas couvert d'un habit d'or, mais il se présente à nous avec un vêtement d'une beauté extraordinaire, il est revêtu de Jésus-Christ ; ses pieds sont beaux (Rom. X,15), ils sont chaussés (Ephés. VI, 15) et tout prêts à partir pour aller annoncer l'Évangile de la paix; il a une ceinture, non sur son sein, mais autour de ses reins; elle n'est pas dorée ni d'un cuir couleur de pourpre, mais elle est tissée et formée de la vérité même.
Tel est celui qui s'offre à nous : son visage n'est pas couvert d'un masque, car il n'y a dans lui ni déguisement, ni fiction, ni mensonge; mais ayant la tête nue, il annonce la pure vérité. Il ne cherchera point à se montrer à ses auditeurs par son geste, son regard, sa voix, différent de ce qu'il est en réalité. Pour remplir sa mission, il n'aura besoin d'aucun accompagnement, ni de harpe, ni de lyre, ni d'aucun instrument pareil. C'est par sa voix qu'il fait tout, et cette voix fait entendre une harmonie plus salutaire et plus douce que le son de la harpe ou de la musique la plus mélodieuse.
Tout le ciel est la scène, toute la terre est le théâtre, tous les Anges sont ses spectateurs et ses auditeurs, et tous ceux d'entre les hommes qui sont ou qui désirent devenir des Anges.
Voilà ceux qui peuvent attentivement entendre cette harmonie, et s'en inspirer pour leur propre conduite; voilà les dignes auditeurs. Tous les autres, semblables aux enfants, écoutent à la vérité mais ils ne comprennent rien à ce qu'ils ont écouté, parce qu'ils s'amusent à des bagatelles et à des puérilités. Adonnés aux rires et aux délices, livrés aux richesses et à l'ambition, et ne songeant qu'à leur ventre, ils entendent véritablement quelquefois la divine parole, mais attachés qu'ils sont à des ouvrages de fange et de boue, ils ne font rien de grand, rien de noble, rien d'élevé.
Les puissances célestes accompagnent cet Apôtre, elles voient avec admiration la beauté de son âme, sa prudence et cette brillante vertu, par laquelle il a attiré Jésus-Christ même dans son coeur, et reçu les grâces spirituelles car tel en quelque sorte qu'une lyre que les pierres précieuses et les cordes d'or dont elle est ornée, font briller, il fait retentir des sons spirituels qui ont quelque chose de grand et de sublime.
2. C'est pourquoi écoutons-le, mes frères, non comme le pécheur, ou comme le fils de Zébédée, mais comme un homme plein de « l'esprit qui pénètre ce qu'il y a de plus caché et dans la profondeur de Dieu (I Cor. II) », comme une lyre, dis-je, que l’Esprit-Saint pince et fait résonner. Ce n'est point la voix d'un homme que vous allez entendre, mais c'est la voix de Dieu. Tout ce qu'il vous dira est puisé dans les sources divines; dans ces secrets, dans ces mystères que les Anges mêmes n'ont point connus, avant qu'ils aient eu leur accomplissement : car c'est avec nous, par la voix de Jean, c'est par nous qu'ils ont appris ce que nous avons connu nous-mêmes : un autre Apôtre nous le déclare par ces paroles : « Afin que maintenant les principautés et les puissances connaissent par l'Église la sagesse de a Dieu si merveilleuse dans les différents ordres de sa conduite ». (Ephés. III, 10.) Si donc les Principautés, les Puissances, les Chérubins et les Séraphins ont appris ces choses de l'Église, il est évident que c'est avec une grande attention qu'ils les ont apprises : et certes, que les Anges aient appris avec nous des choses qu'ils ignoraient, nous n'y avons pas peu de gloire: mais que ce soit aussi de nous qu'ils les ont apprises, je n'expliquerai point encore comment cela est arrivé.
Ecoutons saint Jean avec modestie, gardons un grand silence, non-seulement aujourd'hui, ou dans le jour seulement auquel nous l'écoutons, mais aussi pendant toute notre vie : il est avantageux d'être en tout temps attentifs à sa voix. Si nous sommes curieux d'apprendre ce qui se passe à la cour, ce que fait l'empereur, ce qu'il a résolu de faire pour ses sujets, quoique souvent il n'y ait rien en cela qui nous regarde, nous devons beaucoup plus désirer de savoir ce que Dieu a dit, et surtout puisqu'ici tout nous importe, tout est pour nous. Jean nous donnera la connaissance de toutes ces choses, parce qu'il est l'ami du Roi, ou plutôt parce qu'il a en lui-même le Roi qui parle par sa bouche, et qu'il sait de lui tout ce qu'il apprend de son Père. Jésus-Christ dit : « Je vous ai appelé mes amis, parce que je vous ai fait savoir tout ce que j'ai appris de mon Père ». (Jean, XV, 15.) Or, si nous voyions descendre tout à coup du ciel quelqu'un qui nous promît de nous dire ce qui s'y passe, nous accourrions tous auprès de lui : accourons donc présentement de même.
Cet homme nous parle du haut du ciel : il n'est pas de ce monde, c'est Jésus-Christ lui-même qui le déclare : « Vous n'êtes point », dit-il, « de ce monde ». (Jean, XV-19.) L'Esprit-Saint dont il est rempli lui parle, cet Esprit qui est présent partout, qui connaît ce qui est en Dieu, de même que l'esprit de l'homme, qui est en lui, connaît ce qui se passe en lui (I Cor. II, 11), c'est-à-dire l'Esprit de sainteté, l'Esprit de vérité, qui conduit et mène au ciel, qui donne de nouveaux yeux, qui nous rend présentes les choses futures, et qui, quoique nous soyons encore dans notre chair, nous fait voir les choses célestes.
C'est pourquoi, mes frères, présentons-nous à lui avec un esprit paisible et tranquille durant tout le cours de notre vie ; qu'aucun indifférent, aucun homme sans ferveur, aucun débauché, une fois entré ici, ne demeure tel qu'il était. Mais élevons-nous, au ciel, c'est là que l'évangéliste parle à ceux qui y vivent. Si nous sommes habitants de la terre, nous ne rapporterons aucun fruit. La doctrine de saint Jean n'est pas pour ceux qui mènent une vie sensuelle et toute animale, de même que les choses terrestres ne le touchent et ne le regardent point. Certes, le tonnerre qui gronde dans l'air nous épouvante et nous effraye par son bruit confus ; mais la voix de Jean ne trouble point les âmes fidèles, elle les délivre au contraire du trouble et de la terreur, et n'est terrible qu'aux démons et aux esclaves des démons. Pour voir et pour connaître comment il les effraye et les met en fuite, que notre esprit, que notre langue gardent un profond silence, mais surtout notre esprit : de quelle utilité serait-il que la langue fût dans le silence, lorsque l'esprit serait dans l'agitation et dans le trouble? Je demande la paix de l'âme, parce que je veux que l'âme soit attentive et m'écoute. Que la cupidité, l'amour de la gloire, que la colère, ce cruel tyran, que toutes les autres passions cessent donc de nous agiter : l'oreille qui n'est pas bien purifiée ne peut dignement entendre, ni pleinement concevoir la sublimité de ces paroles, la formidable grandeur de ces ineffables mystères, en un mot, l'excellence de ces divins oracles. Si, faute de prêter une exacte attention, il est impossible de bien apprécier un air joué sur la flûte ou la lyre, comment l'auditeur appelé à entendre une voix mystique, le pourra-t-il si son âme
sommeille? […]
Source : abbaye-saint-benoit.ch
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
27 décembre Saint Jean Apôtre
Publié : lun. 27 déc. 2010, 10:18
par ami de la Miséricorde
HOMÉLIE LXXII de Saint Jean Chrysostome
" l’Evangile de Saint Jean "
[...] Jean entend cette parole : « Suivez-moi » (Matth. IV, 21) ; sur-le-champ il quitte ses filets et son père, et il suit : croyez-vous que ce soit là peu de chose ? Et que Jésus l'ait pris avec Pierre, et l'ait mené à l'écart sur une montagne (Id. XVII-1); selon vous, est-ce là peu de chose? Et encore qu'il soit entré avec son Maître dans la maison du grand prêtre (1)? Mais Jean lui-même, quel éloge n'a-t-il pas fait de Pierre ? Il n'a point passé sous silence ces paroles de Jésus-Christ: « Pierre, m'aimez-vous plus que ne font ceux-ci ? » (Jean, XXI, 15.) Partout il le représente vif et bouillant, et sincèrement attaché à son Maître. Au reste, c'est par un grand amour pour Jean que Pierre fit cette demande : « Et celui-ci, Seigneur, que deviendra-t-il ? » (Jean, XXI, 21.)
Nul autre n'a parlé de Jean de la sorte, et Jean lui-même ne l'aurait point fait si l'occasion présente ne l'y eût engagé. Si, après avoir rapporté que Pierre avait fait signe à Jean de demander « qui était le traître », il n'eût rien ajouté, sûrement il nous aurait jeté dans l'inquiétude et dans le doute, et nous aurait mis dans la nécessité d'en chercher la raison; voilà pourquoi il l'apporte lui-même, en disant : « Il se reposa sur le sein de Jésus».
Lorsque vous entendez que Jean était couché sur le sein de Jésus, et qu'il était si familier avec son Maître, croyez-vous avoir appris peu de chose? Mais si vous demandez ce qui lui procurait cet honneur et cet avantage, je vous dirai que c'est l'amour que Jésus avait pour lui ; c'est pourquoi il dit : « Celui que Jésus aimait ». Pour moi, je pense que Jean eut un autre sujet de faire cette question, et que c'était pour se montrer innocent du crime dont le Maître accusait l'un d'entre eux. Voilà pourquoi il interroge hardiment et avec confiance ; et en effet, pour quelle autre raison ne fait-il cette demande que lorsque le chef des Apôtres lui fait signe? C'est afin que vous ne croyiez pas que Pierre s'adresse préférablement à lui, comme étant plus grand que les autres, aussi Jean déclare que c'est à cause que Jésus l'aimait beaucoup.
Pourquoi Jean se reposa-t-il sur le sein de Jésus-Christ? C'est parce qu'en général les disciples n'avaient pas encore une digne opinion de lui, et à l'égard de Jean, il soulageait par là son affliction. Il y a toute apparence qu'ils avaient tous le visage fort triste; car si leur âme était pleine de trouble et de tristesse, leur visage sans doute l'était beaucoup plus encore. Jésus-Christ les console donc et par ses paroles, et par la réponse qu'il fait à cette demande, et il invite Jean à reposer sa tête sur son sein. Mais remarquez que cet évangéliste est très-éloigné du faste et de l'ostentation; il ne se nomme pas, mais il dit : « Celui que Jésus aimait ». De même que fait saint Paul, lorsqu'il dit : « Je connais un homme qui fut ravi il y a quatorze ans ». [...]
Source : abbaye-saint-benoit.ch
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
27 décembre Saint Jean Evangéliste
Publié : mar. 27 déc. 2011, 14:18
par ami de la Miséricorde
[...] Vous voyez, mes chers frères , ce que je viens de dire, que saint Jean , en parlant du Fils, ne tait et n'omet pas le Père. Que si cela ne suffit pas encore pour vous mettre cette vérité dans toute son évidence, ne vous en étonnez pas : c'est de Dieu que nous vous parlons, dont la nature ne se peut représenter
1. « Quant à là forme extérieur », ou « Quant à ce qui a paru de lui au dehors » . Le grec dit skesis, en latin, habitus. J'explique ce mot sur ce que saint Paul nous apprend du Verbe, lorsqu'il dit : « Il s'est anéanti lui-même, en prenant la forme de serviteur, en se rendant semblable aux hommes , et étant reconnu pour homme , par tout ce qui a paru de lui au dehors. Voilà la forme extérieure; voilà en quoi et comment le Verbe divin, qui n'a rien de commun avec l'homme, quant à la substance, participe des créatures dans son incarnation, s'étant revêtu de nette chair et rendu semblable aux hommes, dignement ni en paroles, ni en pensées.
Voilà pourquoi saint Jean ne se sert point ici du nom de substance , parce que personne ne peut dire ce que Dieu est selon sa substance ; mais partout il nous le fait connaître par ses ouvrages. On voit que dans la suite ce Verbe est appelé lumière, et que la lumière est aussi appelée vie : ce n'est point pour cette seule raison qu'il l'a ainsi appelé ; mais c'est la première , et voici la seconde : le Verbe devait nous apprendre ce qui regarde le Père; car il dit : « Je vous ai fait savoir tout ce que j'ai appris de mon Père ». (Jean, XV, 15.)
L'évangéliste appelle le Verbe et lumière et vie, parce qu'il nous a donné la lumière qui nous éclaire et fait connaître toutes choses, et que par la lumière il nous a donné la vie. En un mot : un seul, ni deux, ni trois, ni plusieurs noms ne suffisent pour nous faire connaître ce que Dieu est ; mais il faut se tenir pour content, si par plusieurs noms même nous pouvons; du moins obscurément, nous former une idée de ses attributs. Saint Jean ne l'a pas simplement appelé « Verbe », mais en ajoutant l'article « le », il l'a désigné comme un être à part.
Faites ici attention, mon cher auditeur, que je n'ai pas vainement dit que cet évangéliste nous parle du haut du ciel; et pour cela remarquez jusqu'à quelle sublimité il a d'abord, dès le commencement, élevé l'esprit et l'âme de ses auditeurs. Car après l'avoir élevée au-dessus de tout ce qui peut tomber sous les sens , au-dessus de la terre , de la mer et du ciel, il lui fait entendre qu'il faut qu'elle monte encore plus haut, et qu'elle s'élève au-dessus même des Chérubins, des Séraphins, des Trônes, des Principautés, des Puissances, et enfin au-dessus de toutes les créatures. Quoi donc! Est-ce qu'après nous avoir élevé à de si hautes et de si sublimes idées, il a pu nous y arrêter? nullement ; mais il en est comme d'un homme qui , voyant quelqu'un arrêté sur le bord de la mer, pour considérer les villes, les côtes et les ports, après l'avoir transporté au milieu de l'Océan, et lui avoir ôté la vue des premiers objets qui l’occupaient, le placerait en un lieu qui, n'étant point borné, offrirait à ses yeux un spectacle immense.
Ainsi l'évangéliste nous élève au-dessus de toutes les créatures, nous envoie au delà des siècles qui ont précédé la création, et nous tient les yeux en l'air et en suspens, sans nous fixer titi terme, parce qu'il n'y en a point car la raison, qui veut pénétrer dans ce commencement, cherche quel est ce commencement; et trouvant qu'il est dit du Verbe : « Il était », elle veut encore aller plus loin , et ne voit point où se fixer ; elle regarde sans relâche jusqu'à ce qu'enfin la fatigue la force à redescendre : car ce mot « Au commencement était », ne désigne et ne montre que ce qui a toujours été, et ce qui est éternel.
Vous le voyez, mes fières, qu'il n'en est pas de la vraie philosophie, et des dogmes divins, comme de ceux des Grecs : les païens reconnaissent et assignent des temps , et disent qu'entre leurs dieux , il y en a de vieux et de jeunes, d'anciens et de nouveaux : mais on ne trouve parmi nous rien de semblable. Car s'il y a un Dieu, comme il y en a sûrement un,. il n'y a rien avant lui : s'il est le Créateur de toutes choses , il est avant toutes choses : s'il est le Seigneur et le Souverain de tous les êtres, rien ne vient qu'après lui, et les créatures et les siècles. [...]
1. « Impassiblement », d'une manière impassible, c'est-à-dire, « sans passion, ni altération, ni diminution, ni changement de la part du Père qui engendre , ni du Fils qui est engendré. C'est là la vraie idée, ou explication du mot apathos; dans le langage des Pères grecs. Comme apathos appliqué à Dieu , marque que la nature divine est . inaltérable, immuable, imperturbable, incapable de rien recevoir de nouveau en elle-même, ni d'être jamais autre chose que ce qu'elle a été une fois , et par conséquent, « indivisible ». Voyez le premier avertissement aux protestants, de M. Bossuet, évêque de Meaux.
Lire l'intégralité
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saint ... an/004.htm
Source : abbaye-saint-benoit.ch
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
27 décembre Saint Jean Apôtre
Publié : jeu. 27 déc. 2012, 12:15
par ami de la Miséricorde
Biographie
http://nominis.cef.fr/contenus/saint/32 ... liste.html
HOMÉLIE LXXII de Saint Jean Chrysostome
Sur l’Evangile de Saint Jean
Il se présente ici une question digne de notre attention et de nos recherches; pourquoi, tous étant dans l'inquiétude et dans la crainte, et le chef lui-même dans le trouble et dans la terreur, Jean, comme s'il eût été dans la joie, se couche sur le sein de Jésus, et non-seulement il s'y repose, mais aussi il y laisse tomber sa tête; et ce n'est point là seulement la question qui est digne de nos recherches, mais encore ce qui suit. Quoi? Ce que Jean dit de lui-même : « Le disciple que Jésus aimait». Pourquoi aucun autre n'a parlé de lui en ces termes? Et d'ailleurs les autres aussi étaient aimés? Mais celui-ci l'était plus que tous les autres. Que si nul autre n'a parlé de lui en ces termes, et si Jean lui-même est le seul qui l'ait fait, il n'est rien en cela qui nous doive surprendre. Saint Paul, dans l'occasion, en a usé de même, il a dit : « Je connais un homme, « qui fut ravi il y a quatorze ans ». (II Cor. XXII, 2.) Et encore le saint Apôtre a raconté beaucoup de choses qui ne lui font pas médiocrement honneur.
Jean entend cette parole : « Suivez-moi » (Matth. IV, 21) ; sur-le-champ il quitte ses filets et son père, et il suit : croyez-vous que ce soit là peu de chose ? Et que Jésus l'ait pris avec Pierre, et l'ait mené à l'écart sur une montagne (Id. XVII-1); selon vous, est-ce là peu de chose? Et encore qu'il soit entré avec son Maître dans la maison du grand prêtre (1)? Mais Jean lui-même, quel éloge n'a-t-il pas fait de Pierre ? Il n'a point passé sous silence ces paroles de Jésus-Christ: « Pierre, m'aimez-vous plus que ne font ceux-ci ? » (Jean, XXI, 15.) Partout il le représente vif et bouillant, et sincèrement attaché à son Maître. Au reste, c'est par un grand amour pour Jean que Pierre fit cette demande : « Et celui-ci, Seigneur, que deviendra-t-il ? » (Jean, XXI, 21.)
Nul autre n'a parlé de Jean de la sorte, et Jean lui-même ne l'aurait point fait si l'occasion présente ne l'y eût engagé. Si, après avoir rapporté que Pierre avait fait signe à Jean de demander « qui était le traître », il n'eût rien ajouté, sûrement il nous aurait jeté dans l'inquiétude et dans le doute, et nous aurait mis dans la nécessité d'en chercher la raison; voilà pourquoi il l'apporte lui-même, en disant : « Il se reposa sur le sein de Jésus».
Lorsque vous entendez que Jean était couché sur le sein de Jésus, et qu'il était si familier avec son Maître, croyez-vous avoir appris peu de chose? Mais si vous demandez ce qui lui procurait cet honneur et cet avantage, je vous dirai que c'est l'amour que Jésus avait pour lui ; c'est pourquoi il dit : « Celui que Jésus aimait ». Pour moi, je pense que Jean eut un autre sujet de faire cette question, et que c'était pour se montrer innocent du crime dont le Maître accusait l'un d'entre eux. Voilà pourquoi il interroge hardiment et avec confiance ; et en effet, pour quelle autre raison ne fait-il cette demande que lorsque le chef des Apôtres lui fait signe? C'est afin que vous ne croyiez pas que Pierre s'adresse préférablement à lui, comme étant plus grand que les autres, aussi Jean déclare que c'est à cause que Jésus l'aimait beaucoup.
Pourquoi Jean se reposa-t-il sur le sein de Jésus-Christ? C'est parce qu'en général les disciples n'avaient pas encore une digne opinion de lui, et à l'égard de Jean, il soulageait par là son affliction. Il y a toute apparence qu'ils avaient tous le visage fort triste; car si leur âme était pleine de trouble et de tristesse, leur visage sans doute l'était beaucoup plus encore. Jésus-Christ les console donc et par ses paroles, et par la réponse qu'il fait à cette demande, et il invite Jean à reposer sa tête sur son sein. Mais remarquez que cet évangéliste est très-éloigné du faste et de l'ostentation; il ne se nomme pas, mais il dit : « Celui que Jésus aimait ». De même que fait saint Paul, lorsqu'il dit : « Je connais un homme qui fut ravi il y a quatorze ans ».
Voici enfin la première fois que Jésus désigne ouvertement le traître, sans toutefois le nommer. Comment? En disant: « C'est celui à qui je présenterai du pain que je vais tremper ». Cela même est un reproche de la perfidie de Judas, traître envers celui dont il partageait la table et le pain. Que ce repas, pris en commun, n'ait pas eu le pouvoir de le retenir, je le passe; mais quel homme n'aurait pas été fléchi par ce morceau de pain présenté de la main d'un tel Maître? Eh bien! son coeur n'en est point attendri. Voilà pourquoi Satan entra aussitôt dans lui, se riant, se jouant de son impudence. Tant qu'il a été du nombre et dans la société des apôtres, Satan n'a osé entrer en lui, et il s'est contenté de l'attaquer du dehors. Mais aussitôt que Jésus-Christ l'a fait connaître et l'a exclu du sacré collège, le démon s'est librement jeté sur lui, et s'en est mis en possession. Judas étant si méchant et si incorrigible, il ne convenait pas qu'il demeurât davantage dans la maison de son Maître. Voilà pourquoi Jésus le chassa; Satan s'empare alors de ce membre retranché, et le traître quittant les Apôtres, sortit de nuit. Jésus lui dit : « Mon ami, faites au plus tôt ce que vous faites; mais nul de ceux qui étaient à, table ne comprit cela ».
2. Quelle insensibilité ! Comment ne s'est-il pas laissé fléchir, et n'a-t-il pas été couvert de honte et de confusion ? comment est-il devenu plus hardi et plus impudent? comment est-il sorti? Au reste, cette parole de Jésus : « Faites au plus tôt » , n'est point un ordre ni un conseil; c'est un reproche, c'est une marque du désir qu'il a que ce malheureux change et se convertisse; mais son coeur s'étant endurci, le Seigneur l'a abandonné. « Mais », dit l'évangéliste, « nul de ceux qui étaient à table n'a compris cela ». Sur quoi on peut agiter une grande question : comment les disciples ayant demandé : « Qui est-ce? » Et Jésus ayant répondu : « C'est celui à qui je donnerai le morceau de pain trempé », ils ne comprirent pas encore pourquoi leur Maître avait dit cela. Peut-être répondit-il si bas que personne ne l'entendit. Jean ayant sa tête inclinée sur le sein de son Maître, lui parla peut-être à l'oreille, en sorte que le traître ne fut point découvert peut-être Jésus répondit de manière qu'il ne se fit point entendre. Et alors, malgré ces paroles significatives de Jésus : « Mon ami, faites au plus tôt ce que vous faites », ils ne comprirent point ce qu'il voulait dire.
Jésus-Christ parlait de la sorte, pour faire voir que ce qu'il avait dit aux Juifs sur sa mort, était véritable, savoir : « J'ai le pouvoir de quitter la vie, et j'ai le pouvoir de la reprendre; et personne ne me la ravit». (Jean, X, 18.) Donc, tant que Jésus-Christ a voulu conserver la vie, personne n'a pu la lui ravir; mais lorsqu'il a permis qu'on la lui ôtât, alors il a été facile de la lui ôter. C'est aussi pour insinuer toutes ces choses qu'il a dit : « Faites au plus tôt ce que vous faites ». Et à ces paroles, les disciples ne connurent point encore le traître; ils l'auraient peut-être mis en pièces, s'ils l'avaient connu; peut-être Pierre l'aurait tué. Voilà pourquoi nul de ceux qui étaient à table ne comprit ce que Jésus avait dit. Quoi ! Jean ne le comprit pas? Non, Jean ne le comprit pas lui-même; il ne put penser qu'un disciple fût capable d'une si grande méchanceté et d'une si noire perfidie. Comme ils étaient bien éloignés de se porter à un si grand crime, ils ne pouvaient soupçonner que d'autres en fussent capables. Comme aussi le Maître leur avait dit auparavant : « Je ne dis pas ceci de vous tous », et n'avait jamais dénoncé le coupable; maintenant, de même, ils ont cru qu'il parlait de quelqu'un d’autre.
« Il était nuit », dit l'évangéliste, « lorsque Judas sortit ». Pourquoi me marquez-vous la nuit? C'est afin que vous connaissiez la hardiesse et l'effronterie de cet homme, dont le temps même de la nuit n'a pu arrêter la violence. Mais cette circonstance ne le fit point connaître encore. Les disciples donc, saisis de crainte et d'une grande frayeur, étaient dans le trouble, et ils n'avaient point compris le vrai sens de ces paroles : mais « ils pensaient que Jésus avait dit cela à Judas, afin qu'il donnât quelque chose aux pauvres ». Car le divin Sauveur avait grand soin des pauvres, pour nous apprendre à montrer un grand zèle pour le même objet. Et ils avaient raison de penser de la sorte, puisque Judas avait la bourse.
Mais, dira quelqu'un : nulle part il n'est dit qu'on ait donné de l'argent à Jésus-Christ. Seulement l'évangéliste rapporte que des femmes qui lui étaient attachées, et qui le suivaient pour écouter sa doctrine, fournissaient de leurs biens de quoi subvenir à sa nourriture et à ses besoins; mais il ne laisse nullement penser qu’on ne lui ait jamais donné de l'argent. Pourquoi donc celui qui défend à ses disciples de ne porter avec eux dans leurs voyages, ni sac, ni argent, ni bâton, faisait-il lui-même porter une bourse pour le service des pauvres ? C'est pour vous apprendre que celui même qui n'a rien et qui porte sa croix, doit sur toutes choses avoir un grand soin d'assister les pauvres. Car le Seigneur faisait bien des choses uniquement pour notre instruction.
Les disciples crurent donc que Jésus avait dit cela à Judas, afin qu'il donnât quelque argent aux pauvres. Et néanmoins que le Sauveur ait patienté jusqu'au dernier jour, et qu'il n'ait pas voulu le diffamer, ni le faire connaître jusqu'à ce moment, ce traître n'en a point été touché ni amolli. Nous devons imiter, mes frères, cette douceur et cette charité : quelque grands et énormes que soient les péchés de nos frères, nous ne devons pas les divulguer. Encore plus tard, notre divin Maître donna un baiser à Judas, lorsque celui-ci venait pour le trahir, lorsqu'il se présentait à lui pour commettre l'action la plus noire et la plus horrible; lorsqu'il venait le prendre pour le livrer à la croix et à la mort la plus ignominieuse ; c'est alors même qu'il lui donne de nouveaux témoignages de sa bonté et de sa Miséricorde*. Et il appelle cela gloire, pour nous apprendre que ce qui paraît le plus honteux et le plus ignominieux, nous illustre et nous couvre de gloire, lorsque c'est pour Dieu que nous le faisons.
Source : abbaye-saint-benoit.ch
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde