Le vin : achetez français... et payez chinois !

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etienne lorant
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Du Gevrey-Chambertin chinois dans vos verres !

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L’annonce, jeudi 23 août, de l’acquisition d’un domaine viticole de deux hectares dans le prestigieux vignoble de Gevrey-Chambertin par un investisseur chinois de Macao suscite un vif émoi dans la région. Les vignerons locaux s’inquiètent de la surenchère opérée par l’acheteur asiatique et craignent de ne plus pouvoir rester maîtres chez eux si ce type d’opération se généralisait.

La vente s’est faite au mois de mai mais elle n’a été rendue publique que ce jeudi 23 août : le château de Gevrey (Côte d’Or) et ses deux hectares de vignes sont désormais propriété d’un Chinois dont on ignore le nom mais dont on sait qu’il possède des casinos à Macao. La transaction fait grand bruit dans ce bourg situé à une dizaine de kilomètres de Dijon car si des Chinois ont déjà acquis des domaines dans le Bordelais, il s’agit d’une grande première en Bourgogne. Plus encore que le fait de voir le vignoble - et le château classé - passer aux mains d’un investisseur chinois, c’est la méthode qui a déplu car les vendeurs auraient cédé à la surenchère.

Une première qui inquiète

Selon Jean-Michel Guillon, président du Syndicat viticole de Gevrey-Chambertin - l’une des appellations les plus prisées des vins de Bourgogne - le domaine était estimé à 3,5 millions d’euros. Les viticulteurs locaux auraient fait une proposition à 4 millions puis une autre à 5 millions qui leur ont été toutes deux refusées par la famille Masson, installée sur les lieux depuis 1858 selon Le Figaro. « Les propriétaires en voulaient 7 millions et ils l’ont vendu à 8 », a affirmé à l’Agence France-Presse Jean-Michel Guillon qui craint désormais « une déferlante d’investisseurs étrangers en Bourgogne », capables d’acheter des vignobles à des prix sur lesquels les locaux ne pourront pas s’aligner.

Pour Jean-François Di Meglio, président de l’Institut de recherche Asia Centre, c’est quand même aller un peu vite en besogne. « Les achats chinois dans la viticulture en Bourgogne ne sont pas rares ; ils sont exceptionnels. On ne peut donc pas parler de déferlante chinoise », relativisait-il, mercredi midi, sur l’antenne de RFI. « Mais la réaction de M. Guillot est intéressante, reconnaissait-il, parce que, effectivement, elle démontre la spécificité du vignoble bourguignon ».

Contrairement aux vignobles bordelais qui sont relativement étendus, ceux de Bourgogne en général et de Gevrey-Chambertin en particulier sont exploités sur des parcelles beaucoup plus petites avec une production orientée en priorité vers la qualité. Jean-Michel Guillot, lui, n’en démord pas et il veut se servir de ce cas isolé pour tirer le signal d’alarme. « C’est un emblème qui disparaît », se désole-t-il. « Il y a quinze ans, quand un Japonais a voulu racheter le domaine de la Romanée-Conti, le gouvernement était intervenu », rappelle-t-il, réprobateur.

Le prix de l’hectare s’emballe

Même si l’acquéreur chinois a confié l’exploitation du domaine à des vignerons du cru, le président du Syndicat vinicole est inquiet. Si les Français demeurent les principaux investisseurs sur le marché (60 % des acquisitions), les surfaces cédées ont doublé en vingt ans et le prix moyen de l’hectare a été multiplié par trois sur le plan national. « Ce qui s’est passé en Bourgogne, c’est qu’une barrière a été franchie », tempère Jean-François Di Meglio.

Désireux de développer le goût du vin dans leur pays, les Chinois ont également acquis l’an dernier Diva Bordeaux, l’un des grands négociants de la région bordelaise. « Tout ce qui est alimentation et tout ce qui est luxe intéressent les Chinois qui investissent en Europe », reconnaît M. Di Meglio. Un intérêt qui, s’il est avantageux pour la balance commerciale française, aurait plutôt tendance à rendre nerveux les viticulteurs bourguignons.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le vin : achetez français... et payez chinois !

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Un an de recherches précède souvent la transaction, qui s’opère en toute discrétion. Pas d’interview, rarement une photo, seul un communiqué de presse est envoyé au journal local. Parmi les acquéreurs, on trouve des patrons de grands groupes présents dans la métallurgie, le pétrole, l’immobilier, l’agroalimentaire, la mode, la bijouterie, les salles de jeux, ou encore le tourisme. Il y a une star de cinéma, Zhao Wei. Propriétaire depuis un an du château Monlot, l’actrice a été intronisée à l’automne 2012 par les jurats de Saint-Emilion. Un architecte, Wengcheng Li, a acheté en septembre 2012 le château Lucas en appellation Castillon Côtes de Bordeaux. Parmi les acquéreurs de vignes françaises, on trouve des représentants de la filière chinoise du vin, comme cet heureux propriétaire du château du Grand-Mouëys, Zhang Jinshan, producteur de la région de Ningxia connu pour son vin aromatisé aux baies de Goji.

Souvent, les nouveaux acquéreurs ne se contentent pas d’avoir une belle demeure avec des vignes autour et qui en même temps devient une résidence de prestige ou une destination œnotouristique ; ils développent également un réseau de cavistes en Chine pour commercialiser leur production française. Et, depuis peu, les Chinois montent en gamme. C’est vrai avec le château Gevrey-Chambertin en Bourgogne, et avec le Bellefont-Belcier, grand cru de Saint-Emilion. Le groupe Haichang a ajouté un dixième domaine à sa collection girondine. Le château Millaud Montlabert est aussi un grand cru de Saint-Emilion.

Outre le Bordelais et la Bourgogne, ce sont le Languedoc, la Loire et la Provence qui suscitent l’engouement des Chinois. La dernière vente qui a fait beaucoup de bruit en France s’est déroulée en septembre 2012 dans le département du Vaucluse, dans le sud de la France. Le Domaine Bouche à Camaret-sur-Aigues a été acquis par deux associés, un Français et un Chinois, réunis dans la société Champ Dong Créations Industries basée à Paris et à Shanghai, et spécialisée dans le commerce. Dominique Bouche reste le gestionnaire du domaine. Il s’occupera de 24 hectares de vignes en appellations Châteauneuf-du-Pape et Côtes du Rhône villages, entre autres. Les Chinois prospectent et achètent en toute connaissance du marché. Il n’y a d'ailleurs pas que la France qui attise leurs appétits, mais aussi le Nouveau Monde, avec l’Australie et les Etats-Unis, notamment.
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C'est l'aspect esthétique du château Latour-Laguens qui a séduit le groupe Longhai.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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