Je suis d'accord avec Raistlin sur ce point :
Raistlin a écrit : l'islam est une fausse religion qui est fondée sur un rejet radical du christianisme. C'est un antichristianisme au sens néotestamentaire du terme
L'islam radical qui appelle à la haine n'est pas du tout une religion. Le principe même de la Religion c'est la Transcendance, le point commun universel de toutes les formes de transcendance se reliant à un dieu unique (le même ou pas, c'est une autre histoire) c'est de définir ce dieu comme un personnage positif encourageant les hommes au Bien.
L'islam radical n'est donc pas une religion selon moi, c'est un appel à la haine, une idéologie de récupération de la rage et de la frustration pour lancer les hommes les uns contre les autres.
Est-ce que cette vidéo peut être généralisable à tous les musulmans? Non. Certes les musulmans que je connais sont tellement pas radicaux qu'ils ont été les colocataires de mon fils, sortaient en boite, adoraient Mikael Jackson et mangeaient du jambon, et portaient des prénoms européens... et que je sais bien que là non plus je ne peux pas généraliser à partir de cette joyeuse troupe.
Est-ce que l'islam en général est une vaste fumisterie qui n'est que radicalisme et appel à la haine? Le débat a été de multiple fois proposé sur ce forum, je vous laisse vous en faire une idée sincère, mais attention, prenez garde de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, généraliser peut avoir ses travers, rester sur un cas particulier qui vous arrangerait aussi.
Mais devant toute vidéo, il convient de se questionner: que me donne-t-on à voir, à quel point l'effet loupe d'une vidéo orientée peut-elle déformer les choses? Ce point a été débattu avec vigueur dans le fil :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... te#p125431
où, certains, persuadés de leur pertinence, ont défendu leurs positions avec vigueur jusqu'à démontrer (ou estimer) que ce qui était montré par le journaliste était tellement orienté que ce reportage était un nid de mauvaise foi, de mensonge, etc...
Or quand on est chrétien on se doit d'être honnête jusqu'au bout, on n'a pas le droit de ne voir que ce qui nous arrange et de se contenter d'à-peu-près au gré de nos conceptions initiales: si devant une vidéo qui divise on se pose beaucoup de questions, jusqu'à en démonter la moindre de ses assertions, alors il faut savoir se poser les mêmes questions devant tout autre vidéo de nature à diviser.
Je pense que vous aurez noté que cette vidéo donne la part belle à des gens dont les opinions politiques sont publiques; là aussi, à vous de voir si on vous utilise, et si vous estimez que c'est le cas, qui vous utilise, et à qui profite le crime?
C'est même pas que je veuille vous influencer à vous positionner face à un discours particulier, ici l'Islam dans ses affres; c'est la métaréflexivité que vous appliquez à votre questionnement qui m'interpelle. Ce que j'aimerais déclencher chez vous, c'est que vous vous interrogiez devant toutes les vidéos orientées que vous rencontrerez dans votre vie, tous les documents qui tombent chaque jour parce que ça arrange des personnes qui ne savent même pas que vous existez et qui s'en fichent, mais que vous, à la Lumière du Christ, vous vous posiez la question: comment cela me construit-il? Est-ce comme cela que la construction de ma pensée me va? Est-ce que j'ai envie de faire durer cela pour moi? Comment mon âme ressort-elle nourrie de tel ou tel sentiment? Est-ce que cette nourriture de l'âme me rapproche de Dieu? Et Dieu, qu'en dit-il de tout ça? Est-ce que je lui offre les pensées qui s'ancrent dans mon âme pour qu'Il les passe au crible de lors de ma méditation quotidienne?
Et ainsi de suite dans un raisonnement qui soit vôtre, et pas celui d'autres que vous laissez décider pour vous, même si ce n'est pas bon pour vous parce qu'ils n'ont justement aucune conscience de vous, et ce sans vous en rendre complètement compte.
Je sais pas si j'ai été claire, là. Mais j'espère que vous saisirez l'esprit de mon discours au moins. Soyez fidèle et honnête envers vous même, ne laissez jamais les bruits du monde vous détourner de ce que vous pourriez être sans eux. Ne laissez jamais le monde vous défigurer, même un tout petit peu.
A Raistlin:
je vous trouve très inquiet sur ce sujet en particulier; je comprends tout à fait qu'on puisse l'être.
Mais je trouve que votre discours évolue, et j'en suis hypercontente pour vous. C'est très bête dit comme ça mais un discours qui évolue, ce sont aussi des lignes qui bougent et si je trouve que ce serait bien pour Joseph, je trouve que c'est bien aussi pour vous ou pour quiconque.
Je comprends donc qu'on puisse être inquiet sur ce type de sujet, parce que cette inquiétude dessine une remise en question de la gestion politique de toutes les formes de rejet des valeurs fondatrices de la société française; néanmoins, même sur ces sujets, ou peut-être particulièrement sur ces sujets, il convient de rester relié le plus étroitement possible à la volonté de Dieu d'une part; et d'autre part, pour le moins, je trouve que le débat public devrait s'intéresser à redéfinir les limites des cadres que l'on souhaite donner aux valeurs fondatrices de la république; en tous les cas trouver un moyen d'amener les hommes récupérés par la haine à réfléchir à leurs choix.
Ce qui semble se dessiner aussi au fil de l'actualité sur le long terme, c'est que l'état n'a toujours pas trouvé le fil pertinent et efficace pour faire adhérer une partie de sa population
française à certaines valeurs; or une nation se définit justement par la cohésion autour de certaines valeurs.
Les personnes, (dont je ne sais le pourcentage), qui sont récupérées par n'importe quel discours raciste et meurtrier font aussi partie intégrante de la France, et c'est bien là qu'est l'épine; à les traiter par une indifférence mittérandienne de bon aloi ou par l'immobilisme, il y a là des questions qu'on devrait se poser un peu plus énergiquement qu'en continuant à penser que l'école maternelle est le meilleur fer de lance pour contrer tous les rejets parce que l'éducation qu'elle propose est précoce. Quelque part on se gourre complètement. Maintenant que devrais-t-on faire exactement, même si ça relève de l'urgence, ça relève aussi de la vraie réflexion et du long terme; il va falloir le construire.
De la même façon et plus largement, moi ce qui me hérisse, c'est le positionnement hypocrite des opportunistes de la philosophie sociétale de bon aloi, celle qui remplit les urnes électorales :
ouvrir un débat sur les dérapages anti-républicains ou anti-français, ce serait aussi l'occasion de se poser la question du positionnement du discours récupérant; est-ce que toutes les idéologies se valent, doit-on toutes les condamner au nom de la laïcité, posée comme garante du respect citoyen et du patriotisme? A quel point, quand on parle d'idéologie extrémiste, peut-on mettre dans le même panier le néo-nazisme, le "nazisme islamique", l'extrémisme communiste et "l'extrémisme" protestant ou catholique?
Autrement formulé, pourquoi parfois, quand les médias parlent du catholicisme, ce dernier est automatiquement assimilé à un extrémisme dès qu'on est pratiquant et qu'on "croit à la magie"?
Dans un de ses bouquins, Jean-Paul II posait la question de la définition de l'idéologie du Mal: Qu'est-ce qui distinguant une idéologie d'une autre, peut poser qu'une est réellement condamnable, que l'autre n'est en fait condamnable que par confort libertaire? Peut-on alors s'autoriser à tout mettre dans le même panier sans renier une part de l'Homme, la part de sa relation à Dieu?
En s'interrogeant sur ce qui meut les extrémistes racistes qui le font "au nom d'Allah", on a aucune peine à reconnaitre que leur bon Dieu est une récupération bien pratique pour légitimer toutes leurs prétentions, même les plus inadmissibles. Aussi on sent bien que ces personnes-là se sont coupées de toute idée raisonnable et lumineuse de Dieu; se sont tout simplement coupées de Dieu. Idem dans le nazisme, idem dans le communisme; à mon sens c'est cette coupure de l'idée bienfaisante de Dieu + le fait de vouloir l'imposer à d'autres par la violence au nom d'un principe supérieur, qui signe un extrémisme véritable, une idéologie du Mal.
Si Dieu n'existe pas, ou s'il n'existe pas plus que ça, ou s'il n'existe plus dans ce qui devrait le définir, alors c'est l'homme qui décide par lui-même. Jean-Paul II va encore plus loin, fort de son vécu :
"Si l'homme décide peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon ou mauvais, il peut aussi disposer qu'un groupe d'hommes soit anéanti. (...) Des décisions de ce genre furent prises (...) par des personnes qui étaient arrivées au pouvoir par des voies démocratiques (...)" (Mémoire et Identité, de Jean-Paul II). (Lequel Jean-Paul II a assez bien tâté du nazisme et du communisme les plus aberrants pour qu'on puisse au moins reconnaitre une certaine validité à son jugement).
C'est dérangeant, hein? Mais ça replace l'extrémisme raciste estampillé islamique dans une logique plus large... et certes moins rassurante.
Cela a le mérite, j'espère, de nous faire toucher du doigt à quel point, pour nous chrétiens, il est temps d'engager Dieu dans la bataille spirituelle qui se présente à nous ou qui pourrait se présenter à nous un jour. Comment être sûr que pendant qu'on regarde que dans un seul sens on ne nous prépare pas autre chose de pire dans le dos?
Le lit de l'extrémisme "religieux" ne se fait-il pas dans le lit de l'athéisme rampant le plus pur?
Si la France était très très religieuse, est-ce qu'il y aurait tant de place pour d'autres courants?
Ne faut-il pas veiller plus largement, se positionner face à tous les angles négationnistes de la relation Homme-Dieu?
Quels seront les grands débats, enjeux, conflits qui tendront la toile de l'humanité au 21ème siècle?
En ressortira-t-on vainqueur si nous chrétiens nous faisons le lit de tous ceux qui voudraient tant qu'on oublie notre lien personnel à Dieu dans tout ce qui nous presse et nous agite le plus?
Ne serait-ce alors pas là la plus grande victoire du Mal?
Jusqu'où notre lien à Dieu au-dessus de tout nous emmènera-t-il?