PARACLET, subst. masc.
Étymol. et Hist. 1248 paraclit (doc., Somme ds Gdf. Compl.: le glise du Paraclit); av. 1615 paraclet (É. Pasquier, Recherches, VI, 17 ds Hug.). Empr. au lat. chrét. paracletus, paraclitus «
défenseur, consolateur», appliqué au Saint-Esprit, gr. π α ρ α ́ κ λ η τ ο ς adj. «
qu'on appelle à son secours», d'où subst. «avocat, défenseur; intercesseur» et, dans la version gr. du N.T. «
le Saint-Esprit» (de π α ρ α κ α λ ε ́ ω «
appeler auprès de soi»).
Mais cette tentative, ou plutôt tentation de se servir de l'annonce d'un Paraclet n'est pas unique.
Le manichéisme est la doctrine établie par le perse Mani ou Manès (216-276). Encouragé par le roi Chahpuhr Ier, Manès alla prêcher jusqu'en Inde à la faveur des expéditions de ce dernier et dans de nombreuses régions à l'occasion des voyages de son fondateur. Prétendant à l'universalité, le manichéisme se répandit dans l'empire romain et ultérieurement dans le monde musulman. Manès demandait d'ailleurs à ses adeptes d'"errer perpétuellement dans le monde, prêchant la doctrine et guidant les hommes dans la Vérité". Des fragments de textes ont été retrouvés au nord-ouest du Turkestan chinois et rédigés en différents dialectes persans, en chinois et en vieux turc (ouïghour). Cette diversité témoigne de la fabuleuse extension de la doctrine de Mani. Le manichéisme subsista en Orient jusqu'au XIVème siècle. Au Moyen-Âge, les cathares furent considérés comme des manichéens.
Mani/manès, peintre, calligraphe et poète, se considérait comme le Paraclet annoncé par Jésus et porteur d'une nouvelle révélation. Son étude repose sur le témoignage de saint Augustin qui le réfuta dans ses Confessions, ainsi que sur des sources syriaques, arabes, persanes, pahlavies ou arméniennes.
Combinant des éléments chrétiens, zoroastriens et bouddhistes, la doctrine est fondée sur une conception dualiste du monde: celui-ci est gouverné par l'antagonisme radical du Bien (la Lumière, l'esprit) et du Mal (les ténèbres, la matière). L'homme, enfermé dans la matière, doit s'en libérer par la connaissance.
Maintenant voici un commentaire rédigé par une professeur d'arabe littéraire, agrégée, doctorante en droit musulman et civilisation islamique. Madame A-M Delcambre.
MUHAMMAD (prononcé MOUHAMMAD) est le participe passé du verbe arabe à la 2 ème forme HAMMADA = louer, remercier quelqu'un .
Si l'on voulait traduire le mot MUHAMMAD , il faudrait traduire par " loué",
"louangé", celui que l'on couvre d'éloges (ce qui n'est pas le cas sur notre forum) :roll:
Le mot Muhammad a donné en français Mohammed ou Mohamed .( Avec un seul m souvent , quand c'est le prénom
donné aux garçons , dans les familles musulmanes.
Le mot MUHAMMAD pose problème . En effet dans la biographie ( sîra) du Prophète de l'islam, Ibn Hicham ( mort en 834) parle de "Paraklètos" ( le Consolateur) mot grec cité dans le texte de Saint Jean ( 15, 23; 16, 1) . Dans cet Evangile selon Saint Jean, Jésus annonce qu'il enverra un "paraclet", paraklètos "avocat" en grec.
Or plus tard on a lu le mot grec "Paraklètos" en Bériklutos" (le glorieux) afin de faire correspondre le mot grec au sens du mot arabe MUHAMMAD qui signifie " le Loué";
Comme en arabe seules sont écrites les consonnes : b, r, k, l, t,s et que les voyelles ne sont pas marquées, il fut facile de lire Bériklutos ( le p n'existant pas en arabe), à la place de Paraklètos .
C'est ce grave contresens que dénonçait avec force le père lazariste Antoine Moussali, quelques mois avant sa mort le 1 er avril 2003,
à propos de l'utilisation fautive du mot grec par le journaliste Slimane Zeghidour.
En fait ce que veulent les musulmans c'est que l'on reconnaisse que la naissance de Muhammad (le loué) a bien été annoncée par les prophètes antérieurs !
En disant "Mahomet" , déformation française du mot turc Mehmet, lui même déformation du mot arabe MUHAMMAD , nous cassons cette merveilleuse filiation , car en effet le mot Mahomet n'est pas une transcription ou une translittération , c'est une francisation du terme.
comme Averroès pour Ibn Rushd (Rouchd), comme Avicenne pour Ibn Sîna ).
Maintenant si vraiment vous voulez aller à fond dans le sujet. Je vous renvoie à ces 3 liens
1)
http://jesusmarie.free.fr/islam_issa_et ... ammad.html
2)
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... Urvoy.aspx
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- Présentation de l'article "Annonce de Mahomet"
Pour les musulmans les chrétiens ont falsifié les évangiles qui, avant leur altération, auraient mentionné explicitement la venue de Mahomet. L'évangile de Barnabé (un faux du XVIème siècle qui annoncerait Mahomet) est considéré par les musulmans comme le seul évangile non falsifié (cf. le site tablîgh "aimer-jesus.com"). Kadhafi, dans un discours qui prophétise une Europe musulmane à court terme, s'en est fait le thuriféraire, dans:
http://www.dailymotion.com/video/x3fca_ ... dhafi_news. Différents articles ont montré la fraude liée à l'évangile de Barnabé, cf. par exemple http://facealislam.free.fr/barnabas.html et http://facealislam.free.fr/barnabe-seigneurchrist.htm.
Sans lien avec l'évangile de Barnabé, l'article de Marie-Thérèse Urvoy pour le "Dictionnaire du Coran" (Robert Laffont, Collection Bouquins, septembre 2007), est scientifique. Il a pour base une analyse rigoureuse, linguistique et historique des textes. Il montre comment les arguments des musulmans résultent de confusions, et comment une "relation entre le texte coranique et le texte évangélique s’est opérée par une « captation » reposant sur deux formes de détournement linguistique".
Marie-Thérèse Urvoy est professeur d'islamologie, d'histoire médiévale de l'islam et de langue arabe à l'Université catholique de Toulouse.
Cet article est reproduit en deux parties sur le site "Studia-Arabica"
http://www.studia-arabica.net/spip.php? ... omet%20(a)
http://www.studia-arabica.net/spip.php? ... article239
"Notre-Dame de Kabylie" le publie avec l'aimable autorisation de l'auteur et de "Studia-Arabica"
L'article "Annonce de Mahomet" par Marie-Thérèse Urvoy
Deux passages du Coran évoquent cette annonce : « ceux qui suivent l’apôtre, prophète des gentils, qu’ils trouvent annoncé chez eux dans la Torah et l’Evangile » (7,157) ; « ô fils d’Israël [dit Îsâ] ! je suis l’apôtre de Dieu [envoyé] vers vous, déclarant véridique ce qui, de la Torah, est antérieur à moi et annonçant un apôtre qui viendra après moi, dont le nom sera Ahmad » » (61, 6). « Ahmad » est une forme élative, adjectivale intensive, qui signifie « le très glorieux » ou « le très loué ». Il dérive de la même racine h. m. d. que « Mahomet », « le loué ». Aussi la traduction française de Médine précise-t-elle : « Ahmad, en arabe, a presque la même signification que Mahomet, c’est pourquoi les deux termes sont utilisés dans le Coran pour désigner la même personne : le prophète de l’islam. » Un hadith fait dire au Prophète : « Je m’appelle Mahomet sur terre, mais Ahmad dans le ciel. » Enfin, le « poète du Prophète », Hassân b. Thâbit (54/674), composa une élégie où il employa indifféremment les deux noms.
Aucune précision n’étant donnée sur les sources textuelles, ce sont les croyants qui se sont efforcés de les trouver. Ainsi, au VIe/XIIe siècle, dans la Sicile conquise par les Normands, Muhammad b. Zafar recense et commente dans son livre, Khayr al-bishâra, les passages de la Bible et des Evangiles qui lui apparaissent comme des annonces de Mahomet. Actuellement, pour la Torah, l’apologétique propose l’extrait suivant : « Yahvé ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi que vous écouterez » (Dt 18, 15). En fait, il s’agit d’un passage du « Code deutéronomique » qui succède au second « Discours de Moïse », commençant par « Ecoute Israël » et donnant d’emblée le Décalogue, rappelé ensuite par le Chema’ Israel Dt 6, 4). Il est donc impossible autre chose que le peuple hébreux.
Pour l’Evangile, la question est un peu plus compliquée. Au VIIIe/XIVe siècle, Anselm Turmeda, franciscain catalan converti à l’islam et fixé en Tunisie, raconte, dans la partie autobiographique de son traité polémique antichrétien, qu’un prêtre de Bologne lui a révélé que le Paraclet annoncé dans l’Evangile est le prophète de l’islam, Mahomet, et que cette révélation lui a ouvert le chemin de la conversion. Ce texte de Turmeda, Tuhfat al-adîb (Le Présent de l’homme lettré pour réfuter les partisans de la Croix), est de nos jours très diffusé, tant au Maghreb que parmi les musulmans d’Europe. Il est en fait le prolongement d’un processus qui a commencé beaucoup plus tôt. Le mot « Paraclet » est mentionné deux fois dans l’Evangile de Jean : « et moi, je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Paraclet, qui restera à jamais avec vous : l’Esprit de vérité […] vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous et qu’il est en vous » (Jn 14, 16-17) ; « il vous est bon que je m’en aille. Car si je ne m’en allais pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; mais si je m’en vais je vous l’enverrai » (Jn 16,7). L’interprétation chrétienne est que « Paraclet » signifie « intercesseur », « avocat », celui qui assiste et défend ses clients, aussi est-il l’esprit de vérité qui est la demeure du Saint-Esprit dans le cœur des chrétiens par la grâce. Et le second fragment signifie que la venue du Saint-Esprit est subordonnée au retour du Fils à son Père.
L’établissement d’une relation entre le texte coranique et le texte évangélique s’est opéré par une « captation » reposant sur deux formes de détournement linguistique. La première a été faite par un converti du christianisme, connaissant le syriaque mais sans doute assez mal l’arabe, et dont l’interprétation a été reprise dans la Sîra nabawiyya d’Ibn Ishâq (150/767) et Ibn Hishâm (218/833), au paragraphe consacré à la « description [sifa] de l’Envoyé de Dieu par l’Evangile ». Le grec paraklètosétant rendu en syriaque par mnahmânâ (lu munhamannâ le reste de la citation étant également une adaptation très approximative du texte de Jean), Ibn Ishâq conclut : « al-munhamannâ, en syriaque, c’est Mahomet, et dans la langue des grecs albaraqlitis ».
Or le premier est de la racine sémitique n. h. m . (« consoler »), bien connue des fidèles à cause du célèbre passage d’Isaïe : « consolez, consolez mon peuple dit votre Dieu » (Is 40,1). En passant au syriaque, cette racine a pris le sens dérivé de relever, redresser, ce qui explique qu’on ait utilisé un de ses composés pour traduire le grec paraklètos (« avocat », « intercesseur » ). Avec la racine h. m. d. de Mahomet, elle n’a de commun que deux lettres, et pas dans l’ordre. Aussi cet argument n’a-t-il pas eu de succès au Moyen-Orient où a subsisté un nombre non négligeable de chrétiens dont le syriaque était la langue liturgique, et qui étaient en mesure de dénoncer la confusion.
A noter que seule la recension palestinienne des Evangiles emploie le terme mnahmânâ, mais non la Pshitta (traduction syriaque de la Bible), laquelle use de la transcription phonétique Paraqlîta. Dans le « Dialogue » du patriarche nestorien Thimotée 1er avec le Calife al-Mahdî (qui a régné environ de l’an 159 à l’an 169 de l’hégire, de 775 à 785), la question de l’assimilation du prophète de l’islam avec le Paraclet est bien abordée, mais en des termes (al-Fâraqlît par exemple) qui ne permettent aucune confusion, et l’assimilation musulmane est réfutée par des arguments strictement théologiques dans la version arabe, psychologiques dans la version syriaque plus développée. Plus tard, le Nestorien converti à l’islam, Alî b. Rabbân al-Tabarî (241/855), consacre tout un chapitre de son Kitâb al-Dîn wa-l-dawla à cet argument, mais en s’appuyant uniquement sur la transcription Paraqlîtâ.
En revanche, au Maghreb, où le syriaque n’était pas connu, l’argument linguistique a rencontré un grand succès. En Orient, on s’est rabattu sur une seconde forme de dérivation, en affirmant que paraklètos est une altération de periklutos (« illustre », « renommé »), ce qui revenait à traiter une langue indo-européenne comme une langue sémitique, où intervient la variation de vocalisation. Cette démarche est étayée par l’accusation coranique faite aux « Gens du Livre » d’avoir « falsifié » (tahrîf) les Ecritures.
Marie-Thérèse Urvoy
Bibl. : Epalza Miguel de, La Tuhfa, autobiografia y polemica islamica contra el Cristianismo de ‘Abdallâh al- Tarjumân (Fray Anselm Turmeda), Rome, Accademia Nazionale dei lincei, 1971 .
Ibn HICHÂM, La Vie du prophète Mahomet, édition établie, traduite de l’arabe et annotée par Wahib Atallah, Paris, Fayard, 2003.
in DICTIONNAIRE DU CORAN, (Robert Laffont, Collection Bouquins, septembre 2007).
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... iques.aspx
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- -1 Introduction au sujet
Un intervenant sur le forum de Notre-Dame de Kabylie nous a incité à lire "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?" de Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr, saoudien, docteur en religion, connu dans les milieux islamiques pour ses recherches en religion comparée (http://www.islamhouse.com/ip/166390). La traduction en français semble récente. Il s'agit d'un livre qui rencontre un grand succès sur les sites islamiques, où son téléchargement est gratuit, par exemple sur http://www.islamhouse.com/p/172314.
L'objectif de Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr est de démontrer que Mahomet, le Prophète de l'islam, a bien été annoncé dans la Bible. Les traces de cette annonce seraient décelables, malgré les falsifications de ce livre, opérées par les juifs et les chrétiens, qui se seraient efforcés ainsi d'en effacer l'information [1]. Pour identifier ces traces le livre de cet auteur se veut scientifique, en prenant le soin de présenter les arguments des deux parties dans ce débat, pour mieux réfuter ceux qui s'opposent à sa thèse. L'idée directrice est celle que l'islam avance depuis longtemps, i.e.: dans la lignée des prophètes "majeurs", chacun d'eux a annoncé le suivant. Jésus aurait ainsi annoncé Mahomet, le Sceau des Prophètes, désigné par l'évangéliste Jean sous le nom de Paraclet. Bien avant Mounquidh, une présentation de cette croyance islamique de l'annonce de Mahomet par les prophètes antérieurs a été l'objet de nombreuses recherches musulmanes dans les livres saints des autres "religions révélées". Elle est exposée en particulier dans l'article http://fr.wikipedia.org/wiki/Annonce_de ... de_Mahomet. Le livre "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?" reprend les mêmes arguments, en les développant et les commentant sous l'angle apologétique.
La démonstration de l'auteur se situe dans le cadre du système de référence de l'islam où l'Évangile est alors compris, et interprété dans ce système. En particulier Mounquidh, dans la traduction en français de son livre, parle de "Jésus" pour désigner en fait l'homme que le Coran appelle Îsâ, avant dernier prophète de l'islam, dont le portrait dessiné est très différent du Jésus du christianisme. C'est ainsi que le grand théologien du XIème siècle al-Ghazâli proclame dans son traité de la "Revivification des sciences religieuses": "cent vierges forment sa rétribution au paradis en récompense de sa chasteté sur terre". De même le Îsâ du Coran n'a aucun rapport avec "Yashou" (c'est à dire "Il Sauve"), nom donné à Jésus par les arabes chrétiens, proche de "Ieschoua" en hébreux, qui se traduit par "Dieu sauve". Sous ces deux derniers noms, qui reflètent la nature profonde de l'être, Jésus se manifeste comme rédempteur, Vrai Dieu et Vrai Homme, ce que rejette farouchement le Coran, cf.
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... URVOY.aspx
Dans ce cadre, l'auteur de "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?", présente alors implicitement sa réflexion comme une démarche scientifique, et annonce dès la préface "Le Nouveau Testament, en dépit des niaiseries et des falsifications qu’il a subies, renferme de nombreuses annonces prédisant la venue du dernier des Messagers divins".
Une telle affirmation est dans la logique du système clos de référence de l'islam, pour lequel le Coran est considéré comme la partie la plus juste de Um al Kitab, la Mère (ou matrice) du Livre (préservé dans les cieux sur la "table gardée"), choisie par Dieu pour la transmettre à l'humanité, avec le dernier prophète, élu de Dieu comme messager (rasoul). Les parties précédentes (Thora et Evangile) sont regardées comme falsifiées (tahrîf) par les juifs et les chrétiens qui, en particulier, auraient "censuré" l'annonce claire de Mahomet. Or le Coran, ainsi dit "incréé", parole de Dieu dans sa matérialité, donc intangible et invariable, soutient la réalité de cette annonce (sourate VII Al-Araf, verset 157, et sourate 61 As-Saff, verset 6). Bien que la "parole de Dieu" ne puisse pas être un sujet de discussion, et malgré l'accusation de falsification de la Bible plusieurs fois mentionnée dans le Coran, Mounquidh veut convaincre ses lecteurs, et plus particulièrement les chrétiens, de la justesse de son propos en se livrant à une longue démonstration.
Dans le choix des citations du Nouveau Testament, l'accusation de falsification faite aux juifs et aux chrétiens dans le Coran, permet à l'auteur de "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?" d'ignorer leur contexte, et celles qui ne vont pas dans le sens de son propos. Ce point est l'une des caractéristiques du système clos de référence de l'islam. Parmi les citations de Mounquidh l'une d'entre elles occupe une situation centrale dans son argumentation, celle de l'évangile de Jean 15; 26-27:
"Lorsque le Paraclet que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, sera venu, il rendra témoignage de moi. Et vous aussi, vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement."
Or parmi les diverses formes de ce témoignage (cf. le paragraphe 2.2.1), citées par Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr, la plus importante, celle relative aux commandements transmis par Jésus, "Notre prophète, lui, a remémoré aux gens tous les ordres divins qu'ils avaient négligés et que Dieu avait révélés à tous ses messagers, dont Jésus", permet d'invalider toute l'argumentation de cet auteur. Ceci se fait sur la base des réponses à deux questions essentielles: quel est le témoignage demandé par Jésus à ses disciples (nouvelle Loi d'Amour, incluant l'amour des ennemis), quel est celui rendu par Mahomet et ses disciples (violence sacrée contre les infidèles)?
Cet article traite dans une première partie du niveau religieux de la thèse de Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr, sur la base des deux questions ci-dessus. Ensuite un paragraphe est consacré à l'argumentation de cet auteur au niveau de l'analyse historique et linguistique des textes en cause. Il est suivi d'une réfutation basée sur ce que les musulmans appellent la falsification du Nouveau Testament
- 2 Invalidation de l'argumentation de Mounquidh au niveau des "ordres divins" qu'il mentionne.
2.1 Le témoignage demandé par Jésus
2.1.1 La demande de témoignage
Jésus demande à ses disciples d'être Ses témoins plusieurs fois dans le Nouveau Testament:
- "Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre". (Actes 1:8)
- "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie." (Jean 20:21)
- "Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fil et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde". (Matthieu 28:19-20)
- "C’est comme il a été écrit: le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis". (Luc 24; 46-49)
- "Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, - car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, -ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous". (Lettre 1 Jean 1;1-4)
- "Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux". (Matthieu 5;16).
- "Et voici par quoi nous savons que nous le (Jésus) connaissons: si nous gardons ses commandements. Celui qui dit le connaitre et ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui. Mais celui qui garde sa parole, c'est en lui véritablement que l'amour de Dieu est parfait; par là nous connaissons que nous sommes en lui. Celui qui dit demeurer en lui doit lui aussi marcher comme il a marché lui-même". (Lettre 1 Jean 2;1-4)
SUITE page 2
Suite, partie II
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- 2.1.2 La nature du témoignage
Elle transparait dans les citations qui viennent d'être données: il s'agit de garder les commandements transmis par Jésus, c'est-à-dire obéir à Ses commandements:
- "Celui qui garde ses commandements, demeure en Dieu et Dieu en lui, et nous connaissons qu'il demeure en nous par l'Esprit qu'il nous a donné". (Lettre 1 Jean 3;24)
Ces commandements sont résumés par ce qu'on appelle la "Loi d'Amour":
- "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C'est là le plus grand et le premier commandement. Un second lui est égal: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. En ces deux commandements tient toute la Loi, et les Prophètes." Matthieu 22; 37-40.
Pour l'islam le prochain est strictement celui qui appartient à la communauté des fidèles (la Uma). Le Coran demande aux croyants "l'affection à l'égard des proches" (Sourate 42 "La consultation", verset 23), mais "l'inimitié et la haine" envers les incroyants (Sourate 60 "L'éprouvée", verset 4). Ce qu'il résume en disant que "ceux qui sont avec lui [le Prophète] sont durs aux mécréants, miséricordieux entre eux" (Sourate 48 "La conquête", verset 29) cf. http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... URVOY.aspx.
Pour le chrétien, le prochain inclut les ennemis et les persécuteurs.
- "Bénissez ceux qui vous persécutent: bénissez et ne maudissez pas". (Lettres de Saint Paul, Ro 12;14)
- "et nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains; maudits, nous bénissons; persécutés, nous le supportons; calomniés, nous supplions; nous sommes jusqu'à présent comme des balayures du monde, le rebut des hommes". (Lettres de Saint Paul 1 Co 4; 12-13)
- "Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton proche, et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. Si en effet vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant?". Matthieu 5; 43-46.
- "Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre!" et "Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu!" (Matthieu 5; 5 et 9)
Pour résumer, rendre témoignage à Jésus c'est l'imiter. C'est à quoi est consacré ce magnifique livre du 15ème siècle "L'imitation de Jésus-Christ" qui a nourri des générations de chrétiens, et qui peut être téléchargé sur http://jesusmarie.free.fr/imitation_de_ ... hrist.html. Il débute ainsi: "Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit le Seigneur. Ce sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous exhorte à imiter sa conduite et sa vie, si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du coeur."
Sous l'action du Paraclet, l'Esprit Saint, les disciples ont témoigné en obéissant aux commandements de Jésus. Ils ont ainsi accepté le martyre en bénissant leurs bourreaux, et priant pour eux. C'est ainsi que leur exemple a amené leurs persécuteurs à se convertir, et que le christianisme a pu se répandre, en particulier en absorbant peu à peu l'empire romain. L'action de l'Esprit Saint c'est aussi Jean-Paul II pardonnant à Ali Agca qui avait tenté de l'assassiner. C'est celle qui, ensuite, agit sur Ali Agca qui de sa prison en Turquie affirme "Je veux être catholique, être baptisé sur la place Saint-Pierre et proclamer ma nouvelle foi devant les médias du monde entier", place qui est le lieu où il avait tiré sur le Pape, le blessant grièvement.
http://www.europapress.es/internacional ... 4.htmldans
Plus généralement l'action de l'Esprit Saint est celle de la conversion de musulmans au christianisme, en sachant que le témoignage qu'ils rendent ainsi à Jésus-Christ se fait au risque de leur vie, car apostats pour l'islam (cf. la peine de mort dans les hadiths de Sahih al-Bukhari Volume 6, livre 61, Numéro 577 et Volume 4, Livre 52, Numéro 260) et
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... umont.aspx
2.2 Le témoignage rendu par Mahomet
2.2.1 Le "témoignage" d'après Mounquidh
Parmi les formes de témoignage que l'auteur de "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?" évoque, nous retiendrons celles qui suivent, car elles pourraient paraitre comme les plus convaincantes.
"Notre prophète a réellement témoigné en faveur du fils de Marie, il l'a innocenté. Il a attesté qu'il était loin de la mécréance, qu'il n'avait jamais réclamé le fait d'être un dieu ni celui d'être le fils de Dieu. Notre prophète a également réhabilité sa mère des calomnies grossières des Juifs". Le verset 156 sourate 4 de 'En-Nissâ' (les femmes) est cité à ce sujet:"Nous les avons maudits aussi pour leur mécréance et pour l'horrible infamie qu'ils ont portée contre Marie" Verset 156.
"Le fils de Marie a prédit que le prophète attendu le glorifiera et a dit dans ce sens « Il révélera ma gloire, car il recevra de ce qui est à moi et vous l'annoncera.» (Jean 15; 26, et 16; 1-14). Personne, en effet, n'a fait l'éloge du prophète du Christianisme, après sa disparition, comme l'a fait Mohammed. Ce dernier l'a magnifié et a démontré sa supériorité par rapport à tous les hommes."
"Toutes les qualités attribuées au Paraclet ont des équivalents dans le Coran. Les hadîths affirment que le dernier des Messagers de Dieu est le paraclet. Il est le témoin de Jésus et celui qui nous a informé sur certains aspects de l'avenir".
2.2.2 Le Coran, Mahomet, et la "Loi d'Amour"
Lorsque Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr dit: "Notre prophète, lui, a remémoré aux gens tous les ordres divins qu'ils avaient négligés et que Dieu avait révélés à tous ses messagers, dont Jésus", il est évident que les "ordres divins" n'ont aucune relation avec les deux commandements de la "Loi d'Amour" que Jésus donne comme le résumé de tous les commandements de Dieu.
Dans le Coran les versets, qui incitent à la paix et au pardon, sont abrogés (cf. paragraphe 2.3) par deux versets de la Sourate 9 "Le repentir"At-Taubah):
Verset 5: "Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs (i.e. les chrétiens qui associent à Dieu deux autres divinités) où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux."
Verset 29: "Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité (i.e. l'Islam), parmi ceux qui ont reçu le Livre (i.e. les juifs et les chrétiens), jusqu'à ce qu'ils versent le tribut par leurs propres mains, avec une soumission volontaire, après s'être humiliés."
C'est sur cette base que l'expansion musulmane s'est faite par la guerre, ses exactions étant dans le prolongement de l'attitude du prophète de l'islam. Ainsi la biographie canonique de Mahomet, le "Beau Modèle" pour les musulmans, raconte en particulier qu'il approuva l'exécution de 600 à 900 juifs médinois des Banu Qurayzah, les femmes et les enfants étant réduits en esclavage. Ce fait, et d'autres, sont mentionnés dans les livres de la biographie (Sira) du Prophète (cf. par exemple: Ibn Hishâm, "Al-sirât al nabawiyya" éd. Tadmurf, Beyrouth, Dâr al-kitâb al'arabî, 1978, Tome III pp. 183-184).
2.3 Invalidation de la démonstration de Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr
A partir des éléments d'analyse donnés ci-dessus il apparait que la forme de témoignage qu'est le martyre a alors un sens très différent selon qu'elle concerne le christianisme (base: la Loi d'Amour), ou l'islam. Cet auteur pourrait objecter en arguant que la "Loi d'Amour" donnée par Jésus, avec ses implications, est le résultat d'une altération des textes de l'Evangile, cette loi n'ayant jamais été formulée. Cependant cette possibilité conduit à une impasse, car Mounquidh se heurterait alors au verset 27 de la sourate 57 Al-Hadid qui reconnait "compassion et miséricorde" (éléments de la "Loi d'Amour") chez les chrétiens. Or ce verset n'a pas été abrogé (pour la doctrine de l'abrogation voir les articles:
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... URVOY.aspx
et
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... UTROS.aspx )
Quelle que soit l'échappatoire adoptée, la logique de l'argumentation de l'auteur de "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?" se trouve en défaut sur le sujet important de la nature du témoignage évoqué dans le texte de Jean 15; 26-27, et le lien avec les "ordres divins" mentionnés par Mounquidh. En se limitant à ce niveau, la longue démonstration de ce livre (le Paraclet est Mahomet) se trouve déjà invalidée. Une analyse portant sur deux autres niveaux, considérés ci-dessous, va maintenant confirmer cette invalidation.
- 3 Invalidation de l'argumentation de Mounquidh au niveau de l'analyse historique et linguistique
Une analyse rigoureuse, linguistique et historique des textes est fournie par l'islamologue de réputation internationale Marie-Thérèse Urvoy dans son article pour le "Dictionnaire du Coran" édité par (Robert Laffont, Collection Bouquins, septembre 2007), publié sous la direction de Mohammad Ali Amir MOEZZI, directeur adjoint du Centre d’études des religions du Livre et directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Cette analyse scientifique montre comment les arguments des musulmans résultent de confusions, et comment une "relation entre le texte coranique et le texte évangélique s’est opérée par une «captation» reposant sur deux formes de détournement linguistique".
Cet article est reproduit en deux parties sur le site "Studia-Arabica"
http://www.studia-arabica.net/spip.php? ... omet%20(a)
http://www.studia-arabica.net/spip.php? ... article239
et aussi sur Notre-Dame de Kabylie:
http://www.notredamedekabylie.net/Dialo ... Urvoy.aspx
L'ensemble de cet article, consultable ainsi directement via les liens ci-dessus, constitue un second niveau, purement scientifique cette fois-ci, qui invalide aussi la démonstration de l'auteur de "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?".
Dans le Coran, Mohamed a été aussi désigné deux fois par Ahmed qui signifie "digne de louanges", qui rappelle curieusement Ahmat, un prophète dont la venue était attendue dans les écrits mandéens (Harran-Gawaïta) au quatrième siècle, et qui doit rétablir la vérité quant à la mission de Jésus fils de Marie (communication personnelle d'un ami). Il est alors possible que Mahomet ait puisé ses accusations d'altérations et de falsifications des écritures chrétiennes autant chez les manichéens que chez les mandéens (cf. "Essai sur les origines des Touareg", Par Jacques Hureiki, Ed. Karthala, pages 636-637 disponibles sur
http://books.google.fr/books?id=6btoFb1 ... #PPA636,M1
- 4 Réfutation de l'argumentation de Mounquidh basée sur la falsification du Nouveau Testament
L'accusation de falsification concernant la censure de l'annonce de Mahomet est invalidée par le fait que l'on dispose de manuscrits bien antérieurs à la naissance du Prophète de l'islam.
C'est le cas du Codex Sinaïticus (IVème siècle), déposé au British Museum de Londres. Il s'agit d'une bible assez complète (une partie importante de l'Ancien Testament est toutefois manquante), découverte en 1844 et 1859 par le savant Constantin von Tischendorf, lors des séjours qu'il fit au monastère Sainte Catherine, dans la péninsule du Sinaï. Le Codex Sinaïticus est l'un des cinquante exemplaires de la Bible grecque envoyées par Eusèbe de Césarée à l'empereur Constantin Ier au IVème siècle. De son côté la bibliothèque vaticane, à Rome, possède un superbe document du IVème siècle, le Codex Vaticanus.
Avec une approche puisant aux sources des traditions méconnues des Eglises orientales, en particulier de l'Église catholique chaldéenne, Pierre Perrier, membre correspondant de l'Académie des Sciences, remonte encore plus loin. En effet les sources syriaques témoignent du judéo-christianisme et des évangiles, autour du thème fondateur de la restitution des sources ethnologiques et orales araméennes antérieures aux évangiles grecs et latins. Cf. ses livres, dont "Les colliers évangéliques" volumes 1 et 2·(Sarment juillet 2003).
L'hypothèse de la censure de l'annonce de Mahomet aurait été envisageable sans l'existence de ces documents, scientifiquement établie. Leur existence invalide donc cette accusation.
Plus généralement pour les "falsifications" de la Bible voir http://facealislam.free.fr/reponse_mohammed1.html. A ceci il faut ajouter des études de type universitaire, dont l'article de Marie-Thérèse Urvoy, professeur à l'Institut Catholique de Toulouse, en trois parties:
http://www.studia-arabica.net/spip.php?article65
http://www.studia-arabica.net/spip.php?article66&var_
http://www.studia-arabica.net/spip.php?article67&var_
- 5 Conclusion
L'auteur de "La Bible a-t-elle annoncé la venue de Mohammed?", docteur en religion, présenté sur les sites islamiques comme "connu pour ses recherches en religion comparée", se comporte en fait comme un excellent missionnaire de la dawa (l'appel à l'islam destiné aux "infidèles") et non comme un scientifique. Comme un certain nombre d'universitaires de pays arabes, dans ses recherches il substitue l’apologétique à l’analyse critique, alors que la discipline "religion comparée" doit être caractérisée par une méthodologie rigoureuse, et des recherches objectives minutieuses.
Le caractère peu sérieux de ce livre se confirme dans sa conclusion où il est dit: "Le professeur Christopher Daïvis, spécialiste dans l'étude comparée des religions, a conclu : «Toutes ces annonces [*], dans leurs fonds et leurs formes, ne s'appliquent qu'au prophète Arabe, Mohammed.»". On s'attendrait à ce que le renvoi [*] donne la référence exacte de cette citation. Ce n'est pas le cas, [*] dit " celles de l'Ancien et le Nouveau Testament" . Une recherche via Internet portant sur " Christopher Daïvis", ou Davis, ou Davies, associée à "comparative religion", ou "religion comparée" est infructueuse, ce qui est surprenant pour un spécialiste de l'étude comparée des religions, supposé connu.
Avec l'impudente affirmation de sa préface "Le Nouveau Testament, en dépit des niaiseries et des falsifications qu’il a subies, renferme de nombreuses annonces prédisant la venue du dernier des Messagers divins", le Dr Mounquidh Ibn Mahmoud Assaquâr a pris beaucoup de risques pour sa réputation de scientifique.
Pour l'assimilation de Mahomet au Paraclet, il est possible que cet auteur arrive à convaincre des chrétiens à la foi chancelante, dont les connaissances religieuses sur le christianisme et l'islam sont déficientes, mais pas ceux qui voudront se livrer à une analyse sérieuse de son livre.
Note (index de la page 1)
[1] Sur http://www.islamhouse.com/p/172314 ce livre, publié par le Bureau de prédication islamique de Rabwah (Riyadh), est ainsi présenté:
"Ce beau livre démontre que le Nouveau Testament, en dépit des falsifications qu’il a subies, renferme de nombreuses annonces prédisant la venue du dernier des Messagers divins. Ces annonces, pour les Chrétiens, ne se sont pas encore réalisées. Nous sommes donc en mesure de nous poser la question : « Quand se concrétiseront-elles ? Deux mille années nous séparent de la naissance de Jésus fils de Marie (sur lui la paix) et rien ne confirme ces annonces.» Le fait de prétendre qu’elles ne se sont pas encore matérialisées, malgré l’immense écart du temps, diminue de la valeur de ce Livre aux yeux de ses lecteurs. Ces raisons nous poussent à lancer un appel sincère pour une réflexion sérieuse à propos de ces annonces et à leur relecture à la lumière de l’avènement de l’Islâm et donc à l’apparition de son Prophète. Nous sommes certains que cette nouvelle démarche mènera à la découverte de la Vérité et à la croyance honnête en la mission de notre Prophète Mohammed (sur lui la paix)".
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Le Paraclet c'est l'Esprit Saint, hypostase personnelle de l'Amour.
Qu'est-ce que l'Esprit Saint et la Trinité ? Par François Jourdan, Théologien.
"Il m'est arrivé de parler de la Trinité avec des musulmans en leur expliquant combien la psychologie moderne pouvait nous aider à comprendre le Mystère de Dieu qui est Amour : pas d'amour dans le fusionnel nous disent les psychologues. Puisqu'il est Amour dans sa nature la plus profonde, Dieu doit bien avoir quelqu'un à aimer avant même toute création ; et s'il aime, il ne fusionne pas. Ainsi le Père aime le Fils grâce à celui qui est à la fois la distance respectueuse contre la fusion et le lien de l'Amour : l'Esprit Saint. Si Dieu unique n'est pas Trinité, il ne peut pas être Amour.
J'ai remarqué" combien les musulmans n'avaient jamais entendu cela et que cela les faisaient réfléchir. Dieu a une altérité en lui-même : c'est la Trinité car il est Amour. Et il a aussi une altérité hors de lui-même : c'est l'Alliance biblique historique ouverte à tous les hommes par Jésus. Oui, vraiment par cette double altérité respectée et reconnue, Dieu est vraiment Amour. Or on nous dit toujours dans les milieux du dialogue : "Surtout pas ! Il ne faut pas parler de la doctrine". Moyennant quoi, depuis quatorze siècles que l'islam existe, la plupart des musulmans en sont restés au polythéisme chrétien sur la Trinité. Le dialogue religieux ne pourrait-il pas aider à se comprendre, même si on reste en désaccord ? Cette réflexion toute simple et rationnelle sur l'Amour serait-elle à proscrire dans le dialogue ?" (p. 72).
http://marthetmarie.lifediscussion.net/ ... 1er-partie
«
Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous », et nous avons écouté son commandement : « Vous serez mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Ce sont là les dernières paroles que Jésus a prononcées avant son Ascension au Ciel. C''est l'Esprit Saint qui, bien que silencieux et invisible, oriente et définit notre témoignage de Jésus Christ nous dit Benoit XVI
Saint Augustin observe que les deux mots « Esprit » et « Saint » se rapportent à ce qui appartient à la nature divine ; en d'autres termes, à ce qui est partagé par le Père et par le Fils, à leur communion.
"Par conséquent, si la caractéristique propre de l'Esprit est celle d'être ce qui est partagé par le Père et par le Fils, Augustin en conclut que la qualité particulière de l'Esprit est l'unité. Une unité de communion vécue : une unité de personnes dans une relation mutuelle de donation constante : le Père et le Fils qui se donnent l'un à l'autre. Nous commençons ainsi, je pense, à entrevoir combien cette compréhension de l'Esprit Saint comme unité, comme communion, est éclairante"
- Augustin se demande : Est-ce l'amour ou l'Esprit qui garantit le don continuel ? Voici ce qu'il en conclut : « L'Esprit Saint nous fait demeurer en Dieu et Dieu en nous, mais c'est l'amour qui en est la cause. Donc, l'Esprit est Dieu comme amour ! » (De Trinitate 15, 17, 31). C'est une magnifique explication : Dieu se donne lui-même en partage comme amour dans l'Esprit Saint. Que pouvons-nous savoir d'autre sur la base de cette intuition ? L'amour est le signe de la présence de l'Esprit Saint ! Les idées ou les paroles qui manquent d'amour - même si elles apparaissent sophistiquées ou sages - ne peuvent être « de l'Esprit ». De plus, l'amour a une caractéristique particulière, loin d'être indulgent ou volubile, il a une tâche ou un objectif à accomplir :
celui de demeurer.
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