Il ne faut pas regarder ce "problème" (si problème il y a) avec nos yeux de nationaux n'ayant jamais bougé de chez nous. La question "pourquoi n'ont-ils pas demandé la nationalité française " pouvait se poser pour des émigrés/immigrés du siècle dernier, il se pose différemment aujourd'hui, dans notre univers mondialisé.
Je compte dans mon cercle d'amis proches 17 personnes travaillant à l'étranger, pour des raisons très diverses : l'amour pour certains, la capacité de travailler dans un domaine qui leur était fermé en France, l'envie de changement, le dépaysement, le soleil... Bref. Sur ces 17 personnes, certaines ne travaillent pas (elles sont épouses de ou quand ce sont des hommes, ils ont des difficultés à trouver un emploi). La plupart sont partis de France depuis plus de 10 ans et sont bien intégrées dans leur seconde patrie, 10 d'entre elles sont quasiment sûres de finir leur vie dans leur pays d'adoption. Mais, aucun d'entre eux ne désire obtenir la nationalité du pays où leurs enfants sont nés. Chacun d'entre eux continue à parler français à ses enfants. Chacun d'entre eux continue à cuisiner à la française, avec les apports de l'autre culture. De fait, leurs enfants sont élevés dans deux cultures différentes, et eux cultivent les deux cultures également.
Je me posais la question pour moi même : si je devais déménager à l'autre bout du monde, et ce quel qu'en soit le motif, pourquoi demanderai-je la nationalité du pays où je me suis installée ? J'en respecterai les lois, je tenterai d'y travailler, j'inscrirai mes enfants à l'école locale, j'y ferai mes courses, mais je resterai française. Dans un monde où les moyens de communications nous permettent de rester en lien avec nos proches, nos amis, où qu'ils soient dans le monde, je ne vois pas en quoi le fait de résider dans un pays, de l'aimer, d'y faire sa vie, nécessiterait que l'on renonce à sa nationalité originelle.
Cela en me paraît pas inconcevable, si on est installé depuis un petit moment en France, de pouvoir voter aux élections locales. Par ailleurs, il existe une tranche de français de souche qui n'ont pas accès au droit de vote : les SDF... alors, la nationalité...
Dans les zones d'éducation prioritaire, la difficulté d'intégration ne vient pas des "primo-arrivants" qui sont généralement plein de bonnes volonté, mais bien de la deuxième ou troisième génération dont les parents n'ont pas été intégrés à la période du plein emploi. A Marseille, dans les années 75/85, mon père était obligé d'appeler tous ses contacts pour trouver des emploi à ses anciens élèves maghrébins, y compris les plus diplômés, car on ne voulait pas de "bougnoules". Avec le temps, les "bougnoules" ont fait des enfants, toujours aussi peu intégrés, des imams saoudiens sont venus leur faire du porte à porte, et nous avons désormais une véritable rancoeur installée, en plus d'un extrêmisme religieux galopant. Pourquoi n'adhèrent-ils pas plus au christianisme ? Parce qu'ils ont dans la tête que le christianisme est la religion des riches blancs... Et de tout manière, dans ces quartiers, il n'y a guère de communauté chrétienne unie pour les accueillir.
Après, avec l'Algérie, on a un autre différend. Les blessures de part et d'autres sont encore béantes et il faut espérer que le temps pourra apporter le réconfort...
Fraternellement.
Cécile
PS : si on va plus loin, en tant que marseillaise pur jus, je me suis toujours sentie bien plus à l'étranger en région parisienne qu'en Italie... Et je me compte parmi les "Marseillais exilés"
