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Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 11:03
par etienne lorant
Ce "prêtre" a trop fréquenté les universitaires, ou les gourous, qui sait ? La Libre Belgique lui offre des colonnes, bien sûr...
Dans nos communautés du monde industrialisé, la conception magique de la prêtrise n’est plus guère de mise. Aux prêtres est confié un ministère d’union de la communauté ecclésiale, basé sur l’Evangile. Mais ils ne peuvent pas, à eux seuls, faire l’Eglise. La plupart du temps, cependant, nos paroisses n’ont pas encore trouvé un souffle neuf et un nouveau rythme pour vivre l’Evangile dans ce contexte.
La mentalité magique reste plus présente qu’on ne le croit. Trop souvent, on continue à perdre du temps et de l’énergie à chercher des prêtres "pour dire la messe" ou pour "conférer les sacrements". On fait aussi voltiger les prêtres d’une communauté à l’autre pour accomplir les rituels sacramentaux dans diverses paroisses, alors que ces communautés pourraient se débrouiller elles-mêmes et, vu les besoins, confier des mandats en dehors de ce qui est prévu par le droit. Il est important que les communautés évoluent, instituent de nouveaux types de ministères et reprennent conscience que là où deux ou trois sont réunis à cause du Christ, celui-ci est au milieu d’eux. "
http://www.lalibre.be/debats/opinions/a ... messe.html
Quand on pense que ces propos émanent d'un "s.j" ! (sj = Societas Jesu = Société de Jésus = Jésuite) !
Il avait déjà fait parler de lui... car c'est une tête qui a des idées d'avenir pour l’Église
!
http://www.lalibre.be/debats/opinions/a ... lerge.html
Bref, une église qui fonctionnerait comme une entreprise...
Et je m'explique mieux pourquoi lorsque je me suis présenté au petit Séminaire, dans les années 80, on m'a rapidement reconduit à la rue... Je voudrais dire aussi que j'en ai parfois assez de me faire reprendre quand je défends les messes 'ordinaires', auxquelles des fidèles se présentent chaque jour et qui sont tout à fait valables. Entre l'ultra-traditionnalisme et les dérives extravagantes de ce "s.j" moderniste... le simple fidèle sait dans son coeur ce qu'il peut et ne peut pas approuver.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 11:23
par Virgile
etienne lorant a écrit :La mentalité magique reste plus présente qu’on ne le croit.
Bonjour,
en fait, difficile de "croire" que la mentalité magique reste encore présente. Parce que "croire", c'est faire preuve d'une mentalité magique...
Tout ce discours relève de la farce pure et simple.
Impossible à prendre au sérieux.
V.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 11:51
par Teano
Bonjour,
Si on n'a plus autant besoin du prêtre, on n'a plus tellement besoin des églises non plus, tout le monde pour peu qu'il soit baptisé, peut célébrer l'eucharistie et le baptême où qu'il se trouve, non ???
Cela me rappelle l'hérétique Henri, fermement contredit par Saint Benrard de Clairvaux au concile de Sens (si ma mémoire est bonne).
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 12:21
par etienne lorant
Ce qui me fait

, c'est qu'il s'agit en plus d'un Jésuite ! Car les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance à leur supérieur, après leurs deux années de noviciat. Mais ils prononcent aussi un vœu qui leur est propre :
l’obéissance spéciale au pape !
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 12:25
par Raistlin
etienne lorant a écrit :Ce qui me fait

, c'est qu'il s'agit en plus d'un Jésuite ! Car les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance à leur supérieur, après leurs deux années de noviciat. Mais ils prononcent aussi un vœu qui leur est propre :
l’obéissance spéciale au pape !
L'ordre des jésuites me semble avoir été durement touché par la crise libérale. J'avoue bien malheureusement avoir développé une certaine méfiance envers cet ordre.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 12:36
par Virgile
etienne lorant a écrit :... ils prononcent aussi un vœu qui leur est propre : l’obéissance spéciale au pape !
Mais pour certains un voeu magique d'obéissance qui dispense de l'obéissance alors!!!

Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 14:36
par archi
Teano a écrit :Bonjour,
Si on n'a plus autant besoin du prêtre, on n'a plus tellement besoin des églises non plus, tout le monde pour peu qu'il soit baptisé, peut célébrer l'eucharistie et le baptême où qu'il se trouve, non ???
Cela me rappelle l'hérétique Henri, fermement contredit par Saint Benrard de Clairvaux au concile de Sens (si ma mémoire est bonne).
Le discours de ce prêtre se rapproche du protestantisme - négation de la réalité des sacrements assimilés avec mépris à de la "pensée magique", négation du rôle médiateur du prêtre. Mais en fait il va sensiblement plus loin que le protestantisme, dans la mesure où la norme qu'il propose n'est pas l'absence d'intermédiaire entre le croyant et Dieu (corollaire logique des 2 points précédents dans le protestantisme), mais la "communauté" qui est omniprésente et qui impose en fin de compte sa dictature. On se demande une communauté de quoi d'ailleurs, il n'y a pas communauté de foi (puisqu'on rejette avec mépris l'"orthodoxie") et le seul critère est "la vie", ce qui est extrêmement vague mais justifie une organisation où, pour changer, on donne à certains le pouvoir pour d'autres (ce qui est proposé va nettement plus loin que l'idée protestante du pasteur).
Ce que je constate, c'est qu'après 50 ans de ce discours, de liturgies célébrant la "communauté" repliée sur elle-même (plutôt que membre de l'Eglise universelle et tournée vers le même Christ), lesdites communautés... ont montré une singulière absence de renouvellement. Les seuls membres, à quelques très rares exceptions près, sont ceux qui avaient grandi dans le catholicisme honni d'avant Vatican II. Les jeunes ne restent pas.
Ca devrait provoquer chez tous une énorme remise en question, mais visiblement, ils en sont incapables.
Si ce n'est pas de l'aveuglement...
In Xto,
archi.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 15:10
par Raistlin
archi a écrit :Ce que je constate, c'est qu'après 50 ans de ce discours, de liturgies célébrant la "communauté" repliée sur elle-même (plutôt que membre de l'Eglise universelle et tournée vers le même Christ), lesdites communautés... ont montré une singulière absence de renouvellement. Les seuls membres, à quelques très rares exceptions près, sont ceux qui avaient grandi dans le catholicisme honni d'avant Vatican II. Les jeunes ne restent pas.
Je pense votre analyse tout à fait juste. Heureusement, il me semble bien que chez les jeunes prêtres et évêques, il y a cette prise de conscience. Les dégâts sont grands mais il me semble qu'on commence à revenir de cette dérive.
Cordialement,
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 15:18
par Teano
Cher amis,
Après une réaction à chaud et à l'emporte-pièce qui caractérise mon tempérament impulsif, je relis les 2 articles proposés par l'ami Etienne et là j'aurai une seconde réaction à l'emporte-pièce :
Chaque ligne de ces 2 articles et chaque idée défendue par le père Fourez me paraît hautement discutable quant à l'orthodoxie catholique et à ce que cela nous révèle de ce prêtre.
Je me trompe peut-être (et même je me trompe certainement) mais je le trouve méprisant vis-à-vis des fidèles qui considéreraient le prêtre et les sacrements comme du fétichisme, de l'Eglise (qui "découvre" seulement aujourd'hui qu'elle est faite aussi de laïcs, il faut qu'il révise son histoire de l'Eglise même les plus athées des historiens soulignent le souci constant de l'Eglise d'évangéliser et d'avoir une pastorale à la hauteur des attentes spirituelles des laïcs), du clergé séculier qui se considèrerait comme "monarque" dans sa paroisse. Pourtant, c'est à ceux-là mêmes qui sont tout imprégnés de "supersitition sacramentelle" que l'on devrait confier la direction des affaires de la paroisse.
Et finalement que propose-t-il : les laïcs, débrouillez-vous et apprenez à vous passer des prêtres !
Ce qu'il propose, c'est de se la jouer façon capitaine du Costa Concordia.
Je suis révoltée.

Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 16:36
par Virgile
archi a écrit :Ca devrait provoquer chez tous une énorme remise en question, mais visiblement, ils en sont incapables.
Bonjour,
c'est un type d'aveuglement assez fréquent chez les sensibilités plutôt "intellectuelles". Remarquez bien que ce n'est pas vraiment propre à la génération de ce prêtre ni à la "tendance tendancieuse" qu'il représente.
Ce n'est pas que ce prêtre ou ceux qui partage sa vision des choses soient incapables de se remettre en question - mais bien plutôt qu'ils ne sont plus capables, ou n'ont jamais été capables, d'en juger la nécessité.
Finalement, dans le monde étroit du prêt-à-porter idéologique, la "vulgate" (qu'elle soit thomiste, ou encore marxiste, ou encore autre chose) est toujours constituée d'un ensemble d'éléments intangibles et invariants qui finissent par former "la" vérité immuable et éternelle à laquelle personne ne peut plus toucher. Changer une seul pièce de la construction intellectuelle demanderait une véritable conversion, au sens propre du terme. Et certainement du courage. Parce qu'il faudrait faire acte d'intelligence, pour commencer - et tout reprendre depuis le début. L'âge n'arrange pas les choses non plus...
Les "remises en questions" ne valent donc que pour ceux qui ne marchent pas dans l'affaire, qui n'adhèrent pas aux vérités de la "vulgate" ou s'en écartent de façon trop ostentible. Et ce serait faire preuve d'une immense naïveté que de croire qu'à partir de raisonnements justes, d'une argumentation valide, d'un discours de bon sens, ou même de l'établissement de faits précis à partir de documents irréfutables on puisse établir un quelconque dialogue.
A ce titre, il me paraît extrêmement frappant que ce soient toujours le même type de personnes qui demandent - non, exigent - de leur interlocuteur, et avec quel assurance, les "remises en question" nécessaires au "réajustement non-négociable" qui permettrait l'"ouverture" au "dialogue". Autant dire que protester de sa bonne foi et abattre les cartes dont on dispose revient à se déclarer coupable de la plus insupportable des hérésies...
Ce genre de discours est une forme de violence - même pas camoufflée et pourtant invisible aux yeux de son auteur : violence faite à l'Eglise, violence faite à Dieu, violence faite aux hommes. Même s'il trouvait un semblant de justification dans l'ordre du réel, ce qui n'est aucunement le cas, il n'en resterait pas moins irrecevable autant que totalement vain.
Amicalement.
Virgile.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 16:53
par Raistlin
Virgile a écrit :Et ce serait faire preuve d'une immense naïveté que de croire qu'à partir de raisonnements justes, d'une argumentation valide, d'un discours de bon sens, ou même de l'établissement de faits précis à partir de documents irréfutables on puisse établir un quelconque dialogue.
Là, vous me peinez.
Si ce que vous dites est vrai, il faut renoncer à tout dialogue en vérité, et donc à tout vrai dialogue.
Cordialement,
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : mer. 01 févr. 2012, 17:45
par Charles
Virgile
Virgile a écrit :Finalement, dans le monde étroit du prêt-à-porter idéologique, la "vulgate" (qu'elle soit thomiste, ou encore marxiste, ou encore autre chose) est toujours constituée d'un ensemble d'éléments intangibles et invariants qui finissent par former "la" vérité immuable et éternelle à laquelle personne ne peut plus toucher.
Saint Thomas est docteur de l'Église... L'enseignement des docteurs de l'Église, quels qu'ils soient, n'a rien d'idéologique. On peut passer une vie entière à approfondir l'enseignement de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ou de Saint Augustin ou de Saint Jean de la Croix ou de Saint François de Sales ou d'un des autres docteurs, il ne s'agit pas d'idéologie mais de s'enfoncer dans la profondeur d'une sagesse qui n'est pas seulement humaine et est une voie menant à Dieu. Dans ce sens, oui, on n'a pas à y toucher, mais à se faire disciple et à mettre nos pas dans ceux de nos prédécesseurs parce qu'on sait que là où ils sont Dieu est proche. Vous observerez d'ailleurs chez les docteurs de l'Église, s'ils ont chacun pris une voie originale, qu'il n'y a jamais de prétention à remettre en cause les voies de leurs prédécesseurs. Leur originalité s'ajoute aux autres originalités. On voit très bien par exemple en lisant les oeuvres de Saint Jean de la Croix l'influence de la formation thomiste de trois années qu'il a reçue a l'Université de Salamanque, cette formation n'a en rien étouffée l'originalité de sa voie et de sa fécondité spirituelle propres.
Voilà, c'était juste une précision.
Cordialement
Charles
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : jeu. 02 févr. 2012, 3:00
par Virgile
Charles a écrit :Voilà, c'était juste une précision. Charles
Bonjour Charles,
je suis bien d'accord avec vous, naturellement. Lorsque j'écrivais "vulgate thomiste" je pensais à ces clercs qui adhéraient à un "système du thomiste" parce que c'était à peu près l'essentiel de ce qu'ils avaient appris ou retenu de leur formation au séminaire. J'ai dans ma bibliothèque une série assez complète des manuels de philosophie et de théologie "thomistes" utilisés dans les séminaires français avant le Concile: la lecture de ce à quoi on avait parfois réduit la pensée de saint Thomas est vraiment désespérante.
Par ailleurs, ce sont souvent les mêmes clercs qui, au tournant des années soixantes ou même bien avant, passeront, lorsque la prudence ou l'air du temps les y inciteront, et sans y voir aucune inconséquence, à d'autres système de références, à d'autres auteurs, à d'autres "vulgates" - naturellement "incontournables". La forme change, l'esprit est le même: massif, lourd, obtus, imperméable, étranger à la vie comme à la chaleur de la vie...
Amicalement.
Virgile.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : jeu. 02 févr. 2012, 3:07
par Virgile
Raistlin a écrit :Là, vous me peinez.
Si ce que vous dites est vrai, il faut renoncer à tout dialogue en vérité, et donc à tout vrai dialogue.
Cordialement,
Bonjour Raistlin,
d'accord, c'est vous qui avez raison, je retire cette phrase. Elle n'est que l'expression d'un sentiment personnel formé à partir de très mauvaises expériences.
Amicalement.
Virgile.
Re: Le père G. Fourez et l'avenir de l'Eglise...
Publié : jeu. 02 févr. 2012, 18:34
par Skylior
Mais... Comment pouvez vous être sur qu'il a tord?
Personnellement, je ne sais pas. Alors quant je ne sais pas, je me tais.
Cependant, je serais curieux d'avoir une réponse a ma question.
Amicalement, skylior.