AdoramusTe a écrit :Donc, à mon sens, un renouveau artistique véritable va de pair avec un renouveau de la Foi et un ancrage dans la culture chrétienne multiséculaire, dont l'art d'aujourd'hui doit être hériter tout en le renouvelant.
Bonjour,
ce sont les plus jeunes surtout, qui devraient être les premiers à bénéficier d'une véritable formation artistique. Il est bien entendu que cette formation ne pourra jamais être donnée ou reçue dans le cadre d'un système d'encadrement de masse tel que le système de garderie national des enfants de 6 à 12 ans, ou le système de rassemblement obligatoire des français âgés de 12 à 15 ans, et encore moins dans le système d'initiation à l'économie et aux matières scientifiques réservé au gens âgé de 16 à 18 ans... dont dispose actuellement la France. D'autant que la plupart, sinon la totalité des fonctionnaires de l'Etat qui sont chargés d'assurer le fonctionnement et la perpétuation de cette immense organisation de prise en charge sociale n'ont eux-même aucune formation artistique.
La France est un cas très particulier, dans la mesure où tout ce qui touche à la formation dans les domaines de l'architecture, de la peinture et de la musique relève de fait, et depuis très longtemps, au mieux de la "culture" - c'est à dire du genre de choses que l'on conçoit aisément qu'elles puissent être transmises dans un cadre privé - qui n'est même plus celui de la famille mais celui du "temps de loisir", au pire du "luxe" que se permettent d'avoir les gens assez fortunés pour n'avoir strictement rien d'autre à faire.
Ce genre de mentalité n'est par ailleurs pas vraiment spécifique à la France, ni à un milieu social particulier. Ce qui l'est, en revanche, c'est l'institutionalisation d'un telle mentalité et sa mise en oeuvre par l'Etat Français. Etrange conception de l'éducation. Seuls, isolés, quelques professeurs tentent bien, malgré tout, de faire leur possible: ce sont bien les seuls héros que possède encore notre société.
A une période de leur vie où la plupart d'entre-eux en auraient le plus grand besoin, la plupart des élèves ne reçoivent en fait pas de formation vraiment sérieuse - à peine quelques notions et de vagues connaissances.
Il est strictement impossible de considérer que le tourisme en quoi consistent des visites trimestrielles au musée, où celles épisodiques et estivales des visites de cathédrales et de chateaux, puissent suffire à former des adultes sensibles aux traditions artistiques, à la connaissance des symboles et à la compréhension, même superficielle d'une oeuvre d'art.
Il me semble avoir déjà écrit dans un autre fil que le cadre idéal d'une telle formation est en premier lieu la famille. Mais toutes les pères et les mères de famille ne sont pas forcément à même de la donner, faute de compétences, de temps ou tout simplement faute de comprendre l'importance réelle de cette formation.
Ce cadre pourrait être le cadre paroissial. Les formateurs de qualité ne manquent pas. Les familles intéressées ne manquent certainement pas. Les possibilités offertes par l'Internet sont immenses, etc.
A défaut, le cadre associatif.
Il suffit de prendre l'exemple du chant grégorien dans mon diocèse: la pratique en avait entièrement disparu au début des années soixante-dix et pas un seul catholique ne le chantait il y a seulement vingt ans. Depuis, un certain nombre de laïques, s'y sont interessés, ont cherché des formateurs - âgés mais disponibles, ont créé des associations, des chorales, et peu à peu font revivre un art qui était menacé de disparaître purement et simplement. Ces laïques n'était par ailleurs même pas "tradis"... et aujourd'hui, leurs concerts et les ateliers de grégorien qu'ils proposent sont remplis de gens qui ne sont pas forcément catholiques.
En ce qui concerne les enfants et les adolescents, l'essentiel n'est certainement pas de tout leur faire savoir et de tout leur faire connaître, mais c'est de parvenir à leur faire comprendre ce qu'est notre patrimoine artistique, son importance et sa valeur, ce qu'il faut sauver de l'oubli, du moins ce qui peut ou doit l'être, et surtout d'encourager parmi eux des vocations artistiques véritables: pas celles des "créateurs" à la mode payés en proportion de l'agitation médiatique qu'ils provoquent, mais celles des artisans silencieux et amoureux du travail accompli pour la gloire de Dieu et l'amour des hommes.
Amicalement.
Virgile.