"Simon fils de Jonas" et "Simon fils de Jean"
Publié : mer. 04 janv. 2012, 14:39
Bonjour à tous,
Hier j'ai publié un article sur le signe de Jonas, dans lequel je parle de la symbolique de la Jonas (la colombe) et j'y évoque la mission de Simon Pierre déjà en germe dans son ascendance : fils de la colombe, symbolisant l'Esprit Saint, ... plus de détails dans mon article.
Ce matin, je lis l'évangile du jour et découvre une chose qui m'avait jusqu'ici échappée : contrairement à l'évangile de Mathieu (chapitre 16) où Simon est appelé "fils de Jonas" (ce qui a toujours semblé avoir été retenu par la tradition), l'évangile de Jean parle de "Simon, fils de Jean" dans la BJ comme dans la Bible Liturgique.
Je file de ce pas vérifier dans la Vulgate de Saint Jérôme, et je trouve bien "filius Jona". Je jette un oeil dans la byzantine (grecque) et je trouve bien "yios iona". Je me dis donc : quelle est la nouille de traducteur en français qui a confondu Jonas et Jean ?
Sauf qu'en en discutant après, je me rends compte que ce n'est pas si simple qu'une boulette de traducteur moderne et que ce problème a occupé quelques exégètes. D'abord, je découvre grâce à une amie que Saint Jérôme, auteur de la Vulgate dans laquelle l'évangile de Jean indique bien "filius Jona", utilisait dans certaines de ses correspondances l'expression "filius Johannis" pour parler de Simon Pierre. Je fouille donc un peu plus, et je découvre que l'hypothèse exégétique la plus courante serait que le doute concernant l'évangile de Jean subsisterait quasiment depuis sa mise par écrit : ainsi même dans de très anciennes versions grecques, on trouverait parfois "fils de Jean", parfois "fils de Jonas". Tandis que dans Mathieu, cela ne fait aucun doute, on a toujours, quoiqu'il arrive et quelle que soit la version : "Heureux es-tu Simon, fils de Jonas...".
L'hypothèse la plus communément admise par les exégètes, d'après ce que j'ai lu, serait que dans la tradition johannique il y ait eut certains flottements dans la transmission orale, qui se ressentent ensuite dans les variantes de l'écrit.
Cette hypothèse me gêne évidemment, dès qu'on accable de tous les maux la transmission orale et qu'on la considère comme moins fiable que l'écrit... bref, je ne suis pas le seul. J'ai trouvé un texte d'un certain jésuite, Marc Rastoin, qui analyse un peu ce problème. Dans ce texte, Marc Rastoin laisse supposer que l'ascendance véritable de Simon Pierre fut un certain Jean (nom beaucoup plus courant à l'époque de Jésus que "Jonas"), mais que dans l'évangile de Mathieu, l'appellation par Jésus de Simon comme "bar Iona" était une sorte de jeu de mot symbolique, courant à l'époque, de la même manière que Jacques et Jean sont appelés ailleurs "fils du tonnerre".
Comme j'ai écrit assez de bêtises en une journée dans mon article sur ce sujet, je voulais savoir si des gens avaient des remarques pertinentes à faire sur cette question.
Hier j'ai publié un article sur le signe de Jonas, dans lequel je parle de la symbolique de la Jonas (la colombe) et j'y évoque la mission de Simon Pierre déjà en germe dans son ascendance : fils de la colombe, symbolisant l'Esprit Saint, ... plus de détails dans mon article.
Ce matin, je lis l'évangile du jour et découvre une chose qui m'avait jusqu'ici échappée : contrairement à l'évangile de Mathieu (chapitre 16) où Simon est appelé "fils de Jonas" (ce qui a toujours semblé avoir été retenu par la tradition), l'évangile de Jean parle de "Simon, fils de Jean" dans la BJ comme dans la Bible Liturgique.
Je file de ce pas vérifier dans la Vulgate de Saint Jérôme, et je trouve bien "filius Jona". Je jette un oeil dans la byzantine (grecque) et je trouve bien "yios iona". Je me dis donc : quelle est la nouille de traducteur en français qui a confondu Jonas et Jean ?
Sauf qu'en en discutant après, je me rends compte que ce n'est pas si simple qu'une boulette de traducteur moderne et que ce problème a occupé quelques exégètes. D'abord, je découvre grâce à une amie que Saint Jérôme, auteur de la Vulgate dans laquelle l'évangile de Jean indique bien "filius Jona", utilisait dans certaines de ses correspondances l'expression "filius Johannis" pour parler de Simon Pierre. Je fouille donc un peu plus, et je découvre que l'hypothèse exégétique la plus courante serait que le doute concernant l'évangile de Jean subsisterait quasiment depuis sa mise par écrit : ainsi même dans de très anciennes versions grecques, on trouverait parfois "fils de Jean", parfois "fils de Jonas". Tandis que dans Mathieu, cela ne fait aucun doute, on a toujours, quoiqu'il arrive et quelle que soit la version : "Heureux es-tu Simon, fils de Jonas...".
L'hypothèse la plus communément admise par les exégètes, d'après ce que j'ai lu, serait que dans la tradition johannique il y ait eut certains flottements dans la transmission orale, qui se ressentent ensuite dans les variantes de l'écrit.
Cette hypothèse me gêne évidemment, dès qu'on accable de tous les maux la transmission orale et qu'on la considère comme moins fiable que l'écrit... bref, je ne suis pas le seul. J'ai trouvé un texte d'un certain jésuite, Marc Rastoin, qui analyse un peu ce problème. Dans ce texte, Marc Rastoin laisse supposer que l'ascendance véritable de Simon Pierre fut un certain Jean (nom beaucoup plus courant à l'époque de Jésus que "Jonas"), mais que dans l'évangile de Mathieu, l'appellation par Jésus de Simon comme "bar Iona" était une sorte de jeu de mot symbolique, courant à l'époque, de la même manière que Jacques et Jean sont appelés ailleurs "fils du tonnerre".
Comme j'ai écrit assez de bêtises en une journée dans mon article sur ce sujet, je voulais savoir si des gens avaient des remarques pertinentes à faire sur cette question.