Vivre le jour qui passe
Publié : ven. 09 déc. 2011, 12:36
Livre de la Sagesse (Sg 7, 7-50)
07 J'ai prié, et l'intelligence m'a été donnée.
J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi.
08 Je l'ai préférée aux trônes et aux sceptres ;
à côté d'elle, j'ai tenu pour rien la richesse ;
09 je ne l'ai pas mise en comparaison
avec les pierres précieuses ;
tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable,
et, en face d'elle, l'argent sera regardé comme de la boue.
10 Je l'ai aimée plus que la santé et que la beauté ;
je l'ai choisie de préférence à la lumière,
parce que sa clarté ne s'éteint pas.
11 Tous les biens me sont venus avec elle,
et par ses mains une richesse incalculable.
J'ai été vraiment très heureux d'ouvrir ma bible sur ce passage. De quoi parle-t-il ? De la bonne manière de considérer désormais la crise financière, et ce qui peut en résulter dans mon quotidien.
Au fait, comme je l'écrivais hier ou avant-hier : chaque journée n'a que vingt-quatre heures pour moi. C'est devenu mon espace de temps. Je suis né il y a longtemps, je mourrai je ne sais quand, mais passé ou présent, c'est de plus en plus dans "l’aujourd’hui que s'inscrit ma vie."
A moi, la Sagesse m'a donné mes pratiques. Je vais essayer ici de les relever.
Il y a la "minute héroïque" du lever dès le réveil qui est devenue très vite un réflexe simple: je bloque toute pensée dans mon cerveau et je me retrouve debout.
L'eucharistie matinale: je m'y suis rendu chaque matin depuis le début des années 90 et j'ai déjà dû changer deux fois de lieu de culte, mais même ces changements ne me suscitent plus de stress.
La délivrance du tabac remonte à 2004.
Cette année, à force de voir des jeunes se saouler en face de ma boutique, je suis en passe de ne plus jamais prendre un verre d'alcool - au début, on compte les jours, mais à présent j'ai une date: 3 novembre 2011.
La méditation quotidienne: j'ai commencé un peu avant le décès de mon père en 2007. Au début, ce fut uniquement l’Évangile du jour, mais à présent je lis et commente également les auteurs qui se retrouvent "comme par hasard" sur mon bureau.
Le Journal de Julien Green m'a beaucoup apporté sur le plan de l'écriture, mais au-delà de ses oeuvres des années 70, je n'ai plus trouvé la suite; Simone Weil est apparue ensuite; j'ai lu de nouveau les œuvres les plus connues de Bernanos.
La semaine dernière une oeuvre de Christian Bobin est apparue sur mon bureau. Elle me concerne, bien que ma mère ne souffre pas heureusement de cela - (de cela aussi) je veux dire.
Un petit résumé ici:
"Devenir l'étranger dans les yeux et la mémoire de son père ou sa mère est une chose insupportable. Malheureusement, la maladie d'Alzheimer rend chaque jour plus réel ce cauchemar. Christian Bobin met des mots sur l'indicible et brise, avec un tact infini, le tabou de la mort et de la déchéance.
Il ne s'agit ni d'un roman, ni d'un poème, mais c'est pourtant tout cela à la fois. À travers la juxtaposition de ses réflexions, il nous raconte la maladie, l'espoir, l'acceptation, la tendresse ou la douleur : tous ces instants qui font une existence, même si l'automne arrive trop vite.
Il nous parle de son père mais aussi de cet arbre majestueux qu'il observe de sa fenêtre. L'arbre devient alors le symbole de cette vie qui s'enfuit." (*)
Nombre de petites phrases dans cet ouvrage disent mieux que je pourrais le faire ce que je vois dans la maison de repos et de soins de ma mère, dans laquelle je suis chaque jour pour deux heures - et parfois plus. Ne vous étonnez donc pas si je commence un jour à citer quelques lignes extraites de ce livre.
J'ai supprimé la télévision, ayant bien assez d'infos sur mon ordinateur en journée. J'ai d'ailleurs ma comptabilité (les trois: celle de ma mère et de ma tante, en plus de celle du magasin). Plus de télé veut dire: plus de publicités à tout bout de champs et je vous promets que cela vous nettoie bien l'esprit! D'ailleurs, je dors mieux, en consommant beaucoup moins de molécule du genre des 'benzodiazépine' !
Je vais de moins en moins au restaurant: j'y allais souvent seul - mais je buvais deux verres de vin et c'était... distrayant, sans plus. A défaut de joyeux compagnon, j'emmenais un auteur avec moi dans ma poche - avec un crayon finement taillé !
Je me suis remis à la marche pour maintenir mon dos dans le meilleur état possible - mais en réalité, ce sont les places de parking non-payantes qui m'ont conduit à reprendre mes marches-prières.
Et tous ces changements se sont installés en moins d'une année... sans hélas, que je cesse d'être pécheur - je le sens au fond de moi avec même plus d'acuité qu'avant et sans doute qu'il le fallait, n'est-ce pas, Ô Jésus ?
(*) http://www.biblioblog.fr/post/2007/09/1 ... tian-bobin
07 J'ai prié, et l'intelligence m'a été donnée.
J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi.
08 Je l'ai préférée aux trônes et aux sceptres ;
à côté d'elle, j'ai tenu pour rien la richesse ;
09 je ne l'ai pas mise en comparaison
avec les pierres précieuses ;
tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable,
et, en face d'elle, l'argent sera regardé comme de la boue.
10 Je l'ai aimée plus que la santé et que la beauté ;
je l'ai choisie de préférence à la lumière,
parce que sa clarté ne s'éteint pas.
11 Tous les biens me sont venus avec elle,
et par ses mains une richesse incalculable.
J'ai été vraiment très heureux d'ouvrir ma bible sur ce passage. De quoi parle-t-il ? De la bonne manière de considérer désormais la crise financière, et ce qui peut en résulter dans mon quotidien.
Au fait, comme je l'écrivais hier ou avant-hier : chaque journée n'a que vingt-quatre heures pour moi. C'est devenu mon espace de temps. Je suis né il y a longtemps, je mourrai je ne sais quand, mais passé ou présent, c'est de plus en plus dans "l’aujourd’hui que s'inscrit ma vie."
A moi, la Sagesse m'a donné mes pratiques. Je vais essayer ici de les relever.
Il y a la "minute héroïque" du lever dès le réveil qui est devenue très vite un réflexe simple: je bloque toute pensée dans mon cerveau et je me retrouve debout.
L'eucharistie matinale: je m'y suis rendu chaque matin depuis le début des années 90 et j'ai déjà dû changer deux fois de lieu de culte, mais même ces changements ne me suscitent plus de stress.
La délivrance du tabac remonte à 2004.
Cette année, à force de voir des jeunes se saouler en face de ma boutique, je suis en passe de ne plus jamais prendre un verre d'alcool - au début, on compte les jours, mais à présent j'ai une date: 3 novembre 2011.
La méditation quotidienne: j'ai commencé un peu avant le décès de mon père en 2007. Au début, ce fut uniquement l’Évangile du jour, mais à présent je lis et commente également les auteurs qui se retrouvent "comme par hasard" sur mon bureau.
Le Journal de Julien Green m'a beaucoup apporté sur le plan de l'écriture, mais au-delà de ses oeuvres des années 70, je n'ai plus trouvé la suite; Simone Weil est apparue ensuite; j'ai lu de nouveau les œuvres les plus connues de Bernanos.
La semaine dernière une oeuvre de Christian Bobin est apparue sur mon bureau. Elle me concerne, bien que ma mère ne souffre pas heureusement de cela - (de cela aussi) je veux dire.
Un petit résumé ici:
"Devenir l'étranger dans les yeux et la mémoire de son père ou sa mère est une chose insupportable. Malheureusement, la maladie d'Alzheimer rend chaque jour plus réel ce cauchemar. Christian Bobin met des mots sur l'indicible et brise, avec un tact infini, le tabou de la mort et de la déchéance.
Il ne s'agit ni d'un roman, ni d'un poème, mais c'est pourtant tout cela à la fois. À travers la juxtaposition de ses réflexions, il nous raconte la maladie, l'espoir, l'acceptation, la tendresse ou la douleur : tous ces instants qui font une existence, même si l'automne arrive trop vite.
Il nous parle de son père mais aussi de cet arbre majestueux qu'il observe de sa fenêtre. L'arbre devient alors le symbole de cette vie qui s'enfuit." (*)
Nombre de petites phrases dans cet ouvrage disent mieux que je pourrais le faire ce que je vois dans la maison de repos et de soins de ma mère, dans laquelle je suis chaque jour pour deux heures - et parfois plus. Ne vous étonnez donc pas si je commence un jour à citer quelques lignes extraites de ce livre.
J'ai supprimé la télévision, ayant bien assez d'infos sur mon ordinateur en journée. J'ai d'ailleurs ma comptabilité (les trois: celle de ma mère et de ma tante, en plus de celle du magasin). Plus de télé veut dire: plus de publicités à tout bout de champs et je vous promets que cela vous nettoie bien l'esprit! D'ailleurs, je dors mieux, en consommant beaucoup moins de molécule du genre des 'benzodiazépine' !
Je vais de moins en moins au restaurant: j'y allais souvent seul - mais je buvais deux verres de vin et c'était... distrayant, sans plus. A défaut de joyeux compagnon, j'emmenais un auteur avec moi dans ma poche - avec un crayon finement taillé !
Je me suis remis à la marche pour maintenir mon dos dans le meilleur état possible - mais en réalité, ce sont les places de parking non-payantes qui m'ont conduit à reprendre mes marches-prières.
Et tous ces changements se sont installés en moins d'une année... sans hélas, que je cesse d'être pécheur - je le sens au fond de moi avec même plus d'acuité qu'avant et sans doute qu'il le fallait, n'est-ce pas, Ô Jésus ?
(*) http://www.biblioblog.fr/post/2007/09/1 ... tian-bobin