Cher Griffon : nous devons être chanceux
Cela fait 12 ans que nous nous connaissons, et bientôt 10 ans que nous sommes mariés et pour l'heure, pas une seule engueulade... Nous avons examiné dès le départ, les compétences de chacun. Il y a des tâches que nous nous partageons, d'autres qui sont affectées à l'un ou l'autre selon nos compétences respectives. Quand les enfants sont arrivés, on a aussi établi des règles de la maison pour tout le monde, afin que je n'endosse pas seule le rôle de mère maternante (les bains, le change, les faire manger, se lever la nuit quand il le faut, les sortir). On a listé aussi toutes les choses dont nous avions personnellement besoin : prière, lecture, silence, sport, art, etc afin de le répartir au mieux sur le mois et que chacun puisse respirer. Et quand l'un de nous est très fatigué, ou qu'il a des soucis, on a également établi une règle : celui qui est en peine le dit simplement et demande à l'autre soit de le laisser tranquille, soit de l'écouter, soit de le conseiller. Comme ça, on ne s'offusque pas ou on ne prend pas pour nous personnellement les humeurs de l'autre qui généralement sont dûes à un tout autre problème que la famille. Même les menus sont choisis collégialement. Nous avons une liste de ce que chacun aime ou n'aime pas (y compris les enfants) et chaque dimanche, je propose et mes hommes en face me donnent leurs commentaires (je crois que c'est le plus drôle qu'on ait mis en place dans cette famille car avant, avec l'un de mes fils qui n'aime rien, c'était coriace les repas !). En fait, quand souvent je lis dans des livres catholiques que la clef, c'est la communication, je me demande toujours comment on peut désirer se marier avec quelqu'un avec qui on ne communique pas
Etidemment, notre fonctionnement peut être modifié par les circonstances ou par les aléas divers (leucémie ou autisme de nos enfants, handicap de nos parents par exemple) mais de manière générale, on en discute aussi

Ne rien faire qui puisse blesser l'autre ou l'empêcher d'être lui-même étant la règle de base n°1.
Et on s'aperçoit que lorsque les problèmes quotidiens ne sont déjà plus une matière à frictions, il reste beaucoup de temps pour la tendresse, l'échange, l'amour, les jeux, la rigolade

En fait, beaucoup nous envient autour de nous
On ne remet pas un "pouvoir" a quiconque dans un couple... Ni à l'un, ni à l'autre. Pourtant, mon mari est, je vous l'assure, très viril et parfaitement bien dans sa peau d'homme, et je ne suis pas du tout masculine, loin de là

Finalement, nous sommes chacun soumis l'un à l'autre, et soumis aussi à nos enfants d'une certaine manière également. Mais quand on sait que personne ne fera du mal à quiconque, on peut se permettre d'être soumis
Bien sûr Griffon, forcément, je me base sur mon expérience personnelle, mais en matière de couple, comment faire autrement : je n'ai connu que cette expérience là et elle semble porter du fruit

Enfin, ça ne me semble pas contredire ce qu'écrit Jean-Paul II sur la question.
Fraternellement,
Cécile