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10 novembre : Saint Léon le Grand

Publié : lun. 10 nov. 2008, 18:15
par ami de la Miséricorde
Sermon sur les Béatitudes (P. Roguet)
La pureté du cœur et la paix.


C'est à juste titre que la béatitude de voir Dieu est promise à la pureté du cœur. En effet, un regard souillé ne pourra pas voir la splendeur de la vraie lumière et ce qui sera la joie des âmes limpides sera le châtiment des âmes boueuses. Il faut donc détourner ses yeux des vanités terrestres qui les obscurcissent et nettoyer notre œil intérieur de toute souillure d'iniquité; c'est ainsi qu'un regard paisible se rassasiera de l'incomparable vision de Dieu.
Nous avons compris que la béatitude suivante nous enseigne comment mériter cela: Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Cette béatitude, mes bien-aimés, ne vient pas d'une entente banale ou d'une concorde quelconque, mais de celle dont l'Apôtre dit: Soyez en paix avec Dieu. Et le prophète David: Grande est la paix des amis de ta loi; pour eux, plus d'obstacle.

Même une amitié très étroite, même une parfaite unité d'esprit ne peuvent véritablement prétendre à cette paix, s'il n'y a pas accord avec la volonté de Dieu. On ne peut reconnaître la dignité de cette paix à une communauté de désirs malhonnêtes, à des complicités criminelles ou à des pactes conclus pour le vice. L'amour du monde n'est pas compatible avec l'amour de Dieu, et il ne peut entrer dans la société des fils de Dieu, celui qui ne brise pas avec son origine charnelle. Mais ceux dont l'âme est toujours unie à Dieu ont à cœur de garder l'unité de l'esprit par le lien de la paix; ils ne s'écartent jamais de la loi éternelle, disant dans une prière pleine de foi: Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Les voilà, les pacifiques; les voilà, ceux qui sont unanimes dans le bien, qui ont un même cœur dans la sainteté, qui doivent être appelés éternellement fils de Dieu, héritiers avec le Christ. L'amour de Dieu et l'amour du prochain leur obtiendra de ne plus ressentir aucune opposition, de ne craindre aucun scandale ; mais, une fois terminé le combat de toutes les tentations, de se reposer dans la paix infiniment tranquille, la paix de Dieu, par notre Seigneur qui, avec le Père et l'Esprit Saint, vit et règne pour les siècles des siècles. Amen.

Source : gabriellaroma.unblog.fr

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

10 novembre Saint Léon le Grand

Publié : mer. 10 nov. 2010, 12:52
par ami de la Miséricorde
SERMON SUR LE JEÛNE DU DIXIEME MOIS ET LES COLLECTES
DE SAINT LEON LE GRAND


[…] Puisque le Seigneur a dit: " Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur de toute ton âme, et de toute ta pensée " et: " Tu aimeras ton prochain comme toi-même ", il faut que l'âme fidèle se laisse enflammer de l'Amour de son Créateur et qu'elle se soumette toute entière à la volonté de cet auguste Maître dont les actes et les jugements portent partout l'empreinte de la vérité, de la justice, de la douceur et de la clémence. Celui qui est la proie de grands chagrins et qui éprouve de grandes disgrâces, peut, dans son malheur, espérer une récompense s'il accepte ses souffrances comme des châtiments de ses fautes ou comme une épreuve de sa vertu; mais sa charité ne peut être parfaite, s'il ne l'étend jusqu'à son prochain. L'on n'entend pas seulement par ce mot ceux avec qui le sang et l'amitié nous lie, mais tous les hommes en général, puisqu'ils sont tous de la même nature que nous; tous les hommes, dis-je, nos amis comme nos ennemis, ceux qui sont libres comme ceux qui sont esclaves, nos âmes et nos corps sont tous sortis des Mains du même Créateur, nous jouissons du même ciel, nous respirons le même air, les jours et les nuits sont également partagés pour tous. quoique parmi les hommes, les uns soient bons et les autres méchants, qu'il y ait dans le monde des hommes justes et des impies, cependant les Bienfaits de Dieu se répandent sur tous; on voit partout des marques de sa Bonté, comme les apôtres Paul et Barnabé le disaient aux peuples de la Lycaonie, en leur parlant de la Providence: " Ce Dieu, dans les âges passés, a laissé toutes les nations suivre leurs propres voies, quoiqu'Il n'ait cessé de rendre témoignage de ce qu'Il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les pluies et les saisons fertiles, en vous donnant la nourriture avec abondance et en remplissant vos cœurs de joie ". La loi nouvelle, qui est répandue dans toutes les contrées de l'univers, nous a donné de plus grands motifs pour aimer notre prochain; elle ne veut pas qu'on néglige qui que ce soit, car elle ne méprise personne; elle nous ordonne même d'aimer nos ennemis et de prier pour ceux qui nous persécutent. L'Église, qui chaque jour reçoit dans son sein des hommes de toutes les nations, permet qu'on ente l'olivier sauvage sur l'olivier franc; elle se réconcilie avec ses ennemis, elle adopte les étrangers et sanctifie les pécheurs, " afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la Gloire de Dieu le Père ".

Puisque Dieu veut que nous soyons bons, parce qu'Il est bon, nous devons Lui obéir. Refuser de Lui rendre grâces de toutes choses, n'est-ce pas Le reprendre en quelque chose? La folie des hommes est si grande qu'elle ose s'élever contre le Créateur, et murmurer non seulement de la disette, mais aussi de l'abondance: si quelque chose leur manque, ils se plaignent, quand ils ont tout à souhait, ils sont ingrats. Ce riche qui avait fait une si grande récolte, loin de se réjouir de l'encombrement de ses greniers, se plaignit de l'embarras que lui causait une moisson abondante, et au lieu de remercier le Seigneur de la multiplicité de ses présents, il les méprisa comme inutiles. Mais si la terre est avare, si les grains qu'on a semés ne se multiplient pas avec excès, si les vignes et les oliviers ne sont point chargés de fruits, on se plaint de la stérilité de l'année, on accuse les éléments, on murmure contre la malignité de l'air, contre les mauvaises influences du ciel; quoique les fidèles qui sont les disciples de la vérité doivent faire preuve de soumission et rendre au Seigneur de continuelles actions de grâces " Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus Christ ". Comment pourrions-nous avoir cette soumission d'esprit si l'inconstance des choses humaines n'éprouvait notre constance? Nous devons placer en Dieu toutes nos affections, de telle sorte que les malheurs n'abattent point notre courage, et que les prospérités ne nous inspirent point d'orgueil. Tout ce qui plaît à Dieu doit nous plaire, et nous devons nous réjouir de ses Dons, quels qu'ils soient; recevoir avec reconnaissance les petits comme les grands, car on peut en faire aussi bon usage, et Il veille sur nous dans la disette comme dans l'abondance. Dans notre pauvreté des biens de la terre, ne craignons point de manquer des bénéfices spirituels si notre âme est généreuse; car on peut trouver dans la fécondité de son cœur ce que la terre refuse, et l'homme libéral et de bonne volonté trouve toujours de quoi donner. Quelque récolte que l'on fasse, il faut que les œuvres de piété se pratiquent avec le même zèle, et que la disette des choses temporelles ne tarisse point la source de la charité chrétienne. Dieu sut bien remplir les vases vides de la veuve pour la récompenser de son hospitalité, Il sut bien changer l'eau en vin, et nourrir avec quelques pains cinq mille hommes qui mouraient de faim); Il pourra sans peine, Lui qu'on nourrit en nourrissant les pauvres, et qui a multiplié ce qu'Il avait donné, multiplier vos biens quand vous Lui en donnerez une partie. […]

Source : clerus.org

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

10 novembre Saint Léon le Grand

Publié : jeu. 10 nov. 2011, 10:05
par ami de la Miséricorde
Le Christ aime l’Enfance

"Lorsque les trois mages eurent été conduits par l'éclat d'une nouvelle étoile pour venir adorer Jésus, ils ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter des morts de rendre la vue aux aveugles, ou la marche aux boiteux, ou la paroles aux muets, ni d'accomplir quelque acte relevant de la puissance divine ; non, ils virent un enfant gardant le silence, tranquille, confié aux soins de sa mère ; en lui n'apparaissait aucun signe de son pouvoir, mais il offrait à la vue un grand prodige, son humilité. Aussi le spectacle même de ce saint enfant auquel Dieu, Fils de Dieu, s'était uni, présentait aux regards un enseignement qui devait plus tard être proclamé aux oreilles, et ce que ne proférait pas encore le son de sa voix, le simple fait de le voir faisait déjà qu'il l'enseignait. Toute la victoire du Sauveur, en effet, victoire qui a subjugué le diable et le monde, a commencé par l'humilité et a été consommée par l'humilité. Il a inauguré dans la persécution ses jours prédestinés, et les a terminés dans la persécution ; à l'enfant n'a pas manqué la souffrance, et à celui qui était appelé à souffrir n'a pas manqué la douceur de l'enfance ; car le fils unique de Dieu a accepté par un unique abaissement de sa majesté, et de naître volontairement homme et de pouvoir être tué par les hommes.

Si donc, par le privilège de son humilité, le Dieu tout-puissant a rendu bonne notre cause si mauvaise, et s'il a détruit la mort et l'auteur de la mort, en ne rejetant pas tout ce que lui faisaient souffrir ses persécuteurs, mais en supportant avec une suprême douceur et par obéissance à son Père les cruautés de ceux qui s'acharnaient contre lui ; combien ne devons-nous pas nous-mêmes être humbles, combien patients, puisque, s'il nous arrive quelque épreuve, nous ne la subissons jamais sans l'avoir méritée ! Qui se fera gloire d'avoir le cœur chaste ou d'être pur du péché ? Et, comme le dit saint Jean : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous abusons, et la vérité n'est pas en nous.» Qui se trouvera si indemne de fautes qu'il n'ait rien en lui que la justice puisse lui reprocher, ou que la miséricorde doive lui pardonner ? Aussi toute la pratique de la sagesse chrétienne, bien-aimés, ne consiste ni dans l'abondance des paroles, ni dans l'habileté à disputer, ni dans l'appétit de louange et de gloire, mais dans la sincère et volontaire humilité que le Seigneur Jésus-Christ a choisie et enseignée en guise de toute force, depuis le sein de sa mère jusqu'au supplice de la croix. Car un jour que ses disciples recherchaient entre eux, comme le raconte l'évangéliste, « qui, parmi eux, était le plus grand dans le Royaume des cieux, il appela un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit : En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme cet enfant-là, voilà qui sera le plus grand dans le Royaume des Cieux.» Le Christ aime l'enfance qu'il a d'abord vécue et dans son âme et dans son corps. Le Christ aime l'enfance, maîtresse d'humilité, règle d'innocence, modèle de douceur. Le Christ aime l'enfance, vers elle il oriente la manière d'agir des aînés, vers elle il ramène les vieillards ; il attire à son propre exemple ceux qu'il élève au royaume éternel."

Saint Léon le Grand, Sermons : VII pour l’Epiphanie, 2 – 3.

Source : vatican.va

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ami de la Miséricorde

Re: 10 novembre Saint Léon le Grand

Publié : sam. 10 nov. 2012, 10:28
par ami de la Miséricorde
SERMON SUR LA PASSION DU SEIGNEUR

Nous célébrons, bien-aimés, cette fête tant désirée, que l'univers entier voit toujours venir avec joie, la fête de la Passion du Seigneur. Dans les transports de notre allégresse, il ne nous est pas permis de garder le silence, et quoiqu'il soit difFIcile de parler souvent et d'une manière convenable de la même solennité, il est du devoir d'un pontife, dans cette grande circonstance, de faire entendre à son peuple les accents de sa voix paternelle. Cet admirable sacrement de la Miséricorde divine est un sujet intarissable, et on ne saurait jamais l'épuiser, parce qu'on ne saurait jamais en dire assez. Que notre faiblesse succombe donc sous le poids de la Gloire du Seigneur, et que les paroles nous manquent pour expliquer les oeuvres de sa Miséricorde. Que notre intelligence soit trop faible, notre esprit trop borné, notre éloquence insufFIsante, il est avantageux pour nous de ne pouvoir comprendre dans toute sa grandeur la majesté de Dieu. Le Prophète a dit: " Cherchez le Seigneur et Il vous fortiFIera, cherchez continuellement sa Face " (Ps 104,4), car personne ne doit avoir la présomption de croire qu'il a parfaitement approfondi ce qu'il tâche de connaître, de peur qu'il ne cesse d'approcher de la vérité en cessant de la chercher. Mais entre tous les actes de la divinité qui sont l'objet de notre admiration, en est-il un qui soit plus au-dessus des forces de notre intelligence que le mystère de la Passion et qui mérite davantage nos réflexions? Toutes les fois que nous pensons, selon notre faiblesse, à la Puissance de Jésus Christ, qui est égale à celle de son Père, puisque son essence est la même, son Humilité nous paraît bien plus admirable que sa Toute- Puissance elle-même, et il est bien plus difficile de comprendre l'abaissement de la Majesté divine, que l'élévation de la Nature humaine. Mais ce qui nous facilite l'intelligence de ce mystère, c'est que, bien que le Créateur soit bien différent de la créature, et la Divinité impassible de la chair soumise à la souffrance, cependant les propriétés des deux natures sont réunies en une seule Personne, et les faiblesses et la toute-puissance, les humiliations et la gloire sont le propre de cette personne.

Telle est, bien-aimés, la règle de notre foi que nous avons tirée du Symbole et qui est fondée sur l'autorité de l'institution apostolique: nous confessons que notre Seigneur Jésus Christ, Fils unique de Dieu, le Père tout-puissant, est né de la vierge Marie et du saint Esprit; et nous n'avons point de sentiments contraires à sa Majesté, lorsque nous disons qu'Il a été crucifié, qu'Il est mort sur la croix et qu'Il est ressuscité le troisième jour. L'humanité et la divinité, unies ensemble, ont agi toutes deux d'une manière propre à leur nature; le passible est joint à l'impassible, sans que la faiblesse de l'une fasse tort à la puissance de l'autre, et sans que cette même faiblesse de la nature humaine soit indigne de la Majesté divine. C'est avec justice que saint Pierre a été loué d'avoir compris et confessé cette unité: lorsque le Sauveur du monde demanda ce que les disciples pensent de sa Personne, il répondit aussitôt sans hésiter: " Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant " (Mt 16,16). Ce n'est point la chair et le sang qui lui ont révélé cette vérité; au contraire, ils ne pouvaient que mettre obstacle aux connaissances intérieures; c'est l'Esprit de Dieu qui agissait dans le coeur de saint Pierre,S pour qu'il apprenne d'abord ce qu'il devra enseigner et qu'il entende, pour la confirmation de la foi qu'il devra prêcher: " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle " (Mt 16,18). La foi chrétienne qui est fondée sur une pierre inébranlable et qui ne redoute point les portes de la mort, confesse dans sa puissance que Jésus Christ est vrai Dieu et vrai homme; qu'Il est FIls de la vierge Marie et qu'Il est le Créateur de sa mère; que Lui, Maître du temps, est né dans le temps, que Lui, le Seigneur de toutes les Vertus célestes, est cependant de la race des mortels et que Lui-même ignorant le péché, a été immolé pour les pécheurs dans une chair semblable à celle du péché.

Pour briser les fers du genre humain, qui était esclave depuis sa prévarication fatale, Jésus Christ a caché sa Puissance et sa Majesté au démon, et ne S'est présenté à lui qu'avec nos faiblesses et nos imperfections. Si cet ennemi cruel et superbe eût pu pénétrer la Sagesse de la divine Miséricorde, il se serait plutôt appliqué à adoucir et à calmer l'esprit des Juifs, qu'à leur inspirer une haine injuste, de crainte de perdre ses nombreux esclaves en voulant attaquer la liberté de Celui qui ne lui devait rien. Sa propre ruse l'a trompé: il a fait condamner le Fils de Dieu au supplice qui a régénéré tous les enfants des hommes; il a versé le sang innocent, qui a été le prix de la réconciliation du monde et qui a servi de breuvage salutaire à l'humanité. Le Sauveur a souffert le genre de mort qu'Il avait choisi Lui- même. Il a permis que des hommes furieux portassent sur Lui leurs mains impies et concourussent ainsi par leur crime même à l'accomplissement de ses projets. Et sa Bonté pour ses bourreaux fut si grande, que du haut de la croix Il priait son Père de ne point Le venger et de leur pardonner sa mort. Il disait: " Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font " (Lc 23,34). L'efficacité de cette prière fut telle qu'un seul sermon de saint Pierre convertit à la pénitence un grand nombre de ces mêmes hommes qui venaient de crier: " Que son Sang retombe sur nous et sur nos enfants ! " (Mt 27,25), et on baptisa dans un seul jour près de trois mille Juifs (Ac 2,41), et ils n'avaient tous qu'un même coeur et qu'une même âme (Ac 4,32); ils étaient tous prêts à mourir pour Celui dont ils avaient demandé le supplice à grands cris. Le traître Judas ne put participer à cette grâce, parce qu'il était le fils de la perdition et que le démon s'était emparé de lui; il s'abandonna à son désespoir avant que le Sauveur eût accompli le sacrement de la rédemption de tous les hommes. Comme le Seigneur est mort pour tous les impies, Il aurait peut-être trouvé remède à ses crimes s'il ne s'était hâté à s'étrangler lui-même. Ce coeur rempli de fiel, adonné au vol et au mensonge et rempli de l'idée de son parricide, n'avait jamais réfléchi aux maximes de son Maître ni à la Grâce dont Il parlait si souvent; il ne se souvenait plus de ces paroles du Sauveur: " Car Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs " (Mt 9,13), et " le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu " (Lc 19,10). Judas ne s'était point fait une idée véritable de la Clémence de Jésus Christ, qui, non content de guérir les impuretés du corps, cicatrisait aussi les blessures des âmes faibles, comme on peut le voir par les paroles qu'Il adressa au paralytique: " Prends courage, mon enfant, tes péchés te sont pardonnés " (Mt 9,2), ou par ce qu'Il dit à la femme adultère qu'on Lui amena: " Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus " (Jn 8,11). Jésus Christ prouvait par toutes ses actions qu'Il était venu sur la terre pour être le Sauveur du monde et non son Juge. Le traître Judas ne comprit point ces vérités; il porta sur lui-même ses mains criminelles, et ce ne fut point par un sentiment de repentir, mais avec la fureur d'un homme qui veut mourir: après avoir vendu l'Auteur de la vie à ses meurtriers, il mit le comble à sa damnation en terminant sa vie par un crime.

Ce que les faux témoins, ce que les cruels princes du peuple, ce que les prêtres impies de Jérusalem ont osé faire contre la Personne de Jésus Christ, grâce à la lâcheté du juge et avec le secours d'une populace ignorante, doit être détesté dans tous les siècles et pourtant il fallait qu'il en fût ainsi. Autant le supplice de Jésus Christ était cruel dans l'esprit des Juifs, autant il est admirable par la vertu du Crucifié. Le peuple déploie sa fureur contre un seul Homme, et Jésus Christ a compassion de tous les hommes. Il permet à la cruauté de Le faire souffrir, et cette licence du crime sert à l'accomplissement de la Volonté éternelle. Ainsi, les fidèles doivent considérer les choses qui se sont passées à la mort du Fils de Dieu et que l'Évangile nous a apprises, non seulement comme des mystères opérés pour la rédemption des pécheurs, mais encore comme des exemples de justice qui nous sont proposés. Pour examiner cette proposition avec soin, nous la développerons mercredi: j'espère que nous serons secondé par la Grâce de Dieu et que nous pourrons nous acquitter de nos promesses par le secours de vos prières et par la protection de notre Seigneur Jésus Christ, qui vit et règne avec le Père et le saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

Source : clerus.org

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Re: 10 novembre : Saint Léon le Grand

Publié : dim. 10 nov. 2013, 14:04
par ami de la Miséricorde
Le Verbe fait chair

"La petitesse a été assumée par la majesté, la faiblesse par la force, l'asservissement à la mort par l'immortalité; et pour payer la dette de notre condition humaine, la nature inaltérable s'est unie à la nature exposée à la souffrance. C'est ainsi que, pour mieux nous guérir, le seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus Christ devait, d'un côté, pouvoir mourir et, de l'autre, ne pas pouvoir mourir.

C'est donc dans la nature intégrale et complète d'un vrai homme que le vrai Dieu est né, tout entier dans ce qui lui appartient, tout entier dans ce qui nous appartient. Par là nous entendons ce que le Créateur nous a donné au commencement et qu'il a assumé pour le rénover.

Car les défauts que le démon trompeur a introduits dans l'homme, et que l'homme trompé a Contractés n'ont aucunement marqué le Sauveur. Aussi, bien qu'il ait accepté de partager les faiblesses humaines, n'a-t-il pas participé à nos fautes.

Il a pris la condition de l'esclave sans la souillure du péché; il a rehaussé l'humanité sans abaisser la divinitê. Par son anéantissement, lui qui était invisible s'est rendu visible, le Créateur et Seigneur de toutes choses a voulu être un mortel parmi les autres. Mais ce fut là une condescendance de sa miséricorde, non une défaite de sa puissance. Par conséquent, lui qui a fait l'homme en demeurant dans la condition de Dieu, c'est encore lui qui s'est fait homme en adoptant la condition d'esclave.

Le Fils de Dieu entre donc dans la basse région du monde qui est la nôtre, en descendant du séjour céleste sans quitter la gloire de son Père ; il est engendré selon un ordre nouveau et par une naissance nouvelle.

Selon un ordre nouveau: étant invisible par lui-même, il est devenu visible en se faisant l'un de nous; dépassant toute limite, il a voulu être limité; existant avant la création du temps, il a commencé à exister temporellement; le Seigneur de l'univers a adopté la condition d'esclave en plongeant dans l'ombre la grandeur infinie de sa majesté; le Dieu inaccessible à la souffrance n'a pas dédaigné d'être un homme capable de souffrir, et lui qui est immortel, de se soumettre aux lois de la mort.

En effet, le même qui est vrai Dieu est aussi vrai homme, et il n'y a aucun mensonge dans cette unité, puisque la bassesse de l'homme et la hauteur de la divinité se sont unies dans cet échange.

De même que Dieu n'est pas altéré par sa miséricorde, dc même l'homme n'est pas anéanti par sa dignité. Chacune des deux natures agit en communion avec l'autre, mais selon ce qui lui est propre : le Verbe opère ce qui appartient au Verbe, et la chair exécute ce qui appartient à la chair.

L'un brille par ses miracles, l'autre succombe aux outrages. Et de même que le Verbe ne perd pas son égalité avec la gloire du Père, de même la chair ne déserte pas la nature de notre race humaine.

C'est un seul et même être, il faut le dire souvent, vraiment Fils de Dieu et vraiment fils d'homme. Dieu par le fait que au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Homme par le fait que le Verbe s'est fait chair et a établi sa demeure parmi nous."

Lettre de St Léon le Grand à Flavien

Prière

Notre Père, Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie; puisque nous reconnaissons en lui notre Rédempteur, à la fois homme et Dieu, accorde-nous d'être participants de sa nature divine. Lui qui règne.

Source : Vatican.va

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde