Isabelle47 a écrit :Si l'orientation de l'église n'est pas respectée, quelle est serait l'importance? la conséquence?
Je découvre (à un âge adulte) l'importance du symbolisme de la liturgie.
Quel dommage que ce symbolisme ne nous soit pas enseigné (ou du moins suggéré) dans l'éducation catholique (catéchisme)!
Est-ce par crainte d'une quelconque distraction?
Est-ce dans le but de se concentrer sur l'essentiel?
Mais justement le très riche symbolisme de la liturgie catholique n'en fait-elle pas partie?
Ou bien a-t-elle été oubliée (peut-être comme l'ont si bien fait les réformés)?
Serions-nous devenus trop cartésiens pour y être sensibles?
Oui, ce symbolisme a été largement oublié, et si on ne nous l'enseigne pas, c'est que les enseignants n'en ont plus la moindre idée eux-mêmes!
Le problème ne date pas d'hier, puisque vous parlez de l'orientation des églises, elle a été perdue vers la fin du Moyen-Age... De même les commentaires médiévaux sur la liturgie (Durand de Mende, etc...) n'ont guère eu de successeurs aux époques postérieures, jusqu'à ce que le mouvement liturgique du XIXe Siècle commence à le redécouvrir peu à peu. Je dirais d'ailleurs que la grande qualité de l'ancien missel romain, dit de "St Pie V", c'est qu'il a été, pour l'essentiel, figé à cette époque, de sorte qu'il transmet l'état de la liturgie latine à la fin du Moyen-Age, sans avoir subi avant le XXe Siècle (à part quelques formulaires de fêtes) d'altérations liées à une mentalité très rationaliste et juridique, qui a complètement perdu de vue le sens liturgique.
Je reviens sur votre question de départ:
Si l'orientation de l'église n'est pas respectée, quelle est serait l'importance? la conséquence?
Vous parlez bien de l'orientation des églises et pas simplement de l'autel. Sur ce dernier point, on mesure assez facilement, maintenant, les conséquences du retournement des autels dans les années 50-60: au lieu de se tourner, collectivement, vers Dieu, la liturgie tend à devenir une auto-célébration d'une assemblée refermée sur elle-même. Lire tout ce qu'a écrit notre Pape actuel à ce sujet.
L'orientation des églises vers l'Orient géographique, à côté, semble plus distante et moins importante. L'homme moderne n'identifie plus Dieu à une direction particulière, surtout depuis Galilée (mais il est intéressant de constater que la perte de l'orientation semble précéder la révolution copernicienne et non la suivre...).
Pourtant les rites orientaux ont conservé l'orientation rituelle, et ce qui était pratiqué universellement à l'époque apostolique devrait être la norme, même si on ne la comprend plus. Pour quels motifs les Pères priaient-ils vers l'Orient? Outre le symbolisme bien connu de la lumière (le Christ est le soleil levant, "nous devons prier de ce côté qui est le symbole de l'âme regardant vers le lever de la véritable Lumière" comme le dit Origène, St Thomas d'Aquin expose 4 raisons de prier vers l'Orient, 2 liées à ce symbolisme (la course du soleil manifetste la majesté de Dieu, le Christ est la Lumière du monde), les 2 autres sont le fait que "le Paradis terrestre a existé en Orient et nous cherchons à y retourner". Enfin, la 4e est que le Christ viendra de l'Orient au dernier jour.
Voilà encore 2 notions qui nous semblent "dépassées", le Paradis terrestre que nous classons si facilement comme un mythe parce que nous ne savons pas le trouver (mais justement, il est inaccessible depuis la Chute), et la Parousie à laquelle nous ne pensons plus.
Ces 2 points m'amènent personnellement à un 3e: la liturgie terrestre est la transposition de la liturgie céleste, celle que nous décrit l'Apocalypse. Elle doit donc s'efforcer de lui ressembler autant que possible. Si l'on s'éloigne des normes de la liturgie apostolique, jusqu'à quand peut-on prétendre ressembler à la liturgie céleste, et jusqu'à quand participe-t-on effectivement à l'unique Sacrifice qui est accompli dans cette liturgie, Sacrifice qui est censé être "la source et le sommet de la vie chrétienne" (Sacrosanctum Concilium)?
Une fois coupés de la source, pouvons-nous être vraiment chrétiens, mener une vie chrétienne?
In Xto,
archi.