Métazét a écrit :
Il me semble qu'il y a un problème avec votre analogie.
Il n'y a aucun problème avec cette analogie dans la mesure où nous savons que nous pouvons parler de Dieu seulement dans un langage humain...par des analogies parfois bien lointaines de ce que doit être la beauté, le beau, le bon, le transcendant en Dieu. Il faut savoir seulement les transposer ces images par nos facultés qui nous sont données pour "voir" Dieu : intelligence, imagination, volonté, affectivité, mémoire...la foi n'est pas contraire à la raison : l'une ne va pas sans l'autre. La raison éclairée par la foi, ce qui suppose d'accueillir une part du mystère - qui ne veut pas dire rester dans un black out "c'est un mystère" - mais plutôt de le laisser se découvrir à nous.
Dans un couple humain :
- La question de l'existence de l'autre ne se pose pas. On peut voir, toucher, entendre, sentir, etc. cet autre.
Ben...dans la foi catholique aussi ! Bonne Nouvelle non ?

On peut toucher, voir, entendre, goûter Dieu depuis qu'Il s'est fait chair, depuis qu'Il s'est fait Pain pour notre vie. Vous croyez que je rigole ? Pas du tout ! Dans sa Sainte Humanité, en Jésus, Dieu marche avec nous, Dieu nous touche et nous bénit de ses mains, Dieu nous parle par une bouche humaine, Dieu nous voit par des yeux humains, Dieu nous entend, Dieu nous écoute, Dieu nous étreint...Dieu nous aime... et ça, c'est une lointaine analogie avec ce qui se vit humainement dans un couple de ce qui nous sera donné en plénitude.
On peut aussi lui parler, le caresser, etc.
On peut Lui parler et Il nous écoute...toujours... Il nous caresse comme une mère tient son petit enfant contre sa joue (Osée 11, 1-9). Il nous étreint du haut de la Croix. Comme disait Benoît XVI (en substance) :
la Croix est comme le baiser de Dieu sur nos souffrances, comme une maman vient embrasser les blessures de son enfant.
Dans le cas de Dieu, ce n'est pas la même chose : on ne peut pas (à ma connaissance) voir, toucher, entendre, sentir, etc. Dieu.
Ça n'est pas une question de connaissance...mais une question de co-naissance...
Peut-être peut-on le ressentir en soi-même, mais en ce cas, comment savoir que c'est Dieu que l'on ressent, cette expérience n'étant pas communicable ?
L'expérience de Dieu n'est pas un ressentis par les sens. Lorsque la Charité (au sens agapè) nous habite, nous faisons concrètement l'expérience de la présence de Dieu. Cela se transmet par une simple joie, une paix, un sentiment d'être vivant.
On peut peut-être parler à Dieu, mais comment savoir s'il écoute ?
Dieu qui a formé l'oreille serait-Il sourd ? Il faut peut-être Lui adresser la Parole pour savoir...mais Il faut savoir que si on ne s'adresse pas à Lui mais à une idole de lui, il y a de fortes chances qu'il ne réponde pas...comme Baal ne répondait pas au peuple idolâtre.
Or c'est d'abord cette existence qu'il convient d'établir, avant de passer à l'étape 2 : accorder sa confiance (car vous conviendrez sans peine, je l'espère, que cela n'a pas de sens d'accorder sa confiance à un personnage fictif...)
D'abord, supposer qu'Il n'est qu'un "personnage fictif" ne mènera pas à grand chose. C'est déjà pas très invitant pour Lui de se faire "voir". C'est la liberté qui entre en jeu : Dieu ne force pas sa présence sur personne.
Cherchez le Seigneur de tout votre coeur car il se laisse trouver pour ceux qui ne veulent pas le mettre à l'épreuve. Si vous ne voulez pas qu'il existe pour vous, Il n'existera pas pour vous ! Mais cela ne veut pas dire qu'Il n'existe pas ! Cette réaction psychologique a toujours quelque chose à voir avec une absence, virtuelle ou réelle, du père (biologique) toutefois...
- Ensuite, la confiance n'est pas non plus aveugle.
Il ne nous est pas demandé d'être aveugle mais d'avoir une foi intelligente...par ailleurs, il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour aimer...et se laisser aimer. Il suffit d'aimer...c'est tout. la confiance grandit avec l'amour.
C'est parce que l'autre nous a montré qu'il était digne de confiance que nous lui accordons notre confiance.
Allez Dieu ! Prouve-moi que tu es digne de confiance et je croirai en toi ! Allez ! Fais tes preuves ! La confiance suppose un risque : c'est le risque de l'amour...c'est vertigineux mais c'est bon !
Peut-être que parmi les choses bien qui me sont arrivées dans la vie, certaines étaient dûes à Dieu. Mais comment les distinguer de celles qui ont une autre cause ? Si Dieu ne se fait pas connaître lorsqu'il fait quelque chose, alors je ne peux pas savoir que c'est lui.
Tout est par Lui, tout est pour Lui tout est en Lui...Ceci dit... est-ce que vous pouvez ajouter une seule coudée à votre vie ? Faire pousser un seul cheveu de votre tête ? Tirez-vous votre existence de vous-même ?
Par conséquent, je n'ai aucune raison de penser qu'il s'occupe de moi (à supposer qu'il existe).
Aucune raison, c'est dommage...et pourtant, Il vous porte dans l'existence à chaque instant par une Parole d'amour qui vous fait exister...
J'espère que vous ne doutez quand même pas de mon ouverture d'esprit.
En êtes-vous sûr ? Qu'est-ce qui vous fait penser cela ? Personnellement, je serais tenté d'expliquer cela en partie par un contexte familial, une sensibilité exacerbé, un contexte social, etc. (Le "etc." a son importance : je pense qu'il y a des causes multiples et qui s'entrecroisent, ainsi, sans doute, qu'une part d'inconnu qui reste à découvrir). Pour prendre un autre exemple : avoir une quinte flush au poker est sans doute un événement remarquable et rare. Toutefois, je n'explique pas cela par l'intervention du Saint Esprit, même si les causes précises qui ont permis l'obtention de cette main me sont inaccessibles.
Et comment sait-on que l'on est ouvert ? Quelle est votre définition de "ouvert" ? D'après moi, on est ouvert d'esprit à partir du moment où on a l'humilité de reconnaître que l'on peut se tromper, la volonté de confronter ses idées et de les remettre en question, la curiosité de découvrir de nouvelles choses, de nouvelles personnes, de nouvelles perspectives, etc. D'après cette définition, il me semble que je suis donc quelqu'un d'ouvert. Qu'en pensez-vous ? Pourtant, je ne ressent pas le Saint Esprit.
Vous confondez "ouverture d'esprit" avec ouverture à l'Esprit Saint. Ce n'est pas une ouverture d'esprit (avec toutes les définitions que ce mot suppose de nos jours) qu'il faut pour être croyant mais une ouverture du coeur à l'accueil de l'Esprit Saint : le seul qui puisse vous éclairer sur Dieu, Jésus, le Père...le mystère de la Rédemption. Pas d'Esprit Saint, pas de mystère révélé...c'est comme ça. Ça prend juste un minimum d'humilité et d'acceptation que ce mystère vous est offert par un Autre que vous...
Bien cordialement aussi,
Hélène