Page 1 sur 2

Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : mer. 05 oct. 2011, 16:44
par Isabelle47
Mentir, dissimuler ou parodier la vérité est un péché grave.
Mais qu'en est-il lorsque ce mensonge s'adresse à soi-même : confusion, illusion, manque de jugement clair, refus de voir la réalité en face, par exemple, à propos d'une situation, d'une personne, de soi-même?
D'autre part, quelle est la gravité de la faute lorsqu'on se rend complice passif d'un menteur en faisant semblant de le croire, par exemple ou en ne dénonçant pas ses mensonges par lâcheté, indifférence ou en essayant de l' excuser sous de fallacieuses raisons?

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : mer. 05 oct. 2011, 17:14
par Griffon
Bonjour Isabelle,

Votre question est délicate, car les applications en son multiples.
Un exemple serait bcp plus parlant.

1) Se mentir à soi-même, refuser de voir la vérité ou même de se renseigner
Il faut voir jusqu'où va la conscience que peut en avoir l'auteur.
Souvent on dit de qq'un qu'il se ment à lui-même, mais lui-même n'en a aucune conscience.

Or, Jésus nous apprend que c'est l'intention qui donne à l'acte sa valeur.

Mais en poussant le raisonnement, si je sais que Paul est malade et que je veux lui donner à boire, si on me préviens qu'il ne peut pas boire, je ne peux pas me contenter de lever les épaules.
Il y a bien un devoir de chercher si c'est juste.
Et donc, oui... les hommes préfèrent souvent ne pas savoir.
Et là... il peut y avoir une faute.

2) la complicité avec un menteur
Je vais encore prendre un exemple. Marquant je pense.
Judas quitte la scène pour rejoindre les juifs qui doivent prendre Jésus.
Jésus le sait bien. Mais il cache la chose...

En réalité, c'est tout à fait moral de ne pas dire toute la vérité, et pareillement, de supporter le mensonge des autres.

La complicité interviendrait si on en tire avantage.
Mais là encore, on peut se trouver entre 2 maux :
- dire le mensonge, ce qui peut faire du mal
- ne pas le dire, et se rendre complice.
L'Eglise nous apprend qu'il faut prendre le moindre mal.

Pour vous guider dans les situations, le mieux est de prendre l'intention, et de vérifier qu'elle va dans le sens de l'amour.
Au point même que le mensonge puisse devenir un moindre mal, et donc hors péché.
Nous, en tant que disciple de la Vérité, lorsque nous sommes confrontés au problème, nous devons toujours nous efforcer de trouver une affirmation qui, sans être un mensonge, ne découvre pas la vérité.

Cordialement,

Griffon.

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : mer. 05 oct. 2011, 18:40
par Isabelle47
Je vous remercie, Griffon, de votre réponse.

Je comprends très bien que nous avons la responsabilité de nous renseigner et que l'intention compte plus que le fait même.

Pour ce qui est de la complicité (qui est souvent liée au fait précédent, c'est à dire la conséquence d'un aveuglement) je suis encore dans la confusion.
Je prends l'exemple concret d'une femme qui sait parfaitement que son mari agit contre la morale (dans ses affaires ou d'autres situations de sa vie) mais qui ne dit rien, soit par loyauté envers son mari (mais là encore se pose la question du bien fondé de la loyauté envers quelqu'un de malhonnête) soit parce qu'elle sait que si elle dénonce son conjoint, toute la famille va exploser.
Dans ce cas, cette femme se rend coupable de mensonge et de dissimulation mais quel est le degré de sa culpabilité (ou péché)?

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : mer. 05 oct. 2011, 19:06
par Griffon
OK Isabelle,

Le cas que vous donnez est typique du moindre mal :
- complice du mensonge ou...
- se désolidariser de son mari

Là encore, on pourrait discuter de ce qui est couvert par le mensonge.
Mais surtout si cela concerne le futur ou le passé.
(Exemple : dénoncer pour éviter la mort de qq'un.)

La règle de base est celle-ci : ce n'est pas à l'épouse de dénoncer son mari.

Il vaut mieux pour elle en appeler à Jésus pour qu'il mette la paix et la justice dans sa vie.
Si elle est chrétienne (et on peut penser qu'elle l'est pour se poser un tel problème de morale),
elle peut faire confiance au Seigneur pour agir.
Je lui conseillerais aussi des actes de pénitence de réparation.
Qu'elle pourrait d'ailleurs accomplir au vu et au su de son mari en lui en donnant les raisons.
Et tenter ainsi de participer à sa conversion en le faisant aussi réfléchir.

Donc, je pense qu'il y a toute une panoplie d'actions intermédiaires, plus humbles, mais qui s'appuient sur l'assistance de Dieu.
En fait, je me méfie des grandes actions démonstratives qui... cassent tout.
Elles sont souvent de mauvais conseil.

J'espère avoir pu vous éclairer.
N'hésitez pas à proposer de prier Jésus.
Même si Jésus ne semble pas répondre, il apporte les conseils à travers des frères.

Cordialement,

Griffon.

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : jeu. 06 oct. 2011, 0:51
par Isabelle47
Je vous remercie de la patience que vous avez eue à me répondre.
Cordialement,
Isabelle

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : sam. 08 oct. 2011, 13:09
par Isabelle47
Désolée de revenir sur la question qui,comme vous l'aurez compris, me concerne particulièrement.
J'ai réfléchi à vos réponses; dans un premier temps, elles m'ont consolée mais, par la suite, m'ont laissée un peu dubitative.
Ce n'est certes pas le rôle d'une épouse de dénoncer son mari mais si elle ne fait rien pour arrêter, pour changer les choses, si elle ne tente rien, dans la possibilité de ses moyens,( je veux dire avec ses petits moyens humains) n'est-elle pas complice, même si elle a pour cela de bonnes raisons (protection de la famille, loyauté vis à vis de son mari)?

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : sam. 08 oct. 2011, 15:05
par Griffon
Bonjour Isabelle,

Effectivement, il faut faire qqch !

Je propose la prière, la pénitence et des actes de réparation.
Ce qui est loin d'être " rien " !

1) La prière
- la messe quotidienne vous assurerait de " travailler " avec le Seigneur.
( et non pas avec l'autre, le diviseur, le maître du mensonge - celui qui aspire à tout casser, et qui " tente " - justement, le mot que vous utiliser ! )
- et la prière, par exemple 1/2 heure par jour ( pour commencer )

2) la pénitence
Jesus nous a apprit qu'on pouvait porter sur nous les péchés des autres.
Mais évidemment, cela commence par les nôtres.
Car c'est facile de d'accuser son frère (ou son mari) et d'oublier son propre péché.
L'Eglise propose de jeuner le vendredi.
Vous pourriez "pousser" un peu la chose, au point de ne pas manger ce jour-là.
Ou seulement du pain.

3) des actes de réparation
Je veux dire par là un acte clair et connu du mari par lequel on montre son désaccord.
Par exemple, arrêtez de manger.
Oui, un grève de la faim.
Comme tous les actes de "guerre", cela demande une stratégie, des objectifs clairs et identifiés, une tactique,... Bref un peu de préparation si on vise l'efficacité.
Mais cela peut aboutir... c'est certain.

Mais, à vrai dire, dans un couple, j'éviterais.
En tout cas sans une assistance extérieure très compétente.

Euh...
Il est objectivement plus grave de briser un couple que de mentir.
Evidemment, il faut encore voir les circonstances, mais...
Mais il y a des choses à ne pas tenter !

Cordialement,

Griffon.

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : sam. 08 oct. 2011, 23:15
par PriereUniverselle
Vous poussez la morale à avoir une géométrie variable ! C'est aussi dangereux !

Si vous êtes au courant d'un délit, et que vous vous taisez, vous en devenez complice !

Si une personne vient à voler, et cache son forfait chez vous, vous commettez un délit de recel !

etc.....

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : dim. 09 oct. 2011, 9:41
par Griffon
PriereUniverselle a écrit :Vous poussez la morale à avoir une géométrie variable ! C'est aussi dangereux !

Si vous êtes au courant d'un délit, et que vous vous taisez, vous en devenez complice !

Si une personne vient à voler, et cache son forfait chez-vous, vous commettez un délit de recel !

etc.....
Je vous en prie, PriereUniverselle,
Je ne suis pas dans la morale à géométrie variable !
Au contraire, je parle ici en toute rigueur.
Si vous avez des objections, formulez-les clairement.
En restant aussi dans le contexte du fil.

Ainsi, le mensonge n'est pas n'importe quel délit.
Et comme exprimé, si le délit est dans le futur, en fonction de la gravité, l'épouse peut juger nécessaire de le dénoncer.

Si cela concerne le passé,... à quoi cela sert-il ?
Ah oui...! Ne pas être accusé de recel.
Est-ce cela la morale pour vous ? Qu'on ne puisse vous accuser ? Se protéger ?

Ce qui est en jeu entre un mari et une femme est bcp plus important !

Je m'abstiendrai de qualifier votre morale à vous.
Mais ne mélanger pas la morale avec la loi civile.

Bon dimanche,

Griffon.

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : dim. 09 oct. 2011, 14:58
par PriereUniverselle
Je vous demande de ne pas oublier la Loi Civile, heureusement qu'elle existe aussi ! Ceci vaut pour toutes les fraudes, malversations, crimes etc.

La morale Chrétienne comme les règles de la loi civile sont là pour être respectées. Sinon la case prison vaut de s'y retrouver, nul n'est censé ignorer la Loi !

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : dim. 09 oct. 2011, 15:22
par Griffon
On n'oublie pas...
Mais il y a un ordre dans les priorités, dans la gravité et dans les risques.

Cordialement,

Griffon.

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : dim. 09 oct. 2011, 15:47
par PriereUniverselle
Griffon a écrit :On n'oublie pas...
Mais il y a un ordre dans les priorités, dans la gravité et dans les risques.

Cordialement,

Griffon.

Jésus ne nous demande pas de couvrir les délits d'autrui , car vous en devenez complice en vous taisant ! Et que de crimes orchestrés sous ce falacieux droit de réserve pour cause maritale !......ou familiale....que d'horreurs immondes cachées dans les tiroirs des familles.....

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : dim. 09 oct. 2011, 16:02
par Griffon
PrièreUniverselle,

Je suis désolé, mais il ne s'agit pas uniquement ici de couvrir la faute d'un autre.
Vous ne pouvez pas impunément conseiller à une épouse la délation de son mari.

Vous sautez d'un argument à l'autre.
Vous manifestez ainsi combien votre réflexion est peu mure.

Prenez le temps de le prière.
Cordialement,

Griffon.

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : dim. 09 oct. 2011, 16:19
par PriereUniverselle
Griffon a écrit :PrièreUniverselle,

Je suis désolé, mais il ne s'agit pas uniquement ici de couvrir la faute d'un autre.
Vous ne pouvez pas impunément conseiller à une épouse la délation de son mari.

Vous sautez d'un argument à l'autre.
Vous manifestez ainsi combien votre réflexion est peu mure.

Prenez le temps de le prière.
Cordialement,

Griffon.

Rester dans la légalité, c'est aussi le moyen de combattre les oeuvres malveillantes et de protéger son prochain d'en devenir victime !

Re: Se mentir à soi-même/être complice d'un menteur: péchés?

Publié : lun. 10 oct. 2011, 15:04
par Théo d'Or
On ne peut pas se prononcer sans connaître la situation. Mais il semble évident que si cet acte illégal porte un préjudice grave à certaines personnes, il faut faire autre chose que l'occulter. Quitte à se cantonner dans un premier temps à un dialogue avec le mari... Évidemment, il ne faudrait pas que cette femme fasse le même type de silence que Michelle Martin (qui avait sa famille avec Dutroux) sur l'affaire que tout le monde connait... Bref, il faut peser le pour et le contre, avec des personnes extérieures et discrètes qui peuvent amener un autre angle de vue.

Je me permets de prendre la situation comme si elle était réelle et que vous en étiez témoin. Parce que, si jamais c'est le cas, vous devenez le tiers qui sait et qui se retrouve confronté aux mêmes questions que la personne citée: loyauté amicale, risque de détruire un individu ou une famille... Voire peur de se mettre en danger! C'est très compliqué. Une omerta, c'est vite créé et très difficile à lever. C'est très courant aussi, hélas... On peut même imaginer que le mari en question se mette en état d'illégalité suite à une situation d'omerta. C'est très compliqué...

Bref, le cas de figure que vous énoncez est trop vaste pour qu'on puisse raisonnablement en dire quelque chose... Je trouve...

Cordialement,

Théo d'Or

PS: Prièreuniverselle, il est évident que l'idéal est de tout dénoncer... A moins d'être dans une tour d'ivoire, vous devez savoir que les choses sont parfois infiniment compliquées. Sans trop chercher, vous pouvez facilement trouver des "lieux" où vous risquez de donner votre vie au sens propre du terme :s