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A quoi servent les bonnes sœurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 12:17
par Estel
Excusez-moi si la question vous choque (et c'est un peu le but :siffle: ), mais je refuse catégoriquement d'envisager une vocation autre que le célibat (non choisi ! ) et le mariage (s'il existe sur la planète un type assez fou pour tomber amoureux de moi :incertain: )
Ce n'est pas que je ne connaisse pas les arguments théoriques (prier pour le monde, sauver son âme, aimer plus Dieu, aider ses frères ...etc ), seulement, je n'ai jamais rencontré de religieuse avec qui j'ai envie de parler, qui ne me répulsionne pas (je sais, ce mot n'existe pas mais j'en trouve pas d'autre ...)
Une vie enfermée avec d'autres gens qu'on a pas choisis, les rancœurs, les coup bas : je connais pour avoir fréquenté une communauté de moines suffisamment longtemps pour savoir la vérité derrière les offices où tout le monde a l'air en paix :boxe:
Pour moi, c'est sans doute un cliché (mais pour l'instant l'expérience ne le contredit pas ) une sœur c'est quelqu'un de gentil, trop doux et gentil pour que ce ne soit pas hypocrite (à moins que ce soit naturel, et c'est encore pire) qui vit une vie antinaturelle en passant sa vie dans l'ombre ou si elle ne supporte pas sa supérieure, va fonder une nouvelle congrégation au nom mièvre et à rallonge… et qui cache ainsi la rancœur de ne pas avoir trouvé de mec.
D'accord, y a des saintes, je le sais, mais ce n'est pas la majorité.
Et puis, bon, les sœurs finissent
− soit mystiques avec des révélations de nouvelles prières à réciter (ce qui a le don de me taper sur les nerfs :furieux: ) et en prenant Dieu pour l'époux qu'elles n'ont pas (là si quelqu'un peut m'expliquer ce que ça veut dire parce que c'est franchement ridicule : Dieu n'a pas de femme, mystiquement ou non ! :boxe: )
− soit en se prenant pour un homme et en flanquant la pagaille dans l'Église à force de réclamer la prêtrise :bomb:
− soit médiocrement (et je préfère dans ce cas cent fois finir vieille fille, au moins il y a la liberté et des distractions autres que le film mensuel et la promenade hebdomadaire).
Si c'est pour des œuvre caritatives, les laïcs se débrouillent très bien…
Et quant à la prière, pas besoin d'être en clôture pour rencontrer Dieu !

Voilà, je vais sans doute me faire taper sur les doigts, mais c'est vraiment ce que je pense !

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 16:35
par François-Xavier
Chère Estel,

J'étais 100% d'accord avec vous. Avant de lire ça :

http://www.archive.org/stream/laviespir ... 7/mode/2up

Bien à vous.

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 17:17
par lmx
Pour moi, c'est sans doute un cliché (mais pour l'instant l'expérience ne le contredit pas ) une soeur c'est quelqu'un de gentil, trop doux et gentil pour que ce ne soit pas hypocrite (a moins que ce soit naturel, et c'est encore pire ) qui vitune vie antinaturelle en passant sa vie dans l'ombre ou si elle ne supporte pas sa supérieure, va fonder une nouvelle congrégation au nom mièvre et à rallonge ...et qui cache ainsi la rancoeur de ne pas avoir trouvé de mec .


Ne le prenez pas mal mais ayant lu plusieurs autres de vos messages j'ai l'impression que vous connaissez très mal votre religion, que vous vous contentez facilement de ce que vous entendez sans chercher à approfondir, d'où vos nombreux préjugés. Pardonnez moi, si je vous secoue un peu.

Premier point et je vais être un peu théorique. On a pas à vivre une "vie naturelle" car le naturel c'est le charnel. Quand St Paul parle du charnel qui est opposé au "spirituel", il utilise le terme "psychikos", c'est à dire naturel. Le charnel c'est celui qui est coupé de la grâce de l'Esprit, qui croit pouvoir vivre de façon autonome sans Dieu.
C'est l'homme naturel d'aujourd'hui pour qui tout n'est que nature transformable et manipulable, agrégats d'atomes.

Dans le christianisme, le naturel blessé par le pêché originel doit être parfait, guérit par la grâce. Toutefois la nature n'étant pas totalement déchue et corrompue, elle demeure toujours en quelque façon soumise à la grâce puisque Dieu demeure au coeur de toutes choses pour les maintenir hors du néant. En effet donc, vouloir vivre une vie parfaitement "naturelle" c'est vouloir vivre une vie sans grâce, sans surnaturel, complètement coupée de Dieu. Mais c'est une illusion moderne car la nature ne représente pas un ordre autonome, la grâce lui étant toujours en quelque façon présente.



"l'homme n'est vraiment homme que lorsqu'il participe à la vie divine et qu'il réalise en lui même l'image de Dieu" Jean Meyendorf

Cette citation de J. Meyendorff explique bien que le but de la vie chrétienne c'est de surmonter sa nature, de la dompter en la parfaisant avec l'aide de la grâce divine. Le processus qui consiste à être rendu participant de la nature divine, à vivre une vie surnaturelle, s'appelle la déification. Dante dans sa Divine Comédie parlait de "transhumanisation". Et un des moyens pour cela, c'est l'ascèse, la mort au monde, et c'est ce que doit rendre possible la rentrée dans les ordres : se rendre libre à l'égard de toute chose, mettre Dieu pleinement au centre de sa vie, mener une vie de prière. Il faut pouvoir dire comme St Paul, et de façon littérale, "ce n'est plus moi qui vit mais le Christ".

J'espère que vous commencez à comprendre que ces soeurs sont appelées à vivre une vie surnaturelle en totale contradiction avec la pensée moderne et athée pour qui il n'y a que la matière qui soit réelle et pour qui les instincts et les passions étant parfaitement naturels doivent être assouvis coûtes que coutes au point de réduire la vie humaine au niveau de la vie animale.
Mais, ces soeurs en menant une vie contemplative font ce qui a toujours été considéré, jusqu'à l'époque moderne, comme étant la plus haute activité humaine ; celle qui permet de s'accomplir en tant qu'être humain en ayant recours à la plus haute faculté humaine, à savoir l'esprit (le noûs chez les grecs, l'intellectus chez les latins) qui permet de transcender l'ordre naturel et d'accéder aux plus réalités.


Au final, si le but est de vivre une "vie naturelle", alors il n'y a aucun but à atteindre, aucun devenir, aucune réalisation spirituelle possible. Alors, quel est donc le but de la vie spirituelle, quel est le devenir de l'homme dans le christianisme ? Faire plaisir à un juge dans le ciel pour ne pas aller en enfer ?

_soit mystiques avec des révélations de nouvelles prières à réciter (ce qui a le don de me taper sur les nerfs :furieux: ) et en prennant Dieu pour l'époux qu'elles n'ont pas (là si quelqu'un peut m'expliquer ce que ça veut dire parce que c'est franchemnt ridicule : Dieu n'a pas de femme, mysticalement ou non ! :boxe: )
Dieu est l'époux de l'âme et le fidèle (homme ou femme) doit réaliser en son âme les qualités mariales pour pouvoir l'accueillir pleinement. De dure, opaque, ténébreuse, elle doit s'ouvrir à la grâce, être tendre et humide comme une bonne terre prête à accueillir la naissance du Christ en nous.
Ainsi Dieu devient l'époux de l'âme. Epoux au sens analogique bien sûr. C'est un mariage mystique analogique au mariage corporel (c'est à dire que celui-ci est un reflet sur le plan corporel de celui là sur le plan spirituel).
Relisez les épîtres de St Paul et vous comprendrez que de même que celui qui s'unit à Dieu devient un seul esprit avec lui, de même dans le mariage les époux devienne un seul corps. Ainsi, puisqu'il existe un "mariage" sur le plan corporel et sur le plan spirituel, elle peuvent légitimement se dire épouses de Dieu.

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 7&start=75 Si ma prose ne vous embête pas j'avais ouvert un fil pour présenter quelques aspects de mystique chrétienne qui n'a rien à avoir avec une forme de mièvrerie qui semble vous agacer.

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 18:25
par Harfang
Une vie enfermée avec d'autres gens qu'on a pas choisis, les rancoeurs, les coup bas : je connais- pour avoir fréquenté une communauté de moines suffismment longtemps pour savoir la vérité derrière les offices où tout le monde a l'air en paix :boxe:
Qu'il y ait des maisons relâchées ou en déclin, ça ne fait aucun doute, mais il ne faut pas s'arrêter à cela. Pour comprendre la vie religieuse, il faut embrasser le phénomène dans sa totalité et ne pas se cantonner à l'échantillon qu'on a connu. C'est un peu comme la Bible, tel récit vous paraîtra épouvantable si vous ne le mettez pas en rapport avec l'intégralité des Écritures. Je pense qu'il convienne plutôt d'étudier l'idéal (peut-être pas toujours réalisé), ainsi que la vie des grands saints consacrés qui, eux, découvrirent au monde ce que c'est que l'authentique vie religieuse.
Pour moi, c'est sans doute un cliché (mais pour l'instant l'expérience ne le contredit pas ) une soeur c'est quelqu'un de gentil, trop doux et gentil pour que ce ne soit pas hypocrite (a moins que ce soit naturel, et c'est encore pire ) qui vitune vie antinaturelle en passant sa vie dans l'ombre ou si elle ne supporte pas sa supérieure, va fonder une nouvelle congrégation au nom mièvre et à rallonge ...et qui cache ainsi la rancoeur de ne pas avoir trouvé de mec .
Qu'est-ce donc qu'une vie "antinaturelle" ? :incertain: Vous reprenez exactement l'argument du monde pour dévaloriser la vie consacrée. Les passions sont certes comme une seconde nature pour nous, mais enfin c'est une nature mauvaise, ennemie, rebelle, qu'il convient de réprimer sévèrement pour ne pas être englouti par elles. Rien donc de plus salutaire que de lutter contre elles par la mortification des sens. Notre vraie vocation c'est d'être unis à Dieu, en cela, la vie consacrée s'approche donc au plus près de ce pour quoi nous sommes faits.
Et puis, bon ,les soeurs finissent
_soit mystiques avec des révélations de nouvelles prières à réciter (ce qui a le don de me taper sur les nerfs :furieux: ) et en prennant Dieu pour l'époux qu'elles n'ont pas (là si quelqu'un peut m'expliquer ce que ça veut dire parce que c'est franchemnt ridicule : Dieu n'a pas de femme, mysticalement ou non ! :boxe: )


Une femme qui se marie ne donne-t-elle pas sa vie à son mari ? Une femme qui entre en vie religieuse ne se consacre-t-elle pas totalement sa vie à Dieu ? Ce n'est point abus de langage que de parler de noces mystiques : telle est la fin de la vie religieuse ; l'union avec le Christ. Un mariage chasse l'autre, sans le remplacer.
_ soit en se prennant pour un homme et en flanquant la pagaille dans l'Eglise à force de réclamer la prétrise :bomb:
Thérèse d'Avila ou Hildegarde de Bingen n'ont jamais réclamé la prêtrise !
_ soit médiocremment (et je préfère dans ce cas cent fois finir vieille fille, au moins il ya la liberté et des distractions autre que le film mensuel et la promenade hebomadaire )
Bah... la privation de distractions : est-ce seulement comme cela que vous concevez la vie religieuse ? :exclamation:


J'ai une lecture pour vous, essentielle (quoiqu'un peu compliquée) : La vita consecrata, du Pape Jean-Paul II.

Image

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 18:48
par Isabelle47
Bonsoir,
Imx, Harfang, je vous trouve trop bons d'argumenter ainsi en réponse à ce qui n'est, semble-t-il, que provocation facile. J'admire sincèrement votre patience. Pour ma part, ce genre de préjugés ressassés ad libitum ne génère que lassitude. J'en déduis que je manque d'écoute et de bienveillance (mais il faut bien admettre qu'une écoute trop bienveillante adressée à qui peut se moquer est du temps et de l'énergie perdus).
Je vous remercie de votre générosité et votre sens pédagogique. J'essaierai de prendre exemple sur vous.

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 19:26
par lmx
Estel est une jeune personne qui ne cherche pas à provoquer. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai répondu, sinon je ne me serais pas fatigué.

Mais voilà si on ne sait pas que la vocation de l'homme c'est par la grâce de Dieu de "transcender" l'ordre naturel, d'accéder à un niveau de vie proprement surnaturel (et pas antinaturel car la grâce parfait la nature et ne l'a détruit pas) alors la vie religieuse, et même la pratique religieuse dans son ensemble ne peut pas vraiment avoir de sens, sauf à la considérer comme quelque chose de purement culturel et social.

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : ven. 05 août 2011, 21:16
par Isabelle47
Je suis tout à fait d'accord avec votre raisonnement; je comprends très bien que, vu de l'extérieur et si on ne considère comme vraie que la vie terrestre et matérielle, toute vie consacrée à la religion, à la rencontre avec Dieu, bref à une transcendance, puisse apparaitre totalement absurde, d'où les interprétations mille fois entendues telles que celles reprises dans ce premier message et que j'ai lu comme une provocation mille fois entendue.
Quand je suis confrontée à ce genre de discussion, j'ai le sentiment qu'il s'agit alors d'un dialogue de sourd.
Est-ce que ma foi ne serait pas assez solide?
Je ressens une immense fatigue quand j'entends ce genre d'arguments, entendus tellement souvent et pas uniquement à propos de la vie religieuse mais aussi, de manière générale, anti-catholiqes, amalgames, confusions, le tout surfant sur des idées reçues; j'avoue que je me sens impuissante à répliquer et même que je n'en est plus envie. Ai-je tort? Que faire? Encore une fois, j'admire votre patience...

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : sam. 06 août 2011, 13:48
par Estel
@ en effet, vous avez grand mérite à répondre avec patience quelque chose de censé au tas de bétises que j'ai écrit hier !
Je ne sais pas comment supprimer un sujet sinon, je l'aurais déjà fait ...

Ma seule excuse est que je venait de passer une après midi à écouter en prenant le thé une amie de mes parents, religieuse en civil, qui n'a fait qu'énoncer des platitudes d'un air pontifiant ... mais je reconnais qu'il ya de meilleures manières de passer son énervement que d'insulter les autres représentants de sa "profession " :oops:

Ce que vous dites sur la vie surnaturelle est très vrai, mon but n'était pas de dévaloriser la vie religieuse ou consacrée (je suis parfaitement convaincue de son utilité et je ne suis vraiment pas du genre matérialiste !!!), mais seulement de remarquer qu'il ya a loin de la théorie à la réalité .. que pour ma part je n'ai jamais rencontré de religieuse que me donne envie de l'être ... et aussi que pour moi, "bonne soeur " est une insulte, dont j'ai souvent été traitée :cry:

Le seul point que je ne comprends pas dans ce que vous avez rappelé, c'est celui du mariage mystique ... le reste, je ne le vois que du point de vue purement égoïste ... en fait , j'ai tellement peur de ne pas avoir d'autre alternative que la vie religieuse que j'essaye de n'en voir que les points négatifs .

Vous allez me dire qu'il s'agit pour la vocation religieuse d'un appel et non d'une volonté personnelle ... je le sais et c'est pour ça que j'essaye de fermer mon coeur à ce genre d'appel .
Je ne veux pas ressembler à cette femme !! Ni d'ailleurs à ces saintes que vous citez en exemple . C'est trop dur d'être sainte .
lmx a écrit :Ne le prenez pas mal mais ayant lu plusieurs autres de vos messages j'ai l'impression que vous connaissez très mal votre religion, que vous vous contentez facilement de ce que vous entendez sans chercher à approfondir, d'où vos nombreux préjugés. Pardonnez moi, si je vous secoue un peu.
Ce n'est pas totalement faux ... J'ai encore des réactions très puériles et ce n'est pas facile d'accepter de devoir sans cesse se remettre en cause , de devoir réfléchir , tout remettre à plat et laisser tomber les idées trop faciles .
Vous avez bien fait de me "secouer " , sinon, je n'aurais pas réfléchir au pourquoi de ce post et j'aurais continué à écrire ce que je ne pense pas dans le fond .

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : sam. 06 août 2011, 17:01
par Harfang
.Ma seule excuse est que je venait de passer une après midi à écouter en prenant le thé une amie de mes parents, religieuse en civil...
Ah oui mais... généralement les sœurs qui ont abandonné l'habit (et la clôture) ne "collent" pas exactement aux traditions des origines et par représentent plutôt mal la vie consacrée. En ce qui me concerne, ces sœurs "laïcisées" ne me renvoient pas non plus une image très "attirante" de la vie religieuse. Pour moi une vraie religieuse porte un voile et se retranche franchement du monde laïc, même si elle doit agir dans le monde.
...et aussi que pour moi, "bonne soeur " est une insulte, dont j'ai souvent été traitée :cry:
L'expression "bonne sœur" est surtout méprisant pour les consacrées ; pour vous ça peut être un compliment. Vous ne préféreriez tout de même pas que le monde vous assimile comme son bien propre ?
j'ai tellement peur de ne pas avoir d'autre alternative que la vie religieuse que j'essaye de n'en voir que les points négatifs .
La vie religieuse n'est en aucun cas une voie de garage : jamais vous n'y tiendrez si vous l'envisagez de cette manière. Soit c'est votre vocation, soit ça ne l'est pas ; mais en tout cas ça ne peut jamais être quelque chose choisi "par défaut".
Vous allez me dire qu'il s'agit pour la vocation religieuse d'un appel et non d'une volonté personnelle ... je le sais et c'est pour ça que j'essaye de fermer mon coeur à ce genre d'appel .
En réalité c'est les deux : Dieu appelle et celui qui est appelé peut choisir, avec sa volonté, de répondre. Il ne convient pas de se braquer, ou de se fermer à telle ou telle voie, mais de dire à Dieu, comme Saint Paul : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Peut-être que Dieu vous veut là où vous n'envisagiez pas d'aller, mais qu'importe ce que vous avez prévu. Là question n'est pas tant "qu'est-ce que je veux faire?" que "où est-ce que Dieu m'appelle?", et dans la seconde question il peut y avoir des surprises...
Je ne veux pas ressembler à cette femme !! Ni d'ailleurs à ces saintes que vous citez en exemple . C'est trop dur d'être sainte .
:non: tut-tut-tut ! C'est pourtant ce à quoi vous êtes appelée dans tous les cas : «Soyez saints, parce que moi je suis Saint » (Lévitique). Alors on se retrousse les manches et on y va !

Non mais vous imaginez, Aragorn refusant de sortir de son errance en Arnor pour revendiquer le trône de ses pères à cause des difficultés entrevues ? Ou encore Frodon jeter l'Anneau dans les eaux de l'Anduin parce qu'il en aurait ras la casquette de ce voyage interminable ! :exclamation:

Ce n'est pas totalement faux ... J'ai encore des réactions très puériles et ce n'est pas facile d'accepter de devoir sans cesse se remettre en cause , de devoir réfléchir , tout remettre à plat et laisser tomber les idées trop faciles .
Vous avez bien fait de me "secouer " , sinon, je n'aurais pas réfléchir au pourquoi de ce post et j'aurais continué à écrire ce que je ne pense pas dans le fond.
Tenez ! Regardez ceci :arrow: http://fr.gloria.tv/?media=141706, à partir de 16:43.

ou ça : :arrow: http://fr.gloria.tv/?media=125904

ou encore ça : :arrow: http://fr.gloria.tv/?media=84111

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : sam. 06 août 2011, 18:10
par lmx
Bonjour Estel

je suis heureux que vous ayez bien pris ma remarque.
Le seul point que je ne comprends pas dans ce que vous avez rappelé, c'est celui du mariage mystique
Qu'est ce que vous ne comprenez pas exactement ? n'y a-t-il pas un petit préjugé sur la mystique ? n'est-ce pas le côté affectif, mièvre souvent mis en avant qui vous rebute ? Moi même, j'ai longtemps pensé que la mystique était une manifestation puérile, immature, le fait de visionnaires un peu dérangées, un phénomène anti intellectuel ne faisant appel qu'à l'affect, aux sentiments, à la subjectivité , au "coeur" (dans sa signification moderne qui est déviée et qui sert de prétexte pour se comporter n'importe comment). Mais il y a mystique et mystique, comme il y a charnel/psychique et spirituel.
La véritable mystique est quelque chose de très sérieux qui demande une grande force d'âme, une certaine "virilité" même, et c'est surtout une "science" rigoureuse qui demande une certaine connaissance doctrinale. Encore aujourd'hui, les théologiens orthodoxes ne peuvent pas concevoir une théologie qui ne traite pas de l'union à Dieu, de la déification, et des plus hauts états spirituels, en d'autres termes, d'une théologie qui ne soit pas mystique.

Pour ce qui est du mariage mystique, c'est Origène (théologien du 3e siècle) qui a vu dans le Cantique des Cantiques, le symbole de l'union mystique, où l'épouse qui dit "Je suis noire mais belle" désigne l'âme qui est pleine de pêché mais que Dieu ne cesse d'aimer au point de s'unir à elle, et de ne faire plus qu'un avec elle.
De là est née la mystique sponsale où l'union à Dieu est décrite au moyen de termes symboliques tirés de la vie de couple comme "fiançailles" et "mariage" qui est l'étape où l'âme est unit aussi parfaitement possible qu'il est possible dans cette vie à Dieu.
Ce qu'il faut noter c'est que le mariage est un état où la dualité cesse : ainsi quand l'âme s'unit à Dieu elle fusionne en Lui (sans confusion), quand les époux se marient ils ne doivent plus être qu'un seul corps. D'autre part, le mariage est un terme qui n'a pas une signification univoque, c'est à dire qui n'a qu'une seule signification, ainsi père peut désigner tout aussi bien le père biologique que le Père céleste et dans ce cas il y a analogie, c'est à dire une certaine ressemblance entre la paternité biologique et la paternité divine qui est plus réelle que l'autre qui n'en est qu'une image sur le plan corporel.
Si vous avez d'autres question sur ce sujet , je peux essayer de développer plus à fond.
mais seulement de remarquer qu'il ya a loin de la théorie à la réalité
Les choses sont souvent ainsi. Il y a toujours un décalage entre la théorie et la pratique.
De plus, l'homme est ainsi fait qu'il vous décevra toujours, c'est valable pour ces "bonnes soeurs" comme pour vous et moi. Prendre conscience de cela c'est se défaire de beaucoup d'illusions et faire grand pas en avant.

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : sam. 06 août 2011, 18:30
par PaxetBonum
Estel a écrit : Une vie enfermée avec d'autres gens qu'on a pas choisis, les rancoeurs, les coup bas :

Pour moi, c'est sans doute un cliché (mais pour l'instant l'expérience ne le contredit pas ) une soeur c'est quelqu'un de gentil, trop doux et gentil pour que ce ne soit pas hypocrite (a moins que ce soit naturel, et c'est encore pire ) qui vitune vie antinaturelle en passant sa vie dans l'ombre ou si elle ne supporte pas sa supérieure, va fonder une nouvelle congrégation au nom mièvre et à rallonge ...et qui cache ainsi la rancoeur de ne pas avoir trouvé de mec .
Ou la la !
Chère Estel vous avez tous faux !
Vous pensez qu'il suffit de rentrer dans les ordres ou dans un ordre religieux pour devenir saint ? Faux
Du coup il se reconstruit une mini société avec ses travers car là où il y a l'homme il y a l'hommerie…
Mais cette société s'est mise sous le regard de Dieu et cherche à s'améliorer
A vous de rentrer chez les clarisses pour leur montrer les voies de la sainteté !

Rentrer dans les ordres pour ne 'pas avoir trouvé de mec' ? Faux
On ne rentre pas en religion pour fuir quelque chose mais par amour de quelqu'UN !
Nombreuses sont les religieux qui prennent la robe de bure très jeunes, ils avaient tout le temps de chercher l'âme sœur si ils l'avaient voulu
Mais quand on a trouvé un Trésor on va, on vend tout ce que l'on a et on achète le champs où il se trouve !

Allez, vous voulez vous marier ?
Combien de couples parfait avez-vous côtoyé ?
Sans coup bas entre-eux ou avec les autres ?
Combien de couples ou même si 'elle a un mec' elle court après d'autres ?…
Le mariage n'est pas fait pour vous non plus

Bienvenue Estel notre Vierge consacrée !

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : sam. 06 août 2011, 18:33
par PaxetBonum

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : sam. 06 août 2011, 18:41
par PaxetBonum
Estel a écrit : Vous allez me dire qu'il s'agit pour la vocation religieuse d'un appel et non d'une volonté personnelle ... je le sais et c'est pour ça que j'essaye de fermer mon coeur à ce genre d'appel .
Je ne veux pas ressembler à cette femme !! Ni d'ailleurs à ces saintes que vous citez en exemple . C'est trop dur d'être sainte .
Harfang à raison, vous n'avez pas rencontré un modèle de religieuse mais une religieuse qui a subit les agiornamento comme un détournement de sa véritable vocation.
Si vous voulez toucher le fond voyez le film 'Sœur Sourire', j'en ai encore la nausée…
Allez donc rencontrer des religieuses traditionnelles pour avoir un autre regard.

Ne fermez pas votre cœur, personne n'est fait pour vivre ainsi !
La sainteté est incaccessible, ce n'est pas un but, on participe de la sainteté de Dieu qui seul est Saint
C'est le cœur à cœur permanent qui transforme notre être, nous devenons 'Transparent de Dieu' et laissons ainsi filtrer à travers nous la sainteté même de Dieu.

'Padre Pio, Transparent de Dieu' est un livre que je conseille fortement à ceux qui veulent connaître le Padre au-delà de l'aspect miraculeux

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : dim. 07 août 2011, 14:07
par Estel
Vous savez quoi ? Finalement, j'ai bien fait de lancer ce fil, ça a crevé un abcès ..;
Je n'ai pas trop le temps de me connecter en ce moment ( travaux et une semaine en Bretagne dans 10 jours ) mais je vais réfléchir .
ça fait 2 ans que j'étais bloquée à ce niveau ...
Harfang a écrit :Non mais vous imaginez, Aragorn refusant de sortir de son errance en Arnor pour revendiquer le trône de ses pères à cause des difficultés entrevues ? Ou encore Frodon jeter l'Anneau dans les eaux de l'Anduin parce qu'il en aurait ras la casquette de ce voyage interminable ! :exclamation:
:siffle: C'est vrai ... mais en ce moment , je me traine comme une limace !
Bon , je me donne un bon coup de pied au bas du dos, parce que là, ça va vraiment pas !
lmx a écrit :Qu'est ce que vous ne comprenez pas exactement ? n'y a-t-il pas un petit préjugé sur la mystique ? n'est-ce pas le côté affectif, mièvre souvent mis en avant qui vous rebute ?
Il ya ce coté mièvre qui m'énerve mais aussi qu'en un sens c'est trop facile de ressentir l'Amour comme ça ...
Pour moi, Dieu est un Roi à servir et à aimer aussi mais parce que c'est normal, évident, par devoir, parce que c'est naturel et qu'on est fait pour ça , pas pour avoir des visions, des sentiments, de la douceur ...
Je préfère avoir de la distance avec Dieu, pas de la peur mais de la crainte, au sens chrétien du mot .

Re: A quoi servent les bonnes soeurs ?

Publié : dim. 07 août 2011, 15:01
par lmx
Il ya ce coté mièvre qui m'énerve mais aussi qu'en un sens c'est trop facile de ressentir l'Amour comme ça ...


Il faut que vous éloigniez de cette image fausse.

Vous savez ce que disait Maitre Eckhart :

moins tu ressens de choses, mieux tu fais.

Pour les théologiens grecs , les maitres mots sont la sobriété (nepsis) et l'impassibilité (apatheia).


si vous avez lu mon fil sur la mystique chrétienne, vous aurez peut être compris que le dépouillement est une étape nécessaire et donc que toutes les manifestations charnelles, naturelles propres à créer des illusions sont à bannir, car elles peuvent de plus nous faire tomber dans un hédonisme spirituel.
St Jean de la Croix par exemple, explique en accord avec toute la Tradition qui a compris qu'il fallait mourir au monde et mettre à mort son moi, qu'il faut passer par une phase de purgation, des nuits de l'âme, où celle-ci est comme refondue et refaite par le St Esprit qui la purifie tel le feu du purgatoire. A ce stade elle apprend à se détacher du monde, à tout rapporter à Dieu, et ses puissances inférieures qui produisent les passions et qui dominent dans l'homme de tous les jours sont réorientées vers le hauts.

Ce qui est recherché pour un St Jean de la croix c'est un état objectif d'union avec Dieu et non pas des états d'âmes subjectifs, et c'est d'ailleurs pourquoi pour lui l'imagination, et les visions qui appartiennent encore à l'ordre naturel (encore qu'elles peuvent être véritablement suscitées par Dieu) doivent être rejetées.
Le vrai contemplatif qui pratique l'ascèse pour permettre à Dieu de le purifier intérieurement cherche à dépasser le plan sensible (et donc des sentiments) pour accéder au plan proprement spirituel. Et je ne pense pas qu'on puisse dire que ce processus où l'on sacrifie son individualité (le sacrifice intérieur que Dieu demande) soit facile.
"un coeur qui peut être dit pur est celui qui n'a selon aucun mode aucun mouvement naturel vers quoi que ce soit. Entré en lui, comme sur une feuille que l'extrême simplicité à rendue bien lisse, Dieu écrit ses propres Lois." St Maxime le Confesseur.
Pour moi, Dieu est un Roi à servir et à aimer aussi mais parce que c'est normal, évident, par devoir, parce que c'est naturel et qu'on est fait pour ça , pas pour avoir des visions, des sentiments, de la douceur ...
Il faut faire une distinction entre l'amour naturel qui vient de nous et qui produit toute sorte de manifestations charnelles, et l'amour charité qui vient de Dieu et qui est pure et surnaturel. Aimer Dieu comme il convient n'est pas facile car l'aimer vraiment c'est aimer Dieu par le même amour dont il s'aime. C'est à dire l'aimer dans le St Esprit et par le St Esprit (qui est l'Amour qu'il a de lui même). Pour cela, il faut que la volonté humaine soit totalement conformée et fondue dans le St Esprit, ce qui suppose un dépouillement de soi total.
De même connaitre Dieu véritablement c'est le connaitre par la Connaissance qu'il a de Lui même, c'est à dire par le Christ (qui est son éternelle pensée). Et c'est pour cela que le Christ est venu, pour que nous puissions adorer Dieu en esprit et en vérité, pour que nous puissions l'aimer et le connaitre véritablement (voyez l'évangile de Jean) pour être un avec Dieu.
Et cela, aimer et connaitre Dieu véritablement, ce qui est l'essence du Christianisme, suppose de s'unir à Lui et nous en sommes dignes car Dieu le veut. Vouloir rejeter le fait que nous soyons temple du St Esprit comme le dit St Paul, et vouloir maintenir de la distance comme les jansénistes, constitue une manifestation charnelle (et quelque peu déplacé aussi car il ne faut pas repousser la bonté de Dieu) qu'il faut surmonter. Car en restant distant, on ne peut pas vraiment faire la volonté de Dieu ; il faut qu'il trône réellement dans notre âme pour qu'il soit le siège de nos opérations, et pour qu'ainsi il n'y ait plus de moi humain (d'égo) qui a ses propres inclinations, et plus de volonté propre autonome qui va à l'encontre de la volonté divine.