la Loi de la Gradualité

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Brindille
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la Loi de la Gradualité

Message non lu par Brindille »

Bonjour à vous !

Contrairement à votre humble servante ( Image),
je suis sûre que vous savez tous parfaitement... ce qu'est la "Loi de la Gradualité", n'est ce pas ?Image

Pour partager vos connaissances, vos commentaires, votre foi, et surtout des illustrations de cette loi de la gradualité...
je vous propose de lancer ce fil par de brèves considérations sur notre nouveau "sujet d'examen" :

_ la jolie définition de notre ami Griffon:
"La loi de gradualité consiste à comprendre le point où on se trouve et quel est le pas possible aujourd'hui à la suite du Christ.
En langage populaire, on dit : " qui fait l'ange, fait la bête ".
La loi de gradualité évite de faire le parfait à la force de la volonté humaine, pour " marcher humblement en présence du Seigneur",
comme le préconise le psaume. Un pas après l'autre."



_ Ma modeste réponse, ( à côté de la plaque, comme d'hab ! :girl_angel: )
"Étrange de lire votre définition, Griffon
Pour moi, Dieu nous prends la main, là où nous sommes, pour nous emmener tout au long de notre vie, là où Il nous veut
Ce n'est pas nous qui forçons le pas, (ni le nôtre ni celui de notre prochain) . Dieu est pédagogue !
Grâce à vous, cher Griffon, je peux mettre un nom à ma certitude : "La loi de gradualité" !!"



_ Un commentaire reçu par MP de DA95 qui semble lui aussi, très au fait de la question ! :oui:
"C'est un concept nouveau qu'en terme plus technique on pourrait la résumer ainsi:
La Loi est la Loi, mais nous avons à rentrer dans un processus de conversion dynamique,
ou marche aprés marche, conversion après conversion
nous nous approchons de Jésus, et donc de la norme morale.
C'est tout un sujet et il est difficile dans parler en trois lignes."


Comme on dit sur l'échiquier: Le trait est à vous ! :dance:

PS: Merci de mettre vos citations ayant + de 10 lignes, entre balises "Spoiler" :lecteur:
Dernière modification par Brindille le mar. 28 juin 2011, 12:16, modifié 5 fois.
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Griffon
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Griffon »

Bonjour Brindille,

En fait, le concept n'est pas nouveau, mais on l'employait par bon sens.

Exemple:
Lorsque St. Thomas présente le mariage comme un remède à la concupiscence, il constate la faiblesse humaine et conçoit que le mariage peut être un premier pas vers la chasteté.
Enfin... C'est l'exemple qui me vient à l'esprit.
Il y en a sûrement bcp d'autres.

Il est maintenant clairement conceptualisé comme une technique de progression.
Va-t-on l'utiliser pour progresser, ou pour justifier de ne pas faire un pas de plus ?

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
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Brindille
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Brindille »

Puis-je considérer que ma présence sur ce forum illustre un degré, "un grade" de cette loi,
dans la mesure où elle débute une démarche de réconciliation avec l’Église catholique?

J'ai noté que le deuxième serait de me coucher à 11h .. Merci Griffon de m'indiquer la marche à suivre ;)
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par PaxetBonum »

Je découvre totalement ce concept
Mais je cherche encore à comprendre l'originalité
Ne s'agit-il pas de dire il faut faire des efforts pour suivre plus parfaitement le Christ ?
N'est-ce pas tout simplement l'appel à la sainteté ?
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Brindille »

PaxetBonum a écrit :Je découvre totalement ce concept
Mais je cherche encore à comprendre l'originalité
Ne s'agit-il pas de dire il faut faire des efforts pour suivre plus parfaitement le Christ ?
N'est-ce pas tout simplement l'appel à la sainteté ?
Je me pose aussi la question et espère des réponses :)
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stephlorant
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par stephlorant »

Gradualité... encore un nouveau terme barbare !
Je considère pour ma part que je ne dois jamais cesser d'essayer de mieux suivre les lois du Seigneur, de l’Église, et de ma propre congrégation, et me sanctifier. Mais pour le reste, que la mesure de mon effort soit fondée sur la Joie et sur l'humilité - la simple vérité sur moi-même. Je vois mal un prêtre me demander: "Où en êtes-vous de votre gradualité ? "
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Brindille »

stephlorant a écrit :Gradualité... encore un nouveau terme barbare !
Je vois mal un prêtre me demander: "Où en êtes-vous de votre gradualité ? "

:rire:

Il doit bien y avoir un intérêt non? si nos amis l'ont signalée cette loi de la gradualité?
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Antoine Marie
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Antoine Marie »

Brindille a écrit :
stephlorant a écrit :Gradualité... encore un nouveau terme barbare !
Je vois mal un prêtre me demander: "Où en êtes-vous de votre gradualité ? "

:rire:

Il doit bien y avoir un intérêt non? si nos amis l'ont signalée cette loi de la gradualité?
Récemment, en parlant du cas des hommes prostitués, Benoît XVI a dit que l'usage du préservatif était une forme de responsabilisation.
Cette loi de gradualité est tout simplement pragmatique.
C'est comme quand on vous dit qu'il est bien de dire un Rosaire entier comme Jean-Paul II le faisait : si vous commencez directement par la totalité, vous risquez fort de ne pas y arriver.
Ou dans le domaine profane, si vous décidez de faire un marathon sans vous préparer, vous aurez quelques ennuis.
Etc., etc.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Jn 1, 4
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Brindille
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Brindille »

Antoine Marie a écrit :
Brindille a écrit : Il doit bien y avoir un intérêt non? si nos amis l'ont signalée cette loi de la gradualité?
Récemment, en parlant du cas des hommes prostitués, Benoît XVI a dit que l'usage du préservatif était une forme de responsabilisation.
Cette loi de gradualité est tout simplement pragmatique.
C'est comme quand on vous dit qu'il est bien de dire un Rosaire entier comme Jean-Paul II le faisait : si vous commencez directement par la totalité, vous risquez fort de ne pas y arriver.
Ou dans le domaine profane, si vous décidez de faire un marathon sans vous préparer, vous aurez quelques ennuis.
Etc., etc.
Merci Antoine Marie,

Finalement , cette question va vite être résolue je pense.
La "Loi de la Gradualité" me semble en fait que du bon sens ...
Ce qui est intéressant par contre, c'est qu'avec votre exemple du préservatif, cette Loi de la Gradualité s'applique AUSSI à l'Eglise !!

Si c'est vrai, c'est merveilleux je trouve:
Si c'est l’Église qui en fait un nouveau concept, une nouvelle "Loi", elle découvre ainsi ce que la majorité des catholiques pratiquent :clap:
Elle fait ainsi preuve d'une saine et sainte humilité, au contraire des fanatiques de toutes sortes !! ...
J'appelle fanatiques, ceux qui en son sein, ont "la nuque raide", ceux qui s'attachent plus à la lettre qu'à l'Esprit!!

Merci Mon Dieu, merci Benoit XVI, et Vive la "Loi de la Gradualité" !! :applaudi:

Et je ne suis pas sûre qu'elle ne soit "que pragmatique"...Au contraire !
Je pense même qu'elle donne une ouverture vers la compréhension de notre faiblesse, de notre petitesse...
Et de l'adéquation du message du Christ avec "ces imperfections/qualités"... (Je pense aux béatitudes et à tout le reste !)
Dernière modification par Brindille le mar. 28 juin 2011, 11:04, modifié 1 fois.
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stephlorant
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par stephlorant »

Ah, voilà qui est plus à ma portée !

Par contre, j'ai trouvé ce texte sur la vie de St Paul de la Croix. J'ai lu les cinq premiers paragraphes... et je me suis arrêté, car je ne tiens pas vraiment à me "mesurer" aux grands de la foi... ça risquerait de me décourager !

« Nuit de l’esprit réparatrice en saint Paul de la Croix »

Réginald Garrigou-Lagrange

Études carmélitaines, 23, 2, octobre 1938, p. 287-293.

Prenez une bonne respiration, avant d'ouvrir le spoiler !
[+] Texte masqué
La lecture des œuvres de saint Jean de la Croix porte à considérer la nuit de l’esprit surtout comme une purification passive personnelle, qui dispose l’âme à l’union parfaite avec Dieu, dite union transformante. Cette purification qui comme passive est un état mystique et comporte la contemplation infuse, apparaît ainsi comme nécessaire pour enlever les défauts des avancés dont il est parlé dans la Nuit Obscure, l. II, ch. 2, en particulier un secret orgueil spirituel, qui parfois est cause de beaucoup d’illusions. C’est un purgatoire avant la mort, mais un purgatoire où l’âme mérite et où son amour grandit beaucoup. Finalement cette obscurité et les angoisses qu’on y éprouve font place à la lumière supérieure et à la joie de l’union transformante, prélude immédiat de la vie du ciel. L’hiver de la nuit de l’esprit paraît suivi d’un printemps et d’un été perpétuel, après lequel il n’y aurait plus d’automne.

Telle est l’impression que donne la lecture de la Nuit Obscure et la Vive Flamme d’Amour. On dirait que la nuit de l’esprit n’est pour les âmes avancées qu’un tunnel à traverser avant d’entrer dans l’union transformante et qu’il n’y a plus ensuite à le traverser de nouveau.

Certaines vies de grands serviteurs de Dieu particulièrement voués à la réparation, à l’immolation pour le salut des âmes ou à l’apostolat par la souffrance intérieure, font penser cependant à une prolongation de la nuit de l’esprit même après l’entrée dans l’union transformante. Mais alors cette épreuve ne serait plus surtout purificatrice, elle serait surtout réparatrice.

Saint Jean de la Croix, sans insister particulièrement sur ce point, a fait plusieurs fois allusion aux épreuves intérieures endurées par les saints pour le salut des pécheurs[1]. Sainte Thérèse parle aussi à ce point de vue de la grande générosité des âmes entrées dans la VIIe Demeure[2].

Que faut-il penser d’une nuit de l’esprit plus réparatrice que purificatrice et qui se prolongerait même longtemps après l’entrée dans l’union transformante, lorsque l’âme éprouvée est déjà personnellement purifiée. Nous avons brièvement traité ailleurs cette question[3], il importe de rappeler sur ce point les principes certains et quelques faits significatifs.



Tout d’abord l’esprit chrétien ne saurait oublier que les grandes souffrances intérieures que Notre Seigneur et sa sainte Mère ont éprouvées à la vue du péché et en s’offrant en victime pour nous ne furent pas purificatrices pour eux, mais rédemptrices pour nous, et que plus les âmes avancent, plus leurs souffrances intérieures ressemblent à celles de Jésus et de Marie. On dit aussi communément que les serviteurs de Dieu sont plus particulièrement éprouvés, soit qu’ils aient besoin d’une purification plus profonde, soit qu’ils doivent à l’exemple de Notre Seigneur travailler par les mêmes moyens que lui à une grande cause spirituelle, comme à la fondation d’un ordre religieux ou au salut de beaucoup d’autres âmes. Saint Jean de la Croix et sainte Thérèse n’ont guère cessé de l’expérimenter. Les faits montrent bien qu’il en est ainsi. Nous signalerons ici un fait particulièrement frappant et nous comparerons ensuite brièvement la nuit de l’esprit purificatrice à celle qui est surtout réparatrice et qui contient un apostolat par la souffrance aussi fructueux que caché.



Notons d’abord, sans y insister, un fait assez caractéristique qui se constate à la fin de la vie de saint Alphonse de Liguori ; il avait déjà 80 ans, et, à lire superficiellement cette période de son existence, on pourrait croire qu’il traverse la nuit passive des sens, qui s’accompagne assez souvent de fortes tentations contre les vertus qui ont leur siège dans la sensibilité : la chasteté et la patience. Ces tentations furent alors si fortes pour ce saint vieillard, que son domestique se demandait s’il n’en perdrait pas la raison. Mais si l’on est attentif à tout le travail déjà accompli par la grâce dans l’âme de ce grand saint, tout porte à penser que cette épreuve de la fin de sa vie n’était pas précisément pour lui la purification passive des sens (quoiqu’elle en eût toutes les apparences), mais une suite d’afflictions qu’il endurait surtout pour le prochain, et pour consolider la fondation pour laquelle il avait déjà tant souffert.



Un exemple plus frappant encore nous est donné dans la Vie de saint Paul de la Croix, fondateur des Passionistes. On peut se faire une juste idée de sa vie intérieure par ses nombreuses lettres[4], par les notes laissées par son confesseur et directeur le Père Jean-Marie, et par d’autres documents de l’époque, cités dans le procès de canonisation et les travaux préparatoires. Les principaux de ces documents ont été réunis par le P. Gaétan du Saint Nom de Marie, passioniste, dans son livre, Oraison et ascension mystique de saint Paul de la Croix (Museum Lessianum, Louvain, 1930). L’auteur de cet ouvrage a bien voulu nous communiquer quelque autres documents qu’il se propose de publier bientôt et qui confirment ce qui est contenu en ceux qu’il nous a déjà fait connaître.

Nous ne citerons ici que les faits les plus significatifs. Saint Paul de la Croix naquit en 1694, il devait devenir le fondateur d’un Ordre religieux voué à la réparation, et de plus, il devait vivre jusqu’à 81 ans, il est mort en 1775. Que s’est-il passé en cette longue vie toute donnée à Dieu dès l’enfance dans la plus grande austérité ?

Il fut élevé de la façon la plus chrétienne et habitué dès son jeune âge à l’abnégation complète et à la pratique de toutes les vertus. De très bonne heure il eut l’oraison affective de simple regard et vers l’âge de 19 ans sa piété grandit beaucoup. Il appelait cette époque « sa conversion » ; on y voit les signes de la purification passive des sens, accompagnée, comme il n’est pas rare, d’une crise de scrupules. (cf. P. Gaétan, op. cit. p. 8).

A partir de ce moment, le P. Gaétan distingue justement dans sa vie mystique trois périodes. Dans la première, qui dure douze ans, le saint est élevé progressivement aux divers degrés d’oraison décris par sainte Thérèse, même à l’union transformante. Dans la seconde période, qui dure quarante-cinq ans, il expérimente avec une singulière profondeur ce qu’est la vie réparatrice. Dans la troisième période, qui comprend les cinq dernières années de sa vie, bien que les épreuves continuent, les consolations augmentent au fur et à mesure qu’il se rapproche du terme du voyage.

Dans la première période, après la purification passive des sens et la crise très pénible de scrupules, le serviteur de Dieu qui a reçu la grâce de la contemplation infuse, reste trois ou quatre heures de suite en oraison (op. cit., p. 12). Journellement, il donnait sept heures à l’oraison. Selon le témoignage de son confesseur, le P. Jean-Marie, il connaît l’oraison extatique vers l’âge de 24 ans, il était souvent hors de ses sens. Il reçut alors de grandes lumières sur les mystères de la foi et fut favorisé de visions lui donnant à entendre qu’il devait fonder un Ordre consacré à la Passion (op. cit., p. 15). Il reçut aussi à cette époque une vision de la Sainte Trinité, une du ciel et une autre de l’enfer ; sa foi « lui parut changée en évidence » (op.cit., p. 19).

Il paraît certain que saint Paul de la Croix subit personnellement la purification passive de l’esprit à l’âge de 26 ans, surtout pendant une retraite de 40 jours en 1720. Le Père Gaétan rapporte longuement ces épreuves, p. 41-63. Le Saint entend alors contre Dieu « des paroles diaboliques, qui, dit-il, lui percent le cœur et l’âme » (op. cit., p. 55).

Cette purification passive de l’esprit s’achève par une admirable contemplation de la Passion du Sauveur (op. cit., p. 57-73), contemplation qui porte le Saint « à s’approprier par l’amour les très saintes souffrances de Jésus ». « L’âme, dit-il, toute immergée dans le pur amour, sans image, en très pure et nue foi se trouve tout à coup, quand il plaît au Souverain Bien, plongée également dans la mer des souffrances du Sauveur » et voit « que la Passion est une œuvre toute d’amour » (op. cit., p. 57).

A partir de ce moment, l’oraison du Saint consistait à se revêtir des souffrances de Jésus, et à se laisser immerger dans la divinité du Sauveur (op. cit., p. 62).

Avant l’âge de 31 ans, saint Paul de la Croix reçut la grâce de l’union transformante. On ne peut guère en douter, si après avoir considéré l’élévation des grâces purificatrices qui précèdent, on prend connaissance des témoignages recueillis par le P. Gaétan (op. cit., p. 85-97). Cette grâce insigne fut même accompagnée ici du symbolisme qui parfois la manifeste sensiblement : apparition de Notre Seigneur, de la Mère de Dieu, de plusieurs saints ; Paul de la Croix reçut aussi une bague d’or sur laquelle étaient représentés les instruments de la Passion.



Quand on voit à quelle intimité d’union avec Jésus Crucifié était arrivé le Serviteur de Dieu avant l’âge de 31 ans, et qu’on pense qu’il devait vivre encore jusqu’à 81 ans et fonder un Ordre voué à la réparation, on s’étonne moins de le voir associé ensuite, pendant une période de 45 ans à la vie douloureuse de Notre Seigneur Jésus-Christ. De fait, après avoir reçu la grâce de l’union transformante, il dut, selon le témoignage de son confesseur (op. cit., p. 2, et p. 115-177) traverser quarante-cinq années de désolations intérieures, d’abandon des plus douloureux, pendant lesquelles « de temps en temps seulement le Seigneur lui accordait un court répit » (ibid., p. 2).

C’est vraiment la vie réparatrice dans toute sa profondeur et son élévation, c’est l’apostolat par la souffrance spirituelle à un degré exceptionnel. Ce fut non seulement la soustraction des consolations sensibles, mais comme l’éclipse des vertus de foi, d’espérance et de charité. Le Saint se croyait abandonné de Dieu, il croyait Dieu irrité contre lui. Les tentations de désespoir et de tristesse étaient accablantes. Et pourtant en cette interminable épreuve, le Saint montrait une grande patience, une résignation parfaite à la volonté divine et une grande bonté pour tous ceux qui l’approchaient, comme le rapporte le P. Gaétan, p. 96. « Un jour il dit à son directeur : « Si l’on me demandait n’importe quand : à quoi pensez-vous ? il semble que je pourrais répondre : mon esprit s’occupe de Dieu » (S., I, 317, 64). Il en était ainsi jusque dans ses grandes désolations spirituelles, alors qu’il lui semblait n’avoir plus ni foi, ni espérance, ni charité (S., I, 324, 103). Il avait même coutume de dire : « Il me semble impossible de ne pas penser à Dieu, vu que notre esprit est tout plein de Dieu et que nous sommes entièrement en Lui » (S., I, 324, 105). » Ces témoignages sont extraits du Sommaire des procès ordinaires en vue de la canonisation.

De fait, lorsque Paul de la Croix cheminait dans les rues de Rome en disant : A via Pauli, libera nos Domine, il ne trouvait plus spirituellement l’air respirable que du côté de Dieu, et pendant 45 ans ce fut, et souvent la nuit comme le jour, une oraison douloureuse, héroïque, incessante, qui cherchait Dieu avec ardeur et qui le cherchait pour le donner aux âmes pour lesquelles ce grand saint souffrait. Plus fructueuses que des années de prédication inspirée par un moindre amour, ces années si pénibles furent une réalisation des plus élevées de la parole du Maître : « Oportet semper orare et non deficere » (Luc, XVIII, 1). On comprend dès lors la portée de cette réflexion de saint Jean de la Croix : « Un seul acte de pur amour peut faire plus de bien dans l’Église que bien des œuvres extérieures » inspirées par une moindre charité.

Sur la fin de ces 45 ans de vie douloureuse, il y eut davantage pour saint Paul de la Croix des intervalles de consolation, il se sentit attiré dans les plaies du Sauveur. Jésus en croix lui dit : « Tu es dans mon cœur » (ibid., p. 162). La sainte Vierge lui apparut. Il eut aussi une apparition d’une âme sacerdotale condamnée au purgatoire et pour laquelle il devait souffrir. La Passion du Sauveur lui fut comme imprimée sur le cœur (ibid., p. 167).

Après ces 45 ans, l’épreuve s’atténua, les consolations spirituelles augmentèrent progressivement pendant les cinq dernières années de sa longue vie. Il eut une apparition de Notre-Dame des Douleurs et d’autres faveurs à la sacristie des SS. Jean et Paul à Rome, des extases avec et sans lévitation. Puis les derniers mois de sa vie, à l’âge de 81 ans, furent le prélude immédiat de la béatitude du ciel.



Les faits que nous venons de rapporter sont certainement très exceptionnels. On rencontre pourtant de temps à autres, plus particulièrement dans les ordres contemplatifs voués à la prière et à l’immolation, des faits un peu semblables, en des âmes qui ont une vocation réparatrice et qui ont fait un vœu qui les consacre à cet apostolat par la souffrance. Nous avons personnellement connu trois carmélites fort généreuses et une âme sacerdotale qui paraissaient être dans une interminable nuit de l’esprit (trente et quarante ans) : c’étaient pourtant des âmes déjà purifiées, semble-t-il, mais leur oblation pour le salut des pécheurs paraissait avoir été acceptée.



Après l’examen de ces faits, à la lumière des principes nous croyons pouvoir arriver à cette conclusion.

Lorsque la nuit de l’esprit est surtout purificatrice, sous l’influence de la grâce qui s’exerce principalement par le don d’intelligence, les vertus théologales et l’humilité sont purifiées de tout alliage humain. Comme nous l’avons montré ailleurs[5], le motif formel de ces vertus est nettement dégagé de tout motif accessoire, et leur objet premier est mis en un très puissant relief au dessus de tout objet secondaire. L’âme ainsi purifiée peut dépasser les formules des mystères et entrer dans les profondeurs de Dieu comme dit saint Paul, I Cor., II, 10. Alors, malgré toutes les tentations contre la foi et l’espérance, l’âme croit fermement par un acte direct d’une façon très pure et très haute qui survole la tentation, elle croit pour ce seul et très pur motif surnaturellement atteint : l’autorité du Dieu révélateur ; elle espère aussi uniquement parce qu’il est l’infinie Miséricorde toujours secourable ; elle l’aime dans la plus complète aridité parce qu’il est infiniment meilleur en lui-même que tous les dons qu’il pourrait nous accorder. La Vérité première révélatrice motif formel de la foi infuse, la Miséricorde divine auxiliatrice motif formel de l’espérance, la Bonté infinie de Dieu souverainement aimable en elle-même, apparaissent alors de plus en plus dans leur surnaturalité transcendante comme trois étoiles de première grandeur en la nuit de l’esprit[6].

Lorsque cette épreuve est surtout réparatrice, lorsqu’elle a principalement pour but de faire travailler l’âme déjà purifiée au salut du prochain, alors elle conserve les mêmes caractères fort élevés que nous venons de dire, mais elle prend un autre caractère qui fait davantage penser aux souffrances intimes de Jésus et de Marie, qui eux, n’avaient pas besoin d’être purifiés. Ici la souffrance fait penser à celle d’un sauveteur, qui dans un naufrage, lutte héroïquement pour arracher à la mort ceux qui sont sur le point de se noyer. Ces sauveteurs spirituels à la manière de Paul de la Croix, luttent non seulement des heures et des mois, mais parfois des années pour arracher des âmes à la mort éternelle et ils doivent en quelque sorte à leur place résister à leurs tentations pour venir efficacement à leur secours. Ces âmes sont intimement associées à la vie douloureuse du Sauveur ; en elles se réalisent pleinement les paroles de saint Paul (Rom., VIII, 17) : « Heredes quidem Dei, coheredes autem Christi, si tamen compatimur, ut et conglorificemur. »[7]

Rome, Angelico

fr. REG. GARRIGOU-LAGRANGE, O. P.,

Professeur de Théologie mystique.
Dernière modification par stephlorant le mar. 28 juin 2011, 11:11, modifié 1 fois.
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par DA95 »

Bonjour à tous,

Brindille merci d'avoir lancer ce post,

Un premier message rapide pour situer un peu les grands enjeux de ce sujet.

Comme vous l'avez noté sur de nombreux sujet de la pastorale et de l'éthique du mariage les avis divergent.
En 1968 dans la foulé du concile de nombreuses questions sont soulevé et bien des croyants demandent à l'Eglise d'évoluer sur les questions de contraception, mais aussi sur les manières d'exprimer leur amour.

La publication de l'encyclique Humanae Vitae (HV), par le Pape Paul VI en 1968 a soulevé une gigantesque vague de contestation et d'incompréhension dans l'Église catholique, tant au niveau des fidèles que des théologiens.

Un grand nombre de conférences épiscopales (33), ont publié, selon le désir du Pape et en signe de communion, une présentation pastorale du texte dans les mois qui ont suivi sa parution, pour l'expliquer aux fidèles et proposer à ceux qui se trouvaient mis en difficulté par le refus magistériel de la contraception, des critères pour se décider en conscience. Mais les indications pastorales révélèrent des conceptions différentes du rapport de la conscience avec la norme morale selon les pays.

Ainsi, la conférence épiscopale allemande (et semblablement l'épiscopat belge) reconnaît le droit, au nom de la conscience, à un désaccord pratique pour celui qui pense ne pas pouvoir accepter la vérité de soi universelle d'HV. La conférence française (et dans le même sens, celles d'Angleterre et du Canada) a exprimé la possibilité pour la conscience de faire exception à la norme morale universelle au niveau pratique, en présence d'un conflit de devoir .

En France dans la Note pastorale de l'épiscopat français sur Humanae Vitae du 8 novembre 1968 on peut lire: "La contraception ne peut jamais être un bien. Elle est toujours un désordre, mais ce désordre n'est pas toujours coupable. Il arrive, en effet, que des époux se considèrent en face de Véritables conflits de devoirs". "C'est à un cheminement que provoque l'encyclique" et en conclusion: "par cette encyclique, le Pape nous invite, non seulement à réfléchir, mais encore à nous convertir" .

"l'Église, à qui il appartient d'enseigner le bien total et parfait, n'ignore pas qu'il y a des lois de croissance dans le bien, et que parfois il faut passer par des degrés encore imparfaits, mais pour les surmonter loyalement en tendant constamment vers l'idéal."

Jusqu'à aujourd'hui, une majorité de fidèles en Europe n'a pas accepté l'enseignement d'HV. Pourtant le synode des évêques de 1980, en présence d'un nouveau Pape (le futur bienheur Jean-Paul 2), et l'exhortation post-synodale ont éclairé la question pastorale par l'introduction d'un nouveau concept, la "loi de gradualité".

Voilà pour un rapide tour d'horizon sur la question

Bien à vous

Da
"Amen, viens, Seigneur Jésus !" Ap 22,20
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par PaxetBonum »

Brindille a écrit : La "Loi de la Gradualité" me semble en fait que du bon sens ...
M'est avis aussi
Brindille a écrit :Ce qui est intéressant par contre, c'est qu'avec votre exemple du préservatif, cette Loi de la Gradualité s'applique AUSSI à l'Eglise !!
Non ce n'est pas l'Eglise qui se l'applique, l'Eglise ne déroge pas dans son discours de Vérité
Elle indique et indiquera toujours que la sexualité détournée de son but n'est pas la Vérité
Mais elle encourage les hommes faibles à suivre ce chemin, parfois tortueux, pour atteindre cette Vérité
Ce n'est pas l'Eglise qui gradue la Vérité, c'est l'homme qui gradue sa réponse pour atteindre La réponse
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St François d'Assise
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DA95
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par DA95 »

suite,


Rentrons dans le vif du sujet :)

"L'homme n'a pas sur son corps en général un pouvoir illimité, de même il ne l'a pas, pour une raison particulière, sur ses facultés de génération en tant que telles, à cause de leur ordination intrinsèque à susciter la vie, dont Dieu est le principe. " La vie humaine est sacrée, rappelait Jean XXIII; dès son origine, elle engage directement l'action créatrice de Dieu (13). "

La difficulté dans l'éthique conjugale (et sexuelle) se situe ici entre le dessein de Dieu sur l'homme et l'agir humain.
Cet agir qui a du mal à vivre les exigences de la loi naturelle que ce soit par non connaissance de celle-ci ou par de réelles difficultés causées par la faiblesse de la volonté humaine ou encore par un refus de la pratiquer.
Ainsi dans le concret de la vie il n'est pas rare de segmenter la vie humaine. Il y a ce qui concerne Dieu, ce qui concerne le couple, ce qui concerne l'individu. Les conjoints ont alors du mal à voir les difficultés tant pour la pratique concrète que pour la compréhension des valeurs comprises dans la norme morale.
Nous pouvons faire le constat d'une dichotomie entre d'une part les exigences de l’amour authentique et plénier telles qu’elles étaient formulées dans l’encyclique HV, et d’autre part la faiblesse humaine des personnes et des couples.

Jean Paul II écrit que l'église est convaincue "qu'il ne saurait y avoir de vraie contradiction entre la loi divine concernant la transmission de la vie et celle qui demande de favoriser le véritable amour conjugal. C'est pourquoi la pédagogie concrète de l'Église doit toujours être liée à sa doctrine et jamais séparée d'elle. Je le répète, avec la même conviction que mon prédécesseur: «Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes». D'autre part, la vraie pédagogie de l'Église ne révèle son réalisme et sa sagesse qu'en faisant des efforts tenaces et courageux pour créer et soutenir toutes les conditions humaines psychologiques, morales et spirituelles - qui sont indispensables pour comprendre et vivre la valeur et la norme morales." (Encyclique familiaris consortio 33)

Et voici deux citations de L'encyclique Familiaris concortio du un Pape Jean-Paul 2 qui parle de gradualité (ch 9) et de loi de gradualité (ch 34) (c'est ici que le magistère utilise pour la première fois et dans ce cadre les termes loi de gradualité)

Il faut noter que la loi de gradualité ne s'applique qu'au champ de la sexualité, il n'y a pas de gradualité dans le "tu ne tueras pas" bien évidement.

familiaris consortio paragraphe 9 (gradualité et conversion)
A l'injustice qui vient du péché - celui-ci ayant pénétré profondément les structures du monde d'aujourd'hui - et qui empêche souvent la famille de se réaliser vraiment elle-même et d'exercer ses droits fondamentaux, nous devons tous nous opposer par une conversion de l'esprit et du coeur qui implique de suivre le Christ crucifié en renonçant à son propre égoisme: une telle conversion ne peut pas ne pas avoir une influence bénéfique et rénovatrice même sur les structures de la société.
Il faut une conversion continuelle, permanente, qui, tout en exigeant de se détacher intérieurement de tout mal et d'adhérer au bien dans sa plénitude, se traduit concrètement en une démarche conduisant toujours plus loin. Ainsi se développe un processus dynamique qui va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme.
C'est pourquoi un cheminement pédagogique de croissance est nécessaire pour que les fidèles, les familles et les peuples, et même la civilisation, à partir de ce qu'ils ont déjà reçu du mystère du Christ, soient patiemment conduits plus loin, jusqu'à une conscience plus riche et à une intégration plus pleine de ce mystère dans leur vie.
Le cadre de lecture est théologique

Familiaris consortio paragraphe 34 Le cadre est plus pastoral
Les époux, dans la sphère de leur vie morale, sont eux aussi appelés à cheminer sans se lasser, soutenus par le désir sincère et agissant de mieux connaître les valeurs garanties et promues par la loi divine, avec la volonté de les incarner de façon droite et généreuse dans leurs choix concrets. Ils ne peuvent toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles. «C'est pourquoi ce qu'on appelle la "loi de gradualité" ou voie graduelle ne peut s'identifier à la "gradualité de la loi», comme s'il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d'une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté»(95). De même il appartient à la pédagogie de l'Église de faire en sorte que, avant tout, les conjoints reconnaissent clairement la doctrine d'Humanae vitae comme norme pour l'exercice de la sexualité et s'attachent sincèrement à établir les conditions nécessaires à son observation.
Jean-Paul 2 dira également que la loi est sempre pro sempre c'est à dire toujours et pour toujours;

Désolé c'est un peu du brut!!

Mais le plus important me semble t il c'est qu'avec la loi de gradualité on rentre dans ce mouvement de conversion permanente qui grâce à la miséricorde de notre Seigneur nous permet d'avancer.

Bien à vous
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Antoine Marie
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par Antoine Marie »

PaxetBonum a écrit :
Brindille a écrit : La "Loi de la Gradualité" me semble en fait que du bon sens ...
M'est avis aussi
Brindille a écrit :Ce qui est intéressant par contre, c'est qu'avec votre exemple du préservatif, cette Loi de la Gradualité s'applique AUSSI à l'Eglise !!
Non ce n'est pas l'Eglise qui se l'applique, l'Eglise ne déroge pas dans son discours de Vérité
Elle indique et indiquera toujours que la sexualité détournée de son but n'est pas la Vérité
Mais elle encourage les hommes faibles à suivre ce chemin, parfois tortueux, pour atteindre cette Vérité
Ce n'est pas l'Eglise qui gradue la Vérité, c'est l'homme qui gradue sa réponse pour atteindre La réponse
L'Eglise donne le cap, l'idéal à atteindre.
Ensuite chaque Homme doit poser les actes nécessaires pour atteindre ce but selon l'état dans lequel il est.
Si on reçoit la Lumière de Dieu brusquement, on peut être très loin de cette lumière, et incapable de faire des pas de géant.
Il faut alors procéder par étapes successives, de moins en moins mauvaises, pour arriver à la sainteté.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Jn 1, 4
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Re: la Loi de la Gradualité

Message non lu par PaxetBonum »

Une sorte de loi du moindre mal qui doit absolument aboutir au plus grand Bien en quelque sorte…

"Du bon sens, ma p'tite dame, vous dis-je !
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