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Messe pour le martyre de Thomas More

Publié : lun. 22 juin 2009, 14:42
par etienne lorant
"Qui voudra garder sa vie pour soi la perdra et qui la perdra à cause de moi la sauvera"

C'est l'Evangile qui a été lu ce matin dans ma paroisse à l'occasion de la fête de saint Thomas More qui, sans avoir cherché les honneurs, devint "Chancelier de la Couronne" en Angleterre. Mais lorsqu'Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn, et qu'il prétendit devant l'opposition formelle du pape, se proclamer chef de l'Eglise d'Angleterre, Thomas More blâma la conduite de son suzerain. Après avoir refusé par deux fois de prêter le serment par lequel il devait reconnaître Anne Boleyn comme épouse légitime du roi et rejeter l'autorité du pape, il fut emprisonné à la Tour de Londres, tomba malade, n'en continua pas moins à travailler, et fut condamné à la décapitation après un simulacre de procès. Au pied de l'échafaud, il récita pieusement le Miserere, demanda de l'aide pour monter sur l'échafaud: «Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m'en tirerai bien tout seul.» Il embrassa son bourreau: «Courage, mon brave, n'aie pas peur, mais comme j'ai le cou très court, attention! il y va de ton honneur.» Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche. (Résumé du texte de "L'Evangile au Quotidien")

La formulation "Qui voudra garder sa vie pour soi" m'est moins connue que celle qui dit: "Celui qui voudra sauver sa vie la perdra", mais la première explicite bien la seconde et c'est pour cette raison aussi que je rapporte le récit de la vie de Thomas More. Voici un homme que les honneurs et la position sociale n'ont pas dupé, qui a gardé le cap de bout en bout. Or, s'il n'existe personne parmi nous qui s'estime en mesure de faire comme lui, il n'en faut pas moins croire que nous en serions capables. Quand une grave épreuve survient, le premier mouvement est instinctif et nous pousse à choisir la porte de sortie, l'échappatoire. A défaut d'une telle esquive, il reste le gémissement sur soi, la lamentation et même une sorte de révolte contenue à l'égard de Dieu... Rien ne permet de dire que Thomas More n'ait pas traversé des moments de profonde angoisse ou de révolte. Mais ce que nous savons, par contre, c'est qu'il est allé jusqu'au bout.

Le prêtre nous a dit qu'il accueillit l'annonce de son martyre "comme une grâce insigne"... et je le crois. Je crois que cette grâce descend du ciel exactement comme la colombe que Jean-le-Baptiste a vu descendre sur Jésus à son baptême. C'est une grâce, c'est une révélation et c'est aussi l'annonce de la délivrance prochaine.

Je connais nombre de membres de ce forum qui peinent dans leur vie professionnelle sous la coupe de supérieurs sans scrupules. Je les admire sans restriction. C'est une lutte que j'ai rencontrée dès ma première année de vie professionnelle - et dont je n'ai pas voulu... J'ai perdu mes deux premiers emplois pour la raison que je n'ai pas pu garder ma langue dans ma poche. Deux fois, j'ai dit tout ce que j'avais sur le coeur sans me soucier du grade de la personne à qui je m'adressais, et je me suis retrouvé à la porte.... mais il faut bien préciser que je n'avais à charge ni femme ni enfant, et que si c'était à refaire, je n'aurais sans doute pas le même franc-parler ! Par contre, il m'est survenu une épreuve dans laquelle j'ai été contraint de me défendre en demeurant vigilant à tout instant, et je sais dans quelles "transes" on se retrouve parfois, face à des accusations dont il est difficile de prouver la fausseté d'emblée: on souffre beaucoup. Quand on ne se sent pas sali, corrompu, il arrive qu'on s'en prenne à ses proches de façon très injuste (en tout cas çà m'est arrivé à moi).

Ce que je veux dire par là, c'est que la foi ne mène pas droit au martyre ni à une vie difficile dans laquelle les nerfs sont mis à rude épreuve. Ce qui se passe, c'est qu'une fois reçu l'appel de Dieu, les grâces nous sont données au fur et à mesure pour avancer dans l'existence en demeurant fidèle à l'exemple que le Christ nous a donné. Ce désir de fidélité à l'Esprit qui nous habite, voilà qui nous pousse déjà à ne pas garder nos vies pour nous-mêmes.

"Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous donnerai du repos..." Cette seconde Parole correspond très bien à celle de l'Evangile de ce matin, que j'ai choisie pour le partage. Car Jésus est doux et humble de coeur, et c'est cependant lui, le seul homme sans péché qui aurait pu jeter la première pierre sur la femme adultère condamnée par tous.

St Thomas More (22/6)

Publié : lun. 22 juin 2009, 14:48
par etienne lorant
SAINT THOMAS MORE
Martyr
(1487-1535)

Saint Thomas More naquit à Londres, le 7 février 1478. Son père remplissait la fonction de juge, dans la capitale. Thomas passa quelques-unes de ses premières années en qualité de page, au service du cardinal Morton, alors archevêque de Cantorbéry et chancelier d'Angleterre. A l'âge de quatorze ans, il alla étudier à Oxford où il fit de sérieuses études juridiques et suivit les conférences sur la Cité de Dieu, de saint Augustin.

En 1501, Thomas More était reçu avocat et élu membre du Parlement trois ans plus tard. Après quelques années de mariage, il perdit sa femme et demeura seul avec ses quatre enfants: trois filles et un fils. Il ne se remariera que beaucoup plus tard, avec une veuve. En père vigilant, il veillait à ce que Dieu restât le centre de la vie de ses enfants. Le soir, il récitait la prière avec eux; aux repas, une de ses filles lisait un passage de l'Ecriture Sainte et on discutait ensuite sur le texte en conversant gaiement. Jamais la science, ni la vertu, ne prirent un visage austère dans sa demeure; sa piété n'en était cependant pas moins profonde. Saint Thomas More entendait la messe tous les jours; en plus de ses prières du matin et du soir, il récitait les psaumes quotidiennement.

Sa valeur le fit nommer Maître des Requêtes et conseiller privé du roi. En 1529, Thomas More remplaça le défunt cardinal Wolsey dans la charge de Lord chancelier. Celui qui n'avait jamais recherché les honneurs ni désiré une haute situation se trouvait placé au sommet des dignités humaines. Les succès, pas plus que les afflictions, n'eurent de prise sur sa force de caractère.

Lorsqu'Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn, et qu'il prétendit devant l'opposition formelle du pape, se proclamer chef de l'Eglise d'Angleterre, saint Thomas More blâma la conduite de son suzerain. Dès lors, les bonnes grâces du roi se changèrent en hostilité ouverte contre lui. Le roi le renvoya sans aucune ressource, car saint Thomas versait au fur à mesure tous ses revenus dans le sein des pauvres. Le jour où il apprit que ses granges avaient été incendiées, il écrivit à sa femme de rendre grâces à Dieu pour cette épreuve.

Le 12 avril 1554, l'ex-chancelier fut invité à prononcer le serment qui reconnaissait Anne Boleyn comme épouse légitime et rejetait l'autorité du pape. Saint Thomas rejeta noblement toute espèce de compromis avec sa conscience et refusa de donner son appui à l'adultère et au schisme.

Après un second refus réitéré le 17 avril, on l'emprisonna à la Tour de Londres. Il vécut dans le recueillement et la prière durant les quatorze mois de son injuste incarcération. Comme il avait fait de toute sa vie une préparation à l'éternité, la sérénité ne le quittait jamais. Il avoua bonnement: «Il me semble que Dieu fait de moi son jouet et qu'Il me berce.»

L'épreuve de la maladie s'ajouta bientôt à celle de la réclusion. Devenu semblable à un squelette, il ne cessa cependant de travailler en écrivant des traités moraux, un traité sur la Passion, et même de joyeuses satires. L'intensité de sa prière conservait sa force d'âme: «Donne-moi Ta grâce, Dieu bon, pour que je compte pour rien le monde et fixe mon esprit sur Toi.» Il disait à sa chère fille Marguerite: «Si je sens la frayeur sur le point de me vaincre, je me rappellerai comment un souffle de vent faillit faire faire naufrage à Pierre parce que sa foi avait faibli. Je ferai donc comme lui, j'appellerai le Christ à mon secours.»

On accusa saint Thomas More de haute trahison parce qu'il niait la suprématie spirituelle du roi. Lorsque le simulacre de jugement qui le condamnait à être décapité fut terminé, le courageux confesseur de la foi n'eut que des paroles de réconfort pour tous ceux qui pleuraient sa mort imminente et injuste. A la foule des spectateurs, il demanda de prier pour lui et de porter témoignage qu'il mourait dans la foi et pour la foi de la Sainte Église catholique. Sir Kingston, connu pour son coeur impitoyable, lui fit ses adieux en sanglotant. Il récita pieusement le Miserere au pied de l'échafaud. Il demanda de l'aide pour monter sur l'échafaud: «Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m'en tirerai bien tout seul.» Il embrassa son bourreau: «Courage, mon brave, n'aie pas peur, mais comme j'ai le cou très court, attention! il y va de ton honneur.» Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche.

Béatifié par Léon XIII le 29 décembre 1886, sa canonisation eut lieu le 19 mai 1935.



Tiré de: Frères des Ecoles Chrétiennes, Vies des Saints, Edition 1932, p. 234-235

Re: St Thomas Moore (22/6)

Publié : lun. 22 juin 2009, 16:28
par Diahloquèt
Thomas More (7 février 1478 – 6 juillet 1535 )
Bon mari, bon père de famille, esprit érudit et éclairé - il fut juriste, historien, philosophe, théologien et homme politique -, grand ami d'Érasme, philanthrope, croyant à la foi éclairée et solide, Thomas More a porté et épanoui très haut toutes les qualités humaines, y ajoutant encore l'humour.
De ses nombreux écrits, le plus connu reste un essai politique et social "L'Utopie" par lequel Thomas More nous lègue sa vision d'un monde idéal - où justice, tolérance et discipline seraient au service d'une liberté heureuse -, et un néologisme dont notre langage courant ne saurait à présent se passer !

Le pape Jean-Paul II l'a proclamé, en 2000, patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques .


"De la Richesse en Utopie" (extraits des pages 56 à 58)
[...] les Utopiens ont toujours à leur disposition d'immenses trésors ; mais loin de les conserver avec une espèce de culte religieux, comme font les autres peuples, ils les emploient à des usages que j'ose à peine vous faire connaître. Je crains fort de vous trouver incrédules, car je vous avoue franchement que, si je n'avais pas vu la chose, je ne la croirais pas sur parole. Cela est très naturel ; plus les coutumes étrangères sont opposées aux nôtres, moins nous sommes disposés à y croire. [...]

En Utopie, l'on ne se sert jamais d'espèces monnayées, dans les transactions mutuelles ; on les réserve pour les événements critiques dont la réalisation est possible, quoique très incertaine. L'or et l'argent n'ont pas, en ce pays, plus de valeur que celle que la nature leur a donnée ; l'on y estime ces deux métaux bien au dessous du fer, aussi nécessaire à l'homme, que l'eau et le feu. En effet, l'or et l'argent n'ont aucune vertu, aucun usage, aucune propriété dont la privation soit un inconvénient naturel et véritable. C'est la folie humaine qui a mis tant de prix à leur rareté. La nature, cette excellente mère, les a enfouis à de grandes profondeurs, comme des productions inutiles et vaines, tandis qu'elle expose à découvert l'air, l'eau, la terre et tout ce qu'il y a de bon et de réellement utile.

Les Utopiens ne renferment pas leurs trésors dans des tours, ou dans d'autres lieux fortifiés et inaccessibles ; le vulgaire, par une folle malice, pourrait soupçonner le prince et le sénat de tromper le peuple et de s'enrichir en pillant la fortune publique. L'on ne fabrique avec l'or et l'argent ni vases ni ouvrages artistement travaillés. Car s'il fallait un jour les fondre, pour payer l'armée en cas de guerre, ceux qui auraient mis leur affection en leurs délices dans ces objets d'art et de luxe éprouveraient en les, perdant une amère douleur.

Afin d'obvier à ces inconvénients, les Utopiens ont imaginé un usage parfaitement en harmonie avec le reste de leurs institutions, mais en complet désaccord avec celles de notre continent, où l'or est adoré comme un dieu, recherché comme le souverain bien. Ils mangent et boivent dans de la vaisselle d'argile ou de verre, de forme élégante, mais de minime valeur ; l'or et l'argent sont destinés aux plus vils usages, soit dans les hôtels communs, soit dans les maisons particulières ; on en fait même des vases de nuit. L'on en forge aussi des chaînes et des entraves pour les esclaves, et des marques d'opprobre pour les condamnés qui ont commis des crimes infâmes. Ces derniers ont des anneaux d'or aux doigts et aux oreilles, un collier d'or au cou, un frein d'or à la tête.

Ainsi tout concourt à tenir l'or et l'argent en ignominie. Chez les autres peuples, la perte de la fortune est une souffrance aussi cruelle qu'un déchirement d'entrailles ; mais quand on enlèverait à la nation utopienne toutes ses immenses richesses, personne ne semblerait avoir perdu un sou.

Les Utopiens recueillent des perles sur le bord de la mer, des diamants et des pierres précieuses dans certains rochers. Sans aller à la recherche de ces objets rares, ils aiment à polir ceux que le hasard leur présente, afin d'en parer les petits enfants. Ces derniers sont d'abord tout fiers de porter ces ornements ; mais, à mesure qu'ils grandissent, ils s'aperçoivent bientôt que ces frivolités ne conviennent qu'aux enfants les plus jeunes. Alors ils n'attendent pas l'avertissement paternel ; ils se débarrassent de cette parure d'eux-mêmes et par amour-propre. C'est ainsi que chez nous les enfants, en grandissant, délaissent peu à peu boules et poupées.

Ces institutions, si différentes de celles des autres peuples, gravent dans le cœur de l'Utopien des sentiments et des idées entièrement contraires aux nôtres. Je fus singulièrement frappé de cette différence à l'occasion d'une ambassade anémolienne.

Les envoyés d'Anémolie vinrent à Amaurote pendant que j'y étais ; et comme ils devaient traiter d'affaires de haute importance, le sénat s'était réuni dans la capitale et les y attendait. Jusqu'alors, les ambassadeurs des nations limitrophes, qui étaient venus en Utopie, y avaient mené le train le plus simple et le plus modeste, parce que les mœurs utopiennes leur étaient parfaitement connues. Ils savaient que le luxe de la parure n'était là d'aucune valeur, que la soie y était méprisée, et l'or une chose infâme.

Mais les Anémoliens, beaucoup plus éloignés de l'île, avaient eu fort peu de relations avec elle. Apprenant donc que les habitants y étaient vêtus d'une façon grossière et uniforme, ils se persuadèrent que cette extrême simplicité était causée par la misère. Et, plus vaniteux que sages, ils résolurent de se présenter avec une magnificence digne d'envoyés célestes, et de frapper les yeux de ces misérables insulaires par l'éclat d'un faste éblouissant.

Les trois ministres, qui étaient de grands seigneurs en Anémolie, firent donc leur entrée suivis de cent personnes vêtues d'habits de soie de diverses couleurs. Les ambassadeurs eux-mêmes avaient un costume riche et somptueux ; ils portaient un habit de drap d'or, des colliers et des boucles d'oreilles en or, des anneaux d'or aux doigts, et des garnitures à leurs chapeaux étincelantes de pierreries. Enfin, ils étaient couverts de ce qui fait en Utopie le supplice de l'esclave, la marque honteuse de l'infamie, le jouet du petit enfant.

C'était chose plaisante à voir que l'orgueilleuse satisfaction des ambassadeurs et des gens de leur suite, comparant le luxe de leur parure à la mise simple et négligée du peuple utopien répandu en foule sur leur passage. D'un autre côté, il n'était pas moins curieux d'observer, à l'attitude de la population, combien ces étrangers se trompaient dans leur attente, combien ils étaient loin d'exciter l'estime et les honneurs qu'ils s'étaient promis.

A part un petit nombre d'Utopiens qui avaient voyagé à l'extérieur pour de graves motifs, tous les autres regardaient en pitié cet appareil somptueux ; ils saluaient les plus bas valets du cortège, les prenant pour les ambassadeurs, et laissaient passer les ambassadeurs sans y faire plus attention qu'à des valets ; car ils les voyaient chargés de chaînes d'or comme leurs esclaves.

Les enfants, qui avaient déjà quitté les diamants et les perles, et qui les apercevaient aux chapeaux des ambassadeurs, poussaient leurs mères, en disant :
« Vois donc ce grand fripon qui porte encore des pierreries, comme s'il était tout petit. »
Et les mères de répondre sérieusement :
« Taisez-vous, mon fils, c'est, je pense, un des bouffons de l'ambassade. »

[...]

[Les Utopiens] s'étonnent aussi qu'un riche, à intelligence de plomb, stupide comme la bûche, également sot et immoral, tienne sous sa dépendance une foule d'hommes sages et vertueux, parce que la fortune lui a abandonné quelques piles d'écus. [...]

Il est une autre folie que les Utopiens détestent encore plus, et qu'ils conçoivent à peine ; c'est la folie de ceux qui rendent des honneurs presque divins à un homme parce qu'il est riche, sans être néanmoins ni ses débiteurs ni ses obligés. [...]


... ... à lire, on a du mal à croire que L'Utopie date de ... 1516 !
--- ne la croirait-on pas écrite... aujourd'hui !?...!!



http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Class ... index.html

Re: St Thomas Moore (22/6)

Publié : lun. 22 juin 2009, 16:38
par Diahloquèt
Des Religions en Utopie (page 86)

Les Utopiens mettent au nombre de leurs institutions les plus anciennes celle qui prescrit de ne faire tort à personne pour sa religion. Utopus, à l'époque de la fondation de l'empire, avait appris qu'avant son arrivée, les indigènes étaient en guerre continuelle au sujet de la religion. Il avait aussi remarqué que cette situation du pays lui en avait puissamment facilité la conquête, parce que les sectes dissidentes, au lieu de se réunir en masse, combattaient isolées et à part. Dès qu'il fut victorieux et maître, il se hâta de décréter la liberté de religion. Cependant, il ne proscrivit pas le prosélytisme qui propage la foi au moyen du raisonnement, avec douceur et modestie ; qui ne cherche pas à détruire par la force brutale la religion contraire, s'il ne réussit pas à persuader ; qui enfin n'emploie ni la violence, ni l'injure. Mais l'intolérance et le fanatisme furent punis de l'exil ou de l'esclavage.

Utopus, en décrétant la liberté religieuse, n'avait pas seulement en vue le maintien de la paix que troublaient naguère des combats continuels et des haines implacables, il pensait encore que l'intérêt de la religion elle-même commandait une pareille mesure. Jamais il n'osa rien statuer témérairement en matière de foi, incertain si Dieu n'inspirait pas lui-même aux hommes des croyances diverses, afin d'éprouver, pour ainsi dire, cette grande multitude de cultes variés. Quant à l'emploi de la violence et des menaces pour contraindre un autre à croire comme soi, cela lui parut tyrannique et absurde. Il prévoyait que si toutes les religions étaient fausses, à l'exception d'une seule, le temps viendrait où, à l'aide de la douceur et de la raison, la vérité se dégagerait elle-même, lumineuse et triomphante, de la nuit de l'erreur.

Au contraire, lorsque la controverse se fait en tumulte et les armes à la main, comme les plus méchants hommes sont les plus entêtés, il arrive que la meilleure et la plus sainte religion finit par être enterrée sous une foule de superstitions vaines, ainsi qu'une belle moisson sous les ronces et les broussailles. Voilà pourquoi Utopus laissa à chacun liberté entière de conscience et de foi.

... ... ...


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Re: St Thomas Moore (22/6)

Publié : lun. 22 juin 2009, 17:09
par Diahloquèt
MOTU PROPRIO
POUR LA PROCLAMATION DE SAINT THOMAS MORE
COMME PATRON DES RESPONSABLES DE GOUVERNEMENT
ET DES HOMMES POLITIQUES


JEAN-PAUL II

EN PERPÉTUELLE MÉMOIRE
1. De la vie et du martyre de saint Thomas More se dégage un message qui traverse les siècles et qui parle aux hommes de tous temps de la dignité inaliénable de la conscience, dans laquelle, comme le rappelle le Concile Vatican II, réside «le centre le plus secret de l’homme et le sanctuaire où il est seul avec Dieu dont la voix se fait entendre dans ce lieu le plus intime» (Gaudium et spes, n. 16). Quand l’homme et la femme écoutent le rappel de la vérité, la conscience oriente avec sûreté leurs actes vers le bien. C’est précisément pour son témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir, rendu jusqu’à l’effusion du sang, que saint Thomas More est vénéré comme exemple permanent de cohérence morale. Même en dehors de l’Église, particulièrement parmi ceux qui sont appelés à guider les destinées des peuples, sa figure est reconnue comme source d’inspiration pour une politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine.

Certains Chefs d’État et de gouvernement, de nombreux responsables politiques, quelques Conférences épiscopales et des évêques individuellement m’ont récemment adressé des pétitions en faveur de la proclamation de saint Thomas More comme Patron des Responsables de gouvernement et des hommes politiques. Parmi les signataires de la demande, on trouve des personnalités de diverses provenances politiques, culturelles et religieuses, ce qui témoigne d’un intérêt à la fois vif et très répandu pour la pensée et le comportement de cet insigne homme de gouvernement.

[... ]

Universellement estimé pour son indéfectible intégrité morale, pour la finesse de son intelligence, pour son caractère ouvert et enjoué, pour son érudition extraordinaire, en 1529, à une époque de crise politique et économique dans le pays, il fut nommé par le roi Chancelier du Royaume. Premier laïc à occuper cette charge, Thomas fit face à une période extrêmement difficile, s’efforçant de servir le roi et le pays. Fidèle à ses principes, il s’employa à promouvoir la justice et à endiguer l’influence délétère de ceux qui poursuivaient leur propre intérêt au détriment des plus faibles.

[...]

4. De nombreuses raisons militent en faveur de la proclamation de saint Thomas More comme Patron des Responsables de gouvernement et des hommes politiques. Entre autres, le besoin ressenti par le monde politique et administratif d’avoir des modèles crédibles qui indiquent le chemin de la vérité en une période historique où se multiplient de lourds défis et de graves responsabilités. Aujourd’hui, en effet, des phénomènes économiques fortement innovateurs sont en train de modifier les structures sociales; d’autre part, les conquêtes scientifiques dans le secteur des biotechnologies renforcent la nécessité de défendre la vie humaine sous toutes ses formes, tandis que les promesses d’une société nouvelle, proposées avec succès à une opinion publique déconcertée, requièrent d’urgence des choix politiques clairs en faveur de la famille, des jeunes, des personnes âgées et des marginaux.

Dans ce contexte, il est bon de revenir à l’exemple de saint Thomas More, qui se distingua par sa constante fidélité à l’autorité et aux institutions légitimes, précisément parce qu’il entendait servir en elles non le pouvoir mais l’idéal suprême de la justice. Sa vie nous enseigne que le gouvernement est avant tout un exercice de vertus. [...]
Sa sainteté resplendit dans le martyre, mais elle fut préparée par une vie entière de travail dans le dévouement à Dieu et au prochain.

Mentionnant des exemples semblables de parfaite harmonie entre la foi et les œuvres, j’ai écrit dans l’exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici que «l’unité de la vie des fidèles laïcs est d’une importance extrême : ils doivent en effet se sanctifier dans la vie ordinaire, professionnelle et sociale. Afin qu’ils puissent répondre à leur vocation, les fidèles laïcs doivent donc considérer les activités de la vie quotidienne comme une occasion d’union à Dieu et d’accomplissement de sa volonté, comme aussi de service envers les autres hommes» (n. 17).

[...]

Tel est le but où le conduisit sa passion pour la vérité. On ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale; telle est la lumière qui éclaira sa conscience. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, «l’homme est une créature de Dieu, et c’est pourquoi les droits de l’homme ont en Dieu leur origine, ils reposent dans le dessein de la création et ils entrent dans le plan de la rédemption. On pourrait presque dire, d’une façon audacieuse, que les droits de l’homme sont aussi les droits de Dieu» (Discours du 7 avril 1998 aux participants à la Rencontre universitaire internationale UNIV’98).

Et c’est précisément dans la défense des droits de la conscience que l’exemple de Thomas More brilla d’une lumière intense.

[...]

5 Je suis donc certain que l’élévation de l’éminente figure de saint Thomas More au rang de Patron des Responsables de gouvernement et des hommes politiques pourvoira au bien de la société. C’est là d’ailleurs une initiative qui est en pleine syntonie avec l’esprit du grand Jubilé, qui conduit au troisième millénaire chrétien.

En conséquence, après mûre considération, accueillant volontiers les demandes qui m’ont été adressées, j’établis et je déclare Patron céleste des Responsables de gouvernement et des hommes politiques saint Thomas More, ... ...
Béni et glorifié soit Jésus Christ, Rédempteur de l’homme, hier, aujourd’hui, à jamais.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 31 octobre 2000, en la vingt-troisième année de mon Pontificat.

IOANNES PAULUS PP. II
http://www.vatican.va/holy_father/john_ ... re_fr.html

Re: St Thomas Moore (22/6)

Publié : lun. 22 juin 2009, 18:29
par Diahloquèt
Thomas More -

L'Utopie

"Quand on délibère sur les affaires de l'État au sein d'un royal conseil,
si l'on ne peut pas déraciner de suite les maximes perverses,
ni abolir les coutumes immorales,
ce n'est pas une raison pour abandonner la chose publique.

Le pilote ne quitte pas son navire, devant la tempête,
parce qu'il ne peut maîtriser le vent.

Suivez la route oblique, elle vous conduira plus sûrement au but.
Sachez dire la vérité avec adresse et à propos ;
et si vos efforts ne peuvent servir à effectuer le bien,
qu'ils servent du moins à diminuer l'intensité du mal"
.



"On me reproche de mêler boutades, facéties et joyeux propos aux sujets les plus graves. Avec Horace, j’estime qu’on peut dire la vérité en riant. Sans doute aussi convient-il mieux au laïc que je suis de transmettre sa pensée sur un mode allègre et enjoué, plutôt que sur le mode sérieux et solennel, à la façon des prédicateurs."


Prière « de bonne humeur »
de Saint Thomas More


Seigneur ,
donnez-moi, Seigneur, une bonne digestion
et aussi quelque chose à digérer.

Donnez-moi la santé du corps,
avec le sens qu'il faut pour la garder au mieux.

Donnez-moi une âme saine, Seigneur,
qui conserve devant sa vue ce qui est bon et pur
afin que, voyant le péché, elle ne s'épouvante pas,
mais qu'elle trouve le moyen de redresser la situation.

Donnez-moi une âme qui ne connaisse pas l'ennui,
qui ignore le murmure, le gémissement et le soupir.

Et ne permettez pas que je me fasse trop de souci
pour cette chose encombrante que j'appelle " moi ".

Seigneur, donnez-moi le sens de l'humour,
donnez-moi la Grâce de savoir discerner une plaisanterie
pour que je tire quelque bonheur de la vie
et que j'en fasse part aux autres.


... ... ... ...

Re: 22 juin Saint Thomas More

Publié : ven. 22 juin 2012, 11:33
par ami de la Miséricorde
LITANIES DE SAINT THOMAS MORE

Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

Christ, écoutez-nous

Christ, exaucez-nous

Père Céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous


Sainte Marie, Reine des Martyrs, priez pour nous.

Saint Thomas More, priez pour nous.

Saint Thomas More, fervent adorateur de la Passion du Christ, priez pour nous.

Saint Thomas More, qui avez mis la prière avant toute chose, priez pour nous.

Saint Thomas More, époux et père de famille dévoué, priez pour nous.

Saint Thomas More, défenseur de l'Eglise, priez pour nous.

Saint Thomas More, modèle de l'amitié parfaite, priez pour nous.

Saint Thomas More, imperméable à tout acte de corruption, priez pour nous.

Saint Thomas More, engagé pour le bien de tous commun, priez pour nous.

Saint Thomas More, qui avez fidèlement servi les lois civiles et la loi divine, priez pour nous.

Saint Thomas More, qui aviez toujours les yeux devant la mort, priez pour nous.

Saint Thomas More, qui aviez une conscience aiguë de la brièveté de la vie, priez pour nous.

Saint Thomas More, toujours méfiant face à la prospérité, priez pour nous.

Saint Thomas More, étranger à la vanité de ce monde, priez pour nous.

Saint Thomas More, fervent dévot des Pères de l'Eglise, priez pour nous.

Saint Thomas More, qui détestiez l'oisiveté, priez pour nous.

Saint Thomas More, toujours joyeux et plein d'humour, priez pour nous.

Saint Thomas More, généreux envers tous, priez pour nous.

Saint Thomas More, ami des handicapés mentaux, priez pour nous.

Saint Thomas More, amoureux de la nature et défenseur des animaux, priez pour nous.

Saint Thomas More, Homme de paix renommé, priez pour nous.

Saint Thomas More, étranger à la cupidité, priez pour nous.

Saint Thomas More, juge à l'intégrité irréprochable, priez pour nous.

Saint Thomas More, Protecteur universel des pauvres, priez pour nous.

Saint Thomas More, libérateur des opprimés, Priez pour nous.

Saint Thomas More, martyr courageux qui a donné sa vie par fidélité au Christ et à son Eglise, priez pour nous.

Saint Thomas More, bon serviteur du roi, mais de Dieu en premier lieu, priez pour nous.

Saint Thomas More, Saint Patron des hommes politiques, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur


Priez pour nous, saint Thomas More,

Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ

Prions

O Seigneur notre Dieu, Vous avez donné à Saint Thomas More le courage de rester fidèle à sa conscience, formée par l'enseignement de Votre sainte Église catholique; nous Vous demandons de nous donner le courage de suivre ses traces, en plaçant la prière avant toutes chose, et le courage de rester fidèle au Christ et à son Église jusqu'à la fin, pour que nous puissions obtenir la récompense éternelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.


Source : imagessaintes.canalblog.com


PRIERE
Seigneur bon
de Saint Thomas More


Dieu tout-puissant,
écarte de moi toute préoccupation de vanité,
tout désir d'être loué,
tout sentiment d'envie, de gourmandise,
de paresse et de luxure,
tout mouvement de colère,
tout appétit de vengeance,
tout penchant à souhaiter du mal à autrui
ou à m'en réjouir,
tout plaisir à provoquer la colère,
toute satisfaction que je pourrais éprouver
à admonester qui que ce soit
dans son affliction et son malheur.
Rends-moi, Seigneur bon,
humble et effacé, calme et paisible,
charitable et bienveillant, tendre et compatissant.
Qu'il y ait dans toutes mes actions,
dans toutes mes paroles,
et dans toute mes pensées,
un goût de ton Esprit saint et béni.
Accorde-moi, Seigneur bon, une foi pleine,
une ferme espérance
et une charité fervente;
un amour pour toi, Seigneur bon,
qui dépasse incomparablement
mon amour pour moi-même;
aide-moi à n'aimer rien contre ton gré,
mais toute chose en fonction de toi…
Chasse de moi, Seigneur bon,
Cette tiédeur que j'éprouve dans la méditation,
et mon manque de goût à te prier.
Accorde-moi d'être rempli de chaleur,
joyeux et vibrant, lorsque je pense à toi.
Fais-moi la grâce
de désirer tes sacrements avec ardeur,
et de prendre joie en ta présence
dans le Saint Sacrement de l'autel.
Seigneur bon, fais de nous tous, chaque jour,
Des membres vivants de ton Corps mystique,
Ton Église.

Source : spiritualit2000.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Re: 22 juin Saint Thomas More

Publié : sam. 22 juin 2013, 13:10
par ami de la Miséricorde
L’utopie
ou Le Traité de la meilleure forme
de gouvernement (1516)


http://classiques.uqac.ca/classiques/Mo ... homas.html

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde