Messe pour le martyre de Thomas More
Publié : lun. 22 juin 2009, 14:42
"Qui voudra garder sa vie pour soi la perdra et qui la perdra à cause de moi la sauvera"
C'est l'Evangile qui a été lu ce matin dans ma paroisse à l'occasion de la fête de saint Thomas More qui, sans avoir cherché les honneurs, devint "Chancelier de la Couronne" en Angleterre. Mais lorsqu'Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn, et qu'il prétendit devant l'opposition formelle du pape, se proclamer chef de l'Eglise d'Angleterre, Thomas More blâma la conduite de son suzerain. Après avoir refusé par deux fois de prêter le serment par lequel il devait reconnaître Anne Boleyn comme épouse légitime du roi et rejeter l'autorité du pape, il fut emprisonné à la Tour de Londres, tomba malade, n'en continua pas moins à travailler, et fut condamné à la décapitation après un simulacre de procès. Au pied de l'échafaud, il récita pieusement le Miserere, demanda de l'aide pour monter sur l'échafaud: «Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m'en tirerai bien tout seul.» Il embrassa son bourreau: «Courage, mon brave, n'aie pas peur, mais comme j'ai le cou très court, attention! il y va de ton honneur.» Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche. (Résumé du texte de "L'Evangile au Quotidien")
La formulation "Qui voudra garder sa vie pour soi" m'est moins connue que celle qui dit: "Celui qui voudra sauver sa vie la perdra", mais la première explicite bien la seconde et c'est pour cette raison aussi que je rapporte le récit de la vie de Thomas More. Voici un homme que les honneurs et la position sociale n'ont pas dupé, qui a gardé le cap de bout en bout. Or, s'il n'existe personne parmi nous qui s'estime en mesure de faire comme lui, il n'en faut pas moins croire que nous en serions capables. Quand une grave épreuve survient, le premier mouvement est instinctif et nous pousse à choisir la porte de sortie, l'échappatoire. A défaut d'une telle esquive, il reste le gémissement sur soi, la lamentation et même une sorte de révolte contenue à l'égard de Dieu... Rien ne permet de dire que Thomas More n'ait pas traversé des moments de profonde angoisse ou de révolte. Mais ce que nous savons, par contre, c'est qu'il est allé jusqu'au bout.
Le prêtre nous a dit qu'il accueillit l'annonce de son martyre "comme une grâce insigne"... et je le crois. Je crois que cette grâce descend du ciel exactement comme la colombe que Jean-le-Baptiste a vu descendre sur Jésus à son baptême. C'est une grâce, c'est une révélation et c'est aussi l'annonce de la délivrance prochaine.
Je connais nombre de membres de ce forum qui peinent dans leur vie professionnelle sous la coupe de supérieurs sans scrupules. Je les admire sans restriction. C'est une lutte que j'ai rencontrée dès ma première année de vie professionnelle - et dont je n'ai pas voulu... J'ai perdu mes deux premiers emplois pour la raison que je n'ai pas pu garder ma langue dans ma poche. Deux fois, j'ai dit tout ce que j'avais sur le coeur sans me soucier du grade de la personne à qui je m'adressais, et je me suis retrouvé à la porte.... mais il faut bien préciser que je n'avais à charge ni femme ni enfant, et que si c'était à refaire, je n'aurais sans doute pas le même franc-parler ! Par contre, il m'est survenu une épreuve dans laquelle j'ai été contraint de me défendre en demeurant vigilant à tout instant, et je sais dans quelles "transes" on se retrouve parfois, face à des accusations dont il est difficile de prouver la fausseté d'emblée: on souffre beaucoup. Quand on ne se sent pas sali, corrompu, il arrive qu'on s'en prenne à ses proches de façon très injuste (en tout cas çà m'est arrivé à moi).
Ce que je veux dire par là, c'est que la foi ne mène pas droit au martyre ni à une vie difficile dans laquelle les nerfs sont mis à rude épreuve. Ce qui se passe, c'est qu'une fois reçu l'appel de Dieu, les grâces nous sont données au fur et à mesure pour avancer dans l'existence en demeurant fidèle à l'exemple que le Christ nous a donné. Ce désir de fidélité à l'Esprit qui nous habite, voilà qui nous pousse déjà à ne pas garder nos vies pour nous-mêmes.
"Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous donnerai du repos..." Cette seconde Parole correspond très bien à celle de l'Evangile de ce matin, que j'ai choisie pour le partage. Car Jésus est doux et humble de coeur, et c'est cependant lui, le seul homme sans péché qui aurait pu jeter la première pierre sur la femme adultère condamnée par tous.
C'est l'Evangile qui a été lu ce matin dans ma paroisse à l'occasion de la fête de saint Thomas More qui, sans avoir cherché les honneurs, devint "Chancelier de la Couronne" en Angleterre. Mais lorsqu'Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn, et qu'il prétendit devant l'opposition formelle du pape, se proclamer chef de l'Eglise d'Angleterre, Thomas More blâma la conduite de son suzerain. Après avoir refusé par deux fois de prêter le serment par lequel il devait reconnaître Anne Boleyn comme épouse légitime du roi et rejeter l'autorité du pape, il fut emprisonné à la Tour de Londres, tomba malade, n'en continua pas moins à travailler, et fut condamné à la décapitation après un simulacre de procès. Au pied de l'échafaud, il récita pieusement le Miserere, demanda de l'aide pour monter sur l'échafaud: «Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m'en tirerai bien tout seul.» Il embrassa son bourreau: «Courage, mon brave, n'aie pas peur, mais comme j'ai le cou très court, attention! il y va de ton honneur.» Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche. (Résumé du texte de "L'Evangile au Quotidien")
La formulation "Qui voudra garder sa vie pour soi" m'est moins connue que celle qui dit: "Celui qui voudra sauver sa vie la perdra", mais la première explicite bien la seconde et c'est pour cette raison aussi que je rapporte le récit de la vie de Thomas More. Voici un homme que les honneurs et la position sociale n'ont pas dupé, qui a gardé le cap de bout en bout. Or, s'il n'existe personne parmi nous qui s'estime en mesure de faire comme lui, il n'en faut pas moins croire que nous en serions capables. Quand une grave épreuve survient, le premier mouvement est instinctif et nous pousse à choisir la porte de sortie, l'échappatoire. A défaut d'une telle esquive, il reste le gémissement sur soi, la lamentation et même une sorte de révolte contenue à l'égard de Dieu... Rien ne permet de dire que Thomas More n'ait pas traversé des moments de profonde angoisse ou de révolte. Mais ce que nous savons, par contre, c'est qu'il est allé jusqu'au bout.
Le prêtre nous a dit qu'il accueillit l'annonce de son martyre "comme une grâce insigne"... et je le crois. Je crois que cette grâce descend du ciel exactement comme la colombe que Jean-le-Baptiste a vu descendre sur Jésus à son baptême. C'est une grâce, c'est une révélation et c'est aussi l'annonce de la délivrance prochaine.
Je connais nombre de membres de ce forum qui peinent dans leur vie professionnelle sous la coupe de supérieurs sans scrupules. Je les admire sans restriction. C'est une lutte que j'ai rencontrée dès ma première année de vie professionnelle - et dont je n'ai pas voulu... J'ai perdu mes deux premiers emplois pour la raison que je n'ai pas pu garder ma langue dans ma poche. Deux fois, j'ai dit tout ce que j'avais sur le coeur sans me soucier du grade de la personne à qui je m'adressais, et je me suis retrouvé à la porte.... mais il faut bien préciser que je n'avais à charge ni femme ni enfant, et que si c'était à refaire, je n'aurais sans doute pas le même franc-parler ! Par contre, il m'est survenu une épreuve dans laquelle j'ai été contraint de me défendre en demeurant vigilant à tout instant, et je sais dans quelles "transes" on se retrouve parfois, face à des accusations dont il est difficile de prouver la fausseté d'emblée: on souffre beaucoup. Quand on ne se sent pas sali, corrompu, il arrive qu'on s'en prenne à ses proches de façon très injuste (en tout cas çà m'est arrivé à moi).
Ce que je veux dire par là, c'est que la foi ne mène pas droit au martyre ni à une vie difficile dans laquelle les nerfs sont mis à rude épreuve. Ce qui se passe, c'est qu'une fois reçu l'appel de Dieu, les grâces nous sont données au fur et à mesure pour avancer dans l'existence en demeurant fidèle à l'exemple que le Christ nous a donné. Ce désir de fidélité à l'Esprit qui nous habite, voilà qui nous pousse déjà à ne pas garder nos vies pour nous-mêmes.
"Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous donnerai du repos..." Cette seconde Parole correspond très bien à celle de l'Evangile de ce matin, que j'ai choisie pour le partage. Car Jésus est doux et humble de coeur, et c'est cependant lui, le seul homme sans péché qui aurait pu jeter la première pierre sur la femme adultère condamnée par tous.