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Le Pass contraception et les chefs d’établissements privés

Publié : dim. 08 mai 2011, 18:08
par katolik
Sur le site http://www.perepiscopus.org/ on indique que Mgr Brouwet, l’évêque auxiliaire de Nanterre et M. de Chaillé, Directeur diocésain de l’enseignement catholique, ont écrit aux chefs d’établissement pour qu’ils ne relaient pas la demande du Conseil régional proposant le Pass contraception.

Extrait : "C’est la raison pour laquelle nous vous demandons de vous abstenir de distribuer ces « Pass contraception » dans nos écoles qui relèvent, dans notre diocèse, du gouvernement pastoral de l’évêque, que votre établissement soit sous tutelle diocésaine ou sous tutelle congréganiste. En revanche, nous vous encourageons à continuer toutes les initiatives que vous avez prises ces dernières années pour éduquer les élèves à une vraie responsabilité dans la relation, à une plus grande maturité affective et sexuelle et à la formation de leur conscience...."

Il faut surtout retenir qu'une étude britannique démontre que l’accès libre et gratuit des mineures à la contraception d’urgence entraîne une hausse des grossesses adolescentes et une prévalence accrue des maladies sexuellement transmissibles dans cette population !
(Vu sur http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/ )

Re: Le Pass contraception

Publié : dim. 08 mai 2011, 22:09
par Yves54
Merci Monseigneur !

Re: Le Pass contraception et les chefs d’établissements priv

Publié : mer. 08 juin 2011, 9:27
par Iulita
Je remonte un peu ce fil pour faire part d'un petit témoignage et quelques réflexions faites hier, quand je n'avais pas encore lu les articles en lien sur ce fil : deux de mes lycéennes sont venues me voir hier pour me demander si je ne délivrais pas des "pass contraception", car l'infirmière était introuvable. Je précise que je suis leur CPE. Non, je ne distribue pas de pass contraception.
Petite histoire de rien, mais qui a soulevé beaucoup d'interrogations, notamment sur la pertinence de ce pass - ou au moins de son usage. Je précise tout de suite que la contraception ne me pose pas de problème en elle-même, que j'ai pris la pillule pendant plus de douze ans (et j'ajoute qu'aucun problème de fécondité n'est apparu. J'ai arrêté de la prendre le jour, non pas où j'ai désiré des enfants, mais où j'ai estimé que mon compagnon et moi pouvions accueillir des enfants au cas où ils se présenteraient. Le vrai désir d'enfant est venu quelques années plus tard). En bref, sur ce plan, je ne suis pas vraiment sur la même longueur d'onde que l'église catholique.
Revenons à nos lycéennes : celle qui m'a posé la question, d'une manière fort peu discrète, dans un couloir, n'était pas la jeune fille concernée, mais elle menait son amie, plus en retrait. Et ce qui est apparu comme une évidence, c'est l'irresponsabilité totale de l'une et de l'autre. Pour le dire tout net, le pass contraception m'est apparu comme la solution de facilité : "j'ai couché ? pas grave, demain, j'irai demander le pass au lycée" "je n'ai pas osé dire non à mon copain ? tanpis, etc..." etc... En d'autres termes, au lieu de "prévenir", on se contente de "guérir" après coup et on ne se pose plus aucune question. Je nuance : les questions, on se les pose toujours à soi, mais on peut plus facilement les occulter si elles présentent un caractère gênant, avec le risque qu'elles vous reviennent en pleine figure plus tard.
Je vois bien que le pass est là pour éviter au maximum que les jeunes filles aient recours à l'avortement (et je me demande dans quelle mesure la décision n'a pas été prise par les autorités publiques uniquement dans le but de faire faire quelques économies à la sécu), mais je ne crois absolument pas à sa vertu éducative. Je le crois même contre-productif. Le pass permet de faire l'économie de visites chez le médecin-gynécologue, donc d'un moyen pour la jeune fille de connaître mieux son corps; il n'incite pas non plus à avoir le courage de refuser des relations sexuelles, au risque que de passer pour une fille coincée; il n'incite pas les garçons à avoir une attitude responsable dans leur relation ("je peux faire l'amour avec ma copine, c'est pas grave, elle ira chercher un pass contraception") puisque la contraception est aux seules mains des filles. La liste n'est pas exhaustive. Bref, comme dit plus haut, c'est la solution de facilité.

Reste une problématique : je suis en zep, la grande majorité de mes lycéennes vivent dans des familles où le poids de la tradition est très lourd, où parler de sexualité est tabou, où la fille se doit d'arriver vierge au mariage mais surtout sans jamais en parler en famille. Une visite chez le gynéco est impensable. Des familles où l'éducation à la relation amoureuse et toutes ses conséquences est impossible puisqu'il est interdit d'en parler, sauf à propos de l'officiel futur mari. Donc, mes jeunes n'apprennent qu'entre eux et à travers les médias populaires. Le mariage du "tout caché" et du "tout facile" me semble désastreux dans l'éducation à l'autonomie et la responsabilité.

A mon petit niveau, j'ai juste décidé de revoir seule la jeune fille qui avait besoin du pass et de prendre le temps de discuter avec elle, en començant par l'écouter, car je ne crois pas que sa copine ait véritablement écouté tout ce qu'elle pouvait avoir à dire (ni sans doute toutes les questions qu'elle doit se poser et qu'on ose pas poser aux copines parce qu'on craint pour sa propre image).

Voilà. Le genre d'expérience qui fait réfléchir et reconsidérer beaucoup de choses.

Re: Le Pass contraception et les chefs d’établissements priv

Publié : mer. 08 juin 2011, 12:56
par Fée Violine
je ne crois absolument pas à sa vertu éducative. Je le crois même contre-productif. Le pass permet de faire l'économie de visites chez le médecin-gynécologue, donc d'un moyen pour la jeune fille de connaître mieux son corps; il n'incite pas non plus à avoir le courage de refuser des relations sexuelles, au risque que de passer pour une fille coincée; il n'incite pas les garçons à avoir une attitude responsable dans leur relation ("je peux faire l'amour avec ma copine, c'est pas grave, elle ira chercher un pass contraception") puisque la contraception est aux seules mains des filles. La liste n'est pas exhaustive.
Autrement dit, c'est encore un pas vers l'aliénation des femmes.
Merci beaucoup, Iulita, pour votre intéressant témoignage.

Re: Le Pass contraception et les chefs d’établissements priv

Publié : mer. 08 juin 2011, 16:42
par Un gentil athée
Bonjour Iulita,

Tout d'abord, je suis grandement d'accord avec votre analyse, mais elle me paraît un peu incomplète. Il y a bien un aspect "prévention", puisque il ne s'agit pas, j'imagine, que de distribuer des pilules du lendemain. Cependant cet aspect "prévention" est mal étudié et traité trop légèrement, comme si la pilule "normale" ou le préservatif avaient réponse à tout, et qu'on pouvait donc se permettre tout et n'importe quoi avec.

Or, évidemment :
- il y a une bonne façon de les utiliser, qui peut passer à la trappe dans les ardeurs du moment...
- même si on les utilise correctement, ils ne sont pas fiable à 100%...
- les relations sexuelles ont souvent (pas toujours néanmoins) des conséquences émotionnelles profondes chez les gens, qui peuvent les blesser psychologiquement, s'ils ne s'y sont pas préparé...

(y'en a qui doivent penser que je suis un peu schizo :s en comparant mon traitement de cette question avec mon traitement de la question de la prostitution : tant pis j'assume :-D tout se tient je vous l'dis, mais il faut savoir analyser les problèmes en faisant à chaque fois la part des choses avec méticulosité et rigueur, en s'extrayant de tout préjugé, qu'il soit "conservateur" ou "progressiste")

Cordialement,
Mikaël

Re: Le Pass contraception et les chefs d’établissements priv

Publié : jeu. 09 juin 2011, 19:44
par Iulita
Un gentil athée a écrit :Bonjour Iulita,

Tout d'abord, je suis grandement d'accord avec votre analyse, mais elle me paraît un peu incomplète. Il y a bien un aspect "prévention", puisque il ne s'agit pas, j'imagine, que de distribuer des pilules du lendemain. Cependant cet aspect "prévention" est mal étudié et traité trop légèrement, comme si la pilule "normale" ou le préservatif avaient réponse à tout, et qu'on pouvait donc se permettre tout et n'importe quoi avec.
C'est exact, le pass ne se réduit pas à la seule pilule du lendemain, contrairement à ce que pouvait laisser croire mon message. Et pour l'obtenir, un entretien est obligatoire avec l'infirmier(e) de l'établissement. Mais dans leur tête, les ados le réduisent à ça tant qu'ils n'en ont pas fait l'expérience (et ils la font souvent quand c'est un peu tard)
Je conviens en outre que mon analyse est vraiment succinte et qu'elle mériterait approfondissement. Mon plus gros défaut, c'est la paresse à ce qu'il parait :cool:
Un gentil athée a écrit : - les relations sexuelles ont souvent (pas toujours néanmoins) des conséquences émotionnelles profondes chez les gens, qui peuvent les blesser psychologiquement, s'ils ne s'y sont pas préparé...
A mon avis, elles en ont toujours, mais ce ne sont pas forcément des blessures (dieu merci ! :p )