C'est ensuite seulement que j'ai rencontré Simone Weil. Ah, Seigneur, merci de m'avoir donné cette amie ! J'en suis amoureux ! Regardez sa photo, comme elle est jolie !

Mais c'est davantage encore par sa rigueur à considérer que le Christ est la vérité qu'elle m'a plu. Encore une amie dans le Seigneur.
Sur ce forum, il y aussi une canadienne qui se reconnaîtra, qui m'a apporté beaucoup et soutenu encore plus qu'elle peut l'imaginer.
Je suis tout frappé de nostalgie, ce soir. J'ai retrouvé ce que j'écrivais en juillet 2008, à un moment où je craignais de perdre ma mère un peu trop tôt après avoir perdu mon père, en avril de la même année :
'Ma pauvre vieille maman, 84 ans, 1m60, 49 kilos se fera opérée d'un "prolapsus" le 30 juillet. Une opération risquée, moins à cause de l'intervention chirurgicale, que de la simple anesthésie... dont elle pourrait bien ne pas se réveiller, ayant le coeur fragile. J'ai d'abord plaidé pour des soins spécialisés en kyné, mais elle était déjà très pressée d'aboutir; puis j'ai tenté de la convaincre d'avoir un autre avis dans une clinique universitaire, mais déjà, la souffrance avait augmenté de manière alarmante. Dans la matinée de mardi, l'ayant trouvée en train de pleurer de douleur, je l'ai fait asseoir et je l'ai transporté aux urgences de la clinique la plus proche. Mais ce sont les vacances n'est-ce pas ? Alors, double dose de Dafalgan et retour à la maison de repos. Nouvelles inquiétudes ce matin: cette fois, elle des douleurs telles qu'elle ne savait plus tenir debout. Retour du médecin, augmentation des doses contre la douleur, mais rien à faire, il faut attendre le 30 du mois...
J'ai donc commencé de prier le Rosaire de la Miséricorde. Entre-temps, je me suis souvenu de ce que m'avait dit le père Verhaeghe, à propos de la souffrance. "Prends ta croix et suis-moi, dit le Seigneur" - mais quelle croix ? Celle-ci ? Non, j'en veux une autre. Non, pas la solitude, pas la maladie, pas la calomnie. Autre chose, une belle croix, quelque chose de doré, doté d'un parfum d'aventure, une croix qui ne soit pas trop lourde. "Mais une croix comme çà, çà n'existe pas, ou alors dans les magasins de jouets, mais qui voudrait d'une croix comme jouet ?" Conclusion de mon vieux directeur: le mieux, c'est d'accepter les croix telles qu'elles se présentent. Dieu n'est pas un bourreau. S'il permet la douleur, il se hâte d'apporter la Joie aussi. Eh bien, je prie que le coeur de ma mère Léa s'ouvre et qu'au moins elle découvre (elle la connaît certainement) la joie de s'offrir à Dieu. Et moi je prie qu'elle souffre moins, de toute manière.'
Et nous voici déjà en 2011. Je me sens si fatigué,parfois... Ah, si cette nuit, je pouvais m'endormir et me réveiller avec les anges, quel repos ! Mais non, il y a encore beaucoup à vivre et à porter. Je n'aurais jamais cru, en 2008, pouvoir perdre autant et recevoir tant de force pour vivre "malgré tout"... Non comme je veux, Père, mais comme Tu veux !
