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Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : ven. 18 mars 2011, 18:59
par Antoine Marie
Bonjour à toutes et à tous,

Viens Esprit Saint !!
Je suis profondément touché par ce que l'Esprit Saint m'a soufflé, à savoir ceci :
Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir.

Excusez-moi, ça paraît totalement simpliste mais dans la religion catholique c'est d'une profondeur incroyable :
Les blessures d'Amour, nous en recevons et nous en donnons, tous.
Dieu, le Christ est l'être qui nous aime le plus et qui a le plus souffert sur cette terre lors de la Passion, entre autres.
Dieu est le seul être que nous pouvons aimer sans risquer qu'il nous fasse souffrir, ainsi que tous les Esprits bienheureux.
Quand on blesse quelqu'un, on prend le risque qu'il nous rende ce mal que nous lui avons fait, consciemment ou non ; quand on blesse Dieu par nos péchés, il nous rend le mal qu'on lui fait en nous faisant...du bien!! Ca s'appelle la Miséricorde.
Les blessures reçues des personnes que nous ne connaissons pas nous affectent moins.
Ceux qui nous ont le plus blessé sont des êtres proches que nous aimons le plus (je fais appel à votre expérience personnelle ici).
A mesure que notre coeur s'ouvre à la dimension du monde, notre compassion augmente.
Ces blessures d'Amour sont celles qui ouvrent notre coeur à la dimension de Dieu : Jésus et Marie ont eu leur coeur transpercé.
La prise de conscience de cette réalité devrait nous inciter à ne pas aimer, or au contraire, c'est le Christ qui nous fait entrer dans le mystère de sa Passion et qui nous pousse à aimer toujours plus.
Les blessures mystiques de Dieu nous portent à l'Amour.
Finalement c'est ça le Paradis : aimer sans plus souffrir, c'est ça l'Enfer : souffrir sans plus aimer, c'est ça le Purgatoire : aimer et souffrir.

Ces blessures nous mettent en position de faiblesse, nous humilient et donnent l'occasion à Dieu de manifester sa force en nous.
Le paradoxe des Béatitudes, c'est celui-là : aimer nous expose, nous rend vulnérable : "Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés".
L'aspect inévitable de ces blessures nous pousse à l'abandon envers Dieu seul.
Le fait que nous provoquions des blessures chez les autres nous invite à l’amour pour eux quand nous constatons la souffrance qu'elle génère sur nous ; autrement dit : le fait de connaître nos blessures nous invite à un profond amour de l'autre (Dieu et nos frères).
Nier nos blessures génère une carapace qui ne laisse pas la place à Dieu et aux autres.
Cela ne veut pas dire qu'il faille vouloir être blessé mais il faut guérir dans la foi que seul Dieu peut nous aimer vraiment et nous guérir.
Oui nous voulons tous aimer et être aimés et nous sommes tous pécheurs : seul Dieu peut aimer en nous parfaitement.
Dieu s'est rendu vulnérable et susceptible de souffrance et de blessures en se faisant un coeur d'Homme blessé.
Personnellement, il n'y a que ce Dieu-là que je puisse aimer.

Les blessures nous rendent humbles. Elles révèlent la fragilité de notre être et la dignité de toute souffrance et de tout être.
Is 53, 5 : "le châtiment qui nous donne la paix a été sur lui, et dans ses blessures, nous trouvons la guérison"
Comment se peut-il que Dieu ait voulu souffrir et nous rejoindre dans nos blessures, lui le Tout-Puissant ?
N'est-ce pas qu'Il est Tout-Aimant ? Oh Mystère insondable de l'Amour de Dieu pour son peuple !
Comme Marie recueillant dans ses bras de mère le corps de Jésus, nous recevons le corps de ceux que nous avons transpercés et que d'autres ont transpercé.

"Comment ne pas te louer :siffle: "

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : sam. 19 mars 2011, 15:15
par Antoine Marie
Viens Esprit Saint !!

L'amour pour le Christ souffrant que Dieu met en nous nous pousse à offrir toutes nos souffrances à celles, infiniment plus grandes, de Notre Seigneur lors de sa Passion. Avec l'Unique Rédempteur, nous devenons des co-rédempteurs en communion avec tous nos frères humains.
Ce que nous pouvons imaginer des blessures, physiques et psychiques, du Christ nous pousse à tout faire pour consoler le Serviteur souffrant. Comme Marie, nous voulons recevoir ce corps blessé tendrement entre nos bras, ce corps qui est la Vie : en recevant ce corps dans notre tendresse, nous recevons sa Vie. Celui que nous voulons consoler est le seul qui puisse vraiment nous consoler dans son immense Miséricorde.
Il est le seul qui ne rend pas le mal pour le mal mais nous comble toujours de bénédictions, même quand nous sommes loin de lui.
"Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés" : car ils pleurent sur leur manque de tendresse pour le Roi des rois et pour l'indifférence du monde pour le coeur Miséricordieux de Notre Seigneur.

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : sam. 19 mars 2011, 19:05
par Antoine Marie
Cette peinture de Fra Angelico est d'une beauté et d'une intensité exceptionnelles.
On y voit la tendresse de Marie, Jean, Madeleine pour le Christ.
Comment ne pas s'imaginer soi-même, si blessé, si aimé par notre Mère du Ciel ?
Comment ne pas s'imaginer soi-même, si tendre pour le Christ, voulant offrir sa vie pour consoler notre sauveur ?

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : dim. 20 mars 2011, 20:35
par mike.adoo
Finalement c'est ça le Paradis : aimer sans plus souffrir, c'est ça l'Enfer : souffrir sans plus aimer, c'est ça le Purgatoire : aimer et souffrir.

Merci , Antoinemarie pour cette définition très belle et très juste .

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 0:30
par Antoine Marie
L'engagement dans une vocation doit être un débordement d'Amour reçu de Dieu et non un moyen de combler un manque, qui finira toujours par objectiver l'autre, voire à objectiver Dieu. Notre incapacité à être heureux et à transmettre la Joie ne dépend pas de nos blessures mais du fait que nous n'accueillons pas pleinement Jésus qui se donne à nous. Car Jésus, si nous le recevons, nous donne la Vie en abondance comme il l'a dit lui-même.

Quand trop blessés nous captons les autres, nous oublions qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir : notre monde est triste de sa blessure car il a désappris à recevoir le Seigneur qui se donne à nous dans l'Eucharistie. Oui recevoir notre Seigneur, être avec lui au plus intime de nous-même est notre Joie. Et le Seigneur nous donnera de la communiquer à foison : c'est la fécondité.

Qui n'a jamais vécu, jeune, une soirée en cherchant à tout prix à trouver la "target" ? Le résultat est connu : on rentre brocouille !! ;) Et oui qui veut d'un aspirateur à tendresse infantile ? Mais si rempli de la confiance et de l'Amour venus du Seigneur on aborde les relations sans être captatif et finalement en attendant rien de spécial, car on a déjà tout reçu de Dieu en abondance, alors là : carton plein si je puis dire.

Abandon : il y a l'abandon négatif qui est le défaut d'Amour reçu et qui provoque nos blessures et nous transforme en bêtes sauvages en quête d'amour frais ; et il y a l'abandon positif qui est synonyme de confiance absolue en Dieu, malgré tout, même le péché car l'espérance nous fait croire que jamais Dieu ne cesse de nous aimer et de nous donner sa Miséricorde.

Suite au prochain épisode !! Bonne nuit :dormir:

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 0:34
par Fée Violine
mike.adoo a écrit :Finalement
c'est ça le Paradis : aimer sans plus souffrir,
c'est ça l'Enfer : souffrir sans plus aimer,
c'est ça le Purgatoire : aimer et souffrir.


Merci , Antoinemarie pour cette définition très belle et très juste .
Oui, excellente définition!

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 1:13
par Antoine Marie
On peut se retrouver à 21 ans un enfant d'une maturité de 12 ans affectivement, avec des manques à combler d'une profondeur infinie, que sur terre personne ne peut combler. Comment atteindre l'Amour absolu dans une vie marquée par la tristesse et les blessures ? Alors c'est l'histoire de Job : "Ne touche pas à sa vie", mais le reste...

Le désert pendant 6 interminables années d'incompréhension, de tristesse, d'exil mais au fond cette Vie qui sourd, la source est bouchée par un épais tas d'ordures, un filet d'eau suinte péniblement. Des relations captatives, un horizon bouché... Les faux prophètes abondent mais l'Esprit veille, on n'a pas Saint Antoine du désert comme patron pour rien (merci !!). Et puis Dieu prend la voix d'une personne qui nous montre que l'on peut être aimé alors que rien ne peut le laisser supposer. Non rien, quand les amis sont à bout, que la vie est un poids. Et pourtant ce baptême, cette empreinte indélébile dont le Seigneur a marqué ses amis.

Ne réveillez pas ma bien-aimée pendant qu'elle dort. Et puis soudain une voix familière : "je suis là, comme je l'ai toujours été, je t'attendais".
Vous connaissez la fin de l'histoire de Job : double ration de bénédictions, pour ne pas dire une infinité car la source déborde.
Mais on n'est pas au bout du chemin. S'abandonner après avoir été abandonné n'est pas facile. Mais des aînés peuvent nous guider. Etre saint c'est vivre d'Amour comme dit la petite Thérèse.

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 13:25
par Antoine Marie
Fée Violine a écrit :
mike.adoo a écrit :Finalement
c'est ça le Paradis : aimer sans plus souffrir,
c'est ça l'Enfer : souffrir sans plus aimer,
c'est ça le Purgatoire : aimer et souffrir.


Merci , Antoinemarie pour cette définition très belle et très juste .
Oui, excellente définition!
Je voulais juste préciser qu'évidemment ces définitions sont valables après notre mort mais aussi sur cette terre.

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 21:10
par Antoine Marie
Le coeur de l'Homme est taillé pour l'Infini. Le grand problème, c'est que rien dans les choses créées n'est infini. C'est une recherche désespérée qui peut se lancer pour atteindre un Absolu que l'on cherche sur cette Terre. L'histoire est banale : l'échec est assuré car ni argent, ni sexe, ni pouvoir, ni même nos plus tendres affections ne peuvent nous combler.

Dans ce monde commercial où la perfection est mimée sur nos écrans, l'Homme cherche désespérément la gratuité. "Un acte d'amour désintéressé ? Psychologiquement, c'est impossible mon bon Monsieur ; avez-vous lu Freud seulement ? Vous êtes bien naïf !" Et pourtant, on persiste, on cherche, souvent dans une énergie du désespoir. On cherche partout, surtout là où il ne faut pas, mais bon, peut-être en ouvrant une petite porte au fond d'un taudis crasseux ? Non.

Et puis peut-être, un jour, le Seigneur met sur notre chemin un signe, par une personne, un texte, un film, une pièce, que sais-je ? Une conversion n'est pas instantanée, du moins pas forcément. Souvent c'est être aimé, justement gratuitement, sans aucun intérêt personnel qui va changer la donne. Ne sommes-nous pas les images de notre Dieu qui donne son Amour gratuitement ? Heureux transmetteurs de cet Amour, vous êtes des messagers de la Joie du Ciel !

Et puis on finit par saisir : la seule personne qui peut remplir notre coeur quand il est infiniment vide, c'est Jésus. Car s'il est plein de vanité, Jésus ne peut pas se glisser. Mais quand le Seigneur a pris place, le coeur se met à déborder d'une Joie toute surnaturelle. "Tu sais, tu as changé ces derniers temps!! - Ah bon ? - Ben oui, on te sent plus heureux !" Avec cette Paix de Jésus qui remplit le coeur, la Vie déborde : on devient capable de donner, mais vraiment, mais vraiment tout, mais vraiment soi !

Alors plus rien ne pourra nous séparer de l'Amour de Dieu manifesté en Jésus, ni la mort ni la Vie : c'est notre espérance. Il y a maintenant un chemin pour devenir Amour soi-même : "Dans l'Eglise, je serai l'Amour : ainsi je serai Tout !" Qui peut oser dire ça hormis l'enfant qui est totalement remis dans les mains du Père de toute bonté. Même dans l'ombre, l'action du chrétien devient un signe de la présence bienfaisante de Dieu.

To be continued...

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 21:34
par Antoine Marie
Les Wampas in Les îles au soleil a écrit :Entre les étoiles, le Seigneur a posé ta vie
Entre les étoiles, près de lui au paradis
Entre les étoiles, le Seigneur a écrit ton nom
Entre les étoiles, tout là-haut, dans sa maison.
C'est peut-être ce genre de fil d'Ariane inconscient qui empêche le navire de sombrer tout à fait, entre autres !
Merci pour les Wampas ! :clap: :clap:

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mar. 22 mars 2011, 23:48
par Théophane
C'est beau tout ce que vous dites... :)
Je me suis aperçu de quelque chose : les amis entrent dans nos vies sans qu'on s'en rende compte, sans qu'on leur ait rien demandé. Puis on passe du temps avec eux, on finit par les apprécier et à s'attacher à eux, toujours sans qu'on s'en rende compte. Mais un jour, les circonstances faut qu'on se sépare, et l'on en souffre beaucoup : et là on s'en rend vraiment compte !

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : mer. 23 mars 2011, 15:14
par Antoine Marie
Ah oui ! Et aussi ça :
Les Wampas in Le Costume Violet a écrit :Oh oui j'aime toutes les couleurs de la Terre
Mais je suis sûr qu'au Ciel, il y en a de plus belles
Pris dans une chanson de rock pas très délicate, ce texte peut paraître étonnant mais de manière inconsciente, ce message positif s'ancre dans l'âme.
La musique a un effet énorme sur notre humeur je trouve et il existe beaucoup de musiques dépressives.
J'ai créé une liste de lecture que j'ai appelée "Rock Positif" : ça me regonfle.
Beaucoup de choses dans la vie peuvent être des empreintes de Dieu sur notre chemin, sans même que nous ne nous en rendions compte.
Quand on fait le point après une conversion, on réalise à quel point le Seigneur est présent, même et surtout dans les coups durs.
Alors on peut rendre grâce pour tout, absolument : "Tout est grâce" comme dit la petite Thérèse.
Pourtant il y a des combats toujours : pour moi ça sera se lever le matin, ne pas dire du mal des gens (ne pas juger quoi), etc.
Mais le Seigneur est là toujours, il nous relève et nous couvre du parfum de sa grâce sanctifiante.

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : jeu. 24 mars 2011, 14:49
par Antoine Marie
Je discutais hier au bureau avec des athées anticléricaux :
"- La religion nous retire notre liberté avec tous ces préceptes, lois, commandements...
- Quand tu donnes ta liberté à Dieu, il te la rend, plus grande encore, l'inverse d'une secte quoi.
- ... (silence)... Ah bon ?"

Bon je vous rassure, je ne donne plus mes perles aux cochons comme je le faisais au printemps de ma conversion. Mais bon c'est tellement classique cette vue : l'opium du peuple, la contrainte qu'exerce la religion sur l'Homme.
J'ai constaté avec une profonde gratitude envers le Seigneur que si je lui donnais ma liberté, il me donnait sa grâce en retour. Cette grâce a pour effet de me détacher de tout ce qui est, pour ainsi dire, inutile : tous ces attachements désordonnés qui nous pourrissent la vie. Alors il n'y a que Dieu qui compte et il nous remplit de sa Vie, en abondance.
Comme dit la grande Thérèse : Dieu seul suffit, tout passe, que rien ne t'effraie. C'est ça la liberté de l'enfant de Dieu : l'espérance indéfectible dans le salut qui nous fait braver toute épreuve avec courage.
Non les chrétiens ne sont pas des esclaves de préceptes moraux mais les Hommes les plus libres de la Terre comme le Christ l'est, jusque dans sa Passion. Dieu est celui qui libère de l'esclavage : au moment de donner la Loi, le Seigneur rappelle : "Je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai libéré de la maison de servitude". Les auteurs inspirés ont expérimenté cette libération au moment où ils écrivent la Torah : le Dieu d'Israël est un Dieu qui libère les captifs.
Pour comprendre cette liberté, il faut contempler notre Seigneur livré dans sa Passion et dans son Eucharistie, source de la Vie en nous.

Fraternellement

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : jeu. 24 mars 2011, 14:56
par Théophane
Je pense que si nous prions beaucoup, Dieu est toujours présent dans notre cœur. Cela nous rend libres et toujours en paix, même au milieu des plus grandes difficultés. Comme le disait Benoît XVI, l'amour de Dieu nous accompagne même jusqu'au plus profond de la souffrance et de la mort. C'est extrêmement réconfortant !

Re: Plus on aime, plus on prend le risque de souffrir

Publié : jeu. 24 mars 2011, 18:01
par christiane
Merci beaucoup pour tous ces témoignages passionnants.

Pour ma part, j'affirme que le Seigneur est le seul à combler TOUS mes manques, besoins. J'exulte aussi de joie pour Lui.

Christiane