N'est-il pas mieux de séparer l'Église et l'État ???
Publié : mer. 02 mars 2011, 2:07
Bonjour,
Je me permets de vous faire part d'une interrogation théologique pour laquelle je n'arrive pas à trouver de réponse satisfaisante.
Tout d'abord, sur le plan mystique et spirituel, je trouve que le message chrétien est très beau et profond. Cela étant dit, je m'interroge de plus en plus sur la possibilité ou non d'appliquer le message chrétien dans la vie sociale. Voici quelques exemples :
"Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre."
--> Si on appliquait ce message dans la réalité, cela conduirait au règne des criminels qui ne trouveraient aucune résistance face à eux, puisque les hommes de bien se contenteraient de tendre l'autre joue.
"Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau."
--> Là encore, en appliquant ce message, cela conduirait à donner tous ses biens aux personnes malhonnêtes et procédurières qui passent leur temps à plaider contre les autres.
"Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui."
--> L'application de ce message, en plus d'une certaine dimension masochiste, conduit à encourager les bourreaux et les tortionnaires dans leurs pulsions criminelles, à aller dans leur sens.
"Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi."
--> Cela est très beau dans l'absolu, mais si quelqu'un de malhonnête vient demander et emprunter, le message chrétien ne conduit-il pas à lui donner à lui aussi ?
"Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent"
--> Là encore, ce message porte en lui un masochisme certain. Doit-on vraiment appliquer ce message chrétien, aimer et protéger les voleurs et criminels de tout poil qui remplissent les pages des faits divers ?
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même"
--> Il est normal d'aimer les gens de bien, mais qu'en est-il des bandits et des criminels ? Le message chrétien ne conduit-il pas au laxisme à leur égard ? Et à finalement faire plonger la société dans la tolérance vis à vis des criminels, qu'on devrait aimer plutôt que de se faire craindre d'eux pour qu'ils se tiennent tranquilles.
Pour synthétiser, je m'interroge sur certains aspects du christianisme : une tendance masochiste, une faiblesse intrinsèque liée à une trop grande bonté, une incapacité dans certains cas à réagir contre le mal.
Pire encore, le fait de vouloir autant aimer ses ennemis que ses amis ne conduit-il pas au relativisme, qui est la négation de la vérité ? Pourquoi être bon plutôt que mauvais si on a vocation à être aimé de la même manière ?
Ces problèmes pouvaient apparaître secondaires au cours des siècles passés, puisque dans les sociétés traditionnelles, il y avait une morale paysanne ou guerrière. Il était alors évident que les criminels devaient être punis. Le christianisme venait simplement adoucir les peines.
Aujourd'hui, la situation est différente, puisque les sociétés occidentales sont baignées par la pensée relativiste, qui conduit à tout accepter, le bien comme le mal, le vrai comme le faux. Dans ce contexte, le christianisme semble être d'un secours limité, et pire ne contribue-t-il pas à encourager la faiblesse et le relativisme ?
Ces problèmes semblent avoir été perçus par le Christ qui indique que "son royaume n'est pas de ce monde", ce qui est une forme d'aveu que le message chrétien, s'il régit les royaumes célestes, n'est pas adapté aux royaumes terrestres.
S'il en fallait un exemple, Louis XVI a laissé son royaume s'écrouler car il a refusé, au nom du christianisme, de faire preuve de fermeté avec les manifestants parisiens au moment où il était encore en position de force.
S'agit-il là d'une limite au message chrétien, qui ne serait pas fait pour être appliqué en totalité dans la réalité ?
Je connais un peu les théologies juive et musulmane et je dois reconnaître que ces religions n'ont pas ce problème : le judaïsme et l'islam ont des théologies qui sont inscrites en profondeur dans le monde matériel, qui donnent des règles et des repères vis à vis de la réalité, qui instituent une différenciation claire entre le traitement fait aux hommes de bien et le traitement fait aux criminels, ...
Ces religions résistent d'ailleurs beaucoup mieux que le christianisme au relativisme moral, à la perte des repères moraux des sociétés, ...
Dans ces conditions, ne doit-on pas reconnaître que le message chrétien malgré sa beauté est limité à la sphère mystique et spirituelle ? Qu'il est en partie inapplicable dans la vie réelle à cause de ses tendances à la faiblesse, au masochisme et au relativisme ???
N'ouvre t-il pas la voix à la séparation de l'église et de l'état ("mon royaume n'est pas de ce monde"), puis à sa dissolution pure et simple dans une société libérale et relativiste ?
Merci d'avoir pris le temps de lire ce message jusqu'à la fin, c'était un peu long mais ces interrogations me troublent depuis longtemps et je n'ai pas trouvé de réponse.
Je me permets de vous faire part d'une interrogation théologique pour laquelle je n'arrive pas à trouver de réponse satisfaisante.
Tout d'abord, sur le plan mystique et spirituel, je trouve que le message chrétien est très beau et profond. Cela étant dit, je m'interroge de plus en plus sur la possibilité ou non d'appliquer le message chrétien dans la vie sociale. Voici quelques exemples :
"Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre."
--> Si on appliquait ce message dans la réalité, cela conduirait au règne des criminels qui ne trouveraient aucune résistance face à eux, puisque les hommes de bien se contenteraient de tendre l'autre joue.
"Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau."
--> Là encore, en appliquant ce message, cela conduirait à donner tous ses biens aux personnes malhonnêtes et procédurières qui passent leur temps à plaider contre les autres.
"Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui."
--> L'application de ce message, en plus d'une certaine dimension masochiste, conduit à encourager les bourreaux et les tortionnaires dans leurs pulsions criminelles, à aller dans leur sens.
"Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi."
--> Cela est très beau dans l'absolu, mais si quelqu'un de malhonnête vient demander et emprunter, le message chrétien ne conduit-il pas à lui donner à lui aussi ?
"Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent"
--> Là encore, ce message porte en lui un masochisme certain. Doit-on vraiment appliquer ce message chrétien, aimer et protéger les voleurs et criminels de tout poil qui remplissent les pages des faits divers ?
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même"
--> Il est normal d'aimer les gens de bien, mais qu'en est-il des bandits et des criminels ? Le message chrétien ne conduit-il pas au laxisme à leur égard ? Et à finalement faire plonger la société dans la tolérance vis à vis des criminels, qu'on devrait aimer plutôt que de se faire craindre d'eux pour qu'ils se tiennent tranquilles.
Pour synthétiser, je m'interroge sur certains aspects du christianisme : une tendance masochiste, une faiblesse intrinsèque liée à une trop grande bonté, une incapacité dans certains cas à réagir contre le mal.
Pire encore, le fait de vouloir autant aimer ses ennemis que ses amis ne conduit-il pas au relativisme, qui est la négation de la vérité ? Pourquoi être bon plutôt que mauvais si on a vocation à être aimé de la même manière ?
Ces problèmes pouvaient apparaître secondaires au cours des siècles passés, puisque dans les sociétés traditionnelles, il y avait une morale paysanne ou guerrière. Il était alors évident que les criminels devaient être punis. Le christianisme venait simplement adoucir les peines.
Aujourd'hui, la situation est différente, puisque les sociétés occidentales sont baignées par la pensée relativiste, qui conduit à tout accepter, le bien comme le mal, le vrai comme le faux. Dans ce contexte, le christianisme semble être d'un secours limité, et pire ne contribue-t-il pas à encourager la faiblesse et le relativisme ?
Ces problèmes semblent avoir été perçus par le Christ qui indique que "son royaume n'est pas de ce monde", ce qui est une forme d'aveu que le message chrétien, s'il régit les royaumes célestes, n'est pas adapté aux royaumes terrestres.
S'il en fallait un exemple, Louis XVI a laissé son royaume s'écrouler car il a refusé, au nom du christianisme, de faire preuve de fermeté avec les manifestants parisiens au moment où il était encore en position de force.
S'agit-il là d'une limite au message chrétien, qui ne serait pas fait pour être appliqué en totalité dans la réalité ?
Je connais un peu les théologies juive et musulmane et je dois reconnaître que ces religions n'ont pas ce problème : le judaïsme et l'islam ont des théologies qui sont inscrites en profondeur dans le monde matériel, qui donnent des règles et des repères vis à vis de la réalité, qui instituent une différenciation claire entre le traitement fait aux hommes de bien et le traitement fait aux criminels, ...
Ces religions résistent d'ailleurs beaucoup mieux que le christianisme au relativisme moral, à la perte des repères moraux des sociétés, ...
Dans ces conditions, ne doit-on pas reconnaître que le message chrétien malgré sa beauté est limité à la sphère mystique et spirituelle ? Qu'il est en partie inapplicable dans la vie réelle à cause de ses tendances à la faiblesse, au masochisme et au relativisme ???
N'ouvre t-il pas la voix à la séparation de l'église et de l'état ("mon royaume n'est pas de ce monde"), puis à sa dissolution pure et simple dans une société libérale et relativiste ?
Merci d'avoir pris le temps de lire ce message jusqu'à la fin, c'était un peu long mais ces interrogations me troublent depuis longtemps et je n'ai pas trouvé de réponse.