http://www.lavoixdunord.fr/Region/actua ... r-da.shtml
Et sur
http://www.la-croix.com/afp.static/page ... yla3os.htm
Un tapis d'Aubusson exposé par erreur dans la cathédrale d'Arras depuis vingt ans va rejoindre une église de Châteauroux
mardi 15.02.2011, 05:18 - FRANÇOISE TOURBE
On a cru reconnaître les armes de Mgrde la Tour d'Auvergne, évêque d'Arras... C'était celles de son neveu.PHOTO «LA VOIX» | PATRIMOINE |
Étonnante histoire que celle de ce tapis d'Aubusson suspendu dans le transept nord de la cathédrale d'Arras depuis 1992 et dont on apprend aujourd'hui, au détour d'une délibération du conseil municipal de... Châteauroux, dans l'Indre, qu'il n'aurait rien à faire à Arras. ...
C'est un immense tapis rouge sombre, semé de fleurs de lys alternant avec des boutons de roses, marqué de monogrammes aux quatre coins. En 1991, cette oeuvre d'art inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1906 est bloquée in extremis par les douanes alors qu'elle allait partir pour les États-Unis...
Récupérée par l'État, on décide qu'elle sera exposée dans la cathédrale d'Arras car on pense reconnaître, dans l'un des monogrammes, les armes de Mg r de la Tour d'Auvergne, évêque d'Arras au début du XIXe siècle. En 1998 pourtant, M. Fourmaux, un Arrageois passionné d'art et d'histoire, étudie le tapis de plus près et remarque que les armes en question n'appartiennent pas à l'évêque d'Arras, mais à son neveu, Mgr Charles-Amable de la Tour d'Auvergne, archevêque de Bourges de 1861 à 1879. Les armes de la ville de Châteauroux sont également présentes... Il n'en faut pas plus à notre érudit pour remonter la piste et établir que le tapis fut en réalité tissé par la manufacture d'Aubusson pour l'église Saint-André de Châteauroux. Il publie ses conclusions dans le bulletin de la commission départementale d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais.
Chez un marchand d'art
Là où l'affaire est un peu plus floue, c'est sur les conditions dans lesquelles le tapis a quitté l'église Saint-André de Châteauroux pour se retrouver chez un marchand d'art... « Dans les années 1970 ou 1980, après le concile Vatican II, il fallait limiter tout ce qui était accessoire religieux » , avance Anne-Marie Delloye-Thoumyre, adjointe au maire de Châteauroux, chargée du patrimoine. Toujours est-il que, concile ou pas, la ville préfecture de l'Indre est désormais bien décidée à récupérer son tapis afin de l'exposer à nouveau dans l'église Saint-André. Elle est même prête à prendre en charge les frais de retour de l'oeuvre, soit 18 402,46 E. C'est cette délibération que devait adopter, hier soir, le conseil municipal de Châteauroux.
Et la cathédrale d'Arras dans tout ça ? Ne va-t-elle pas se trouver bien nue après le départ du tapis qui habille depuis vingt ans le dessus de la porte dite des Chariottes ? Michel Tillie, de l'association Le Joyel, un groupe de passionnés qui oeuvrent à la mise en valeur de la cathédrale, est l'un des rares Arrageois au courant de l'histoire : « Le conservateur des antiquités et des objets d'art de la région d'Orléans est venu, l'an dernier, pour voir le tapis. Il a parlé du souhait de la ville de Châteauroux de le récupérer. Mgr Jaeger, évêque d'Arras, a été consulté et a donné son accord. On n'en sait pas plus pour l'instant... » Le tapis d'Aubusson va-t-il lui manquer ? « Cela semblera sans doute bizarre à pas mal de gens qui ont l'habitude de le voir là, mais moi, je me fais déjà une raison. Après tout, il cache toute l'architecture du dessus de la porte qui est pourtant très belle. »

