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Re: De l'analogie
Publié : mer. 19 janv. 2011, 22:02
par cracboum
Contradiction intelligente (message réservé)
Re: De l'analogie
Publié : jeu. 20 janv. 2011, 0:17
par Pneumatis

J'applaudis non pas encore l'exposé, qui n'est pas encore publié, mais le sujet lui-même (et sa très bonne introduction) qui me passionne, autant d'un point de vue épistémologique que pour l'intimité toute particulière qu'entretien ce mécanisme avec l'intelligence humaine.

Et j'en profite pour applaudir le premier commentaire de Cracboum "Contradiction intelligente (message réservé)" qui m'a fait me plier de rire !
Re: De l'analogie
Publié : jeu. 20 janv. 2011, 15:53
par Olivier C
Tiens ! ça me fait penser à mes bon vieux cours de théologie fondamentale : à Bordeaux, avec le dominicain Gilbert Narcisse (mais j'ai comme dans l'idée que nous avons eu le même professeur)...
...d'ailleurs, de ce cours il en a fait un bouquin :
Gilbert NARCISSE, Premiers pas en théologie, bibliothèque de la revue thomiste, Parole et Silence, 2005.
La critique du point de vue de Karl Barth se situe à la page 462.
Ma conclusion - totalement hors sujet - est la suivante : le Bon Seb ne profiterait-il pas de son séjour à Lima pour "tomber" un ou deux "devoirs longs" ?
Re: De l'analogie
Publié : jeu. 20 janv. 2011, 16:20
par Olivier C
Re: De l'analogie
Publié : ven. 21 janv. 2011, 0:35
par jeanbaptiste
Je lis tout cela à tête reposée ce week-end

Re: De l'analogie
Publié : ven. 21 janv. 2011, 0:48
par Et_ex_Patre
Pareil
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 1:06
par Pneumatis
le bon Seb a écrit :Ça y est, j'ai fini ! Faites-vous plaisir !
Ben en fait je n'ai aucune critique intelligente à faire. Je trouve ça excellent et j'apprends plein de choses. Ca donne juste envie de tirer des fils... notamment sur le mécanisme d'analogie tel qu'il s'applique, plus seulement à la connaissance de Dieu, mais à la connaissance en général, et de l'Homme en particulier.
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 4:21
par cracboum
Barth s'en prend à une conception essentialiste de l'analogie, mais s'il s'agit d'attribuer à Dieu les essences en passant par l'acte d'être, et de façon éminente par l'acte d'être du Christ, je ne vois plus trés bien ce qui le sépare du réalisme thomiste et catholique, si non qu'il dénie à l'intelligence naturelle d'y parvenir efficacement.
Or, la question qui me vient : qu'ajoute la grâce à l'analogie bien comprise ?
J'ai une autre question qui me brûle : puis-je attibuer à Dieu la souffrance du Christ analogiquement parlant ?
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 9:39
par Olivier C
cracboum a écrit :je ne vois plus trés bien ce qui le sépare du réalisme thomiste et catholique, si non qu'il dénie à l'intelligence naturelle d'y parvenir efficacement.
Justement, cette différence entre Barth et les catholiques est essentielle : pour Barth, à la suite du monde protestant, l'intelligence de l'homme ne peu rien dire de juste sur Dieu car celle-ci est radicalement corrompue par le péché, du coup seul un discours partant du donné révélé et lié à la foi en Christ peut être juste pour Barth. Alors que pour les catholiques, l'intelligence humaine, bien que se trouvant fragilisée par le péché, est capable d'avoir une visée juste sur Dieu : les protestants ne font confiance qu'à la grâce, les catholiques ont encore confiance en la nature, et donc en l'intelligence de l'homme, pour trouver la vérité. Entre ces deux points de vu nous avons un gouffre béant, radicalement incompatible.
Edit : je n'avais pas vu que le Bon Seb avait répondu, et de manière très complète, je laisse quand-même ce message...
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 10:26
par cracboum
Merci Le bon seb, la première réponse fait encore mieux comprendre la position de Barth. Quel équilibre dans la pensée catholique !
La deuxième réponse nous met en appétit : oui, ce serait vraiment intéressant de développer comment la grâce agit sur l'intelligence, et les autres facultés aussi d'ailleurs, dans l'histoire de la théologie, mais aussi dans nos vie individuelles de tous les jours.
Enfin, la troisième et dernière réponse semble irréfutable, et j'y adhère mais me pose problème : si l'analogie fonctionne pour d'autres réalités pourquoi pas pour la souffrance ? Considérant le caractère incommensurable/infini/absolu de l'Etre divin, attribuer à Dieu, par analogie, la réalité "souffrance" ferait subir à celle-ci la même vertigineuse transformation de proportion que pour les autres réalités que nous lui attribuons. Le concept d'impassibilité pourrait-il alors encore lui être opposer ? D'autre part, ce concept d'impassibilité n'est-il pas lui-même attribuable à Dieu par analogie ? Ce qui en relativise la portée...
Sur cette question épineuse, je connais Varillon, mais on cite aussi Bultman.
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 10:31
par cracboum
Olivier, oui je comprends bien. Je ne pensais pas qu'il y avait un tel gouffre. Tout de même, nous aussi reconnaissons l'action indispensable de la grâce pour comprendre les mystères révélés, comme le rappelle plus haut Le bon seb.
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 11:38
par Xavi
Les excellentes réflexions de bon Seb sont tout à fait pertinentes pour nuancer et préciser ma réflexion qu'il cite.
La parole de l'Ecriture, celle du Magistère et même parfois la nôtre, peuvent, bien sûr, parler de manière vraie de Dieu et de l'Evangile. La Parole de l'Ecriture et l'enseignement authentique du Magistère sont vraies. Nos propres paroles et les imprécisions du langage ne sont cependant ni à l'abri des imperfections, ni capables de dire "tout" de ce qui est vrai.
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 14:42
par cracboum
Oh là là! Bon, je vais voir si je le retrouve.
Re: De l'analogie
Publié : sam. 22 janv. 2011, 15:36
par cracboum
j'ai déjà retrouvé un des livres de Varillon : "Le message de Jésus", ce n'est pas là que je vais trouver un développement sur la souffrance de Dieu, mais dans le dernier chapître "Etre tout à tous", il revient sur cette idée que l'amour est participation. Je me souviens en effet que c'est dans ce registre de l'amour=participation qu'il fait plus que suggérer la souffrance du Dieu amour. Il dit sous le sous-titre "Jésus participe aux souffrances et aux joies" : "Jésus a souffert d'un bout à l'autre de sa vie; la passion n'est que le point culminant d'une souffrance. Quelle souffrance ? La souffrance d'une divinité comprimée dans une humanité, la souffrance d'une divinité qui ferait tout éclater..." Bon, je vais chercher des textes un peu plus étoffés, mais l'argumentaire est bien là : l'amour est participation.
Re: De l'analogie
Publié : dim. 23 janv. 2011, 13:42
par Olivier C
@ Cracboum :
Si vous cherchez un texte sur la souffrance sur Christ je vous conseille de lire le Père Glotin, de mémoire : Le cœur de Jésus, approches nouvelles et anciennes.
C'est la meilleure réflexion sur le sujet que je n'ai jamais lu.