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Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 1:39
par Bisdent
Bonjour à tous,
Une petite question que certains d'entre vous se sont déjà probablement posés et que je me pose en tous cas ces derniers temps de manière insistante par rapport à une mésaventure dont je suis la victime : quel plaisir les gens peuvent-ils bien trouver dans la calomnie ?
Sans doute, les gens qui calomnient à propos d'autres ne sont-ils pas uniquement motivés d'intentions destructrices. Certains calomnient par intérêt personnel, d'autre par méchanceté, d'autres par bêtise. Mais je suis persuadé que certains calomnient également par plaisir.
Dieu peut-il accepter que certains puissent éprouver du plaisir à faire du mal à autrui ?
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 8:12
par coeurderoy
Bisdent a écrit :
Dieu peut-il accepter que certains puissent éprouver du plaisir à faire du mal à autrui ?
Permettre oui, mais d'un mal Il sait toujours tirer un bien...Que de justes ont été calomniés (lorsqu'on songe à ce propos au calvaire subi par Louis XVI et Marie Antoinette, à un saint Jean-de-la-Croix et tant d'autres).
Quel plaisir peuvent prendre les calomniateurs ? Eh bien, celui de tous ceux qui mutilent, salissent, humilient ou critiquent par désoeuvrement et goût de la médiocrité : dans bien des cas il me semble que des êtres très médiocres ou pervers ne supportent pas les "petits éclats" de beauté ou de lumière, voire de poésie, que nous laissons parfois transparaitre, la grâce aidant (les fils des ténèbres repoussent la lumière...) : par jalousie ou goût de nuire, ils ne trouvent du recours que dans les procédés du diviseur

et la méchanceté de leur langue pour assombrir la beauté de ce monde et tenter de troubler nos âmes....
Bon courage à vous, et Sainte et belle année 2011 !
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 13:28
par gerardh
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Bonjour,
Paul écrit dans 1 Cor 4, 13 : "calomniés, nous supplions". Telle devrait être l'attitude du chrétien face à la calomnie.
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Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 14:18
par etienne lorant
J'ai eu cette grâce, et j'en remercie encore le Seigneur, qu'après ma conversion, le jour où j'ai rencontré pour la première fois une forme de persécution (sous forme de moquerie: je revenais de Lourdes et l'on m'a demandé comment il se faisait que je n'avais pas guéri... il faut imaginer les rires goguenards tout le long du comptoir). Mais je ne me suis pas fâché. A cette époque, j'avais le coeur beaucoup plus prompt qu'aujourd'hui, et je me suis senti tout chaud en moi lorsque j'ai répondu, simplement en citant l'Evangile, que Jésus avait prévenu tous ceux qui croiraient en Lui : ""Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait.."
Et donc, pour moi aujourd'hui, lorsque un doute m'effleure, je me rappelle cet incident et je me sens mieux tout de suite !
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 16:43
par papillon
On ne peut calomnier en silence. La calomnie a besoin d'un auditoire, et le calomniateur trouve aussi son plaisir dans la manipulation et le pouvoir qu'il exerce sur ceux qui l'entendent. Jouissance malsaine de voir que par son seul mensonge, sa victime a maintenant à souffrir et à se défendre devant dix, vingt, cent personnes.
De ce fait, la calomnie s'apparente aussi à la lâcheté et à la faiblesse. Une forme de "power trip".
Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le calomniateur a une faible estime de lui-même.
Aussi est-il important, quand on entend une accusation ou une méchanceté, de rester calme et de prendre du recul, pour ne pas se joindre bêtement aux loups dans une réaction primaire de faire couler le sang.
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 17:05
par Alex101
Bonjour Bisdent,
La calomnie decoule souvent de la jalousie, d'une forme d'aigreur. Elle est symptomatique d'un mal-etre.
Elle peut etre aussi la consequence d'une peur de l'autre. Tel malade du SIDA n'est qu'un coureur de jupon, ou un amateur de sexe payant, puisqu'il est atteint de cette terrible maladie. Ou bien il est toxicomane. Alors qu'en fait il etait infirmier dans un centre VIH et qu'il s'est pique avec une aiguille contaminee apres avoir fait une prise de sang a un patient.
Tout cela pour dire qu'a mon avis, on ne calomnie pas par plaisir. On en tire peut-etre un soulagement, voila tout.
Je pense que ca attriste notre Seigneur plus qu'autre chose, puisque l'on fait du tort a autrui.
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 21:10
par Laurent L.
papillon a écrit :On ne peut calomnier en silence. La calomnie a besoin d'un auditoire, et le calomniateur trouve aussi son plaisir dans la manipulation et le pouvoir qu'il exerce sur ceux qui l'entendent.
Oui. Les amateurs de ragots sont complices de la calomnie.
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 21:21
par papillon
Bonjour Alex,
ce que vous dites est aussi vrai, et s'apparente dans ce cas au préjugé.
Mais je crois qu'il ne faut pas minimiser le pouvoir et la gravité de la calomnie, qui sert souvent à exprimer haine et vengeance et vise expressément à faire souffrir. Cela se voit, hélas, régulièrement.
Qu'on pense, par exemple, à celui qui répand volontairement des faussetés au sujet des membres autre ethnie, d'une autre religion, d'une autre race, dans le but de soulever la population contre eux. Aux EU, dans un passé pas si lointain, on a lynché bien des Noirs sans procès....pour rien. Cela a aussi mené à des génocides dans d'autres pays.
Et à une échelle plus réduite, il a aussi ces gens qui accusent faussement un membre de leur famille d'un quelconque méfait dans le but de 'monter' toute la famille contre lui et de l'ostraciser. Le même phénomène se retrouve dans certains milieux de travail, avec des conséquences catastrophiques.
La calomnie ne conduit pas toujours à ces extrêmes mais elle peut être terrible et pousser certaines personnes à commettre des atrocités et d'autres à se suicider.
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 22:34
par philémon.siclone
La méchanceté est associée au plaisir, parce qu'elle est liée au besoin inconscient de réparer un préjudice. Caïn, si on prend le premier exemple connu, ne pouvait supporter que son frère cadet lui soit préféré. La peur d'être doublé, la jalousie, le sentiment de ne pas être aimé alors que l'autre est aimé, tout cela fait naître la méchanceté, c'est-à-dire la résolution et la volonté de nuire. Le méchant veut nuire parce qu'il s'estime lésé, et qu'il veut réparer une injustice.
Bien sûr, il n'est pas possible de se venger directement du manque d'amour subi dans son enfance. La méchanceté sera donc reportée contre toute personne - faible, de préférence - que l'on trouvera sur sa route. La vengeance permet d'assouvir partiellement ce besoin de réparation, générant ainsi une sorte de plaisir pervers. Car qu'est-ce que le "plaisir", fondamentalement, si ce n'est le sentiment d'atteindre un "bien" ?
Et voilà comment, par exemple, certains enfants prennent plaisir à faire souffrir des insectes, plus à leur portée. Ou bien des groupes entiers décident de se liguer pour faire souffrir l'un d'entre eux, le plus faible et le plus isolé. Chacun prendra soin de s'en éloigner (et de l'isoler, donc), afin de rester dans le groupe, de continuer d'y recevoir la dose d'amour collective, et de ne pas partager le sort de la brebis gâleuse.
Rien n'est plus vrai que cette prophétie évangélique : "Il est bon qu'un seul homme meure afin que le peuple tout entier ne périsse pas". Pourquoi "bon" ? Parce que la mise à mort de l'homme sacrifié est compensatoire, et permet de satisfaire à ce besoin de réparation suscitée par le manque fondamental d'amour que chacun peut ressentir au plus profond de son âme.
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : lun. 10 janv. 2011, 23:27
par Laurent L.
philémon.siclone a écrit :Le méchant veut nuire parce qu'il s'estime lésé, et qu'il veut réparer une injustice.
Oui, mais pas toujours. Ce serait une vision bien trop positive de l'homme, ce me semble. L'homme a certes été créé bon, mais a été perverti par le péché originel.
Je ne pense pas que le gamin qui s'amuse à torturer des insectes soit forcément un pauvre bout de chou mal aimé, s'estimant lésé. Voyez aussi les crimes commis sous la pression du groupe par des gens fort différents, comment on peut exciter les foules. Le mal peut, dans certains cas, ne pas avoir d'autre objet que la jouissance sadique et ne pas avoir d'autre cause que la nature viciée de l'humanité et la tentation satanique.
Qu'en pensez-vous ?
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : mar. 11 janv. 2011, 0:34
par philémon.siclone
Laurent L. a écrit : Ce serait une vision bien trop positive de l'homme, ce me semble. L'homme a certes été créé bon, mais a été perverti par le péché originel.
Je ne pense pas que le gamin qui s'amuse à torturer des insectes soit forcément un pauvre bout de chou mal aimé, s'estimant lésé. Voyez aussi les crimes commis sous la pression du groupe par des gens fort différents, comment on peut exciter les foules. Le mal peut, dans certains cas, ne pas avoir d'autre objet que la jouissance sadique et ne pas avoir d'autre cause que la nature viciée de l'humanité et la tentation satanique.
Je ne crois pas à l'existence d'un sadisme purement gratuit. Comme vous le dites vous-même, le péché originel est le point de départ de la méchanceté humaine, péché originel qui possède une part d'ombre indéfinissable, le fameux "mystère d'iniquité", et qui consiste dans une révolte d'orgueil contre Dieu. A cette révolte contre Dieu, succède celle de l'homme contre l'homme, le motif en étant principalement la jalousie. Je sais qu'en employant le mot "amour", ou les expressions "manque d'amour", "blessure d'amour", je me fais l'écho des discours psycho-naïfs très à la mode ces temps-ci. Pourtant il est évident qu'une réaction de jalousie pouvant confiner à la haine la plus totale a toujours pour principe le désir inassouvi et frustré d'être reconnu, regardé, considéré, honoré, respecté, etc., bref en un mot : "aimé" ! Est-ce si étonnant de constater chez toutes les personnes dangereuses, instables psychologiquement et agressives, qu'elles ont eu, la plupart du temps, une enfance difficile ? Au contraire, les personnes stables et paisibles ont eu des parents normaux qui leur ont apporté l'affection nécessaire dont un enfant a besoin. Mais ce besoin n'est jamais complètement comblé, à cause justement du péché originel. Pour cette raison, tous les hommes sans exception, mais à des degrés divers, sont portés à la méchanceté, et au péché. Le commandement d'amour que Dieu adresse aux hommes n'a donc rien de fortuit, l'amour constituant l'opposition par excellence au péché.
Si on transporte ce problème au niveau social, on pourrait conclure que les dirigeants de la société humaine sont tous ligués entre eux par une volonté de "jouissance sadique" assouvie dans la misère infligée au plus grand nombre. On serait tenté d'entrer dans ce raisonnement qui, finalement, ne nous apprend rien sur l'homme, et sur nous-même. Mais la question que l'on pourrait se poser sur l'origine d'un mal qui pousse chaque homme à se réjouir du malheur d'autrui, voire à l'organiser, tout en s'assurant pour soi-ême une position de domination, mérite de recevoir des réponses un peu plus élaborées. Le manque d'amour profond inérrent à la nature humaine privée de Dieu, me paraît une piste intéressante... et peut expliquer en partie le désir constant de faire le mal, ou du moins de rabaisser autrui pour se retrouver soi-même mécaniquement dans une situation moins défavorable. Au fond, le moteur de tout cela est l'orgueil, autrement dit : "l'amour de soi-même".
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : mar. 11 janv. 2011, 3:59
par Laurent L.
Merci de ces explications, j'y vois un peu plus clair.
Vous ne souligniez pas assez l'universalité de la concupiscence (qui n'est pas "l'égalité" de la concupiscence) dans votre premier message, à mon avis, c'est cela que je vous reprochais. (Vous l'aviez certes esquissé dans votre dernier paragraphe.)
Dès lors, un gamin ayant reçu "l'affection nécessaire dont un enfant a besoin", comme vous dites, pourra torturer des insectes, pour reprendre votre exemple. Ou plutôt aucune affection humaine ne peut prétendre combler le manque d'amour divin.
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : mar. 11 janv. 2011, 19:21
par Anaisunivers
Laurent L. a écrit :Dès lors, un gamin ayant reçu "l'affection nécessaire dont un enfant a besoin", comme vous dites, pourra torturer des insectes, pour reprendre votre exemple. Ou plutôt aucune affection humaine ne peut prétendre combler le manque d'amour divin.
Revoir
Poil de Carotte de Jules RENARD
Re: Le plaisir dans la calomnie
Publié : mer. 12 janv. 2011, 1:08
par philémon.siclone
Laurent L. a écrit :Merci de ces explications, j'y vois un peu plus clair.
Vous ne souligniez pas assez l'universalité de la concupiscence (qui n'est pas "l'égalité" de la concupiscence) dans votre premier message, à mon avis, c'est cela que je vous reprochais. (Vous l'aviez certes esquissé dans votre dernier paragraphe.)
Dès lors, un gamin ayant reçu "l'affection nécessaire dont un enfant a besoin", comme vous dites, pourra torturer des insectes, pour reprendre votre exemple. Ou plutôt aucune affection humaine ne peut prétendre combler le manque d'amour divin.
C'est cela. Chacun de nous est confronté à cette frustration, ce vide d'amour extrêmement violent, dès l'enfance. Que fait l'enfant le jour de sa naissance ? Il pleure. Toute vie humaine commence par un drame atroce, qui est l'arrachement au ventre de sa mère. "L'esprit de l'homme et toutes les pensées de son coeur sont portées au mal depuis sa jeunesse (Gen. 8, 21)". "Je suis pauvre et dans les travaux depuis ma jeunesse" (Psaume 87, 16), "J'ai été formé dans l'iniquité, ma mère m'a conçu dans le péché" (Psaume 50).
Tant que l'homme cherche à combler ce vide, d'une manière ou d'une autre, en poursuivant les créatures, il cède aux séductions du diable, se ment à lui-même, et commet péché sur péché, contre autrui et contre Dieu.
Et suivant le vécu personnel de chacun, ainsi que les choix librement arrêtés pour résoudre le problème, cela peut donner lieu à des comportements plus ou moins violents et pervers.