Le côté obscur de la dette
Publié : mer. 22 déc. 2010, 13:41
J'ai récemment vu une émission de la 5 ("c'est dans l'air") où un économiste faisait valoir que la dette européenne ma foi ce n’est pas si grave que cela car le reste du monde est beaucoup plus endetté que nous, donc en fait c’est l’aveu implicite que le monde entier est endetté.
Alors là ça devient ubuesque, car en effet qui dit dette, dit créanciers et débiteurs, or à ma connaissance les créanciers, nos créanciers, font bien partie du monde, non ? Donc quelque part cela voudrait dire que le monde se réclame à lui-même les fonds qu’il s’est prêté à lui-même augmenté d’un intérêt, c’est absurde, complètement absurde...
Passe encore qu’un pays soit le débiteur d’un autre, c’était le cas avec la dette des pays du tiers monde, pays pauvres débiteurs des pays riches, pays dits « développés », dette d’ailleurs en partie annulée. Mais là un endettement du monde entier vis-à-vis de lui même, c’est plus que louche, surtout que l’on est en droit de se demander alors pourquoi il n’y a toujours pas de remise globale de la dette, puisque le monde est à la fois son propre créancier et débiteur...
C’est plus que bizarre, car lorsqu’on pose le problème sainement et rationnellement, inévitablement on doit :
- identifier le(s) créancier(s) : qui réclame l’argent ? Quels sont les noms de ces personnes physiques ou morales qui prétendent avoir des titres de créances ?
- le bon droit à la créance : par exemple un voleur qui prête de l’argent volé à intérêt n’est pas dans son droit, pas plus que celui qui pratique un taux d’usure ou qui a abusé de la crédulité, donc il y a tout un questionnement moral, éthique et juridique à avoir pour déterminer si le droit à la créance est fondé en toute justice, légitimement, tout au moins légalement.
- identifier les débiteurs : qui doit payer ? les contribuables, les rentiers, les actionnaires, les entreprises, les banques... ?
- l’obligation de s’acquitter de la dette : là encore il y a toute une réflexion morale et juridique à avoir, par exemple un homme en train de mourir de faim doit-il verser les quelques sous qui lui restent à un créancier qui croule sous les écus d’or, et donc mourir pour s’acquitter de sa dette envers un richissime, ou alors doit-il garder le peu qui lui reste pour continuer à survivre ?
Eh bien ce qui est déconcertant et laisse planer de forts soupçons sur l’honnêteté de l’affaire, c’est qu’aucun de ces 4 points n’est jamais abordé sur le fond, je n’ai pas vu un seul débat d’économistes et de juristes expliquant clairement : qui réclame de l’argent, de quel droit il peut se prévaloir, qui doit payer et sur quelle base morale et juridique cette obligation a t-elle force de loi ?
Alors là ça devient ubuesque, car en effet qui dit dette, dit créanciers et débiteurs, or à ma connaissance les créanciers, nos créanciers, font bien partie du monde, non ? Donc quelque part cela voudrait dire que le monde se réclame à lui-même les fonds qu’il s’est prêté à lui-même augmenté d’un intérêt, c’est absurde, complètement absurde...
Passe encore qu’un pays soit le débiteur d’un autre, c’était le cas avec la dette des pays du tiers monde, pays pauvres débiteurs des pays riches, pays dits « développés », dette d’ailleurs en partie annulée. Mais là un endettement du monde entier vis-à-vis de lui même, c’est plus que louche, surtout que l’on est en droit de se demander alors pourquoi il n’y a toujours pas de remise globale de la dette, puisque le monde est à la fois son propre créancier et débiteur...
C’est plus que bizarre, car lorsqu’on pose le problème sainement et rationnellement, inévitablement on doit :
- identifier le(s) créancier(s) : qui réclame l’argent ? Quels sont les noms de ces personnes physiques ou morales qui prétendent avoir des titres de créances ?
- le bon droit à la créance : par exemple un voleur qui prête de l’argent volé à intérêt n’est pas dans son droit, pas plus que celui qui pratique un taux d’usure ou qui a abusé de la crédulité, donc il y a tout un questionnement moral, éthique et juridique à avoir pour déterminer si le droit à la créance est fondé en toute justice, légitimement, tout au moins légalement.
- identifier les débiteurs : qui doit payer ? les contribuables, les rentiers, les actionnaires, les entreprises, les banques... ?
- l’obligation de s’acquitter de la dette : là encore il y a toute une réflexion morale et juridique à avoir, par exemple un homme en train de mourir de faim doit-il verser les quelques sous qui lui restent à un créancier qui croule sous les écus d’or, et donc mourir pour s’acquitter de sa dette envers un richissime, ou alors doit-il garder le peu qui lui reste pour continuer à survivre ?
Eh bien ce qui est déconcertant et laisse planer de forts soupçons sur l’honnêteté de l’affaire, c’est qu’aucun de ces 4 points n’est jamais abordé sur le fond, je n’ai pas vu un seul débat d’économistes et de juristes expliquant clairement : qui réclame de l’argent, de quel droit il peut se prévaloir, qui doit payer et sur quelle base morale et juridique cette obligation a t-elle force de loi ?