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Sainte Faustine visite le purgatoire

Publié : mar. 02 nov. 2010, 13:45
par ami de la Miséricorde
[...] Peu après je tombais malade. La chère mère supérieure m'envoya avec deux autres soeurs en vacances à Skolimow non loin de Varsovie. C'est alors que j'ai demandé au Seigneur Jésus : pour qui dois-je encore prier ? Jésus me répondit qu'il me ferait connaître la nuit suivante pour qui je dois prier.
Je vis mon Ange gardien qui m'ordonna de le suivre. En un instant, je me trouvais dans un endroit brumeux, rempli de feu, et là une multitude d'âmes souffrantes. Ces âmes prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes, nous seuls pouvons les aider. Les flammes qui les brûlaient ne me touchaient pas. Mon Ange ne me quittait pas un seul instant. Et je demandais à ces âmes quelle était leur plus grande souffrance. Elles me répondirent d'un commun accord, que leur plus grande souffrance était la nostalgie de Dieu. J'ai vu la Mère de Dieu, visitant les âmes du purgatoire. Les âmes l'appellent « Etoile de la mer ». Elle leur apporte du soulagement. Je voulais encore leur parler, mais mon
Ange Gardien m'a donné le signal du départ. Nous sommes sortis de cette prison de douleurs. J'entendis une voix intérieure qui me dit : Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige. Depuis ce moment, je suis en relations plus étroites avec les
âmes souffrantes. (20)

Extrait du "Petit Journal" de Sainte Faustine Copyright © Missionnaires Pallottins Edtions du Dialogue 1997

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Re: Sainte Faustine visite le purgatoire

Publié : mer. 03 nov. 2010, 1:07
par Didyme
ami de la Miséricorde a écrit :J'entendis une voix intérieure qui me dit : Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige.
Je ne comprends pas, elle a servi à quoi la croix ?!

Par ailleurs, une telle phrase me choque car elle laisse supposer qu’un attribut a l’ascendant sur l’autre, que la justice a plus de poids que la miséricorde, qu’elle l’écrase même ici. Ça les place même en opposition.

Re: Sainte Faustine visite le purgatoire

Publié : mer. 03 nov. 2010, 8:36
par cracboum
Dieu n'est qu'amour et ceux qui veulent s'unir à Dieu doivent se laisser purifier et transformer en amour, ce qui est juste éprouvant. Ceux qui ne veulent pas de Dieu restent sans amour et donc enfermés en eux-mêmes éternellement, ce qui est juste leur droit.

Il est aussi vrai de dire : Ceux qui veulent vivre d'amour et se laissent transformer par l'amour connaîtront Dieu et Dieu les reconnaît, ceux qui refusent d'aimer refusent Dieu et Dieu ne les reconnait pas.

Ce que nous appelons "justice" décrit notre comportement par rapport à Dieu ou à l'amour et ses conséquences librement choisies. Dieu n'est qu'amour et nous nous sommes justes en quelques sortes.

Re: Sainte Faustine visite le purgatoire

Publié : mer. 03 nov. 2010, 17:31
par archi
Didyme a écrit :
ami de la Miséricorde a écrit :J'entendis une voix intérieure qui me dit : Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l'exige.
Je ne comprends pas, elle a servi à quoi la croix ?!

Par ailleurs, une telle phrase me choque car elle laisse supposer qu’un attribut a l’ascendant sur l’autre, que la justice a plus de poids que la miséricorde, qu’elle l’écrase même ici. Ça les place même en opposition.
Bonjour.
Comme vous l'avez dit, la justcie écrase la miséricorde ici (au Purgatoire). Sinon, les âmes ne seraient pas là à souffrir au Purgatoire...

Après, on peut et on doit se demander quelles circonstances font que, pour une âme particulière, la justice (attribut divin) l'emporte sur la miséricorde (autre attribut divin). On trouve les bases de la réponse dans l'Ecriture. Notamment dans la parabole du mauvais serviteur dans Mt 18, que je crois vraiment essentielle:
Mt, 18, 23-35 a écrit :C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.
Ici, le serviteur pourrait voire ses dettes remises par la miséricorde du maître, ie de Dieu. Mais n'étant pas capable d'être lui-même miséricordieux envers son prochain, la justice divine s'applique dans toute sa rigueur.

D'où ce que nous demande la prière du Notre Père: "remets-nous nos dettes comme nous remettons celles de nos débiteurs", ou (traduction moins fidèle mais plus connue) "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé".

Après, je me demande toujours ce qu'il en est de celui que le méchant serviteur a fait mettre en prison, en supposant que lui soit capable de s'ouvrir à la miséricorde divine. Dieu lui fera-t-il grâce de la dette qu'il a envers le méchant serviteur, ou bien, puisque ledit serviteur a refusé de lui pardonner et de lui remettre cette dette, devra-t-il quand même s'en acquitter, même si le serviteur n'y gagne rien, lui qui aurait pu se voire remettre la dette bien plus importante qu'il a envers Dieu. Autrement dit, même si nous pardonnons de façon parfaite à tout le monde et remettons toutes nos dettes, si quelqu'un que nous avons lésé au cours de cette vie refuse de nous pardonner, ce qui l'empêchera de recevoir la miséricorde divine, devrons-nous quand même payer cette dette post-mortem?

In Xto,
archi.

Le purgatoire

Publié : mer. 03 août 2011, 17:32
par stephlorant
Je voudrais explorer ici ce qu'ont rapporté divers saints et saintes dans leurs visions. Je sais que certains mystiques en donnent une vision plus 'favorable' (à défaut d'autre mot) que d'autres.

Ici: sainte Faustine:

Ste Faustine Kowalska
Le petit journal, § 20

Je vis mon ange gardien qui m’ordonna de le suivre. En un instant je me trouvai dans un endroit enfumé, rempli de flammes, où se trouvaient une multitude d’âmes souffrantes qui prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes ; nous seuls pouvons les aider. Les flammes qui les brûlaient ne me touchaient pas. Mon ange gardien ne me quittait pas un seul instant. Et je demandais à ces âmes, quelle était leur plus grande souffrance. Elle me répondirent d’un commun accord que c’était la nostalgie de Dieu. J’ai vu la Sainte Vierge, visitant les âmes au Purgatoire. Elles l’appellent « Etoile de la mer ». Elle leur apporte du soulagement. Je voulais encore leur parler, mais mon ange gardien m’avait déjà donné le signal du départ. Nous sortions de cette prison de douleurs quand Dieu a dit : « Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l’exige. » Depuis ce moment je suis en relations plus étroites avec les âmes souffrantes.

Re: Le purgatoire

Publié : mer. 03 août 2011, 17:43
par stephlorant
Le Traité du Purgatoire, de sainte Catherine de Gênes apporte un autre 'éclairage'. En substance, la souffrance des âmes est la même, mais elles disposent de quelque chose de plus : la Joie.

2. Joie des âmes du Purgatoire. Leur croissante vision de Dieu. La raison de la rouille.

Je ne crois pas qu'il puisse se trouver un contentement comparable à celui d'une âme du purgatoire, à l'exception de celui des saints en paradis. Chaque jour s'accroît ce contentement par l'action de Dieu en ces âmes, action qui va croissant comme va se consumant ce qui empêche cette action divine. Cet empêchement, c'est la rouille du péché. (4) Le feu consume progressivement cette rouille et ainsi l'âme se découvre de plus en plus à l'influx divin.

De même un objet qu'on aurait recouvert ne peut correspondre à l'éclat du soleil, non point parce que le soleil serait insuffisant, lui qui continue de briller, mais par l'empêchement de ce qui recouvre l'objet. Que vienne à se consumer l'obstacle qui fait écran, l'objet se découvrira à l'action du soleil ; il la subira de plus en plus à mesure que l'obstacle diminuera.

Ainsi la rouille du péché est ce qui recouvre l'âme. Au purgatoire cette rouille est consumée par le feu. Plus elle se consume, plus aussi l'âme s'expose au vrai soleil, à Dieu. Sa joie augmente à mesure que la rouille disparaît et que l'âme s'expose au rayon divin. Ainsi l'une croît et l'autre diminue jusqu'à ce que le temps soit accompli. Ce n'est pas la souffrance qui diminue, c'est uniquement le temps de rester dans cette peine.

http://www.spiritualite-chretienne.com/ ... e/pura.htm

Re: Le purgatoire

Publié : jeu. 25 août 2011, 11:53
par axelien
Je crois que le Purgatoire est avant tout un "lieu" ou plutot un "état de l'âme" dans lequel la souffrance n'est pas autre chose que la vision de ses fautes et les "développements" de certaines que nous ignorions dans notre vie terrestre. Il est vrai que certains de nos manquements ont pu faire souffrir notre prochain. Ici nous en prenons conscience. Je le comparerais à un film où notre vie de pécheur se déroule sous nos yeux. La souffrance (et la honte) qui en résulte est évidente pour un coeur qui n'est pas endurci. La souffrance que nous en éprouverons est la "justice" du Dieu d'amour qui nous a toujours demandé d'aimer. Nous recourons alors à sa grâce.
Je le compare aussi à un tunnel au bout duquel apparait progressivement la Lumière.

Re: Le purgatoire

Publié : jeu. 25 août 2011, 18:40
par stephlorant
Voici une autre approche: la souffrance n'y va pas sans compensation.

Au Purgatoire, la souffrance est vécue dans la paix et dans l'espérance. L'âme, en effet, a la certitude de voir Dieu. Elle sait aussi que les voies de Dieu sont amour et vérité. C'est pourquoi elle les suit allégrement. Les baptisés, cheminant encore sur cette terre, peuvent aider leurs frères et sœurs séjournant dans le Purgatoire de "l'ardent désir de Dieu". Cette aide s'appelle un "suffrage". Il y a diverses formes de suffrage. Le suffrage le plus précieux consiste à offrir le sacrifice de la messe pour les "saintes âmes du Purgatoire". On leur applique ainsi, selon une mesure que Dieu seul connaît, l'offrande de l'Agneau sans tâche, l'offrande qui enlève le péché du monde. D'une manière plus générale, toute prière, si humble soit-elle, pour les âmes du Purgatoire, les achemine vers la pleine lumière en vertu de ce qu'on appelle "la communion des saints". Accomplir enfin les œuvres de la miséricorde est d'un grand secours pour soulager les âmes du Purgatoire.
Ces suffrages et d'autres encore pour nos "bonnes amies souffrantes" constituent un véritable acte de charité. En les leur procurant, nous ressemblons au bon samaritain qui, selon la parabole évangélique, conduit à l'hôtellerie, sur sa propre monture, le blessé gisant au bord du chemin par où il est passé.
Ceux qui ont eu le souci d'aider les âmes du Purgatoire, s'entendront dire au dernier jour par Jésus lui-même : "J'étais en prison, et vous m'avez visité !"

Extrait de l'homélie prononcée par Mgr Brincard en sa cathédrale du Puy le 1er novembre 2001.
http://www.serviam.net/cadrbib.html

Re: Le purgatoire

Publié : jeu. 25 août 2011, 18:51
par Olivier C
stephlorant a écrit :Le Traité du Purgatoire, de sainte Catherine de Gênes apporte un autre 'éclairage'. En substance, la souffrance des âmes est la même, mais elles disposent de quelque chose de plus : la Joie.
J'aime beaucoup le traité de Catherine de Gênes qui de ses expériences mystiques sur les nuits obscures (tel que peu les définir un saint Jean de la Croix) a su si bien transcrire ce qu'est le purgatoire : un état de l'âme qui se prépare à voir Dieu dans toute sa gloire.