Qu'est-ce que la pédophilie ?
Publié : sam. 04 mars 2006, 21:20
Sujet délicat (voire répulsif)... mais il est bon de savoir ce qui en est afin d'avoir des outils pour exprimer un point de vue. Ce dossier est paru dans la Lettre de la Famille, bulletin de la Famille de saint Joseph - n°105 - novembre 2003.
Des chiffres inquiétants…
Le ministère de la justice communique les statistiques suivantes :
En 1987, on comptait 574 condamnations pour viols simples et aggravés, dont 94 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.
En 1998 on comptait 1636 condamnations pour viols simples et aggravés, dot 475 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.
Presque une personne sur deux qui comparait devant une cour d’assises en France est jugée pour un viol; un quart des verdicts concerne des viols sur mineurs, soit 475 condamnations de ce type en 1998.
Un dossier publié dans le magazine mutualiste « Viva, entre nous la vie » en février 2000 (n°142) sur les agressions sexuelles sur l’enfant donnait les chiffres suivants : en 1999 il y avait 18 500 enfants maltraités en France, dont 26 % d’abus sexuels (soit 4 800 enfants); 30 % ont moins de 5 ans.
Les filles sont davantage touchées que les garçons (58 % contre 42). Enfin les actes de malveillance sont surtout le fait de parents : 46 % sont des pères; 25 % des mères; 9 % des beaux-pères; 1 % des belles-mères; 10 % d’autres membres de la famille.
« Aux Etats-Unis, on estime qu’une fille sur trois (une fille sur huit en France) sera victime d’abus sexuel avant l’âge de dix-huit ans; une fille sur quatre le sera par une personne de sa famille et un garçon sur cinq (un garçon sur dix en France) subira le même sort. Au Canada, une vaste étude menée par le Comité sur les infractions sexuelles à l’égard des enfants et des jeunes indique que 53 % des femmes et 31 % des hommes ont été agressés sexuellement dans leur enfance. Une autre étude canadienne récente révélait que plus de 40 % des pédophiles reconnus avaient déjà été agressés sexuellement. Même arrivés à l’âge adulte, de nombreuses victimes continuent à garder le secret. Des pédophiles ont fait au moins 70 victimes avant d’être dénoncés par l’une d’entre elles. » (M.-Ch. Tremblay, La pédophilie, un phénomène inquiétant, Médias Transcontinental inc., 2003; 21 avril 2003.)
Le 23 octobre 1992, le journal France-Soir alertait déjà l’opinion publique sur le fait que les victimes étaient de plus en plus jeunes : « Le nombre de viols commis sur des petits de 2 ou 3 ans, dont certains ont même moins de 1 an ne cesse d’augmenter, précise France Gubelin, présidente d’Enfance et Partage. Et la majeure partie des suicides ou des tentatives de suicide d’adolescents ont l’inceste pour origine ». Il n’y a pas que la France qui soit concernée : aux Etats-Unis, en 1993, 25 % des patients de l’un des plus grands centre d’accueil, avaient moins de cinq ans.
Ceci étant dit, je ne vais pas tout vous recopier le dossier au complet. C’était seulement pour vous donner quelques chiffres. Je passe maintenant au profil de l’agresseur :
Une dominante masculine du proche entourage
Il n’y a pas de « pédophile type » : on trouve des pédophiles de tous les âges, dans toutes les classes sociales, et dans toutes les communautés ethnoculturelles. « Les hommes commettent 90 % des agressions sexuelles sur enfants et 70 à 90 % des délinquants sont des personnes que la victime connaît. Les membres d’une même famille représentent entre un tiers et la moitié des agresseurs s’attaquants aux fillettes et 10 à 20 % de ceux s’attaquant aux jeunes garçons(1) ». L’attirance vers les enfants peut-être préférentielle sans être nécessairement exclusive. Elle est le plus souvent indifférenciée quant au sexe de l’enfant : elle peut être de nature hétérosexuelle ou homosexuelle, voire les deux. Aucune anomalie biologique – en particulier hormonale – ne caractérise la pédophilie. Il s’agit d’un comportement anormal, au sens où nous sommes « programmés » à être stimulés par la vision de corps sexués matures. Le pédophile par contre n’a aucune attirance pour le corps d’un autre sexuellement mature; il peut même en éprouver de la répugnance, ou de la peur.
Le refus de l’altérité
La psychiatrie considère que la pédophilie témoigne d’une fixation à une période de développement infantile. Plus précisément, le pédophile serait un nostalgique de l’étape qualifiée de « narcissisme primaire ». À ce stade, l’enfant ne se différencie pas encore de sa mère, avec laquelle il demeure dans une étreinte fusionnelle. Cette identification primaire est désignée par Jacques Lacan comme « le stade du miroir » : l’enfant se reconnaît dans sa mère, et se complaît à travers elle dans l’illusion d’une complétude toute-puissante.
Si les circonstances ne favorisent pas la sortie de ce narcissisme, l’enfant peut demeurer fixé dans la nostalgie de cette plénitude, qu’il tente de préserver ou de retrouver par le biais de diverses stratégies. La pédophilie serait l’une d’entre elles, dans laquelle l’adulte, par le biais de sa victime, surinvestit érotiquement le lien spéculaire qu’il entretient avec sa mère.
On pourrait dire que le pédophile se cherche dans l’enfant qu’il agresse; il est en quête de cette image de soi – idéale, complète, toute-puissante – que lui renvoyait sa mère à l’étape narcissique.
Prisonnier de sa logique fusionnelle, il nie la loi du Père, et méconnaît l’altérité : le pédophile est en général un individu isolé, qui n’est pas en confiance avec les adultes.
La manipulation est la violence sourde de la logique fusionnelle; aussi le pédophile a-t-il en général recours à la séduction pour arriver à ses fins. Il choisi de préférence des victimes en manque d’affection, qu’il attire à lui en leur prêtant attention et faveurs, afin de les amener à consentir à des contacts d’ordre sexuels. Ce qui lui permet de se défendre en cas de divulgation, en argumentant sur l’assentiment de l’enfant et le caractère non-violent de ses agissements. Certains pédophiles iront jusqu’à accuser l’enfant de les avoir provoqués ou sollicités, et d’avoir retiré autant de jouissance qu’eux de la rencontre.
Diverses stratégies d’approche
Profitant de sa position d’autorité – le pédophile s’adresse le plus souvent à un enfant qui le connaît, qui lui a donné sa confiance – l’agresseur cherche à banaliser ses agissements, les présentant comme habituels, les inscrivant par exemple dans le cadre de l’éducation sexuelle de l’enfant. Il peut même faire usage de photos de pornographie infantile pour convaincre sa victime du caractère « normal » de ce qu’il lui propose, et pour lui expliquer ce qu’il attend de lui. Certains pédophiles tentent de convaincre l’enfant qu’il est privilégié, qu’il vit avec son agresseur une relation particulière, devant rester secrète. La loi du silence est d’ailleurs une règle générale, accompagnée dans la plupart des cas de chantage ou de menaces. Cette confusion relationnelle, affective et hiérarchique, trouble et paralyse l’enfant qui ne sait plus comment réagir aux sollicitations auxquelles il est obligé de consentir. Se retirant de la scène par le processus de clivage ou de dissociation, il ne laisse à son agresseur que son corps, dont celui-ci peut abuser sans éprouver de résistance. L’enfant n’est effectivement pour le pédophile qu’un objet dans lequel il se retrouve; il l’utilise pour rejoindre son fantasme. Ne pensant pas sa victime comme un sujet, il l’oublie aussitôt l’acte commis, et ne connaît pas la culpabilité. Rationalisant leurs délits, bon nombre de pédophiles parviennent à se convaincre que leurs agissements ne sont pas contraires à la morale.
Une tendance moralisatrice
Tous les scénarios ne sont heureusement pas aussi dramatiques, car il y a différents degrés de fixation. Bon nombre de pédophiles ne passent jamais à l’acte, leur « Surmoi » culpabilisateur criant plus fort que leur désir régressif. Il est d’ailleurs remarquable que le pédophile se montre en général moralisateur, homme de principes, peu porté aux débordements affectifs. S’il est marié, sa vie sexuelle conjugale est le plus souvent stéréotypée. D’où l’impression d’une double vie. En fait, il s’est entouré d’une palissade pseudo-morale, qui lui sert de protection contre un monde adulte dans lequel il n’a pas vraiment pris pied. Derrière des apparences bien rangées, se cache un enfant angoissé qui cherche à retrouver ses fantasmes dans des actes de pédophilie.
(1) CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DES ÉTATS-UNIS (2002) : Marcher dans la lumière : une réponse pastorale à la pédophilie (traduction française) Documentation Catholique, avril 2002, no 2268, pp. 365-371.
Et puis, le dossier continue sur les chemins de guérison, pour les victimes et pour l’agresseur…
J'aimerais porter à votre attention une histoire d'horreur de ce genre sortie tout dernièrement dans les journaux québécois et qui ont fait l'effet d'une bombe dans le milieu artistique québécois. Une chanteuse-enfant (Nathalie Simard), très connue dans les années 70 (elle est maintenant de mon âge), que j'aimais bien lorsque j'étais enfant, vient de sortir de l'ombre pour dénoncer son agresseur : son imprésario. Gérant vedette du Québec, presque la coqueluche du showbizz québécois, Guy Cloutier, récipiendaire d'un tas de prix à titre de producteur d'artistes, de spectacles, d'émissions de télé a été finalement dénoncé après 25 ans de silence. La jeune femme aujourd'hui libérée a crée sa propre fondation pour venir en aide aux victimes de pédophiles. Elle a écrit un bouquin pour raconter les horreurs et les sévices, le chantage et la manipulation dont elle a été victime de ce "bon père de famille" dès son jeune âge (il l'aurait abusé entre l'âge de 9 ans et début de la vingtaine). Sa fille est d'ailleurs aussi très connue, chouchou des animatrices de variétés au Québec.
Bref, tout cela pour démontrer que le pédophile n'est pas forcément homosexuel et l'homosexuel ne veut pas être associé à ce genre de personnage...
Ce sont deux cas distincts à ne pas confondre. Ils ne recherchent pas la même chose ni les mêmes jouissances. Le profil psychologique, quoique se ressemblant à quelques égards (le refus de l'altérité, la nostalgie de l'état fusionnel avec la mère, la fixation sur un stade qui devrait normalement être dépassé, etc.) reste à distinguer. Certains diront peut-être qu'il n'y a qu'un pas de régression à franchir pour sauter dans la catégorie pédophile mais, il faut faire très attention de ce que nous avançons comme théorie, pour ne pas généraliser ni stigmatiser ceux qui se trouvent dans l'une ou l'autre situation. Le pédophile ne proclamera jamais sur les toits ce qu'il est alors que l'homosexuel criera à qui veut bien l'entendre que son état est tout aussi valable que celle de "l'hétérosexuel" (je déteste ce mot...).
Des chiffres inquiétants…
Le ministère de la justice communique les statistiques suivantes :
En 1987, on comptait 574 condamnations pour viols simples et aggravés, dont 94 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.
En 1998 on comptait 1636 condamnations pour viols simples et aggravés, dot 475 pour viols sur mineurs de moins de 15 ans.
Presque une personne sur deux qui comparait devant une cour d’assises en France est jugée pour un viol; un quart des verdicts concerne des viols sur mineurs, soit 475 condamnations de ce type en 1998.
Un dossier publié dans le magazine mutualiste « Viva, entre nous la vie » en février 2000 (n°142) sur les agressions sexuelles sur l’enfant donnait les chiffres suivants : en 1999 il y avait 18 500 enfants maltraités en France, dont 26 % d’abus sexuels (soit 4 800 enfants); 30 % ont moins de 5 ans.
Les filles sont davantage touchées que les garçons (58 % contre 42). Enfin les actes de malveillance sont surtout le fait de parents : 46 % sont des pères; 25 % des mères; 9 % des beaux-pères; 1 % des belles-mères; 10 % d’autres membres de la famille.
« Aux Etats-Unis, on estime qu’une fille sur trois (une fille sur huit en France) sera victime d’abus sexuel avant l’âge de dix-huit ans; une fille sur quatre le sera par une personne de sa famille et un garçon sur cinq (un garçon sur dix en France) subira le même sort. Au Canada, une vaste étude menée par le Comité sur les infractions sexuelles à l’égard des enfants et des jeunes indique que 53 % des femmes et 31 % des hommes ont été agressés sexuellement dans leur enfance. Une autre étude canadienne récente révélait que plus de 40 % des pédophiles reconnus avaient déjà été agressés sexuellement. Même arrivés à l’âge adulte, de nombreuses victimes continuent à garder le secret. Des pédophiles ont fait au moins 70 victimes avant d’être dénoncés par l’une d’entre elles. » (M.-Ch. Tremblay, La pédophilie, un phénomène inquiétant, Médias Transcontinental inc., 2003; 21 avril 2003.)
Le 23 octobre 1992, le journal France-Soir alertait déjà l’opinion publique sur le fait que les victimes étaient de plus en plus jeunes : « Le nombre de viols commis sur des petits de 2 ou 3 ans, dont certains ont même moins de 1 an ne cesse d’augmenter, précise France Gubelin, présidente d’Enfance et Partage. Et la majeure partie des suicides ou des tentatives de suicide d’adolescents ont l’inceste pour origine ». Il n’y a pas que la France qui soit concernée : aux Etats-Unis, en 1993, 25 % des patients de l’un des plus grands centre d’accueil, avaient moins de cinq ans.
Ceci étant dit, je ne vais pas tout vous recopier le dossier au complet. C’était seulement pour vous donner quelques chiffres. Je passe maintenant au profil de l’agresseur :
Une dominante masculine du proche entourage
Il n’y a pas de « pédophile type » : on trouve des pédophiles de tous les âges, dans toutes les classes sociales, et dans toutes les communautés ethnoculturelles. « Les hommes commettent 90 % des agressions sexuelles sur enfants et 70 à 90 % des délinquants sont des personnes que la victime connaît. Les membres d’une même famille représentent entre un tiers et la moitié des agresseurs s’attaquants aux fillettes et 10 à 20 % de ceux s’attaquant aux jeunes garçons(1) ». L’attirance vers les enfants peut-être préférentielle sans être nécessairement exclusive. Elle est le plus souvent indifférenciée quant au sexe de l’enfant : elle peut être de nature hétérosexuelle ou homosexuelle, voire les deux. Aucune anomalie biologique – en particulier hormonale – ne caractérise la pédophilie. Il s’agit d’un comportement anormal, au sens où nous sommes « programmés » à être stimulés par la vision de corps sexués matures. Le pédophile par contre n’a aucune attirance pour le corps d’un autre sexuellement mature; il peut même en éprouver de la répugnance, ou de la peur.
Le refus de l’altérité
La psychiatrie considère que la pédophilie témoigne d’une fixation à une période de développement infantile. Plus précisément, le pédophile serait un nostalgique de l’étape qualifiée de « narcissisme primaire ». À ce stade, l’enfant ne se différencie pas encore de sa mère, avec laquelle il demeure dans une étreinte fusionnelle. Cette identification primaire est désignée par Jacques Lacan comme « le stade du miroir » : l’enfant se reconnaît dans sa mère, et se complaît à travers elle dans l’illusion d’une complétude toute-puissante.
Si les circonstances ne favorisent pas la sortie de ce narcissisme, l’enfant peut demeurer fixé dans la nostalgie de cette plénitude, qu’il tente de préserver ou de retrouver par le biais de diverses stratégies. La pédophilie serait l’une d’entre elles, dans laquelle l’adulte, par le biais de sa victime, surinvestit érotiquement le lien spéculaire qu’il entretient avec sa mère.
On pourrait dire que le pédophile se cherche dans l’enfant qu’il agresse; il est en quête de cette image de soi – idéale, complète, toute-puissante – que lui renvoyait sa mère à l’étape narcissique.
Prisonnier de sa logique fusionnelle, il nie la loi du Père, et méconnaît l’altérité : le pédophile est en général un individu isolé, qui n’est pas en confiance avec les adultes.
La manipulation est la violence sourde de la logique fusionnelle; aussi le pédophile a-t-il en général recours à la séduction pour arriver à ses fins. Il choisi de préférence des victimes en manque d’affection, qu’il attire à lui en leur prêtant attention et faveurs, afin de les amener à consentir à des contacts d’ordre sexuels. Ce qui lui permet de se défendre en cas de divulgation, en argumentant sur l’assentiment de l’enfant et le caractère non-violent de ses agissements. Certains pédophiles iront jusqu’à accuser l’enfant de les avoir provoqués ou sollicités, et d’avoir retiré autant de jouissance qu’eux de la rencontre.
Diverses stratégies d’approche
Profitant de sa position d’autorité – le pédophile s’adresse le plus souvent à un enfant qui le connaît, qui lui a donné sa confiance – l’agresseur cherche à banaliser ses agissements, les présentant comme habituels, les inscrivant par exemple dans le cadre de l’éducation sexuelle de l’enfant. Il peut même faire usage de photos de pornographie infantile pour convaincre sa victime du caractère « normal » de ce qu’il lui propose, et pour lui expliquer ce qu’il attend de lui. Certains pédophiles tentent de convaincre l’enfant qu’il est privilégié, qu’il vit avec son agresseur une relation particulière, devant rester secrète. La loi du silence est d’ailleurs une règle générale, accompagnée dans la plupart des cas de chantage ou de menaces. Cette confusion relationnelle, affective et hiérarchique, trouble et paralyse l’enfant qui ne sait plus comment réagir aux sollicitations auxquelles il est obligé de consentir. Se retirant de la scène par le processus de clivage ou de dissociation, il ne laisse à son agresseur que son corps, dont celui-ci peut abuser sans éprouver de résistance. L’enfant n’est effectivement pour le pédophile qu’un objet dans lequel il se retrouve; il l’utilise pour rejoindre son fantasme. Ne pensant pas sa victime comme un sujet, il l’oublie aussitôt l’acte commis, et ne connaît pas la culpabilité. Rationalisant leurs délits, bon nombre de pédophiles parviennent à se convaincre que leurs agissements ne sont pas contraires à la morale.
Une tendance moralisatrice
Tous les scénarios ne sont heureusement pas aussi dramatiques, car il y a différents degrés de fixation. Bon nombre de pédophiles ne passent jamais à l’acte, leur « Surmoi » culpabilisateur criant plus fort que leur désir régressif. Il est d’ailleurs remarquable que le pédophile se montre en général moralisateur, homme de principes, peu porté aux débordements affectifs. S’il est marié, sa vie sexuelle conjugale est le plus souvent stéréotypée. D’où l’impression d’une double vie. En fait, il s’est entouré d’une palissade pseudo-morale, qui lui sert de protection contre un monde adulte dans lequel il n’a pas vraiment pris pied. Derrière des apparences bien rangées, se cache un enfant angoissé qui cherche à retrouver ses fantasmes dans des actes de pédophilie.
(1) CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DES ÉTATS-UNIS (2002) : Marcher dans la lumière : une réponse pastorale à la pédophilie (traduction française) Documentation Catholique, avril 2002, no 2268, pp. 365-371.
Et puis, le dossier continue sur les chemins de guérison, pour les victimes et pour l’agresseur…
J'aimerais porter à votre attention une histoire d'horreur de ce genre sortie tout dernièrement dans les journaux québécois et qui ont fait l'effet d'une bombe dans le milieu artistique québécois. Une chanteuse-enfant (Nathalie Simard), très connue dans les années 70 (elle est maintenant de mon âge), que j'aimais bien lorsque j'étais enfant, vient de sortir de l'ombre pour dénoncer son agresseur : son imprésario. Gérant vedette du Québec, presque la coqueluche du showbizz québécois, Guy Cloutier, récipiendaire d'un tas de prix à titre de producteur d'artistes, de spectacles, d'émissions de télé a été finalement dénoncé après 25 ans de silence. La jeune femme aujourd'hui libérée a crée sa propre fondation pour venir en aide aux victimes de pédophiles. Elle a écrit un bouquin pour raconter les horreurs et les sévices, le chantage et la manipulation dont elle a été victime de ce "bon père de famille" dès son jeune âge (il l'aurait abusé entre l'âge de 9 ans et début de la vingtaine). Sa fille est d'ailleurs aussi très connue, chouchou des animatrices de variétés au Québec.
Bref, tout cela pour démontrer que le pédophile n'est pas forcément homosexuel et l'homosexuel ne veut pas être associé à ce genre de personnage...
Ce sont deux cas distincts à ne pas confondre. Ils ne recherchent pas la même chose ni les mêmes jouissances. Le profil psychologique, quoique se ressemblant à quelques égards (le refus de l'altérité, la nostalgie de l'état fusionnel avec la mère, la fixation sur un stade qui devrait normalement être dépassé, etc.) reste à distinguer. Certains diront peut-être qu'il n'y a qu'un pas de régression à franchir pour sauter dans la catégorie pédophile mais, il faut faire très attention de ce que nous avançons comme théorie, pour ne pas généraliser ni stigmatiser ceux qui se trouvent dans l'une ou l'autre situation. Le pédophile ne proclamera jamais sur les toits ce qu'il est alors que l'homosexuel criera à qui veut bien l'entendre que son état est tout aussi valable que celle de "l'hétérosexuel" (je déteste ce mot...).