Néanmoins, certains textes liturgiques sont vraiment extraits d'apocryphes, lesquels ne sont pas toujours hérétiques, mais non inspirés.
C'est notamment le cas du très célèbre début de l'introït et du graduel de la messe de funérailles : "requiem æternam dona eis Domine, et Lux perpetua luceat eis", inspiré de l'apocalypse d'Esdras, II, 34-35.
ideoque vobis dico, gentes quae auditis et intellegitis: expectate pastorem vestrum, requiem aeternitatis dabit vobis, quoniam in proximo est ille, qui in finem saeculi adveniet.
parati estote ad praemia regni, quia lux perpetua lucebit vobis per aeternitatem temporis.
(et donc je vous le dis, ô nations qui entendez et comprenez, "Attendez votre berger, il vous donnera le repos éternel, parce qu'il est à portée de main, celui qui vient à la fin du monde.
Soyez prêt pour la récompense du Royaume, parce que la lumière brillera sur vous par l'éternité.")
Jean-Baptiste a écrit :
Les deutérocanoniques (Tobie, Judith) furent considérés par Luther comme étant digne d'être lues, on peut en tirer un enseignement utile mais qui ne sont pas considérés comme inspirés.
Le terme "deutérocanonique" n'est cependant pas employé par les Protestants, justement parce que, comme vous le dites, ils ne croient pas à leur inspiration. Ils utilisent les termes "apocryphes" ou "pseudépigraphes" ou "antilégomènes", si je ne m'abuse.
Le missel romain (le vom, en tout cas) regorge d'extraits du livre de la Sagesse aux communs des saints.
Le livre de Judith est important, notamment en mariologie. Ce fut d'ailleurs un extrait de ce livre qui fut choisi par Pie XII comme Epître de l'Assomption après la proclamation du dogme. Auparavant, c'était un passage du Siracide (considéré comme apocryphe par les Protestants, également) qui était employé. (Ce passage me laisse perplexe, parce que je ne vois pas vraiment le lien avec l'Assomption)
Comme chacun le sait, Paul VI a substitué l'extrait de Judith au passage de l'Apocalypse où la Ste Vierge est couronnée de 12 étoiles.
D'ailleurs (désolé pour cet aparté

), j'ai pensé à vous, Adoramus Te lors de la messe de l'Assomption, et à la discussion que nous avions eu sur la traduction latine de la Genèse à propos du serpent frappé à la tête par la descendance d'Eve et de la bulle dogmatique du Bx Pie IX. Un argument de plus : comme Judith est une préfiguration de Marie, le meurtre d'Holopherne préfigure le triomphe immaculé de Notre-Dame sur le Serpent.
