La Déclaration des Devoirs de l'Homme !!!
Publié : mar. 24 août 2010, 18:38
En 1943, Simone Weil, qu’une trop faible santé immobilisait à Londres malgré son désir profond de rejoindre la Résistance française sur le terrain, avait été chargée de travailler sur ce que pourrait être la Constitution de la France libérée. Ses travaux donnèrent naissance à L’Enracinement dont le sous-titre est : « Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain.» Pourquoi ce même changement de perspective ? Parce qu’il est absurde de partir du concept de droit : « La notion d’obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative, écrit Simone Weil. Un droit n’est pas efficace en lui-même, mais seulement par l’obligation à laquelle il correspond ».
En effet : pour que j’aie des droits, il faut d’abord que quelqu’un se reconnaisse des obligations envers moi. Tout droit que je me revendique enveloppe cette condition nécessaire que l’autre se sache ou se sente obligé envers moi.
C’est donc l’obligation (ou le devoir) qu’il faut d’abord poser : la reconnaissance de mon obligation est la condition sans laquelle il est absurde de parler de droit. La preuve : je peux me reconnaître obligé envers un homme alors même qu’il ne se reconnaît plus aucun droit (comme il arrive souvent dans les situations de grande pauvreté). Et à l’inverse, je peux toujours me revendiquer un droit, si nul ne se reconnaît obligé envers moi, ce droit n’aura aucune effectivité : « l’accomplissement effectif d’un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui. L’obligation est efficace dès qu’elle est reconnue. »
Seul le devoir, donc, peut prétendre à être principe. La notion de devoir revêt un caractère absolu en ce sens qu’elle tire d’elle-même son existence (alors que la notion de droit est toujours relative à celle d’obligation) : « Un homme, considéré en lui-même, a seulement des devoirs, parmi lesquels se trouvent certains devoirs envers lui-même. Les autres, considérés de son point de vue, ont seulement des droits. Il a des droits à son tour quand il est considéré du point de vue des autres, qui se reconnaissent des obligations envers lui. Un homme qui serait seul dans l’univers n’aurait aucun droit, mais il aurait des obligations. » Et Simone Weil ajoute : « Les hommes de 1789 [...] ont commencé par la notion de droit. Mais en même temps ils ont voulu poser des principes absolus. Cette contradiction les a fait tomber dans une confusion de langage et d’idées qui est pour beaucoup dans la confusion politique et sociale actuelle. »
En effet : pour que j’aie des droits, il faut d’abord que quelqu’un se reconnaisse des obligations envers moi. Tout droit que je me revendique enveloppe cette condition nécessaire que l’autre se sache ou se sente obligé envers moi.
C’est donc l’obligation (ou le devoir) qu’il faut d’abord poser : la reconnaissance de mon obligation est la condition sans laquelle il est absurde de parler de droit. La preuve : je peux me reconnaître obligé envers un homme alors même qu’il ne se reconnaît plus aucun droit (comme il arrive souvent dans les situations de grande pauvreté). Et à l’inverse, je peux toujours me revendiquer un droit, si nul ne se reconnaît obligé envers moi, ce droit n’aura aucune effectivité : « l’accomplissement effectif d’un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui. L’obligation est efficace dès qu’elle est reconnue. »
Seul le devoir, donc, peut prétendre à être principe. La notion de devoir revêt un caractère absolu en ce sens qu’elle tire d’elle-même son existence (alors que la notion de droit est toujours relative à celle d’obligation) : « Un homme, considéré en lui-même, a seulement des devoirs, parmi lesquels se trouvent certains devoirs envers lui-même. Les autres, considérés de son point de vue, ont seulement des droits. Il a des droits à son tour quand il est considéré du point de vue des autres, qui se reconnaissent des obligations envers lui. Un homme qui serait seul dans l’univers n’aurait aucun droit, mais il aurait des obligations. » Et Simone Weil ajoute : « Les hommes de 1789 [...] ont commencé par la notion de droit. Mais en même temps ils ont voulu poser des principes absolus. Cette contradiction les a fait tomber dans une confusion de langage et d’idées qui est pour beaucoup dans la confusion politique et sociale actuelle. »