Abaissement de l'âme dû à l'Ego
Publié : sam. 21 août 2010, 15:22
Ce qui fait que l'homme doit être abaissé, pour ensuite être relevé, je crois que cela est dû, sur le plan spirituel, du fait de l'émergence du Moi, de l'ego. Je me souviens de si peu ! A partir d'un moment donné, la petite phrase accueillie par nos parents avec plaisir et joie: "N'oublie pas de partager ton 'quatre-heure' avec un camarade s'il n'en a pas !", je l'ai rejetée. Pourtant, jusqu'à une certaine époque, j'avais ressenti une sorte de grande fierté et de joie à donner carrément tout mon goûter à celui de mes camarades qui n'en avait pas. Mais il y eut un jour où quelque chose s'est passé que je ne m'explique pas - car en réalité, je ne m'en souviendrai que le jour de mon passage devant le Juge suprême... Peut-être ai-je reçu une punition injuste de la part d'un surveillant ? Ou bien ai-je craint de me faire moquer ? En tout, cas, de la même façon que Julien Green le décrit dans ses souvenirs de petite enfance... il y eu un moment dans ma vie où le "tout amour" que j'éprouvais, non seulement à l'égard des êtres mais aussi des choses, des créatures et de la création, fut comme "étouffé" par une sorte de sentiment d'appréhension; était-ce le sentiment de perdre, était-ce que j'avais remis en question le bien-fondé du témoignage de mes parents ? Impossible à dire, je ne m'en souviens vraiment pas. Tout ce que je sais, c'est qu'il y eut un avant et un après. A sa façon, avec beaucoup plus de talent, Julien Green rapporte cet événement :
« L’amour était en moi et autour de moi comme l’air que je respirais. Mais aux alentours de ma cinquième année, il dut y avoir comme une sorte de catastrophe dont le sens m’échappe. A un moment que je n’arrive pas à situer, je me retrouvai de nouveau assis devant ma fenêtre quand j’eus tout à coup la conscience d’exister. Tous les hommes ont connu cet instant singulier où l’on se sent brusquement séparé du reste du monde, par le fait qu’on est soi-même et non ce qui nous entoure. Je laisse aux spécialistes le soin d’expliquer ces choses où j’avoue ne pas voir très clair. Tout ce que je retiens est que, pour ma part, je sortis à ce moment-là d’un paradis. C’était l’heure symbolique où la première personne du singulier fait son entrée dans la vie humaine pour tenir jalousement le devant de la scène jusqu’au dernier soupir. Certes je fus heureux par la suite, mais non comme je le fus auparavant, dans l’Eden d’où nous sommes chassés par l’ange fulgurant qui s’appelle Moi ».
Je ne sais pas si le Moi est l'ange fulgurant qui nous chasse du paradis - je crois plutôt que la rencontre du Moi, c'est la rencontre du même Serpent qui a tenté Adam et Eve. Mais pour le reste, je me reconnais très bien dans le passage que je cite aujourd'hui.
« L’amour était en moi et autour de moi comme l’air que je respirais. Mais aux alentours de ma cinquième année, il dut y avoir comme une sorte de catastrophe dont le sens m’échappe. A un moment que je n’arrive pas à situer, je me retrouvai de nouveau assis devant ma fenêtre quand j’eus tout à coup la conscience d’exister. Tous les hommes ont connu cet instant singulier où l’on se sent brusquement séparé du reste du monde, par le fait qu’on est soi-même et non ce qui nous entoure. Je laisse aux spécialistes le soin d’expliquer ces choses où j’avoue ne pas voir très clair. Tout ce que je retiens est que, pour ma part, je sortis à ce moment-là d’un paradis. C’était l’heure symbolique où la première personne du singulier fait son entrée dans la vie humaine pour tenir jalousement le devant de la scène jusqu’au dernier soupir. Certes je fus heureux par la suite, mais non comme je le fus auparavant, dans l’Eden d’où nous sommes chassés par l’ange fulgurant qui s’appelle Moi ».
Je ne sais pas si le Moi est l'ange fulgurant qui nous chasse du paradis - je crois plutôt que la rencontre du Moi, c'est la rencontre du même Serpent qui a tenté Adam et Eve. Mais pour le reste, je me reconnais très bien dans le passage que je cite aujourd'hui.