[align=justify]Bonjour Benoît,
Je vais essayer de vous répondre, mais je tiens à vous prévenir que mes compétences sont plus que limitées en ce domaine...
Suite à des débats sur un forum orthodoxe, j’ai été amené à m’intéresser de plus près à la figure du cardinal Stepinac, archevêque de Zagreb durant la seconde guerre mondiale, sous le régime oustachi d’Ante Pavelic. Malheureusement, les sources disponibles en Français semblent être assez dérisoires (le sujet ne semble pas avoir beaucoup passionné les historiens français).
Sur le forum orthodoxe que je mentionne ci-dessus, certains intervenants ont violemment attaqué la mémoire du cardinal, l’accusant d’avoir été le complice plus ou moins actif du massacre ou de la conversion forcée de centaines de milliers de Serbes orthodoxes. Et bien entendu, ils laissaient sous-entendre que Pie XII, qui était au courant du génocide, au mieux resta passif, au pire approuva.... Il semble bien, hélas, que certains membres du clergé - le fait est attesté pour les franciscains bosniaques - aient prêté un concours honteux aux exactions multiples auxquelles se livra le régime fasciste croate. Des évêques aussi, semble-t-il.
Mais c’est l’attitude du cardinal Stepinac qui nous intéresse ici. C’était le primat de Croatie, et sans doute son influence était-elle plus grande que celle des autres évêques. J’ai trouvé deux documents sur le net qui tendent à le disculper ; les voici :
Les protestations du cardinal Stepinac et
Mgr Stepinac et les deux douleurs de l'Europe. Il s’agit là, allez-vous me dire, d’une source des plus douteuses : le site de l’ambassade de Croatie ! C’est vrai, mais vous remarquerez que lesdits documents ont été initialement publié dans deux grands journaux : La Croix et Le Monde (lesquels ne sont pas connus pour être spécialement révisionnistes...).
Mais même si l’on réfute l’autorité des ces deux articles, une question demeure : pourquoi le Vatican aurait-il pris le risque de béatifier un criminel de guerre ? N’était-ce pas courir le risque de se discréditer ? On sait à quel point les ennemis de l’Eglise sont avides de tout ce qui touche à Pie XII et à l’Holocauste : pourquoi leur donner du grain à moudre ? De plus, l’Eglise catholique est engagée sur le chemin du dialogue oecuménique avec l’Eglise orthodoxe : quel intérêt alors de béatifier un persécuteur des Orthodoxes serbes ?
Je crois que ces seules considérations suffisent à rester très prudent face à ceux qui attaquent la mémoire du cardinal Stepinac. A travers sa figure, c’est aussi Pie XII et toute l’Eglise catholique que l’on tente de salir.
Pour moi, je fais confiance à mon Eglise. Si la béatification n’est pas en soi un acte ecclésial infaillible, je ne doute pas de la rigueur avec laquelle a été faite l’enquête préalable. Benoît XVI, encore récemment (le 08 février dernier très exactement, lors d’une audience), a proposé l’ancien archevêque de Zagreb comme modèle à tous les chrétiens, en précisant : «
Il a été béatifié par Jean-Paul II en 1998, au grand dam de la presse serbe qui, faisant fi de la vérité historique, reprenait à son compte les accusations communistes contre Stepinac. » (voir
ici).
En espérant avoir répondu à votre attente...
En Christ,
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