Les nouveaux martyrs chrétiens
Publié : mer. 26 oct. 2005, 11:29
Lors de la prière de vendredi dernier, un appel a été lancé par des religieux mahométans demandant aux fidèles de combattre les chrétiens et de venger leur dignité atteinte par les infidèles. Depuis, quelque cinq mille mahométans défilent sans discontinuer dans les rues de Moharam Bek, à Alexandrie, appelant à la destruction de l’église de Mari-Girgis (Saint-Georges).
La religieuse qui avait été attaquée au couteau mercredi dernier 19 octobre à l’entrée de ladite église par un jeune mahométan, vient de succomber à ses blessures.
Selon l’AFP la victime n’avait été que « légèrement blessée ». Quant à l’avocat qui avait tenté de la protéger lors de l’agression, il est lui aussi en train d’agoniser dans un hôpital public.
Il est impossible de se rendre au quartier Moharam Bek d’Alexandrie sans marcher sur des débris de verre. Selon les sources officielles du Caire, quinze voitures et seize magasins appartenant à des coptes auraient été incendiés hier. Des jeunes musulmans ont également dévalisé des pharmacies, des bijouteries et des cybercafés appartenant à des chrétiens de la ville d’Alexandrie.
Le prétexte de ce véritable pogrom n’est plus une cloche qui aurait sonné en signe de provocation anti-musulmane. Cette fois-ci, les dhimmis (les non-musulmans vivant en terre d’Islam) sont accusés d’avoir diffusé le DVD d’une pièce de théâtre datant de 2003. Or, la pièce est également jugée anti-musulmane, ce qui, d’après les forces de sécurité, aurait incité les cinq mille musulmans à attaquer des églises et à agresser des membres de la communauté chrétienne de la ville du nord de l’Egypte. L’église Al-Rousouleya a ainsi été incendiée, tandis que des cocktails Molotov ont été jetés à l’intérieur de l’église de la Vierge Marie. Des islamistes ont par ailleurs attaqué l’église catholique Al-Hamra’ ainsi que de nombreuses églises évangéliques.
Fidèle à son habitude, le quotidien Al-Ahram, proche du parti présidentiel, garde un silence complice : pas la moindre allusion aux événements d’Alexandrie. Selon le quotidien indépendant Al-Doustour (La Constitution), ce qui s’est passé à Alexandrie serait la conséquence naturelle des « provocations » émanant de l’église Saint-Georges. Al-Doustour reprend à son compte le prétexte de la pièce de théâtre, réalisée voici deux ans, et qui « donnerait une mauvaise image de l’islam ».
Interprétée par des acteurs amateurs, la pièce relate l’histoire véridique d’un jeune chrétien qui se convertit à l’islam et est poussé par un imam à agresser des prêtres de sa communauté d’origine.
D’autres journaux, comme les deux hebdomadaires égyptiens El-Midan et Al-Osbou’, dénoncent sur le ton de la menace l’infidélité des chrétiens d’Egypte, qui seraient mêlés à un « complot mondial anti-arabe » ! Pour le rédacteur en chef d’Al-Ousbou’, Moustafa Bakri : « certains traîtres de la diaspora copte complotent avec les sionistes et la CIA dans le but d’expulser les musulmans de leurs terres ». On pourrait demander à Bakri quand et où des musulmans en Egypte ont été expulsés. Mais ce serait inutile, tant l’aberration du rationnel de ces zélotes est sans limites.
Le quotidien Al-Wafd (conservateur), pour sa part, n’a fait que relater les informations fournies par la présidence sans se donner la peine d’aller enquêter sur le terrain ni de recueillir le moindre témoignage.
Pour certains médias occidentaux, les événements d’Alexandrie ouvrent la porte à un nouveau « cercle vicieux de violence » en Egypte, comme s’il s’agissait d’affrontements entre deux communautés querelleuses. Or, il ne s’agit visiblement que d’un cycle linéaire de violence trouvant son origine uniquement dans les mosquées.
L’influent cheikh d’Al-Azhar, Mohamed Sayed Tantawi, s’est contenté d’appeler les deux grandes communautés à retourner à la raison tout en refusant de dénoncer les agressions. Selon un représentant de la même congrégation, interrogé sur la chaîne qatari arabophone Al Jazeera, Chenouda III (le chef spirituel des coptes) devrait présenter des excuses publiques pour ne pas avoir interdit la diffusion d’une œuvre qui donne une mauvaise image des mahométans. Qu’en est-il cependant de l’image de la communauté musulmane d’Alexandrie laissée pas ces agressions, ces autodafés et ces pillages ? La question n’est pas posée.
Par ailleurs, l’Association des Coptes d’Europe nous apprend que dans le gouvernorat de Sohag (Haute-Egypte), de jeunes disciples du faux prophète Mahomet, originaires du village de Bani-Wassel, ont attaqué dimanche matin des magasins et endommagé - en toute impunité et dans l’indifférence générale des autorités locales - des biens appartenant à des coptes.
Selon la même source, deux voitures appartenant au monastère du Anba Thomas ont également été détruites et une troisième a été jetée dans une rivière. Aucun média n’a encore relaté la nouvelle, la police ayant empêché les journalistes de se rendre sur les lieux des agressions.
Le gouvernement égyptien s’est abstenu de dénoncer ces émeutes dont sont victimes les citoyens égyptiens de confession chrétienne. Presque dans le même temps, le Caire a « suspendu pour une durée indéterminée » l’instruction de l’affaire des mineures chrétiennes enlevées, violées, converties de force à l’islam et mariées à des musulmans religieux.
Devant cette attitude, certains intellectuels égyptiens, comme l’écrivain Magdi Khalil réfugié aux Etats-Unis, ont critiqué l’attitude négative de l’Etat qu’ils qualifient de « complice ».
Appelé à se prononcer sur le drame qui frappe un nombre croissant de familles chrétiennes en Egypte, Chenouda III - d’habitude extrêmement prudent quand il s’agit de s’exprimer sur les vicissitudes dont souffrent les chrétiens - avait annoncé, le 17 mars 2004 déjà : « la situation est extrêmement grave et ce que nous avons subi dans le passé nous suffit. L’Etat doit réagir car cette fois-ci nous n’allons pas nous taire. »
Officiellement, le gouvernement égyptien désavoue toutes formes de persécution mais, dans les faits, il minimise celles qu’il ne peut cacher. Après chaque émeute anti-chrétienne, le manque de fermeté du régime de Moubarak est expliqué au Caire par la crainte de désordres plus importants et par le déficit de légitimité dont souffre le régime. Quelle sera cette fois-ci la réponse officielle justificatrice de ce nouveau silence ? Elle intéressera sûrement ceux qui, à la veille du dernier scrutin présidentiel, ont prétendu que le régime était désormais assez fort pour s’opposer aux agissements des extrémistes.
La religieuse qui avait été attaquée au couteau mercredi dernier 19 octobre à l’entrée de ladite église par un jeune mahométan, vient de succomber à ses blessures.
Selon l’AFP la victime n’avait été que « légèrement blessée ». Quant à l’avocat qui avait tenté de la protéger lors de l’agression, il est lui aussi en train d’agoniser dans un hôpital public.
Il est impossible de se rendre au quartier Moharam Bek d’Alexandrie sans marcher sur des débris de verre. Selon les sources officielles du Caire, quinze voitures et seize magasins appartenant à des coptes auraient été incendiés hier. Des jeunes musulmans ont également dévalisé des pharmacies, des bijouteries et des cybercafés appartenant à des chrétiens de la ville d’Alexandrie.
Le prétexte de ce véritable pogrom n’est plus une cloche qui aurait sonné en signe de provocation anti-musulmane. Cette fois-ci, les dhimmis (les non-musulmans vivant en terre d’Islam) sont accusés d’avoir diffusé le DVD d’une pièce de théâtre datant de 2003. Or, la pièce est également jugée anti-musulmane, ce qui, d’après les forces de sécurité, aurait incité les cinq mille musulmans à attaquer des églises et à agresser des membres de la communauté chrétienne de la ville du nord de l’Egypte. L’église Al-Rousouleya a ainsi été incendiée, tandis que des cocktails Molotov ont été jetés à l’intérieur de l’église de la Vierge Marie. Des islamistes ont par ailleurs attaqué l’église catholique Al-Hamra’ ainsi que de nombreuses églises évangéliques.
Fidèle à son habitude, le quotidien Al-Ahram, proche du parti présidentiel, garde un silence complice : pas la moindre allusion aux événements d’Alexandrie. Selon le quotidien indépendant Al-Doustour (La Constitution), ce qui s’est passé à Alexandrie serait la conséquence naturelle des « provocations » émanant de l’église Saint-Georges. Al-Doustour reprend à son compte le prétexte de la pièce de théâtre, réalisée voici deux ans, et qui « donnerait une mauvaise image de l’islam ».
Interprétée par des acteurs amateurs, la pièce relate l’histoire véridique d’un jeune chrétien qui se convertit à l’islam et est poussé par un imam à agresser des prêtres de sa communauté d’origine.
D’autres journaux, comme les deux hebdomadaires égyptiens El-Midan et Al-Osbou’, dénoncent sur le ton de la menace l’infidélité des chrétiens d’Egypte, qui seraient mêlés à un « complot mondial anti-arabe » ! Pour le rédacteur en chef d’Al-Ousbou’, Moustafa Bakri : « certains traîtres de la diaspora copte complotent avec les sionistes et la CIA dans le but d’expulser les musulmans de leurs terres ». On pourrait demander à Bakri quand et où des musulmans en Egypte ont été expulsés. Mais ce serait inutile, tant l’aberration du rationnel de ces zélotes est sans limites.
Le quotidien Al-Wafd (conservateur), pour sa part, n’a fait que relater les informations fournies par la présidence sans se donner la peine d’aller enquêter sur le terrain ni de recueillir le moindre témoignage.
Pour certains médias occidentaux, les événements d’Alexandrie ouvrent la porte à un nouveau « cercle vicieux de violence » en Egypte, comme s’il s’agissait d’affrontements entre deux communautés querelleuses. Or, il ne s’agit visiblement que d’un cycle linéaire de violence trouvant son origine uniquement dans les mosquées.
L’influent cheikh d’Al-Azhar, Mohamed Sayed Tantawi, s’est contenté d’appeler les deux grandes communautés à retourner à la raison tout en refusant de dénoncer les agressions. Selon un représentant de la même congrégation, interrogé sur la chaîne qatari arabophone Al Jazeera, Chenouda III (le chef spirituel des coptes) devrait présenter des excuses publiques pour ne pas avoir interdit la diffusion d’une œuvre qui donne une mauvaise image des mahométans. Qu’en est-il cependant de l’image de la communauté musulmane d’Alexandrie laissée pas ces agressions, ces autodafés et ces pillages ? La question n’est pas posée.
Par ailleurs, l’Association des Coptes d’Europe nous apprend que dans le gouvernorat de Sohag (Haute-Egypte), de jeunes disciples du faux prophète Mahomet, originaires du village de Bani-Wassel, ont attaqué dimanche matin des magasins et endommagé - en toute impunité et dans l’indifférence générale des autorités locales - des biens appartenant à des coptes.
Selon la même source, deux voitures appartenant au monastère du Anba Thomas ont également été détruites et une troisième a été jetée dans une rivière. Aucun média n’a encore relaté la nouvelle, la police ayant empêché les journalistes de se rendre sur les lieux des agressions.
Le gouvernement égyptien s’est abstenu de dénoncer ces émeutes dont sont victimes les citoyens égyptiens de confession chrétienne. Presque dans le même temps, le Caire a « suspendu pour une durée indéterminée » l’instruction de l’affaire des mineures chrétiennes enlevées, violées, converties de force à l’islam et mariées à des musulmans religieux.
Devant cette attitude, certains intellectuels égyptiens, comme l’écrivain Magdi Khalil réfugié aux Etats-Unis, ont critiqué l’attitude négative de l’Etat qu’ils qualifient de « complice ».
Appelé à se prononcer sur le drame qui frappe un nombre croissant de familles chrétiennes en Egypte, Chenouda III - d’habitude extrêmement prudent quand il s’agit de s’exprimer sur les vicissitudes dont souffrent les chrétiens - avait annoncé, le 17 mars 2004 déjà : « la situation est extrêmement grave et ce que nous avons subi dans le passé nous suffit. L’Etat doit réagir car cette fois-ci nous n’allons pas nous taire. »
Officiellement, le gouvernement égyptien désavoue toutes formes de persécution mais, dans les faits, il minimise celles qu’il ne peut cacher. Après chaque émeute anti-chrétienne, le manque de fermeté du régime de Moubarak est expliqué au Caire par la crainte de désordres plus importants et par le déficit de légitimité dont souffre le régime. Quelle sera cette fois-ci la réponse officielle justificatrice de ce nouveau silence ? Elle intéressera sûrement ceux qui, à la veille du dernier scrutin présidentiel, ont prétendu que le régime était désormais assez fort pour s’opposer aux agissements des extrémistes.