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Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : dim. 01 août 2010, 22:29
par jean_droit
Voilà un livre qui devrait intéresser bien des catholiques.

Ce qui m'intéresse c'est cette volonté de mettre en place "l'herméneutique de la continuité".
Je suis loin d'être satisfait de la messe Paul VI mais, surtout, de la façon dont elle est dite, très souvent à "l'économie" comme si la Sainte Messe devait être dite à "l'économie".
Mais il est très possible de ne pas rentrer dans cette logique réductrice en utilisant toutes les possibilités du missel et en ne manquant rien.
En y ajoutant en plus des indications de la messe Saint Pie V.
C'est, je suppose, le but du présent ouvrage préfacé, comme de bien entendu, par monseigneur Aillet.

/http://www.artegespiritualite.fr/t_Livr ... 53950-.asp
Préfaçant un Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage ordinaire des paroisses suivant le missel romain de 2002 et la pratique léguée du rit romain, l'évêque de Bayonne écrit :

"Le pape Jean-Paul II avait souvent insisté sur la nécessité, pour retrouver le sens de la liturgie, de respecter les prescriptions liturgiques : "l'obéissance aux normes liturgiques devrait être redécouverte et mise en valeur comme un reflet et un témoignage de l'Église une et universelle, qui est rendue présente en toute célébration de l'Eucharistie. Le prêtre qui célèbre fidèlement la Messe selon les normes liturgiques et la communauté qui s'y conforme manifestent, de manière silencieuse mais éloquente, leur amour pour l'Église." (L'Eglise vit de l'Eucharistie, n°52). [...] Il reste que les rubriques, beaucoup plus succintes que dans le Missel de 1962, souvent évasives et sujettes à des interprétations parfois douteuses, contraignent célébrant et fidèles à l'improvisation, chaque fois qu'elles ne donnent pas les précisions requises. Ce "flou prescriptif" a pu donner lieu à une sorte "d'obligation de créativité", voire à des "déformations à la limite du supportable", comme le déplorait le pape Benoît XVI, dans sa lettre aux évêques accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007. Sans compter le risque de mettre en péril l'unité de la communauté ecclésiale par la multiplicité des manières de célébrer ainsi induites.

C'est dire combien le "Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage ordinaire des paroisses" que j'ai la joie de préfacer, en comblant un vide, rendra un service à tous ceux qui veulent retrouver le sens et l'esprit de la liturgie dans la forme ordinaire du rite romain. Dans une grande fidélité aux intentions exprimées dans les livres liturgiques rénovés et en s'attachant aux rubriques qu'ils contiennent, les auteurs ont cherché à préciser les manques en recourant, selon une "herméneutique de la continuité" promue par Benoît XVI, aux gestes pérennes de la liturgie romaine, tels qu'ils étaient codifiés dans le Missel antérieur. Ce faisant, ils proposent une application concrète de la volonté exprimée par le Saint-Père que les deux formes d'usage du rite romain puissent s'enrichir réciproquement".

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : lun. 02 août 2010, 9:27
par Théophane
Le pape Jean-Paul II avait souvent insisté sur la nécessité, pour retrouver le sens de la liturgie, de respecter les prescriptions liturgiques.
Ce n'est hélas pas toujours le cas... Hier j'ai accompagné la Messe à l'orgue dans une paroisse de Paris (très bel instrument au passage). Malheureusement, j'ai pu constater beaucoup d'abus liturgiques : les paroles du Gloria ne correspondaient pas au texte du missel, le Credo était un texte de libre inspiration, la Prière universelle ne comportait que deux intentions, beaucoup de paroles de la prière eucharistique étaient modifiées...
Mais je me suis tant bien que mal consolé de tout cela en faisant une longue improvisation à la Haendel après la Messe. :)

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : lun. 02 août 2010, 10:36
par jean_droit
Je ne me suis pas consolé de ces manquements à la liturgie.
Supprimer des prières ou des parties de prières, changer les textes des prières me hérissent le poil.
Comme la volonté d'écourter la messe.
Il m'arrive de rectifier à voix haute certains abus ... ce qui crée une certaine confusion voulue.
Une fois ou deux cela a permis de faire revenir au texte liturgique.
Il est très difficile d'influer sur la liturgie de la messe.
Souvent ce sont les EAP qui sont à l'avant garde des changements. Et elles ont le pouvoir.
Tout au plus peut-on avec des amis ou au sortir de la messe faire quelques réflexions.
Tout au plus peut-on dire au curé notre attachement à la liturgie.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : lun. 02 août 2010, 13:11
par Kerniou
Jean-Droit,
Pourquoi ne pas proposer votre participation dans l'équipe d'animation liturgique qui n'est pas l'EAP; les missions sont différentes. Peut-être que les mêmes personnes sont dans les deux; auquel cas cela pourrait signifier que des volontaires manqueraient ... Pour la connaissance et l'expérience, toujours parcellaires, qui sont les miennes; on essaie de diversifier les tâches, non de les cumuler et de renouveler les participants. Je dois dire que je ne me retrouve pas du tout dans les descriptions qui en sont faites sur le forum. Ces instances ne fonctionnent pas comme des électrons libres qui accaparent le pouvoir; de fréquentes réunions et des journées de réflexion et/ou de formation sont organisées à leur intention par le diocèse.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : lun. 02 août 2010, 16:12
par jean_droit
Vous avez raison et tord ... comme d'habitude et comme chacun de nous.
Cela dépend des lieux et de l'autorité du curé.
Dans ma paroisse, j'ai remarqué que les messes dites sans l'aide de l'équipe d'animation liturgique, dont l'EAP est la colonne vertébrale, suivent bien mieux la liturgie que les messes dominicales.
Parce que chacun veut mettre son grain de sel et veut faire preuve de créativité au dépend de la liturgie.
Dans la paroisse qui jouxte la mienne rien de cela n'existe parce que le curé veille au grain et ne laisse pas des débordements se faire.
Mon curé, mal aimé, laisse faire .....
La liturgie est de la responsabilité de l'évêque et du curé.
Sûrement pas des paroissiens.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : lun. 02 août 2010, 16:35
par jean_droit
Vous décrivez une équipe d'animation liturgique qui est bien loin de la pratique actuelle dans ma paroisse.
Ici elle vient 5 à 10 mn avant la messe et se distribue les rôles.
S'il y a des manques on cherche parmi l'assemblée.
Les lecteurs ou lectrices ont juste le temps de lire les lectures avant la messe.
J'ai l'impression, aussi, que c'est au dernier moment que se décident les chants entre l'organiste, la choriste et, des fois, le curé.
Cela fait bien longtemps qu'il n'y a plus de chorale.
La dernière responsable de la chorale est partie dégoûtée.
Par contre la personne responsable des fleurs fait de merveilleuses décorations.
Quand je parle d'une paroisse sinistrée ... c'est une paroisse sinistrée.
Il y a tout ou presque tout à reprendre.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : lun. 02 août 2010, 17:09
par Kerniou
En ce qui concerne les équipes liturgiques, elles ne sont pas attachées à une seule église mais tournent dans toutes celles qui constituent la Paroisse. Chaque équipe compte 5 à 6 personnes qui se réunissent en début de semaine au presbytère et réflechissent avec lui sur le contenu des lectures et de l'évangile. Ensuite, viennent le choix des chants et la répartition des tâches. Pour la Prière universelle, bien du'ilyen ait une de prévue, le prêtre demande à l'équipe de rédiger des intentions. Il préfère qu'elles émanent de la réflexion commune plutôt que du document; même si, souvent les mêmes thèmes sont conservés.
Ces rencontres sont priantes, ouvertes à la parole de chacun et vraiment une préparation de la messe. C'est pourquoi je vous avais conseillé de vous y associer pour faire valloir vos points de vue et réflexions.Mais les fonctionnements sont différents selon les lieux.
Bon courage à vous.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : sam. 21 août 2010, 16:25
par AdoramusTe
Lu ici : http://www.france-catholique.fr/Le-Cere ... sse-a.html
A l’occasion de la publication aux éditions Artège

de l’ouvrage de MM. Mutel et Freeman :

"Le Cérémonial de la sainte Messe, à l’usage ordinaire des paroisses" (Mars 2010).

Vous êtes invité à la table ronde

qui se tiendra

à l’auditorium du Centre Georges Bernanos, 4, rue du Havre, Paris 9 :

°

le 7 septembre 2010 à 18h30

sur le thème :

« Comment donner toute ses dimensions

au cérémonial de la Messe selon l’ordo de 2002 ? »

Y prendront part S.E. Mgr Marc AILLET, évêque de Bayonne, les abbés Régis MOREAU et Thomas DIRADOURIAN de la communauté Saint Martin et le P. Michel GITTON fondateur de la communauté Aïn Karem, ainsi que les auteurs.

Un apéritif sera servi ensuite.

RSVP (01 60 58 46 50)

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : mer. 08 sept. 2010, 10:25
par AdoramusTe
Voici le premier compte rendu :

(source : http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=565041)
Dom Thomas a fait d'abord fait remarquer que depuis le 7/7/7 la question liturgique se posait de manière neuve, toute la question liturgique et pas seulement la messe.
Il a cité le Cardinal Canisares disant que le VOM n'était pas une concession mais une aide pour mieux comprendre la liturgie actuelle dans l'herméneutique de la continuité.
Il dit qu'il y a une tension entre les rubriques nouvelles et le "savoir-vivre hérité" qui pose trois questions:

1/ La légitimité de faire des emprunts à l'ancien ordo.
En effet l'Église a toujours interdit le mélange des rite.
Cette question est pour lui résolue par le MP qui parle d'un unique rite et de deux formes.Cependant il estime utile que la Congrégation pour le Culte Divin propose des adaptations.

2/ Le rôle des rubriques dans la restauration liturgique.
A cité Mediator Dei disant que la liturgie n'était pas seulement affaire de rubriques.
Il se demande s'il est permis au nom de l'éducation, du savoir-faire, de ne pas se tenir à une lecture littéraliste des rubriques et d'user en bien des anciennes.

3/ Une question pastorale,
si pour lui la situation liturgique française est bien meilleure que celle de l'Amérique Latine, l'Allemagne et les Pays-Bas, surtout quant à l'esprit, la culture liturgique a disparu et il y a des célébrations de "grande indigence".
Peut-on aller au-delà d'une simple observance des rubriques et rechercher l'excellence?
Peut-on bâtir du neuf à partir de l'ancien, ce qui est l'objectif d'une réforme de la réforme?

Dom Thomas est ensuite passé à sa seconde partie, la plus intéressante à mon avis:

Typologie des manières de célébrer s'offrant aux praticiens du NOM

la réforme de la réforme doit promouvoir l'excellence dans la célébration au travers de cinq étapes:

1/ Purification

de tout ce qui l'appauvrit: les monitions et paroles improvisées, la mondanisation du culte et du sanctuaire.

2/ Valorisation

par les richesses traditionnelles qui n'ont jamais été exclues, en particulier par quatre des cinq points énoncés par l'abbé Barthe dans son dernier livre, "La messe à l'endroit":
- L'usage de la langue liturgique latine.
- La communion sur les lèvres.
- l'usage du canon romain.
- L'orientation vers le Seigneur.
Dom Diradourian dit qu'on peut y ajouter la manière de concélébrer et l'usage de vêtements liturgiques adapté.
Il ajoute qu'il note aussi avec l'abbé Barthe que la restauration de ces usages demande un réel courage pastoral mais que quelquefois on surestime l'opposition des fidèles et que l'on sous-estime de même leurs attentes.

3/ Explicitation

du "flou prescriptif", (expression de Mgr Aillet)par la manière de faire héritée, par exemple pour la position des mains.

4/ Addition

ajout de geste ou d'usage supprimés par souci de simplification, usages non pas défendus mais plus énoncés, par exemple le fait de joindre pouce et index, de joindre les mains en entonnant le Gloria, de mettre le corporal dans une bourse, les prières de vétitions que le Pape a d'ailleurs citées récemment.
Tout cela nécessite la connaissance et la pratique du VOM.

5/ Suppléance

des paroles de la forme ordinaire par celles de la fporme extraordinaire.
En particulier pour l'offertoire, cinquième point de l'abbé Barthe.
Mais aussi pour l'encensement des oblats, l'aspersion avant la messe.
Dom Thomas estime audacieux ces manières de faire et pense que le Saint Père dans la lettre accompagnant le MP réserve à Ecclesia Dei l'autorisation de ces pratiques.Et ce, même si l'affirmation d'un unique rite romain simplifierai le passage à ces pratiques.

En conclusion, il estime qu'il ne faut pas laisser tout le travail ou tout l'espace ? aux praticiens du VOM, que ceux du NOM doivent aussi remédier à la première des douze plaies infligées à l'Église par l'hérésie antiliturgique débusquée par dom Guéranger, c.a.d. la haine de la tradition dans les formes du culte divin.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : mer. 08 sept. 2010, 11:00
par jean_droit
Merci pour ce compte rendu.
Malheureusement rédigé un peu rapidement et de mémoire.
Je suis loin d'avoir tout assimilé .....

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : mer. 08 sept. 2010, 20:37
par archi
Voilà qui est très intéressant.
Quelques réflexions en passant:
1/ La légitimité de faire des emprunts à l'ancien ordo.
En effet l'Église a toujours interdit le mélange des rite.
Cette question est pour lui résolue par le MP qui parle d'un unique rite et de deux formes.Cependant il estime utile que la Congrégation pour le Culte Divin propose des adaptations.
Le risque est que les "vases communicants" marchent (trop) dans les 2 sens et aboutissent à introduire dans la FERM des pratiques que ceux qui aiment cette forme n'ont aucune envie d'y voir (même si je pense que certains emprunts dans ce sens seraient également utiles... la question est de savoir où s'arrêter).

Ceci dit, la tendance actuelle de la Curie romaine semble être de promouvoir la FERM selon les dispositions strictes de 1962, y compris au niveau des détails (pas de 3e Confiteor, pas de Notre Père chanté). Il y a quelques années, on voyait paradoxalement plus d'adaptations officielles (dans le sens du missel de 1965).

Typologie des manières de célébrer s'offrant aux praticiens du NOM
(...)
Dom Diradourian dit qu'on peut y ajouter la manière de concélébrer
J'aurais bien aimé savoir ce qu'il pense de la manière de concélébrer (mais peut-être est-ce abordé dans l'ouvrage qui a donné son titre au présent fil?).
des paroles de la forme ordinaire par celles de la forme extraordinaire.
En particulier pour l'offertoire, cinquième point de l'abbé Barthe.
Mais aussi pour l'encensement des oblats, l'aspersion avant la messe.
Dom Thomas estime audacieux ces manières de faire et pense que le Saint Père dans la lettre accompagnant le MP réserve à Ecclesia Dei l'autorisation de ces pratiques.Et ce, même si l'affirmation d'un unique rite romain simplifierai le passage à ces pratiques.
Il y a un remplacement que personnellement j'aimerais bien voir (et surtout entendre lors des célébrations), c'est celui de la fin des nombreuses Préfaces de la FORM, avec la mention des hiérarchies angéliques réduite à leur plus simple expression. Elles se finissent toutes ou presque (y a-t-il un site où on les trouve toutes pour voir ce qui subsiste?) par
avec les Anges et tous les Saints
.... en tous cas toutes celles que j'ai eu l'occasion d'entendre.

Dans la FERM, c'est au minimum
les Anges et les Archanges, les Chérubins et les Séraphins
(Préface de la Sainte Trinité), voire (dans la Préface commune):
par Lui les Anges louent votre Majesté, les Dominations l'adorent, les Puissances la révèrent, les Cieux et les Forces des Cieux [traduction de "caelorumque Virtutes" dans mon missel, en général on traduit par Virtutes par "Vertus"], avec les bienheureux Séraphins...
Encore la liturgie romaine traditionnelle est-elle relativement peu prolixe sur le sujet, quand on compare aux anaphores antiques et à celles qui existent encore dans les rites orientaux, à la liturgie de Saint Marc qui est à l'origine du Canon romain. Quelques exemples:

Liturgie de Saint Jean Chrysostome:
Nous te rendons grâce aussi pour cette liturgie que tu daignes recevoir de nos mains, bien que tu sois servi par des milliers d’archanges, des myriades d’anges, par les chérubins et les séraphins aux six ailes et aux innombrables yeux, qui volent, sublimes, dans les hauteurs
Liturgie de Saint Basile:
Car tous les êtres te servent. Tu es loué par les Anges, les Archanges, les Trônes, les Dominations, les Principautés, les Vertus, les Puissances et les Chérubins aux yeux multiples. Devant toi se tient le cercle des Séraphins aux six ailes, dont deux leur voilent le visage, deux les pieds, tandis qu’ils volent des deux autres, criant l’un à l’autre, de leurs bouchent infatigables, des louanges sans fin.
Liturgie de Saint Jacques:
Tu reçois la louange des anges et des archanges, des trônes et des dominations, des principautés, des puissances et des vertus, des chérubins aux innombrables yeux et des séraphins aux six ailes.

Liturgie de Saint Marc:
Tu es élevé au-dessus de toute principauté et de toute Puissance, Force et Domination, et au-dessus de tout nom qui est nommé non seulement en ce monde, mais aussi dans le monde futur. Autour de toi se tiennent mille fois mille et dix mille myriades de saints Anges et les armées des Archanges. Autour de toi sont les deux êtres les plus vénérables, les Chérubins aux yeux multiples et les Séraphins aux six ailes, qui de deux ailes couvrent leur visage, de deux ailes couvrent leurs pieds, et volent de deux ailes. D'une bouche infatigable, louant Dieu sans jamais se taire, ils se clament l'un à l'autre l'hymne de victoire trois fols saint, clamant, glorifiant, criant et disant, à ta grande gloire: Saint, Saint, Saint Seigneur Sabaoth, le ciel et la terre sont pleins de ta gloire...
C'est quand même beau non?

Je constate qu'on retrouve quasi-systématiquement les Séraphins aux six ailes et les Chérubins aux innombrables yeux. La FERM a au moins conservé les neufs Choeurs angéliques. La FORM? On a clairement l'impression tout cela n'est que superstition aux yeux des réformateurs. Il est d'ailleurs normal qu'un texte ou un rite liturgique reflète la théologie de celui qui l'a rédigé ou retouché. C'est tout l'intérêt de textes et rites traditionnels: ils nous transmettent avant tout (avec relativement peu d'évolutions dans le temps) la théologie de l'époque Apostolique et des Pères de l'Eglise. Si encore la réforme liturgique avait été chercher les anciens textes sans les retoucher. Mais non, les Séraphins aux six ailes, tout cela n'est que superstition dépassée aux yeux des modernistes dont on ne sait plus trop à quoi ils croient. Il fallait bien adapter tout cela à l'"esprit" de notre époque. :(

In Xto,
archi

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : jeu. 09 sept. 2010, 11:39
par Boris
archi a écrit :Il y a un remplacement que personnellement j'aimerais bien voir (et surtout entendre lors des célébrations), c'est celui de la fin des nombreuses Préfaces de la FORM, avec la mention des hiérarchies angéliques réduite à leur plus simple expression. Elles se finissent toutes ou presque (y a-t-il un site où on les trouve toutes pour voir ce qui subsiste?) par
avec les Anges et tous les Saints
.... en tous cas toutes celles que j'ai eu l'occasion d'entendre.
Suivez la Forme Ordinaire en Latin : il n'y a pas cette déperdition ! Ce que vous dénoncez n'existe que dans les adaptations francophones.

En réalité, il n'y a que très peu de différence dans les textes de la messe entre 2002 et 1962 dans les version latines. Les différences apparaissent toutes dans l'adaptation francophone ! (jusqu'à la perte pure et simple de nombreuses parties comme pour "orate fratres", "Beata" pour la vierge Marie, qui donc en Français n'est plus bienheureuse contrairement au Magnificat, ...)

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : jeu. 09 sept. 2010, 11:44
par AdoramusTe
archi a écrit : Le risque est que les "vases communicants" marchent (trop) dans les 2 sens et aboutissent à introduire dans la FERM des pratiques que ceux qui aiment cette forme n'ont aucune envie d'y voir (même si je pense que certains emprunts dans ce sens seraient également utiles... la question est de savoir où s'arrêter).
Ce qui nous intéresse le plus c'est finalement le réenrichissement de la FORM.
Je ne suis pas sûr que les fidèles et prêtres de la FERM poussent à s'inspirer de la FORM.

Encore la liturgie romaine traditionnelle est-elle relativement peu prolixe sur le sujet, quand on compare aux anaphores antiques et à celles qui existent encore dans les rites orientaux, à la liturgie de Saint Marc qui est à l'origine du Canon romain.
...
C'est quand même beau non?
Oui, c'est beau, mais le propre du rit romain est sa concision. Les collectes en sont le témoignage.
Donc, restons-en au rit romain :) (ce qui veut dire pas de prières eucharistiques qui viennent de l'extérieur)
Je constate qu'on retrouve quasi-systématiquement les Séraphins aux six ailes et les Chérubins aux innombrables yeux. La FERM a au moins conservé les neufs Choeurs angéliques. La FORM? On a clairement l'impression tout cela n'est que superstition aux yeux des réformateurs. Il est d'ailleurs normal qu'un texte ou un rite liturgique reflète la théologie de celui qui l'a rédigé ou retouché. C'est tout l'intérêt de textes et rites traditionnels: ils nous transmettent avant tout (avec relativement peu d'évolutions dans le temps) la théologie de l'époque Apostolique et des Pères de l'Eglise. Si encore la réforme liturgique avait été chercher les anciens textes sans les retoucher. Mais non, les Séraphins aux six ailes, tout cela n'est que superstition dépassée aux yeux des modernistes dont on ne sait plus trop à quoi ils croient. Il fallait bien adapter tout cela à l'"esprit" de notre époque. :(
Mais quelle superstition ? C'est dans l'Ecriture Sainte (Ezechiel et Apocalyspe).

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : jeu. 09 sept. 2010, 20:56
par archi
Boris a écrit :Suivez la Forme Ordinaire en Latin : il n'y a pas cette déperdition ! Ce que vous dénoncez n'existe que dans les adaptations francophones.

En réalité, il n'y a que très peu de différence dans les textes de la messe entre 2002 et 1962 dans les version latines. Les différences apparaissent toutes dans l'adaptation francophone ! (jusqu'à la perte pure et simple de nombreuses parties comme pour "orate fratres", "Beata" pour la vierge Marie, qui donc en Français n'est plus bienheureuse contrairement au Magnificat, ...)
J'ignorais que cette déperdition était due aux traductions (pas seulement en Français). Effectivement, dans la comparaison ci-dessous entre les 2 ordos en latin, qui compare entre autres toutes les Préfaces de l'ancien missel avec leur équivalent dans le nouveau, la terminaison est inchangée ou bien modifiée à peu près dans le même esprit, au moins pour celles-ci; je ne sais pas ce qu'il en est pour les nouvelles Préfaces. Par contre, le lien en question montre qu'il y a quand même tout un tas de différences pour lesquelles on voit mal le besoin urgent qu'il y avait à changer:
http://www.salve-regina.com/Liturgie/Sy ... omanus.pdf

In Xto,
archi.

Re: Cérémonial de la Sainte Messe à l'usage des paroisses

Publié : jeu. 09 sept. 2010, 21:09
par archi
AdoramusTe a écrit :
archi a écrit : Le risque est que les "vases communicants" marchent (trop) dans les 2 sens et aboutissent à introduire dans la FERM des pratiques que ceux qui aiment cette forme n'ont aucune envie d'y voir (même si je pense que certains emprunts dans ce sens seraient également utiles... la question est de savoir où s'arrêter).
Ce qui nous intéresse le plus c'est finalement le réenrichissement de la FORM.
Je ne suis pas sûr que les fidèles et prêtres de la FERM poussent à s'inspirer de la FORM.
Ca dépend...
Ceci dit, en y repensant, je me demande si ce n'est pas aux prêtres qui pratiquent la FORM et qui veulent qu'elle revienne à une liturgie plus traditionnelle d'introduire de leur propre initiative des textes plus appropriés, de meilleures traductions, déjà pour les prières qu'ils récitent seuls. Je sais bien, c'est interdit... mais les prêtres modernistes ne se gênent guère pour introduire de nouveaux textes (peu engageants), on ne leur dit rien et certains de ces textes finissent par se frayer un chemin parmi les innombrables options déjà autorisées (cf par exemple toutes les Prières Eucharistiques introduites depuis 1969 en plus des 4 habituelles). Alors, si on attend que Rome agisse...

Et finalement, du point de vue des idées qui sous-tendent le nouvel ordo, ce n'est pas si choquant. Autant le missel de Saint Pie V se voulait comme une unification des livres liturgiques de la sphère des rites latins, jusqu'au détail près, autant le nouveau missel a voulu sortir du rubricisme, permettre un développement liturgique plus libre... donc inutile de s'en tenir à une obéissance textuelle à une réforme liturgique qui a fait éclater les règles de l'obéissance.

On peut regretter que dans une telle perspective, ça devienne un peu un rapport de force entre le "bord" qui sortira "ses" textes avec le plus d'efficacité, mais je ne vois pas d'autre solution. Pour l'instant, c'est déjà un rapport de force, et il est fort déséquilibré.

Un exemple qu'on entend relativement souvent (y compris semble-t-il par la bouche de Mgr Vingt-Trois), c'est "Heureux les invités au repas [ou "au festin"] des Noces de l'Agneau" au lieu du "Heureux les invités au repas du Seigneur" de la traduction officielle: c'est beaucoup plus proche de l'original et c'est plus riche.

In Xto,
archi.