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Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 20:37
par Pneumatis
Père,

Beaucoup de catholiques ont constaté, parfois avec beaucoup de souffrance, une sorte de libéralisation de la liturgie qui semblait se revendiquer de "l'esprit du concile". A quoi cela tient-il, selon vous ? Est-ce que cela est amené à changer ? Quelle appréciation peut-on en avoir ?

Merci.

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 20:44
par Père Hubert Vallet
Là encore, cher Pneumatis, une question à plusieurs tiroirs: la liturgie, l'évolution de sa mise en oeuvre, la connaissance que les fidèles ont, et de la liturgie, et de sa mise en œuvre, et enfin, la souffrance éventuellement provoquée. Il faudrait donc commencer par avoir: des idées claires sur la nature de la liturgie, et des informations fiables sur des points de mise en oeuvre. On pourra entrer dans des faits concrets si vous le souhaitez.
J'ajoute que je me méfie beaucoup: d'une part de la conjonction des mots "libéralisation" et "liturgie", car cette dernière est faite de beaucoup d'obéissance et d'humilité (ce dont le libéralisme n'est vraiment pas un spécialiste); d'autre part de "l'esprit" du concile, qu'on a souvent fait allégrement sauter par dessus sa "lettre", c'est-à-dire son texte lui-même.

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 20:50
par Pneumatis
Parfait, je vais donc entrer un peu plus dans le détail.

Je conçois très bien qu'il ne soit pas à la portée de toutes les paroisses de pouvoir remettre du chant grégorien, juste en claquant des doigts. Mettons la "forme", et même le latin, un peu de côté pour l'instant, pour aller plus sur le fond...

Prenons l'exemple : que dire ou que penser par exemple, quand on remplace le Credo par "Je crois en Dieu qui chante et qui fait chanter la vie" ou encore le Gloria par un chant qui n'a finalement que peu de choses à voir avec ce que la présentation générale du missel romain qualifie comme un texte demeuré éminemment fidèle, par tradition, avec la liturgie des premiers temps de l'Eglise ?

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 21:07
par Père Hubert Vallet
A qui posez-vous la question?
Si vous la posez au chrétien fidèle que j'essaie d'être, il est absolument évident que le Gloire à Dieu est un texte précis, non changeable, et riche de quelques dix-sept siècles; plus encore le "Je crois en Dieu" de Nicée-Constantinople représente l'aboutissement, au temps de l'Eglise dite indivise, de l'expression conceptuelle de la foi commune. J'insiste volontairement là-dessus d'un point de vue œcuménique (en effet, plus la peine de se fatiguer pour le "Filioque" si on change tout le texte; qu'en diraient les orthodoxes?...)
Si vous posiez (posez) la question à un curé fraîchement arrivé dans une vaste paroisse multi-campanaires où de vieilles habitudes seraient autrement enracinées, je ne pense pas que la priorité du-dit curé doive nécessairement être le rétablissement immédiat des textes en question. Pour éveiller le plus grand nombre au sens de la liturgie, il convient de ne pas faire se fermer trop vite toutes les oreilles et tous les coeurs; bref, un peu de gradualité pastorale est nécessaire, je pense.

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 21:27
par Pneumatis
Mais à quoi tient que des habitudes posant problème aient pu s'enraciner, et va-t-on véritablement vers un "progrès" (au sens ici de retour à la tradition liturgique) ?

Au passage, ça ne manquerait pas d'être curieux si finalement on se trouvait à réconcilier progressisme et traditionnalisme en posant que le progrès attendu serait une plus grande proximité d'avec la tradition... :)

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 21:40
par jean_droit
Je me demande si les changements dans les textes de la messe ne sont pas, en grande partie, le fait des laïcs.
J'ai remarqué que, c'est le cas dans ma paroisse, que quand le prêtre célèbre la messe en semaine les paroles de la messe sont beaucoup plus respectées.

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 21:54
par savonarole
Pneumatis a écrit :"Je crois en Dieu qui chante et qui fait chanter la vie"
:mal: ... mais c'est un tube de paroisse !

Plus sérieusement faut-il toujours poser la question entre "chants grégoriens" d'un côté et "chants creux" de l'autre ?
N'y a-t-il pas un défi à relever de justement ne pas forcément resservir ce qui appartient à une tradition, qui a aussi ses écueils (notamment en terme d'accessibilité), sans faire dans un consensuel dénué de sens ?
Il me semble qu'en matière musical certains s'y sont essayés et avec succès, je pense au Père André Gouzes, et à son important travail sur la musique (il est notamment à l'origine du "style" Taizé) ou a des chants de communauté nouvelles (Chemin Neuf , Emmanuel...).

Car ce qui manque au fond, n'est ce pas une attention au Beau mis au service de l'action de grâce ?
Et dans cet esprit, je pense que de nombreuses sensibilités peuvent s'exprimer, non sans exigence, sans que ce soit en remettant nécessairement du latin ou du grégorien.

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 22:28
par Père Hubert Vallet
Réagir à trois interventions en quelques secondes: mon clavier va exploser.
Pour Pneumatis: bien vu le progrès comme retour.
Pour Savonarole: OK pour apprécier des répertoires de chants français sans être niais (Communautés nouvelles de toutes sortes, compositeurs inspirés, etc.)
Pour Jean_Droit: votre remarque m'a fait rire, comme quoi il doit y avoir du vrai...

Re: Les pratiques liturgiques après Vatican II

Publié : sam. 10 juil. 2010, 22:38
par Petit Matthieu
Père Hubert Vallet a écrit : Pour Savonarole: OK pour apprécier des répertoires de chants français sans être niais (Communautés nouvelles de toutes sortes, compositeurs inspirés, etc.)
Voilà un autre gros challenge du XXIe siècle ! :cool: