Les bons étaient-ils bons ?
Publié : jeu. 08 juil. 2010, 15:32
J'ai été ahuri de découvrir (comment çà m'arrive à moi ?!?) que les héros de ma jeunesse étaient des bandits.
Par exemple, si je suis bien Anne T., eh bien, il suffit de taper : Gandhi raciste et hop !, on découvre que Gandhi était l'ami d'Hitler !
Lorsque l'on "gratte" un peu, on découvre que Gandhi a bien écrit une lettre adréessée à Mr Hitler, dans laquelle il commence par : "Mon ami", et poursuit en lui demandant de faire tout son possible pour éviter une guerre mondiale: "Il est très clair que vous êtes aujourd’hui la seule personne dans le monde qui puisse empêcher une guerre qui peut réduire l’humanité à l’état sauvage. Devez-vous payer ce prix pour un objectif, si valable qu’il puisse sembler être pour vous ? Ecouterez-vous l’appel de quelqu’un qui a délibérément évité la méthode de la guerre, non sans un succès considérable ? »
A cette lecture, je réponds que ma bonne opinion de Gandhi n'a pas changé d'un iota. Ce serait bien aussi de citer tous les notables français et anglais, qui sont allés faire des courbettes devant Hitler en l'appelant notre ami, pour lui demander de ne pas commencer une guerre... Mais il existe une seconde lettre, dans laquelle Gandhi justifie au nom d'un principe supérieur le fait d'appeler ami un ennemi (tiens, dans l'Evangile il y a un principe de ce genre, attendez, ah oui: "Aimez vos ennemis !"
Bref, voici ce second passage:
« Si je vous appelle ami, ce n’est pas du formalisme. Je n’ai pas d’ennemis. Depuis 33 ans l’œuvre de ma vie a été de m’assurer l’amitié de toute l’humanité, sans distinction de race, de couleur ou de croyance ».
En tout cas, une chose est sûre: Hitler ne fût pas l'ami de Gandhi, puisque Gandhi n'était ni allemand ni aryen !
Mais cela ce n'est que la première découverte. Car j'aimais aussi Albert Schweitzer, auquel Gilbert Cesbron avait consacré un magnifique petit livre beaucoup aimé dans ma jeunesse: "Il est minuit docteur Schweitzer". Alors, oh, ma déconvenue de de lire sur un blog - tenu certainement par un homme d'une insondable probité intellectuelle: Au crépuscule de sa vie, amer, il a tenu des propos qui lui auraient valu une condamnation par le MRAP.
« J’ai donné ma vie à offrir aux Africains les avantages de notre civilisation, mais j’ai finalement bien compris que les statuts ne changeront pas : Blancs, supérieurs, Noirs, inférieurs ; à chaque fois qu’un Blanc souhaite vivre avec eux comme un égal, ils vont soit le détruire, soit s’engouffrer dans son être ; et ils détruiront tout son travail. (…) N’oubliez jamais que vous êtes le maitre, et que ce sont des enfants. (…) Ne fraternisez jamais avec eux comme un égal, ne les acceptez jamais comme vos égaux sociaux ; ou ils vous dévoreront ; ils vous détruiront ».
My African Notebook, Albert Schweitzer, 1961
Et donc voici comment on condamne deux hommes célèbres pour leur humanisme: on ne les condamne pas sur ce qu'ils ont fait, ni souffert, ni sacrifiés, mais on les prend là où ils ont été des hommes comme nous tous, c'est-à-dire : faibles et faillibles, marqués par nos éducations - autrement dit: des pécheurs.
Et moi je vous le dis : je les aime d'autant plus !
Par exemple, si je suis bien Anne T., eh bien, il suffit de taper : Gandhi raciste et hop !, on découvre que Gandhi était l'ami d'Hitler !
Lorsque l'on "gratte" un peu, on découvre que Gandhi a bien écrit une lettre adréessée à Mr Hitler, dans laquelle il commence par : "Mon ami", et poursuit en lui demandant de faire tout son possible pour éviter une guerre mondiale: "Il est très clair que vous êtes aujourd’hui la seule personne dans le monde qui puisse empêcher une guerre qui peut réduire l’humanité à l’état sauvage. Devez-vous payer ce prix pour un objectif, si valable qu’il puisse sembler être pour vous ? Ecouterez-vous l’appel de quelqu’un qui a délibérément évité la méthode de la guerre, non sans un succès considérable ? »
A cette lecture, je réponds que ma bonne opinion de Gandhi n'a pas changé d'un iota. Ce serait bien aussi de citer tous les notables français et anglais, qui sont allés faire des courbettes devant Hitler en l'appelant notre ami, pour lui demander de ne pas commencer une guerre... Mais il existe une seconde lettre, dans laquelle Gandhi justifie au nom d'un principe supérieur le fait d'appeler ami un ennemi (tiens, dans l'Evangile il y a un principe de ce genre, attendez, ah oui: "Aimez vos ennemis !"
Bref, voici ce second passage:
« Si je vous appelle ami, ce n’est pas du formalisme. Je n’ai pas d’ennemis. Depuis 33 ans l’œuvre de ma vie a été de m’assurer l’amitié de toute l’humanité, sans distinction de race, de couleur ou de croyance ».
En tout cas, une chose est sûre: Hitler ne fût pas l'ami de Gandhi, puisque Gandhi n'était ni allemand ni aryen !
Mais cela ce n'est que la première découverte. Car j'aimais aussi Albert Schweitzer, auquel Gilbert Cesbron avait consacré un magnifique petit livre beaucoup aimé dans ma jeunesse: "Il est minuit docteur Schweitzer". Alors, oh, ma déconvenue de de lire sur un blog - tenu certainement par un homme d'une insondable probité intellectuelle: Au crépuscule de sa vie, amer, il a tenu des propos qui lui auraient valu une condamnation par le MRAP.
« J’ai donné ma vie à offrir aux Africains les avantages de notre civilisation, mais j’ai finalement bien compris que les statuts ne changeront pas : Blancs, supérieurs, Noirs, inférieurs ; à chaque fois qu’un Blanc souhaite vivre avec eux comme un égal, ils vont soit le détruire, soit s’engouffrer dans son être ; et ils détruiront tout son travail. (…) N’oubliez jamais que vous êtes le maitre, et que ce sont des enfants. (…) Ne fraternisez jamais avec eux comme un égal, ne les acceptez jamais comme vos égaux sociaux ; ou ils vous dévoreront ; ils vous détruiront ».
My African Notebook, Albert Schweitzer, 1961
Et donc voici comment on condamne deux hommes célèbres pour leur humanisme: on ne les condamne pas sur ce qu'ils ont fait, ni souffert, ni sacrifiés, mais on les prend là où ils ont été des hommes comme nous tous, c'est-à-dire : faibles et faillibles, marqués par nos éducations - autrement dit: des pécheurs.
Et moi je vous le dis : je les aime d'autant plus !