Page 1 sur 2

Le château intérieur

Publié : jeu. 24 juin 2010, 0:34
par Cinci
Bonjour,

Je voudrais savoir s'il se trouvre des amateurs de Thérèse d'Avila dans le coin. Je trouverais intéressante la possibilité que quelque riche puisse bien vouloir me (nous ?) faire l'aumône de ce qu'il saurait tant soit peu à ce sujet. Et là je parle des demeures, les divers états de l'âme selon Thérèse, etc. Auriez-vous, vous-même, comme jamais pu expérimenté le bien fondé d'un des dires de Thérèse ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Si vous avez du matériel là-dessus alors soyez libre de m'en faire part ou pas. Si vous le faite il est entendu que ce sera apprécié.

Merci d'avance.

Re: Le château intérieur

Publié : jeu. 24 juin 2010, 13:35
par Antoine Marie
Bonjour,

J'ai lu le livre de Sainte Thérèse qui parle des 7 demeures intérieures de l'âme, qui sont comme des niveaux spirituels. Dans la dernière demeure, la plus intérieure, se trouve le Temple de Dieu en nous. Les autres demeures sont des degrés sur le chemin de la sainteté.
J'avoue en revanche qu'à part cette macro vision, il ne me reste pas grand-chose de ce livre.
Mais j'ai entendu récemment un prêtre spécialiste de spiritualité dire ceci :
Les gens de la 3e demeure sont des gens qui ont leur vie bien ordonnée, bien rangée, à laquelle extérieurement il ne manque rien mais Sainte Thérèse nous dit que ce qu'il leur manque, c'est la folie de l'Amour.
Voilà, j'espère que ça va lancer le fil qui m'intéresse également.
Fraternellement

Re: Le château intérieur

Publié : jeu. 24 juin 2010, 16:53
par Griffon
Je suis moi aussi intéressé par ce sujet.
J'ai lu le livre avec beaucoup d'intérêt, et plus encore de difficultés.
Il faut le reconnaître, il est assez hermétique, et nécessite des explications.

Je lis précisément un livre bien intéressant d'un carmélite, Thomas Alvarez ocd, spécialiste de Ste Thérèse, qui connaît l'entièreté de l'oeuvre et la vie de la sainte, ce qui permet d'avoir un éclairage contextuel et de clarifier les exemples qu'elle donne. Il faut savoir que la sainte devait se méfier de l'inquisition espagnole très active, qui avait déjà déchiré de pages d'un livre antérieur également autobiographique (La Vie).
Ce livre a l'avantage de s'exprimer dans un langage simple à destination des simples mortels, comme moi.

Avant de se lancer dans les différentes demeures, Ste Thérèse décrit le château : des millions de places, avec des murs de cristal le plus pur. Une descritpion grandiose avec dans la demeure centrale, le Christ, lumineux.
Cette description a pour objet de mettre en lumière la dignité et la grandeur de l'homme.

Malheureusement, avec le péché, le cristal se couvre d'une fumée qui masque complètement la lumière christique.
Et cela montre également la fragilité de notre monde intérieur.

Autour du château, les bêtes les plus horribles qui nous mènent la vie dure et nous accaparent.

Cordialement,

Griffon.

Re: Le château intérieur

Publié : ven. 25 juin 2010, 3:18
par Cinci
... à propos de Thérèse d'Avila, je me souviens d'avoir déjà assisté à une conférence sur elle et puis donnée par un jeune père carme, Yvan Marcil; grand gaillard assez solide. Il avait été question entre autre du pardon parmi plusieurs choses. Mais ce n'est qu'après que j'aurai su cela :

http://www.dionysos.ca/articles/pardon/monde_2204.htm

On verra au cours de l'émission de Jean-Marie Cavada un document canadien exceptionnel (primé au Festival de Toursen janvier). Le Pardon raconte une histoire incroyable. Le cinéaste et professeur de religion québécois Denis Boivin a tourné un film sur le crime commis, en 1979 à Montréal, par deux voyous : Normand Guérin et Gilles Pimparé avaient assassiné Chantal Dupont, quatorze ans, et Maurice Marcil, dix-sept ans, après avoir violé la jeune fille. [...]


Mon jeune père carme de la conférence sur Thérèse, Yvan, c'était le frère de ... ; que la chose m'avait frappée un petit peu. Bon, petite anecdote, c'est à cette occasion que j'aurai pu entendre parler sérieusement de Thérèse d'Avila pour la première fois.

[...]

Sinon, plus tard, je m'étais déplacé à Québec pour aller voir le fameux archevêque Marc Ouellet, lequel devait alors prendre part à une marche le long du chemin du roi et jusqu'à la basilique Sainte-Anne de Beaupré (entrecoupée tout le long, de temps de pause, durant lesquels l'archevêque devait prendre la parole pour donner quelques enseignements, prières, etc). Une fois rendu à la Basilique, et quand la journée fut terminée (après la messe), je me serai procuré sur place certains petits livres portant sur la vie intérieure et en suivant les enseignements de Thérèse d'Avila. M'enfin, je dis ça, c'est occasion pour moi de me remémoré la journée en question. Et ces petits livres en question sont ceux que j'ai en main présentement. La vie spirituelle d'après Thérèse ou des éléments d'introduction à la vie intérieure. Mouais, mouais ... ce serait à voir (sourire). Puis peut-être entrevoir par la même occasion dans quel désastre je me situe encore. Il est des ''chances'' que ce ne soit pas très beau. «Mama ! »

Je pourrais toujours m'appuyer à l'occasion sur des observations qui sont faites dans ces opuscules, et quant aux conceptions de Thérèse. Faudrait voir.

Pour se mettre un peu dans le bain :

... au temps de sainte Thérèse d'Avila, en Espagne du XVIe siècle, il n'y avait pas de danger pour la foi, la foi était protégée; tout le monde avait la foi, je crois bien, car ceux qui ne l'avaient pas on les tuaient : crois ou meurs ! Le pire ce n'était pas la foi, car ils l'avaient, la foi ! Où donc était le péché ? C'était dans les sens. Ces gens étaient très sensuels. Il y avait des viveurs, des libertins, qui étaient connus partout, ils ne se cachaient même pas.

Pourtant ce monde-là, savez-vous de quoi ils parlaient dans les veillées ? Pensez-vous qu'ils parlaient de sexe ? Pas de danger ! On avait la foi ! On parlait d'apparitions, de mystique, de choses spirituelles. On faisait de l'illuminisme. L'illuminisme , c'est la manie de voir de l'extraordinnaire partout. C'est le jeu de toujours ramasser ce qu'il y a de plus extraordinnaire dans la vie, puis de se faire une espèce de point d'honneur d'utiliser tout ça. C'était le danger dans ce temps-là. Comment vouliez-vous les corriger ? Dites leur : Ayez la foi !, ils l'avaient. ''Vous ne connaissez pas le bon Dieu''. Ils le connaissaient, ils en parlaient tout le temps. Mais ça ne les corrigeaient pas, ça ne les empêchaient pas de pécher. Alors quoi faire ?

Il y avait des pénitences dures, des grosses pénitences, des gros jeûnes. Dans les couvents de ce temps-là, savez-vous combien de temps durait le carême ? Ça commençait le 14 septembre et ça finissait avec la Pentecôte. Plus de la moitié de l'année. C'était dur. Dans les couvents, il y avait des cachots. Sainte Thérèse disait à celles qui seront supérieures après elle : mes soeurs, la règle ne vous permet pas de mettre une soeur au cachot plus de trois jours de suite.

C'était dur dans ce temps-là, c'était un siècle très dur. C'est pourquoi le langage n'était pas du tout ce qu'on connaît maintenant. Saint Jean de la Croix et Thérèse d'Avila étaient en même temps des violents et des modérateurs. Des violents parce qu'ils étaient dans un siècle de violence, des modérateurs parce qu'ils trouvaient que c'était trop violent.

[...]

... de là on en arrive à la France actuelle, le monde moderne [...] On pourrait bien poser la question : est-ce que le mal, c,est la sensualité ? Peut-être qu'elle compte pour beaucoup dans la balance, mais il semble bien que le mal actuel ce n'est pas encore ça. C'est pire que ça. Le mal de notre siècle, c'est la raison déifiée et athée. On a pas besoin de Dieu, c'est nous autres le bon Dieu. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il y a même certains clubs ou groupe de gens, certaines écoles de je ne sais quelle sorte d'ascèse, où l'on prétend, par des exercices, vous faire arriver à un tel point de possession de soi que ce sera vous, Dieu. C'est la tentation du paradis terrestre. C'est même la tentation d'avant le paradis terrestre, avec Lucifer qui voulait être Dieu à la place de Dieu. C'est ça actuellement : «vous serez comme des dieux». Il y en a qui le promettent. C'est Satan qui parle par leur bouche et leurs pamphlets : vous serez comme des dieux ! Alors on se fiche de tout, on se fiche du pape, de l'Église catholique, des sacrements, de la prière, on se fiche de tout ... parce qu'on est dieu. C'est le grand bobo du siècle. C'est terrible ! C'est pire que la sensualité, bien pire ! Alors il faut un remède.

SELON THÉRÈSE D'AVILA

C'est ici que vous allez voir que Sainte Thérèse nous demande de grandes choses, comme l'Évangile d'ailleurs. Jésus n'a-t-il pas dit : «Si quelqu'un veut venir à ma suite , qu'il se renie lui-même » (Mt 8,34). Seulement, nous ne sommes pas obligés de faire ça tout d'un coup. On ne peut pas tout demander aux petits enfants. On veut leur enseigner tout, mais on commence tranquillement; petit à petit on ira plus loin.

Elle ne vous demandera pas les mêmes renoncements en première demeure que dans les autres. Dépassement et renoncement, c'est du pareil au même. Résumons brièvement :

Première demeure : renoncer aux péchés mortels.

Deuxième demeure : essayer d'éviter les péchés véniels volontaires, de corriger ses défauts, de pratiquer les vertus avec de petits efforts.

Troisième demeure : elle demande d'éviter la complication : simplifiez-vous ! C'est encore un renoncement.

Quatrième demeure : on arrive à la contemplation. Là, il faut dépasser le raisonnement, accepter de prier sans comprendre, accepter de prier quand on est incapable de dire un seul mot au Seigneur. Voyez-vous, c'est beaucoup plus fort. Elle n'aurait pas pu demander cela au début.

Cinquième demeure : dépasser toutes vos volontés propres. Faire toujours la volonté de Dieu. Chaque fois que vous la connaissez vous faite la volonté de Dieu. C'est encore plus beau !

Sixième demeure : détachez-vous même des consolations spirituelles; acceptez de ne rien voir et de ne rien savoir où vous en êtes, dans le grand noir de la nuit de l'esprit. Acceptez ça pour le Seigneur, dans la foi.

Septième demeure : le Seigneur vous redonne tout ce que vous lui avez donné; et c'est même le centuple ! Les consolations sont cent fois, mille fois meilleures qu'avant. Il vous redonne tout; toutes amitiés que vous avez dû laisser vont être remplacées par des amitiés de premières valeurs, ça va être merveilleux !

Voyez-vous, c'est toujours pareil : chemin de peines, résultat de joies, toujours !


CARACTÉRISTIQUE des premières demeures

Fidèle à sa façon originale, et en même temps suave de dire les choses, sainte Thérèse décrit les 1ère demeures comme l'enceinte extérieure du château : c'est à dire pas encore le château lui-même, mais une sorte de cour extérieure. On peut donc imaginer que le château lui-même commence en 2e demeure . Avant, il s'agit de passer la porte d'entrée de la cour du château qui est comme un grand déambulatoire, comme un grand terrain libre, une fois qu'on y est entré. Un peu comme s'il y avait un mur qui sépare de l'extérieur et qu'à l'intérieur il y a une cour avant qu'on puisse commencer à entrer dans le château et entrer en 2e demeure.

Donc, une cour protégée par un mur qui empêche les gens de l'extérieur d'y entrer sans contrôle, et le contrôle c'est le repentir et le pardon. Dès qu'on a le repentir et le pardon, alors on passe en 1ère demeure, et ça commence à aller mieux.

Qu'y s'y trouvent ?

En général, répond Thérèse d'Avila, de nombreuses âmes, mais des âmes plutôt paralysées, qui ne font pas oraison. Évidemment, c'est le commencement, il ne faut pas leur en demander trop, mais c'est bon de comprendre qu'au commencement on est au commencement ! ... Donc, on est pas avancé dans la vie spirituelle. Puis elle en donne une description pas toujours flatteuse; ce serait même gênant de la lire en détail. Retenons tout de même les notes principales, sans lire tout son vocabulaire, parce qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère !

Ce sont d'abord des âmes attachées aux choses de ce monde, s'écrie sainte Thérèse. Ce que l'on appelle le monde au sens du Nouveau Testament c'est en-dehors du château. [...] veut dire ceux qui sont en-dehors de l'amour de Dieu, ceux qui ne vivent qu'accrochés à la terre et aux plaisirs de la terre, donc, complètement en dehors du château. Quand on parle des âmes qui viennent d'entrer au château, on dit : elles sont mondaines, elles sont encore tout imprégnées de l'esprit du monde, elles ne peuvent pas s'en débarrasser tout d'un coup. Une âme qui commence à entrer en 1ère demeure, elle est encore avec des éclaboussures du monde. Dans ces 1ères demeures, dit-elle,« les âmes sont encore imprégnées de l'esprit du monde, plongées dans ses plaisirs, enivrées enfin par ses honneurs et ses prétentions. Ces âmes sont facilement vaincues, malgré leur désir de ne point offenser Dieu et malgré leurs bonnes oeuvres ...» C'est pourquoi tant qu'on est en 1ère demeure, on est vraiment dans le danger de retourner en arrière, et c'est pourquoi il faut avancer le plus vite possible. Ces âmes sont impuissantes à entrer en elles-mêmes. Elles viennent du dehors, elles ont de la misère à aller vers leur intérieur. Donc ce sont des âmes encore toutes mondaines, mais elles ont bien conscience qu'elles ne sont pas tout à fait spirituelles, bien qu'elles n'en sont pas loin.

Ces âmes sont souvent mordues de la crainte d'aller plus loin dans la vie spirituelle. Elles ont peur d'aller plus loin, La vie spirituelle les effraie. Soyons bien honnête, au début ça effraie à peu près tout le monde. Tu regardes la sainteté et tu te dis : ''Ça, c'est pour les grands saints, ce n,est pas pour moi''. Ce sont pourtant des âmes de désirs, dit elle, tout engagées qu'elles sont dans le monde, elles ont pourtant de bons désirs. [...] C'est une grande chose pour trouver la porte du château que de se connaître soi-même et de constater que l'on suivait une mauvaise route. C'est le commencement de la sagesse. Quand on s'aperçoit qu'on est pas correct, quand on s'aperçoit que l'on ne va pas vers le Seigneur, qu'on est accroché partout. Et c'est par une prière sincère que l'on se décroche, une courte prière : Seigneur, aide-moi viens me donner ta main. Ces âmes, enfin, elles ont bien besoin de Jésus et de Marie. «Celles qui se verront en cet état, dit-elle, doivent recourir souvent et de leur mieux à sa Majesté, (c'est le mot qu'elle aime à employer pour désigner le Seigneur), prendre sa sainte Mère pour avocate, et supplier les saints de les soutenir dans ce combat».

Source : Cours de vie intérieur - recherche du trésor ( une série de cours donné par des pères rédemptoristes, O.-M. Gignac et L. Hudon)

[ Vous m'excuserez si la chose paraît didactique. C'est pour fournir un peu de matière. Moi, ça m'aide à visualiser, et ce pourrait peut-être aider quelqu'un. Je ne le sais pas. ]

Re: Le château intérieur

Publié : ven. 25 juin 2010, 10:13
par Antoine Marie
Merci pour cette contribution très intéressante Cinci.

Je me rappelle ce que me disait aussi mon père spi :
- Le chemin de Thérèse lui est propre et ne doit pas être pris comme LE modèle pour tout le monde. En quelque sorte, elle nous fait partager son expérience spirituelle mais ce n'est pas non plus parole d'Evangile. Son chemin est propre à son temps, sa condition, son histoire, etc. C'est comme les révélations privées : c'est fait pour nous aider sur notre chemin mais ça n'a pas valeur de dogme.
- Les demeures ne sont pas quelque chose de purement séquentiel : on peut appartenir à plusieurs demeures à la fois et régresser.

Fraternellement

Re: Le château intérieur

Publié : ven. 25 juin 2010, 18:30
par Griffon
antoinemarie a écrit :Je me rappelle ce que me disait aussi mon père spi :
- Le chemin de Thérèse lui est propre et ne doit pas être pris comme LE modèle pour tout le monde. En quelque sorte, elle nous fait partager son expérience spirituelle mais ce n'est pas non plus parole d'Evangile. Son chemin est propre à son temps, sa condition, son histoire, etc. C'est comme les révélations privées : c'est fait pour nous aider sur notre chemin mais ça n'a pas valeur de dogme.
- Les demeures ne sont pas quelque chose de purement séquentiel : on peut appartenir à plusieurs demeures à la fois et régresser.
Voici un commentaire bien léger, antoinemarie, qui montre qu'on ne doit pas prendre pour argent comptant tout ce qu'on vous dit.
Alors, soit c'est déformé par le temps, soit celui qui s'est ainsi exprimé n'a pas compris grand chose.

1) La "Thérèse" en question est docteur de l'Eglise
Le travail de Thérèse est donc reconnu par l'Eglise, au même titre que la somme théologique de St Thomas.
De fait, il s'agit d'un travail très important qui nous permet de mieux comprendre le monde intérieur.

2) La comparaison avec une parole d'Evangile est hors de propos.
L'Evangile est une annonce, ce livre est une étude.

3) Il s'agit bien de paliers à traverser
On a l'habitude de commenter la progression des chrétiens sur la base de 3 niveaux : les commençants, les progressants et les parfaits.
Ste Thérèse a détaillé son expérience pour aboutir à 7 paliers.
Et n'allez pas croire que vous pourrez commencer aux 5ème demeures en faisant l'économie des 4 premières.

4) Ce travail est important.
Il a pour but de pouvoir positionner sa vie intérieure, et en fonction des demeures où on se trouve, on peut savoir comment progresser.
Un exemple: les 3ème demeures correspondent à une dizaine d'années de la vie de Ste Thérèse. Elle avançait, régressait,... elle a perdu beaucoup de temps.
Son but est de nous partager son expérience dans les parties les plus objectives.
Pour nous aider.

Je dois m'arrêter ici.

Cordialement,

Griffon,

qui aime Ste Thérèse pour les fruits qu'elles a portés jusqu'à lui.

Re: Le château intérieur

Publié : ven. 25 juin 2010, 19:01
par Griffon
Ste Thérèse est maîtresse de vie intérieure.
Ce chemin de la vie intérieure ne doit pas être minimisé : il doit nous conduire à la vision de Dieu.
On peut rapprocher son expérience de celle que Saint Paul relate en 2Corintiens 12 : il s'agit d'être emporté au 7ème ciel et d'entendre "des paroles que personne ne saurait répéter."

La présentation des 7 demeures faites plus haut est par trop simpliste.
Ce genre de résumé relève du "reader digest", qui présente un résumé "culturel" mais laisse le lecteur passer à côté de l'essence de l'oeuvre.

Dans le chemin de perfection, Ste Thérèse explique comment prier, comment faire oraison.
Dans ce livre, la sainte explique où cela nous conduit.

Aussi, la porte d'entrée du château, c'est l'oraison.
Prier, adonner vous à la prière, entrer en oraison, et... voilà ce qui vous arrivera.

Cordialement,

Griffon.

Re: Le château intérieur

Publié : dim. 27 juin 2010, 15:19
par Griffon
Bonjour Cinci,

A cette heure, vous, chez vous, vous commencez votre dimanche.
Très bonne journée.

Je suis assez d'accord avec votre description des premières demeures.
J'ajouterais 2 choses que souligne Ste Thérèse.

Les premières demeures,... on y rentre et on y sort très facilement.
Quand on y entre, on amène avec soi les bêtes qui se trouvent à l'extérieur : le souvenir, l'envie, la rébellion, les désirs,... Quand nous en sortons, c'est pour tomber dans la fosse qui entoure le château, aux prises avec ces mêmes bêtes.

De plus, dans ces premières demeures, faibles sont les rayons qui parviennent depuis la demeure centrale où réside Sa Majesté notre Seigneur bien-aimé.
Il faut aller plus avant dans les deuxièmes demeures, pour lutter contre ces bêtes et s'en débarrasser.

Mais, je suis sûr que vous êtes beaucoup plus avancés dans les demeures.
Vous êtes donc capables de faire le lien de ces descriptions avec ce que vous avez vécu au début de votre vie de prières.
Non ?
Car c'est cela qui est intéressant, vérifier son expérience pour pouvoir la partager et aider les autres.

Cordialement,

Griffon.

Re: Le château intérieur

Publié : lun. 28 juin 2010, 22:13
par Cinci
Griffon :
Les premières demeures,... on y rentre et on y sort très facilement.
Quand on y entre, on amène avec soi les bêtes qui se trouvent à l'extérieur : le souvenir, l'envie, la rébellion, les désirs,... Quand nous en sortons, c'est pour tomber dans la fosse qui entoure le château, aux prises avec ces mêmes bêtes.
Oui. Et c'est un peu ce que voulais évoquer aussi Antoinemarie sans doute. Il y a là quelque chose de dynamique. Je trouve cette vision des choses plutôt vraie. Puis on le constate d'expérience. Enfin, il me semble. Je veux dire : on voit bien que les commençants ne se trouvent pas au sommet de la vie spirituelle d'un coup. Je trouve cette façon d'entendre les choses plus réaliste et en même temps plus encourageante. Il ne s'agit pas de penser : je viens de découvrir Jésus une journée et aussitôt « La conversion !» La perfection ou rien : vous être derechef ce chrétien tout révolutionné de l'intérieur et bon à recevoir de saintes visions et de grandes communications du Saint Esprit, ou alors vous n'êtes rien du tout dans le moment. Non, la réalité n'est pas aussi tranchée et que ce soit d'un débutant à l'autre.

Il y a de la sagesse et probablement beaucoup d'expérience aussi du côté de Thérèse d'Avila; de l'Église on pourrait dire. C'est ce que j'aime.

Le fait d'entrer, sortir ... oui ... ce serait bien comme les caractéristiques de ceux n'ayant pas dépassé les premières demeures. La tentation de faire marche-arrière est toujours présente, ou de ne pas avancer. Ensuite le tiraillement, la peur ... On s'en sort pas.

Thérèse parle d'une vraie bataille, une vraie lutte à ce niveau et comme devant bien être le fait du débutant, vraiment son propre fait (mettre du sien quoi !) pour se corriger et, alors là, l'effort être plus le fait du nouvel arrivant «dans la cour du château» que d'en devoir être l'activité de Dieu lui-même. Le gros du travail n'est pas le fait de Dieu, mais non pas au début. Elle insiste beaucoup sur la prière au travers tout cela. Quand j'y repense, je me rend compte vraiment que c'est ma faiblesse : moi-même je ne prie pas assez. Et l'effort sérieux, soutenu, pour combattre les fameux péchés n'est pas là. Je trouve l'image du paralysé dans la cour du château (pas si loin de la porte de sortie non plus) tellement juste mais si c'est pour me l'appliquer à moi-même.

Bonne fin de soirée

Re: Le château intérieur

Publié : mar. 29 juin 2010, 18:25
par Griffon
Cinci a écrit :Thérèse parle d'une vraie bataille, une vraie lutte à ce niveau et comme devant bien être le fait du débutant, vraiment son propre fait (mettre du sien quoi !) pour se corriger et, alors là, l'effort être plus le fait du nouvel arrivant «dans la cour du château» que d'en devoir être l'activité de Dieu lui-même. Le gros du travail n'est pas le fait de Dieu, mais non pas au début. Elle insiste beaucoup sur la prière au travers tout cela. Quand j'y repense, je me rend compte vraiment que c'est ma faiblesse : moi-même je ne prie pas assez. Et l'effort sérieux, soutenu, pour combattre les fameux péchés n'est pas là. Je trouve l'image du paralysé dans la cour du château (pas si loin de la porte de sortie non plus) tellement juste mais si c'est pour me l'appliquer à moi-même.
Bonsoir Cinci,

En fait, la prière est le thème central de ce livre : il décrit toutes les étapes par où on passe lorsqu'on décide de se mettre à prier. Tant que je n'avais pas compris cela, ce livre me paraissait très obscur.
Mais c'est vrai, au début, on se met à prier. Et, il suffit de se mettre là devant Jésus sans rien faire pour qu'arrivent toutes les distractions, les soucis, les envies,... On reçoit peu de lumières,... et on finit par arrêter. Puis par reprendre. Tant qu'on n'a pas vraiment décider, tant qu'on n'est pas prêt à lutter pour vraiment prier, on reste dans les premières demeures.
Et puis on se décide... le chemin dans les 2èmes demeures peut être différent les uns des autres, surtout au niveau de la sensation qu'il en a et du temps pour parcourir les quelques pièces. Mais sans cette décision de prier quelque soit la sensation, les distractions,... etc., on ne peut aller au bout des 2èmes demeures.
Ce qui m'a personnellement beaucoup aidé, c'est que j'étais alors dans le 36ème dessous. A désespérer. Donc, il fallait passer ou ça cassait. Tout cassait !
C'est dire si je me suis jeté à corps perdu dans la bataille !
Et si j'en avais connu les fruits plus tôt... Mon Dieu, pourquoi ai-je tant tardé ?!
Les premières demeures, c'est comme d'être dans le fond d'une vallée noire, obscure, marécageuse,... Il y a bien des montagnes autour, mais l'effort nous semble inutile. On ne pense pas qu'il y a ailleurs, mieux, beaucoup mieux que cette vallée. Alors, les efforts nous semblent de trop.
Mais si on savait, on n'hésiterait plus !
Vous aussi, mettez la prière dans votre vie, mettez votre vie en prière, tout comme vous le voulez, mais priez !
Accrochez-vous !
Songez à la promesse de Jésus à la samaritaine :
"Si tu me l'avais demandé, moi je t'aurais donné de l'eau vive, jaillissante en vie éternelle."
C'est peu de le dire !

Que le Seigneur vous découvre sa Face,

Griffon.

Re: Le château intérieur

Publié : mar. 29 juin 2010, 21:04
par Cinci
( Merci Griffon pour le message)

Une autre manière de le dire aussi :

1. Un être tourné vers autre chose que Dieu. Vie spirituelle presque éteinte. L'äme évite tout au plus le péché mortel et encore !
2. Orientation vers Dieu. Première formation spirituelle. Effort vigoureux d'ascension. Organisation de la vie spirituelle par un règlement.
3. L'âme se met au pas de Dieu. Elle se dégage des techniques. Simplification dans la prière. On met de l'ordre dans sa vie. Triomphe de l'activité raisonnable.
4. Premières oraisons contemplatives. État passif. Travail de Dieu dans l'âme. Nuit du sens. Quiètude.
5. Volonté toute donnée à Dieu, ou union. Fidélité dans la foi et l'obéissance. Emprise habituelle de la volonté, parfois après la grâce d'union mystique.
6. Grandes purifications passives. Nuit de l'esprit. Formation du saint et de l'apôtre.
7. Union transformante. État de sainteté. Envahissement divin complet. Chasteté et charité parfaite au service de l'Église. Le saint dans le Christ total.

Les 1,2 et 3 : imagination, le sens, la pensée, la raison, l'entendement
Les 4 et 5 : l'esprit, la volonté, l'intelligence
Les 6 et 7 : essence de l'âme

Qu'est-ce que vous dépassez en première demeure ? Vous dépassez le péché mortel. On ne fait plus de péché mortel rendu là. Quand on commence pour vrai on dit : «Je ne fais plus de péché mortel». Peut-être y aura t-il un accident, c'est toujours possible. Ne vous surprenez pas. Même pour les meilleures personnes un accident peut toujours arriver. Elles peuvent faire un péché qu'elles n,auraient pas voulu faire mais c'est arrivé pareil. Vous règlerez ça avec votre confesseur. Je veux dire qu'on admet plus dans sa vie de péché mortel. Nous ne sommes plus des gens qui disent : un péché de mortel de plus, un péché mortel de moins, ça ne fait rien. Ça, c'est fini ! Vous êtes des gens qui cherchez la dévotion, qui cherchez le Seigneur, c'est au moins la deuxième demeure.

On pourrait penser que le fameux ''sanctifiez-vous davantage'' de Paul concernerait les demeures 1,2,3 surtout. Enfin, ici, c'est moi qui dit ça. Je me trompe ?

Il me sera déjà arrivé d'être ''comme'' propulsé en 4e demeure (peut-être ?) ou quelque chose d'approchant. Je peux le dire après-coup en repensant à ma propre expérience vs le dire de Thérèse. Disons, ce n'est pas le genre de chose qu'on oubli. Je peux même dire que c'est le souvenir de cela qui me soutiendra, toujours, perpétuellement. Comme une pure grâce déjà reçue. J'aurai déjà lu qu'il pouvait arriver parfois que le débutant, et soit comme temporairement seulement, pouvait se trouver dans une demeure plus avancée. Une manière en quelque sorte pour le Seigneur de tenter son homme et lui donner le goût un peu d'avancer. Un petit cadeau en passant. Qu'il pourrait arriver surtout au total néophyte de pouvoir être bénéficiaire de pareil laissez passer temporaire. Mais l'on pourrait difficilement faire l'économie d'un réel effort personnel ensuite avant de pouvoir avancer plus loin pour de bon. Le fameux état de grâce. Il n'est pas de passe-droit de ce côté. Une expérience peinante en même temps.

L'autre petit chose que je pourrais faire observer qui est à la fois peinante et étrange : j'ai souvent l'impression ou le sentiment d'être cent fois pire que je l'étais du temps que je n'étais pas du tout présent à l'idée de la foi, ni à l'avoir ou penser même pouvoir l'avoir un jour. Bizarre. On pourrait dire que, depuis que « j'ai la foi», mais c'est mon propre état intérieur qui s'est extraordinnairement dégradé. C'est comme dans l'ordre du ressenti ce que je dis ici; qu'on parlera du sens. C'est assez extraordinnaire. C'est une vraie agonie (mort-vivant). Hallucinant. C'est ceux autour de moi qui n'ont pas la foi qui ont tout l'air de se porter mieux. C'est moi qui ai le goût de cendre dans la bouche. Thérèse parle d'une conscience de soi-même en première demeure. Je ne sais pas si c'est cela. Ça peut ressembler. C'est une sale impression en tout cas, presque le sentiment d'être plus dégueulasse que le dernier des derniers criminels et même une coche en-dessous. Pourtant ! Je ne suis pas fiché au commissiarat de police, comme n'aurai ni volé ni encore tué quelqu'un. Je ne vends pas de drogue et n'ai jamais battu de femme ni aucun enfant non plus. C'est pour dire ! Pour moi, il reste égal mais comme ce que je peux vivre demeure encore loin, très loin, très très loin, mais alors des histoires de chrétiens charismatos flottant sur un nuage, béats, en quasi-état de lévitation et presque à ne plus pouvoir ressentir la faim. Mon expérience tient plus d'un purgatoire plus vrai que vrai. Ce n'est pas le 3e ciel (sourire). En fait, c'est dur. C'est la quasi-désespérance. Épreuve difficile : n'être pas en pleine béatitude soi-même, pour trouver le modèle du saint en avant et le pécheur réjoui à côté. Paralysé. Le bonheur au sens évangélique n'étant ni dans un état (1ère demeure) ni dans l'autre ( franc pécheur rejetant carrément le Christ, toute honte bue ).

Les efforts à faire de notre côté seront-ils incontournables, mais ce n'est pas grâce à nos efforts si la réelle poussée en avant est rendue possible en temps et lieu. Chose paradoxale.

Re: Le château intérieur

Publié : mer. 30 juin 2010, 16:29
par Antoine Marie
Griffon a écrit :Voici un commentaire bien léger, antoinemarie, qui montre qu'on ne doit pas prendre pour argent comptant tout ce qu'on vous dit.
Alors, soit c'est déformé par le temps, soit celui qui s'est ainsi exprimé n'a pas compris grand chose.
Je suis d'accord avec vous, Sainte Thérèse d'Avila est Docteur de l'Eglise.
Ma conclusion est donc que j'ai (mea culpa) déformé ce que m'a dit - il y a longtemps à vrai dire - mon père spi en qui j'ai confiance.
Egalement je sais d'expérience qu'on ne peut pas progresser spirituellement sans la prière.
Merci pour vos messages qui sont éclairants. En tout cas ça me donne envie de relire ce livre.
Fraternellement.

Re: Le château intérieur

Publié : mer. 30 juin 2010, 18:19
par Griffon
Merci Cinci.
Avant de vous répondre, je voudrais lever un point important.
Vous y faites seulement allusion, mais voilà, il faut savoir de quoi on parle.
Cinci a écrit : Une autre manière de le dire aussi :

1. Un être tourné vers autre chose que Dieu. Vie spirituelle presque éteinte. L'äme évite tout au plus le péché mortel et encore !
2. Orientation vers Dieu. Première formation spirituelle. Effort vigoureux d'ascension. Organisation de la vie spirituelle par un règlement.
3. L'âme se met au pas de Dieu. Elle se dégage des techniques. Simplification dans la prière. On met de l'ordre dans sa vie. Triomphe de l'activité raisonnable.
4. Premières oraisons contemplatives. État passif. Travail de Dieu dans l'âme. Nuit du sens. Quiètude.
5. Volonté toute donnée à Dieu, ou union. Fidélité dans la foi et l'obéissance. Emprise habituelle de la volonté, parfois après la grâce d'union mystique.
6. Grandes purifications passives. Nuit de l'esprit. Formation du saint et de l'apôtre.
7. Union transformante. État de sainteté. Envahissement divin complet. Chasteté et charité parfaite au service de l'Église. Le saint dans le Christ total.

Qu'est-ce que vous dépassez en première demeure ? .....
...
Il me sera déjà arrivé d'être ''comme'' propulsé en 4e demeure (peut-être ?) ou quelque chose d'approchant...
...
Pour moi, il reste égal mais comme ce que je peux vivre demeure encore loin, très loin, très très loin, mais alors des histoires de chrétiens charismatos flottant sur un nuage, béats, en quasi-état de lévitation et presque à ne plus pouvoir ressentir la faim.
...
Certaines personnes déploient une vie intérieure pour en acquérir des dons spéciaux.

En effet, on peut lire, ou étudier le château intérieur comme un livre de plus qui nous permettra de trouver le “nirvana”. Après tout, il nous montre le “tao” (=chemin) pour acquérir l’ “éveil”, devenir “zen”,… et tutti quanti. Bref, un livre idéal pour le nouvel adepte du new age.
Tel est ce livre, si on met la prière de côté.
Telle est notre vie intérieure si on n’y met pas l’oraison.

Aussi, en ce qui concerne notre vie intérieure, plus que jamais, nous devons nous demander quel est notre trésor, qui nous choisissons, qui nous mettons au centre de nos préoccupation, sachant qu’on ne peut servir qu’un seul maître.

Mais pour ma part, je ne parlerai de ce livre que dans cette perspective.
Je rejette clairement tout « bien » de la vie intérieure s’il ne m’est pas donné par mon Dieu. Bien plus, je prie le Seigneur de me retirer ou de me refuser tous les dons dont il parsème ce chemin, pourvu qu’il me donne de pouvoir Le prier, le louer, être avec Lui, faire oraison.

Je suis sûr que vous êtes dans ces mêmes sentiments.
Croyez-moi, la vie intérieure est le lieu pour les mettre en pratique.

Voilà qui est dit.
Vous comprendrez que je parle ainsi pour les lecteurs éventuels.

Cordialement,

Griffon.

Re: Le château intérieur

Publié : mer. 30 juin 2010, 18:34
par Griffon
Cinci a écrit :Il me sera déjà arrivé d'être ''comme'' propulsé en 4e demeure (peut-être ?) ou quelque chose d'approchant. Je peux le dire après-coup en repensant à ma propre expérience vs le dire de Thérèse. Disons, ce n'est pas le genre de chose qu'on oubli. Je peux même dire que c'est le souvenir de cela qui me soutiendra, toujours, perpétuellement. Comme une pure grâce déjà reçue. J'aurai déjà lu qu'il pouvait arriver parfois que le débutant, et soit comme temporairement seulement, pouvait se trouver dans une demeure plus avancée. Une manière en quelque sorte pour le Seigneur de tenter son homme et lui donner le goût un peu d'avancer. Un petit cadeau en passant. Qu'il pourrait arriver surtout au total néophyte de pouvoir être bénéficiaire de pareil laissez passer temporaire. Mais l'on pourrait difficilement faire l'économie d'un réel effort personnel ensuite avant de pouvoir avancer plus loin pour de bon. Le fameux état de grâce. Il n'est pas de passe-droit de ce côté. Une expérience peinante en même temps.
Pourquoi chercher un lien avec le château.
C'est une grâce de Dieu, comme il en fait tant et tant.
Il n'est pas utile de mettre cette grâce sur une échelle (pas plus que de chercher à mettre un prix sur un cadeau).
Or, c'est ce que vous faites, même si vous ne vous en rendez pas compte.

Par contre, il est utile de vous en faire un petit compte-rendu.
Au moins, dans votre tête. Pour pouvoir y revenir dans les moments où vous en aurez besoin. C'est pas pour vous faire peur, mais,... si vous avez reçu ce... "coup de pouce", c'est que vous en avez eu besoin et que vous en aurez besoin.
La Vierge est notre exemple : "elle gardait tout cela dans son coeur", nous dit l'Evangile.

Et puis.... il faut savoir remercier et rendre grâce.

Cordialement,

Griffon.

PS:
Expérience peinante également ?!
Cette dernière petite phrase,... c'est un peu court pour y donner suite.
Cela mériterait d'être approfondi.

Re: Le château intérieur

Publié : mer. 30 juin 2010, 18:55
par Griffon
Cinci a écrit :L'autre petit chose que je pourrais faire observer qui est à la fois peinante et étrange : j'ai souvent l'impression ou le sentiment d'être cent fois pire que je l'étais du temps que je n'étais pas du tout présent à l'idée de la foi, ni à l'avoir ou penser même pouvoir l'avoir un jour. Bizarre. On pourrait dire que, depuis que « j'ai la foi», mais c'est mon propre état intérieur qui s'est extraordinnairement dégradé. C'est comme dans l'ordre du ressenti ce que je dis ici; qu'on parlera du sens. C'est assez extraordinnaire. C'est une vraie agonie (mort-vivant). Hallucinant. C'est ceux autour de moi qui n'ont pas la foi qui ont tout l'air de se porter mieux. C'est moi qui ai le goût de cendre dans la bouche. Thérèse parle d'une conscience de soi-même en première demeure. Je ne sais pas si c'est cela. Ça peut ressembler. C'est une sale impression en tout cas, presque le sentiment d'être plus dégueulasse que le dernier des derniers criminels et même une coche en-dessous. Pourtant ! Je ne suis pas fiché au commissiarat de police, comme n'aurai ni volé ni encore tué quelqu'un. Je ne vends pas de drogue et n'ai jamais battu de femme ni aucun enfant non plus.
Cher Cinci,

Votre long message mérite vraiment qu'on s'y arrête.

Ce que vous décrivez ici, est aussi une grâce divine.

Effectivement, Ste Thérèse parle de la connaissance de soi. Si précisément qu'on peut parler du Socratisme thérésien. Elle introduit ce concept dans les premières demeures, mais en fait, cela concerne toutes les demeures. En effet, à travers la prière, les épreuves que Dieu va nous envoyer, on apprendra à se connaître, soi et les autres aussi d'ailleurs.

Mais... si vous entrez dans une démarche de prière, au cours d'une oraison, vous en aurez l'explication. A moins que le problème que Dieu veut vous faire comprendre, c'est que celui qui Le connaît et vit comme ceux qui ne Le connaissent pas,... même s'il ne fait pas de grands péchés, en fait encore trop peu !

Merci, Cinci, de votre sincérité et de votre franchise.
Je suis conscient de ne pas vous apporter beaucoup de lumières.

Que Dieu vous découvre sa Face,

Griffon.