... à propos de Thérèse d'Avila, je me souviens d'avoir déjà assisté à une conférence sur elle et puis donnée par un jeune père carme, Yvan Marcil; grand gaillard assez solide. Il avait été question entre autre du pardon parmi plusieurs choses. Mais ce n'est qu'après que j'aurai su cela :
http://www.dionysos.ca/articles/pardon/monde_2204.htm
On verra au cours de l'émission de Jean-Marie Cavada un document canadien exceptionnel (primé au Festival de Toursen janvier). Le Pardon raconte une histoire incroyable. Le cinéaste et professeur de religion québécois Denis Boivin a tourné un film sur le crime commis, en 1979 à Montréal, par deux voyous : Normand Guérin et Gilles Pimparé avaient assassiné Chantal Dupont, quatorze ans, et Maurice Marcil, dix-sept ans, après avoir violé la jeune fille. [...]
Mon jeune père carme de la conférence sur Thérèse, Yvan, c'était le frère de ... ; que la chose m'avait frappée un petit peu. Bon, petite anecdote, c'est à cette occasion que j'aurai pu entendre parler sérieusement de Thérèse d'Avila pour la première fois.
[...]
Sinon, plus tard, je m'étais déplacé à Québec pour aller voir le fameux archevêque Marc Ouellet, lequel devait alors prendre part à une marche le long du chemin du roi et jusqu'à la basilique Sainte-Anne de Beaupré (entrecoupée tout le long, de temps de pause, durant lesquels l'archevêque devait prendre la parole pour donner quelques enseignements, prières, etc). Une fois rendu à la Basilique, et quand la journée fut terminée (après la messe), je me serai procuré sur place certains petits livres portant sur la vie intérieure et en suivant les enseignements de Thérèse d'Avila. M'enfin, je dis ça, c'est occasion pour moi de me remémoré la journée en question. Et ces petits livres en question sont ceux que j'ai en main présentement. La vie spirituelle d'après Thérèse ou des éléments d'introduction à la vie intérieure. Mouais, mouais ... ce serait à voir (sourire). Puis peut-être entrevoir par la même occasion dans quel désastre je me situe encore. Il est des ''chances'' que ce ne soit pas très beau. «Mama ! »
Je pourrais toujours m'appuyer à l'occasion sur des observations qui sont faites dans ces opuscules, et quant aux conceptions de Thérèse. Faudrait voir.
Pour se mettre un peu dans le bain :
... au temps de sainte Thérèse d'Avila, en Espagne du XVIe siècle, il n'y avait pas de danger pour la foi, la foi était protégée; tout le monde avait la foi, je crois bien, car ceux qui ne l'avaient pas on les tuaient : crois ou meurs ! Le pire ce n'était pas la foi, car ils l'avaient, la foi ! Où donc était le péché ? C'était dans les sens. Ces gens étaient très sensuels. Il y avait des viveurs, des libertins, qui étaient connus partout, ils ne se cachaient même pas.
Pourtant ce monde-là, savez-vous de quoi ils parlaient dans les veillées ? Pensez-vous qu'ils parlaient de sexe ? Pas de danger ! On avait la foi ! On parlait d'apparitions, de mystique, de choses spirituelles. On faisait de l'illuminisme. L'illuminisme , c'est la manie de voir de l'extraordinnaire partout. C'est le jeu de toujours ramasser ce qu'il y a de plus extraordinnaire dans la vie, puis de se faire une espèce de point d'honneur d'utiliser tout ça. C'était le danger dans ce temps-là. Comment vouliez-vous les corriger ? Dites leur : Ayez la foi !, ils l'avaient. ''Vous ne connaissez pas le bon Dieu''. Ils le connaissaient, ils en parlaient tout le temps. Mais ça ne les corrigeaient pas, ça ne les empêchaient pas de pécher. Alors quoi faire ?
Il y avait des pénitences dures, des grosses pénitences, des gros jeûnes. Dans les couvents de ce temps-là, savez-vous combien de temps durait le carême ? Ça commençait le 14 septembre et ça finissait avec la Pentecôte. Plus de la moitié de l'année. C'était dur. Dans les couvents, il y avait des cachots. Sainte Thérèse disait à celles qui seront supérieures après elle : mes soeurs, la règle ne vous permet pas de mettre une soeur au cachot plus de trois jours de suite.
C'était dur dans ce temps-là, c'était un siècle très dur. C'est pourquoi le langage n'était pas du tout ce qu'on connaît maintenant. Saint Jean de la Croix et Thérèse d'Avila étaient en même temps des violents et des modérateurs. Des violents parce qu'ils étaient dans un siècle de violence, des modérateurs parce qu'ils trouvaient que c'était trop violent.
[...]
... de là on en arrive à la France actuelle, le monde moderne [...] On pourrait bien poser la question : est-ce que le mal, c,est la sensualité ? Peut-être qu'elle compte pour beaucoup dans la balance, mais il semble bien que le mal actuel ce n'est pas encore ça. C'est pire que ça. Le mal de notre siècle, c'est la raison déifiée et athée. On a pas besoin de Dieu, c'est nous autres le bon Dieu. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il y a même certains clubs ou groupe de gens, certaines écoles de je ne sais quelle sorte d'ascèse, où l'on prétend, par des exercices, vous faire arriver à un tel point de possession de soi que ce sera vous, Dieu. C'est la tentation du paradis terrestre. C'est même la tentation d'avant le paradis terrestre, avec Lucifer qui voulait être Dieu à la place de Dieu. C'est ça actuellement : «vous serez comme des dieux». Il y en a qui le promettent. C'est Satan qui parle par leur bouche et leurs pamphlets : vous serez comme des dieux ! Alors on se fiche de tout, on se fiche du pape, de l'Église catholique, des sacrements, de la prière, on se fiche de tout ... parce qu'on est dieu. C'est le grand bobo du siècle. C'est terrible ! C'est pire que la sensualité, bien pire ! Alors il faut un remède.
SELON THÉRÈSE D'AVILA
C'est ici que vous allez voir que Sainte Thérèse nous demande de grandes choses, comme l'Évangile d'ailleurs. Jésus n'a-t-il pas dit : «Si quelqu'un veut venir à ma suite , qu'il se renie lui-même » (Mt 8,34). Seulement, nous ne sommes pas obligés de faire ça tout d'un coup. On ne peut pas tout demander aux petits enfants. On veut leur enseigner tout, mais on commence tranquillement; petit à petit on ira plus loin.
Elle ne vous demandera pas les mêmes renoncements en première demeure que dans les autres. Dépassement et renoncement, c'est du pareil au même. Résumons brièvement :
Première demeure : renoncer aux péchés mortels.
Deuxième demeure : essayer d'éviter les péchés véniels volontaires, de corriger ses défauts, de pratiquer les vertus avec de petits efforts.
Troisième demeure : elle demande d'éviter la complication : simplifiez-vous ! C'est encore un renoncement.
Quatrième demeure : on arrive à la contemplation. Là, il faut dépasser le raisonnement, accepter de prier sans comprendre, accepter de prier quand on est incapable de dire un seul mot au Seigneur. Voyez-vous, c'est beaucoup plus fort. Elle n'aurait pas pu demander cela au début.
Cinquième demeure : dépasser toutes vos volontés propres. Faire toujours la volonté de Dieu. Chaque fois que vous la connaissez vous faite la volonté de Dieu. C'est encore plus beau !
Sixième demeure : détachez-vous même des consolations spirituelles; acceptez de ne rien voir et de ne rien savoir où vous en êtes, dans le grand noir de la nuit de l'esprit. Acceptez ça pour le Seigneur, dans la foi.
Septième demeure : le Seigneur vous redonne tout ce que vous lui avez donné; et c'est même le centuple ! Les consolations sont cent fois, mille fois meilleures qu'avant. Il vous redonne tout; toutes amitiés que vous avez dû laisser vont être remplacées par des amitiés de premières valeurs, ça va être merveilleux !
Voyez-vous, c'est toujours pareil : chemin de peines, résultat de joies, toujours !
CARACTÉRISTIQUE des premières demeures
Fidèle à sa façon originale, et en même temps suave de dire les choses, sainte Thérèse décrit les 1ère demeures comme l'enceinte extérieure du château : c'est à dire pas encore le château lui-même, mais une sorte de cour extérieure. On peut donc imaginer que le château lui-même commence en 2e demeure . Avant, il s'agit de passer la porte d'entrée de la cour du château qui est comme un grand déambulatoire, comme un grand terrain libre, une fois qu'on y est entré. Un peu comme s'il y avait un mur qui sépare de l'extérieur et qu'à l'intérieur il y a une cour avant qu'on puisse commencer à entrer dans le château et entrer en 2e demeure.
Donc, une cour protégée par un mur qui empêche les gens de l'extérieur d'y entrer sans contrôle, et le contrôle c'est le repentir et le pardon. Dès qu'on a le repentir et le pardon, alors on passe en 1ère demeure, et ça commence à aller mieux.
Qu'y s'y trouvent ?
En général, répond Thérèse d'Avila, de nombreuses âmes, mais des âmes plutôt paralysées, qui ne font pas oraison. Évidemment, c'est le commencement, il ne faut pas leur en demander trop, mais c'est bon de comprendre qu'au commencement on est au commencement ! ... Donc, on est pas avancé dans la vie spirituelle. Puis elle en donne une description pas toujours flatteuse; ce serait même gênant de la lire en détail. Retenons tout de même les notes principales, sans lire tout son vocabulaire, parce qu'elle n'y va pas avec le dos de la cuillère !
Ce sont d'abord des âmes attachées aux choses de ce monde, s'écrie sainte Thérèse. Ce que l'on appelle le monde au sens du Nouveau Testament c'est en-dehors du château. [...] veut dire ceux qui sont en-dehors de l'amour de Dieu, ceux qui ne vivent qu'accrochés à la terre et aux plaisirs de la terre, donc, complètement en dehors du château. Quand on parle des âmes qui viennent d'entrer au château, on dit : elles sont mondaines, elles sont encore tout imprégnées de l'esprit du monde, elles ne peuvent pas s'en débarrasser tout d'un coup. Une âme qui commence à entrer en 1ère demeure, elle est encore avec des éclaboussures du monde. Dans ces 1ères demeures, dit-elle,« les âmes sont encore imprégnées de l'esprit du monde, plongées dans ses plaisirs, enivrées enfin par ses honneurs et ses prétentions. Ces âmes sont facilement vaincues, malgré leur désir de ne point offenser Dieu et malgré leurs bonnes oeuvres ...» C'est pourquoi tant qu'on est en 1ère demeure, on est vraiment dans le danger de retourner en arrière, et c'est pourquoi il faut avancer le plus vite possible. Ces âmes sont impuissantes à entrer en elles-mêmes. Elles viennent du dehors, elles ont de la misère à aller vers leur intérieur. Donc ce sont des âmes encore toutes mondaines, mais elles ont bien conscience qu'elles ne sont pas tout à fait spirituelles, bien qu'elles n'en sont pas loin.
Ces âmes sont souvent mordues de la crainte d'aller plus loin dans la vie spirituelle. Elles ont peur d'aller plus loin, La vie spirituelle les effraie. Soyons bien honnête, au début ça effraie à peu près tout le monde. Tu regardes la sainteté et tu te dis : ''Ça, c'est pour les grands saints, ce n,est pas pour moi''. Ce sont pourtant des âmes de désirs, dit elle, tout engagées qu'elles sont dans le monde, elles ont pourtant de bons désirs. [...] C'est une grande chose pour trouver la porte du château que de se connaître soi-même et de constater que l'on suivait une mauvaise route. C'est le commencement de la sagesse. Quand on s'aperçoit qu'on est pas correct, quand on s'aperçoit que l'on ne va pas vers le Seigneur, qu'on est accroché partout. Et c'est par une prière sincère que l'on se décroche, une courte prière : Seigneur, aide-moi viens me donner ta main. Ces âmes, enfin, elles ont bien besoin de Jésus et de Marie. «Celles qui se verront en cet état, dit-elle, doivent recourir souvent et de leur mieux à sa Majesté, (c'est le mot qu'elle aime à employer pour désigner le Seigneur), prendre sa sainte Mère pour avocate, et supplier les saints de les soutenir dans ce combat».
Source :
Cours de vie intérieur - recherche du trésor ( une série de cours donné par des pères rédemptoristes, O.-M. Gignac et L. Hudon)
[ Vous m'excuserez si la chose paraît didactique. C'est pour fournir un peu de matière. Moi, ça m'aide à visualiser, et ce pourrait peut-être aider quelqu'un. Je ne le sais pas. ]