Je vous livre ici un texte d'Hans Urs Von Balthazar publié sur le blog de Patrice de Plunkett :
Entre Ascension et Pentecôte : la promesse de la vie éternelle
Le miracle absolu que Dieu offre à chacun de nous :
<< Nous croyons à la vie éternelle, sans pouvoir nous faire une idée de ce qu'elle sera. Or voici que la vie éternelle doit être l'Ultime, le Suprême de ce qui est permis à la foi chrétienne d'espérer : ''je suis la résurrection et la vie'', ''je suis la voie, la vérité et la vie'', ''celui qui croit en moi vivra même s'il est mort.'' Être conscience, identité personnelle : faut-il comprendre cela comme valeur éternellement digne d'être visée comme objectif ? Oui, si l'on présuppose que nous comprenons le mot ''éternel'' comme ''divin'', car, en Dieu, identité personnelle veut dire don de soi, amour, fécondité, et ce n'est qu'ainsi que Dieu est vie éternelle : comme celui qui gouverne éternellement dans le mouvement de se donner et d'être gratifié, de rendre heureux et d'être béatifié. Le pur contraire du morne ennui d'un être-pour-soi qui ne débouche sur rien. Il s'agit essentiellement d'un aller-au-delà-de-soi, avec toutes les surprises et les aventures qu'une telle sortie de soi promet.
On doit seulement éliminer de son esprit toute temporalité, qui fait infailliblement aboutir chaque voie à un but précis, et puis après ? Dans l'éternel, le surgissement est toujours un ''maintenant'' d'actualité, et parce que ce maintenant est tout entier événement, le contraire d'une stagnation, c'est le plus passionnant qui soit.
"La résurrection et la vie" : de même que résurrection dit tournant formidable, tournant du vide à la plénitude, une seule fois et maintenant : de même, aussi, la vie éternelle.
Pour celui qui, venant de sa propre vie étroite et amortie, reçoit la possibilité d'entrer dans cette vie de Dieu, tout se passe comme si s'ouvraient pour lui, lui coupant le souffle, des espaces à perte de vue. Des espaces dans lesquels on peut se précipiter dans la liberté la plus parfaite. Et ces espaces sont eux-mêmes des libertés qui attirent notre amour, l'accueillent, lui répondent. Qui peut déjà ici-bas pénétrer au fond d'une autre liberté ? C'est impossible ! Ainsi s'accumulent dans la communion des saints en Dieu, au delà de tout ce qu'on peut dénombrer, les aventures de l'amour créateur et inventif. La vie en Dieu devient miracle absolu. Rien n'est donné qui mette un terme au recevoir, l'acte du don se déploie sans limites. C'est pourquoi ceux qui sont au ciel sont toujours et sans cesse prêts à venir en aide à l'indigence terrestre, certainement avec des dons éternels, peut-être aussi avec des dons temporels, pour stimuler en nous le courage de poursuivre, malgré tout, notre effort vers la vie éternelle, pour nous donner un avant-goût de ce qui nous attend. Et quand nous avons à souffrir, se trouvent creusées en nous des brèches plus profondes que celles que nous croyions recéler : des profondeurs qui ensuite, dans la vie éternelle, deviennent des réceptacles d'un plus grand bonheur, des sources plus abondantes encore. Des sources qui jaillissent d'elles-mêmes, gratuitement, car dans la vie éternelle tout est gratuit. Ce gratuit est la nature la plus intime de l'amour divin, qui n'a aucune autre raison que lui-même ; et c'est à partir de là qu'est défini tout ce qui, dans la vie éternelle, est auprès de Dieu. >>
Hans Urs von Balthazar, Credo (Nouvelle Cité, 1996).
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etienne lorant
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Re: La vie éternelle
Je me suis permis de détacher les mots du texte qui m'ont le plus atteint : en effet, ce qui nous mine le plus souvent, et qui nous fait chuter aussi, c'est souvent le sentiment de finitude - qui semble contredire la foi. Mais dit Jésus "La vie éternelle, c'est de te connaître, Père". Et donc nous devons nous appliquer à vivre dès maintenant l'éternité.Raistlin a écrit :Je vous livre ici un texte d'Hans Urs Von Balthazar publié sur le blog de Patrice de Plunkett :
On doit seulement éliminer de son esprit toute temporalité, qui fait infailliblement aboutir chaque voie à un but précis, et puis après ? Dans l'éternel, le surgissement est toujours un ''maintenant'' d'actualité, et parce que ce maintenant est tout entier événement, le contraire d'une stagnation, c'est le plus passionnant qui soit.
Hans Urs von Balthazar, Credo (Nouvelle Cité, 1996).
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: La vie éternelle
Exactement !etienne lorant a écrit : Je me suis permis de détacher les mots du texte qui m'ont le plus atteint [...]
OK ! Je fais comme vous.
Et donc nous devons nous appliquer à vivre dès maintenant l'éternité.
Et même si ce que nous serons n'apparaît pas encore clairement, par la foi, nous le sommes déjà.
Car nous sommes morts au péché et vivant pour Dieu, mort avec le Christ et ressuscité avec Lui.
Alleluia !
Cordialement,
Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
O Jésus, pour Te suivre.
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etienne lorant
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Re: La vie éternelle
De plus en plus, pour que la vie éternelle soit ici et maintenant, il n'y a que se donner soi-même à Dieu, c'est à dire donner sa vie - en tout temps. Quiconque donne sa vie au Seigneur, il ne la perd pas, mais il la reçoit continuellement de Lui. C'est le pas de la confiance qui m'a tant manqué jusqu'à présent, mais çà vient et c'est bon !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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