L'ENNEMI DE LA VÉRITÉ
[/size]Dans l'Encyclique Humanum genus, Léon XIII nous découvre le champ de bataille où l'humanité, partagée en deux camps, ne cesse de combattre ; l'un " pour la vérité et la vertu ", l'autre " pour tout ce qui est contraire à la vérité et à la vertu ". Le premier est le royaume de Dieu sur la terre ; le second est le royaume de Satan.
Le principe constitutif de chacun a été défini par Saint Augustin : " Deux amours ont donné naissance à deux cités : la cité terrestre procède de l'amour de soi porté jusqu'au mépris de Dieu ;la cité céleste procède de l'amour de Dieu porté jusqu'au mépris de soi ".
" Dans la suite des siècles, ces deux cités n'ont cessé d'être en lutte, avec des tactiques variées et des armes diverses, avec plus ou moins d'impétuosité.
" A notre époque, les fauteurs du mal se sont coalisés puissamment sous l'impulsion d'une société répandue dans le monde entier et fortement organisée, la secte des francs-maçons. Ils rivalisent d'audace, contre l'auguste Majesté de Dieu ",
Léon XIII cite le psaume 82e : Seigneur, voici que vos ennemis s'agitent bruyamment, et que ceux qui vous haïssent ont levé la tête ; ils ont ourdi contre votre peuple des complots pleins de malice ! La haine qu'ils ont contre Dieu voudrait l'anéantir. Mais Dieu ne meurt pas, disait Garcia Moreno en tombant sous le poignard d'un homme de la secte. Si Dieu ne meurt pas, ils veulent le faire mourir dans son Église, le tuer dans les âmes !
On distingue deux formes principales de lutte contre l'Église. Elles ne s'excluent pas, mais l'une a la prédominance, selon les circonstances, suivant les lois que s'est données la sagesse diabolique : ce sont la violence et la séduction.
La violence a prévalu de Néron à Dioclétien, la séduction, sous Julien l'Apostat. En ces derniers temps, au Mexique, la violence a été préférée. La séduction prévaut dans l'Europe Occidentale. Dans la Russie Soviétique, la violence et la séduction opèrent simultanément avec la rage et l'astuce portées à leur paroxysme. La séduction a la préférence des habiles de la secte, des dirigeants effectifs qui sont les hommes du Pouvoir occulte ; c'est l'art infernal de ruiner la foi, fondement de l'Église et premier principe de la vie chrétienne. Au lieu de faire des martyrs par la violence, on fait, par la séduction lente et progressive, des apostats. Le poison du naturalisme est infusé à tous ; il a pour effet de réduire à néant la notion même de Dieu.
C'est ce que condamne encore le Cardinal Mercier, dans " La Leçon des Événements" .
" Les crimes publics seront tôt ou tard punis...
" La violation du jour du Seigneur, les abus du mariage offensent Dieu assurément, mes Frères, et n justifient son courroux. Mais il n'en faut point douter, le principal crime que le monde expie en ce moment c'est l'apostasie officielle des États et de l'opinion publique.
" Au nom de l'Évangile, à la lumière des encycliques des quatre derniers Papes : Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, je n'hésite pas à déclarer que cette indifférence religieuse qui met sur le même pied la religion d'origine divine et les religions d'invention humaine, pour les envelopper toutes dans le même scepticisme, est le blasphème qui, plus encore que les fautes des individus et des familles, appelle sur la société le châtiment de Dieu. Qui pourrait résister à la logique rigoureuse de l'Éminent Prince de l'Église. Avec tous les Papes des temps modernes, il réprouve et fustige le naturalisme, d'ordre privé et d'ordre public.
Or, le naturalisme prend sa forme la plus flatteuse dans la doctrine des droits de l'homme qui est celle de la Révolution.
C'est bien au nom de la Souveraineté du peuple que s'accomplit, de nos jours, l'œuvre de séduction, sous le couvert du triangle maçonnique, image du Dieu-nature, et avec la devise : Liberté, égalité, fraternité.
Pour exercer cette séduction, la secte se sert de moyens nombreux et variés. Parmi les principaux, il en est deux dont nous devons parler, ici l'enseignement d'Etat laïque et la mauvaise presse. L'enseignement laïque apprend à l'enfant à se passer de Dieu, à le mépriser, à violer ses commandements sans remords.
Saint Jean, dans son Apocalypse, a la, vision d'une femme mystérieuse dont la beauté est céleste : elle va mettre au monde un enfant mâle : un dragon roux se tient prêt à le dévorer. Cet enfant représente la société chrétienne que l'Église doit enfanter.
L'application est facile. Quand un enfant vient au monde, quand il devient, par le baptême, enfant de l'Église, le dragon est là, concrétisé dans la secte maîtresse de l'État sans Dieu : il l'attend pour le saisir et perdre son âme. Tous doivent subir le régime du poison par l'enseignement laïque obligatoire, afin que soit anéantie la civilisation chrétienne, et que le dragon triomphe sur ses ruines.
Saint Vincent de Paul vit un mendiant en train de déformer les membres d'un petit enfant pour le rendre apte à des exercices de saltimbanque. " Misérable s'écria-t-il avec indignation, je vous avais pris pour un homme ! " Il arracha des bras de son bourreau le pauvre petit et le porta à l'œuvre des Enfants trouvés.
Si le Saint vivait de nos jours, témoin de la guerre d'extermination des âmes de millions de petits français par l'école athée, quels frémissements d'horreur ne ressentirait-il pas !
Tout a été dit sur la mauvaise presse, puissant organisme de perversion et de séduction universelle. Mais tous l'ont-ils compris ? La presse qui corrompt les esprits et les cœurs est toujours pernicieuse, mais combien son action est plus désastreuse, quand elle est inspirée et dirigée par une secte organisée avec une habileté infernale en vue de propager partout le poison qui tue les âmes !
Résumé des Conférences données à Bruxelles
aux Membres de la Ligne Apostolique, le 30 Mars 1930
par le R. P. HENRI HELLO,
Docteur en Théologie, Prêtre des Frères de Saint Vincent de Paul.
Nihil obstat
Parisiis-die 3a Sept. 1930
A.GARNIER:
Cens. dep.
Atrebati, die 5 Sept. 1930.
Nihil obstat :
E.LEGRU, S. Th. Dr
Cens. libr.
Imprimatur :
G. GUILLEMANT,
v..e
