C'est ce que Jésus reproche à saint Pierre lorsque celui-ci, ayant quitté la barque pour marcher sur l'eau à sa rencontre, s'est mis à douter. J'ai songé à cette perte de foi soudaine, à ce sursaut de la chair devant l'inconnu; cela me fait penser à un cheval de concours: il a sauté l'obstacle dix fois à l'entraînement, et là, tout d'un coup, il se cabre... Je me suis posé la question de savoir jusqu'où je suis personnellement capable d'aller - au travers des épreuves de ce temps - sans que surgisse en moi la peur instinctive, "primale" dirait-on, qui fait fuir. Je connais une personne qui a décidé de se "remettre en question" depuis qu'elle a rencontré un prêtre qui désire la sainteté et lui a parlé de la souffrance supportée, qui rapproche de Jésus. Après cela, elle a entendu dire que le Pape Jean-Paul II se flagellait "dans le but de mieux ressembler au Christ" - et elle a trouvé cela trop dur à entendre. "Je crois, mais je ne peux pas croire jusque là... pour aimer autrui, il faut d'abord savoir s'aimer soi-même". Ce dernier argument m'a surpris autant que me perturbe la pensée d'un doute soudain.
Malgré tout, il faudra aller jusqu'au bout. Je me dis qu'au moment où la peur apparaîtra, il suffira sans doute que je m'abandonne, que je fasse abstraction de moi - accomplir un "non-mouvement", un "lâcher-tout" et il me semble que c'est à cela qu'il faut s'entraîner: à ne plus avoir le contrôle. Le cheval de mon exemple, s'il s'était laissé guider par le cavalier, il eût sans doute passer par dessus la haie sans difficulté. Et donc, il ne s'agit pas d'avoir plus de volonté, mais de capituler la volonté. J'en dire encore la conclusion finale, c'est que la foi, la vraie foi, n'a que peu à voir avec la conviction, les certitudes, avec l'effort, mais plutôt à l'abandon, à la confiance aimante, à la docilité.
Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Math 14:31)
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etienne lorant
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Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Math 14:31)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- Fée Violine
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Re: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Math 14:31)
Oui. Et pourtant parfois il faut savoir s'accrocher. Mais finalement ce n'est pas incompatible. On peut s'accrocher tout en lâchant prise.
C'est pourtant un bon argument. Mais peut-être pas approprié à la situation, car la pénitence n'est pas (normalement) une haine de soi !Ce dernier argument m'a surpris
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papillon
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Re: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Math 14:31)
Oui, en effet, ce n'est pas incompatible ni contradictoire.Fée Violine a écrit :Oui. Et pourtant parfois il faut savoir s'accrocher. Mais finalement ce n'est pas incompatible. On peut s'accrocher tout en lâchant prise.
S'accrocher dans le sens de 'faire de son mieux', ne pas se décourager, garder confiance, prendre les moyens mis à sa disposition pour s'aider soi-même avec l'aide de Dieu, mais tout en acceptant ce qui vient, faire de son mieux dans le moment présent sans essayer de prendre le contrôle de la vie, de la suite des choses et des événements, car on ne contrôle rien.
S'abandonner ne signifie pas ne rien faire et se laisser couler, mais plutôt dire 'oui' avec foi, amour et confiance à ce que la vie (Dieu) nous envoie et nager avec le courant sans s'agripper.
Fée Violine a écrit :C'est pourtant un bon argument. Mais peut-être pas approprié à la situation, car la pénitence n'est pas (normalement) une haine de soi !Ce dernier argument m'a surpris
La personne en question ne comprenait probablement pas le sens de la mortification. Je ne prétends pas le comprendre tout à fait moi-même
Si je pratiquais moi-même l'autoflagellation, cela n'aurait rien à voir avec la sainteté, ça je le vois très clairement et je le comprends très bien.
Faut tout simplement pas se lancer dans la haute gastronomie quand on a déjà du mal à faire une omelette convenable.
Re: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? (Math 14:31)
etienne lorant a écrit :C'est ce que Jésus reproche à saint Pierre lorsque celui-ci, ayant quitté la barque pour marcher sur l'eau à sa rencontre, s'est mis à douter. J'ai songé à cette perte de foi soudaine, à ce sursaut de la chair devant l'inconnu; cela me fait penser à un cheval de concours: il a sauté l'obstacle dix fois à l'entraînement, et là, tout d'un coup, il se cabre... Je me suis posé la question de savoir jusqu'où je suis personnellement capable d'aller - au travers des épreuves de ce temps - sans que surgisse en moi la peur instinctive, "primale" dirait-on, qui fait fuir. Je connais une personne qui a décidé de se "remettre en question" depuis qu'elle a rencontré un prêtre qui désire la sainteté et lui a parlé de la souffrance supportée, qui rapproche de Jésus. Après cela, elle a entendu dire que le Pape Jean-Paul II se flagellait "dans le but de mieux ressembler au Christ" - et elle a trouvé cela trop dur à entendre. "Je crois, mais je ne peux pas croire jusque là... pour aimer autrui, il faut d'abord savoir s'aimer soi-même". Ce dernier argument m'a surpris autant que me perturbe la pensée d'un doute soudain.
Malgré tout, il faudra aller jusqu'au bout. Je me dis qu'au moment où la peur apparaîtra, il suffira sans doute que je m'abandonne, que je fasse abstraction de moi - accomplir un "non-mouvement", un "lâcher-tout" et il me semble que c'est à cela qu'il faut s'entraîner: à ne plus avoir le contrôle. Le cheval de mon exemple, s'il s'était laissé guider par le cavalier, il eût sans doute passer par dessus la haie sans difficulté. Et donc, il ne s'agit pas d'avoir plus de volonté, mais de capituler la volonté. J'en dire encore la conclusion finale, c'est que la foi, la vraie foi, n'a que peu à voir avec la conviction, les certitudes, avec l'effort, mais plutôt à l'abandon, à la confiance aimante, à la docilité.
Pierre s'est mis à douter quand il s'est vu marcher sur l'eau.
Au lieu de garder ses yeux tournés vers Jésus, il s'est regardé... !
Je n'ai aucune crainte, Etienne, vous saurez vous abandonner.
Et aussi... rendre grâce !
C'est le conseil de Ste Thérèse : l'abandon et la reconnaissance.
Tout remettre en Dieu, et sans plus de crainte, car tout ce qui se passe est sous son contrôle.
Louer Dieu pour tout ce qui nous arrive et le remercier, car tout ce qui se passe arrive pour notre plus grand bien.
Et se laisser transformer par l'Esprit qui, du notre vieil homme que nous sommes, sait comment faire pour que nous devenions citoyens du Royaume, serviteur de Dieu, frère du Christ.
Merci pour vos méditations quotidiennes,
Que le Seigneur vous découvre sa face,
Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
O Jésus, pour Te suivre.
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