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Quand les antisionistes se font infiltrer par les néo paiens

Publié : mer. 27 janv. 2010, 15:15
par Saint Augustin
Un livre a beaucoup « buzzé » en 2009, celui de « l’historien » Paul-Éric Blanrue, sous le titre « Sarkozy, Israël et les juifs », aux éditions Oser dire dirigées par le Belge Marco Pietteur, un éditeur ordinairement spécialisé dans l’homéopathie et les médecines natuelles, mais qui a aussi publié « l’antisioniste » Michel Collon. Se déclarant sans aucune honte censuré en France, l’auteur a fait une vaste campagne sur internet en hurlant à tue-tête qu’on l’empêchait de s’exprimer, laissant supposer que sa non diffusion dans les librairies hexagonales était due au « lobby sioniste » : en réalité, dans son livre, pour ne pas être attaqué en justice, il a malicieusement établi une distinction entre le « lobby sioniste » et le « lobby juif », auquel il prétend ne pas croire…

À ce jour, cette campagne a plutôt bien fonctionné, puisque selon nos informations exclusives, le livre a été vendu à près de 10 000 exemplaires et n’a pas été traîné en justice comme il aurait dû l’être. Pas mal pour un soi-disant « censuré » ! D’autant qu’à ce jour ce petit bouquin d’à peine 200 pages, dont la plupart des références proviennent du Net, est bel et bien vendu dans toutes les librairies ! Et que Blanrue a réussi à mobiliser autour de lui des « antisionistes » notoires, tels que le physicien Jean Bricmont, édité par la maison d’extrême gauche Aden, ou encore Alain Gresch, directeur adjoint du « Monde diplomatique »…

Mais aux côtés de Blanrue, on a vite vu éclore un avocat niçois du nom de John Bastardi Daumont, qui n’a pas tardé à s’illustrer en devenant, en septembre 2009, le défenseur du négationniste Robert Faurisson pour l’affaire du Zénith 2008. Et qui est depuis peu l’avocat de l’humoriste Dieudonné lui-même et même… du terroriste Carlos ! Quelle trajectoire rapide pour quelqu’un dont le nom était inconnu des « antisionnistes » il y a encore un an !

Parlera-t-on d’une étonnante collusion entre les deux hommes, l’un se présentant comme un historien désintéressé, l’autre comme l’avocat des causes perdues ? Pas tant que ça… du tout ! Car le passé trouble (et pas si lointain) de nos deux protagonistes nous éclaire sur leur rapprochement actuel qui a beaucoup intrigué. C’est pourquoi nous allons vous dévoiler ce que ces deux lascards tentent à tout prix de vous cacher.

Commençons par le plus jeune, John Bastardi Daumont. Marié à une avocate, père de deux enfants, demeurant à Nice, il est né le 28 janvier 1979, à Nice (Alpes-Maritimes), dans un famille de pieds-noirs proches de l’OAS. Ses parents sont aussi proches du GRECE (Groupement pour la recherche et l’étude de la civilisation européenne) d’Alain de Benoist, un groupe néo-païen professant un anticatholicisme primaire, un élitisme radical qui tourne le dos à la démocratie, et qui promeut, sans le dire ouvertement, une idéologie rétrograde proche de celle de l’Ordre noir d’Heinrich Himmler. Bastardi Daumont devient très jeune membre du mouvement « Europe Jeunesse », qui initie ses adeptes au paganisme le plus sombre. Il participe à des voyages organisés par le GRECE dans le Péloponnèse ou à Malte, à de longues marches dans la neige (comme le faisaient les « fils de la Louve » du fascisme italien !) et ne rate pas un solstice, ces contre-cérémonies « païennes » se déroulant le jour de la Saint Jean, où on voit souvent flamber, en guise de symboles, des croix celtiques de sinistre mémoire…

Bastardi Daumont fréquente ensuite, durant quelques mois, des groupes écologistes niçois en scission avec les Verts, qu’il essaye d’infiltrer sans succès. Il écrit aussi, sous divers pseudonymes, dans la revue du GRECE, « Éléments ». Ses études à la faculté de droit de Nice achevées, Bastardi Daumont tente de se ranger… mais pas tant que ça ! Ami de Bernard Asso, adjoint au maire de Nice et délégué aux affaires européennes, il devient membre de la GNLF (Grande loge nationale de France), une organisation maçonnique orientée très à droite dans le Midi, et s’acoquine avec le « Milieu » niçois, au point d’être l’intime du Parrain local, ancien président du syndicat des arroseurs de la plaine du Var, Marcel Giordanengo, dit « Marcel la salade », maintes fois accusé d'escroquerie et de trafic d'influence. Mais surtout Bastardi Daumont continue de fréquenter en cachette ses amis de jeunesse et se rend régulièrement à la « Domus », haut-lieu des païens du sud de la France. Preuve qu’il n’a pas changé, sur son profil facebook, garni de plus de 1 500 amis, on peut lire, de temps à autre, des citations du fasciste italien Julius Evola, auteur du livre abominable « Le fascisme vu de droite », sans que personne ne s’avise de le désactiver !

Son rapprochement avec Blanrue s’est fait au moment où celui-ci cherchait à éditer son pamphlet au Moyen-Orient, spécialement au Liban et en Iran. Au cours de l’été 2009, on a ainsi vu Bastardi Daumont prendre un vol pour Téhéran, puis pour Beyrouth, où il signe des contrats pour son client avec des éditeurs en langue arabe…
Comment ces deux-là ont-ils été mis en relation ? On va le voir avec le parcours pour le moins suspect de « l’historien » !
Né le 18 avril 1967 à Metz (Moselle), célibataire sans enfant, demeurant à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et à Venise (Italie), Paul-Éric Blanrue a grandi dans une famille gaulliste dont le père est proche du GODF (Grand-Orient de France). À l’adolescence, Blanrue milite durant trois ans aux « Jeunes RPR », dirigés par François Grosdidier, l’actuel député-maire UMP de Woippy, alors membre actif du…. GRECE, qui va l’y faire entrer, très jeune, dans le plus grand secret. Blanrue ne fréquentera pas, pourtant, l’association « Europe Jeunesse ». À 19 ans, il fait, comme certains membres du GRECE de l’époque, de l’entrisme au Front national, sans beaucoup de succès.

Puis, étudiant en histoire à la faculté de Metz (où il ne finira pas son doctorat, puisque son directeur de recherche trouve trop antichrétien le sujet qu’il lui présente !), il devient l’attaché pour la Lorraine du prince espagnol Alphonse « II », duc d'Anjou et de Cadix, le prétendant légitimiste à la Couronne de France… époux de la petite-fille de Franco ! À ce titre, il écrit pendant plusieurs années (87-90) dans la revue officielle du « prince », la « Feuille d’information légitimiste », dirigée par l’intégriste catholique Daniel Hamiche, et fonde, pour la Lorraine, le « Bulletin lorrain d’information légitisme », dont il est directeur de publication et où figurent la signature de gens aussi douteux que l’animateur de Radio Courtoisie Serge de Beketch ou l’auteur de polars ADG, qui écrit dans l’hebdo d’extreme droite « Rivarol ». Le premier livre de Blanrue, « Lumières sur le comte de Chambord » est d’ailleurs préfacé par le baron Hervé Pinoteau, qui se proclame chancelier d’Alphonse « II ». Mais Blanrue a plus d’une corde a son arc !

Car il appartient aussi, dans le même temps… au GODF (Grand Orient de France), auquel il est initié à 24 ans, au moment même où il fonde le Cercle zététique, un organisme ultra-rationaliste chargé de « démystifier » les mystères du paranormal ! Le grand maître du GODF lui a d’ailleurs accordé une interview dans un numéro futur de la revue de vulgarisation « Historia », où Blanrue travaille depuis la fin des années 90… Comment concilie-t-il l’antichristianisme de ces milieux avec le catholicisme du monde royaliste ? Lui seul le sait ! En tout cas, un fait demeure certain : Blanrue a pris la parole devant l’assemblée générale du GRECE sur le thème de la « censure » en France. Et il n’arrête pas. On le voit aussi en compagnie de l’auteur nauséabond Marc-Édouard Nabe, auteur du « Régal des Vermines », et écrira même pour la revue que sort celui-ci, « La Vérité », où signe un autre de ses amis, le romancier et réalisateur Yann Moix (« Podium »), qui lui fera la préface de son livre « Le Monde contre soi –Anthologie des propos contre les juifs, le sionistes, le judaïsme », édité en 2005 par Frank Spengler, qui n’est autre que l’éditeur… d’Alain Soral ! En 2006, voici Blanrue qui prend sa carte au Parti communiste des Hauts-de-Seine, où on le charge d’écrire les discours des édiles locaux. C’est à cette époque qu’il croise Robert Faurisson, sur lequel il dit aujourd’hui vouloir écrire un livre. Au même moment, il rencontre Carlos au parloir de Fresnes, puis disparaît pendant six mois. Que se sont-ils dit ? Où est-il allé ? On l’imaine aisément.

Tout se rejoint, donc. On aura compris que le point commun des deux « inséparables » que sont devenus Bastardi Daumont et Blanrue est leur appartenance partagée au milieu maçonnique (bien s’il ne s’agisse pas de la même obédience) ainsi qu’au mouvement néo-païen en perte de vitesse, le GRECE – bref ils ont tous deux pour cause l’anticatholicisme le plus foncier. On sait que Blanrue a écrit chez Pygmalion un livre dans lequel il s’en prend à l’authenticité du Suaire de Turin. Les choses sont très claires.

Un dernier point. Où se sont rencontrés Blanrue et Daumont ? Aujourd’hui, les langues se délient : c’est à l’occasion d’un dîner donné chez Alain de Benoist en la mémoire du gangster Albert Spaggiari, auteur de « casse du siècle », commis avec le Parrain marseillais Gaétan Zampa pour le compte d’associations droitières italiennes. Spaggiari, un autre membre du GRECE…comme par hasard !