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Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : ven. 18 déc. 2009, 20:24
par polomnic
Texte de Guy-Marie Bagnard, évêque de Belley-Ars

« A n’en pas douter, l’un des chemins qui ouvre à l’identité nationale passe par l’histoire. C’est dans l’héritage reçu des siècles que se reflète le visage d’une nation. « Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ? »

Que pourrions-nous dire de nous-mêmes et de notre pays si, faute de mémoire, nous ne parvenions pas à nous situer dans le prolongement d’une histoire ? Ce serait le silence ou l’arbitraire d’une parole tirée de l’immédiat !

Ainsi, comme évêque de Belley-Ars, je ne peux ignorer que la présence d’un évêque, identifiée avec certitude par l’histoire dans la Ville de Belley, remonte à l’an 412. Il s’appelait Audax. L’Evêque actuel est le centième d’une lignée qui en compte 99 avant lui.

Ainsi, depuis seize siècles, le christianisme est présent – de façon organisée – sur notre région. Comment, sur une aussi longue durée, l’Évangile n’aurait-il pas façonné le comportement de ses habitants, leur mode de pensée, leur culture, leur vision de l’existence ?

On peut discuter sur le bien fondé de cet impact, mais on ne peut contester les données objectives de l’histoire. Les traces de cet héritage sont là sous nos yeux. Il suffit de voir « ce long manteau d’églises et de cathédrales qui recouvre notre pays pour comprendre que les valeurs chrétiennes ont dû quand même y jouer un rôle », déclarait Nicolas Sarkozy, le 13 décembre 2007. Pourquoi s’en excuser ? Pourquoi s’en défendre puisque nous sommes tout simplement devant une donnée de fait ?

La culture issue de cette imprégnation des siècles est si profondément enracinée qu’elle est devenue comme une seconde nature ; elle fait si bien corps avec chacun d’entre nous qu’elle a ce grave inconvénient de ne plus s’interroger sur les origines où elle a puisé sa sève.

Jean-Paul II avait justement osé dire au Bourget, le 1er juin 1980 : « On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, ce sont là des idées chrétiennes. » S’interroger sur l’identité nationale, c’est donc retrouver le chemin des origines et les assumer comme un creuset qui, au fil des siècles, a forgé l’identité de notre pays.

Cette interrogation conduit à reconnaître que l’un des facteurs majeurs de cette identité, c’est bien le christianisme. Nicolas Sarkozy avait dit au Latran : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes… Une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux, de son histoire commet in crime contre sa culture. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire. »

Il est vrai que le siècle des Lumières a contesté cet héritage, mais il en est resté, malgré lui, profondément imprégné. Le cadre mental dans lequel il exprimait ses « idées nouvelles » continuait à s’alimenter souterrainement à la Source qu’en surface il rejetait ! Sans ce référentiel fondamental, il n’aurait pas pu élaborer la Déclaration universelle des Droits de l’homme, dont l’un des principes fondamentaux est le respect dû à tout être humain. Car tous les hommes sont égaux en dignité. Chacun a donc le droit d’être reconnu pour lui-même, qu’il soit croyant, non croyant, libre penseur, etc…

Et justement, l’esprit de la laïcité s’engage à réunir les conditions permettant aux croyants et aux incroyants de vivre ensemble, la base de cette convivialité étant le respect de la conscience de chacun. Nous sommes typiquement devant la version séculière du message évangélique !

Aussi quand, sur l’horizon qui nous est familier, surgissent d’autres cultures – issues d’autres religions – nous nous interrogeons légitimement sur leur compatibilité avec notre propre identité nationale. Et c’est aussi l’occasion d’avoir une plus claire conscience de ce que veut dire être français. Au nom de cette identité, nous interrogeons l’Islam. Accepte-t-il, dans les faits, la liberté de conscience ? Intègre-t-il, dans le champ social, l’égalité entre l’homme et la femme ? Le respect des consciences va-t-il jusqu’à accueillir le changement de religion sans crainte de représailles ?

Peut-on être tranquillement adepte d’une autre religion dans un pays musulman ? Si la réponse est « oui » pour tel pays, et « non » pour tel autre, alors y a-t-il un organisme officiel qui définit la juste pensée de l’Islam ? Où se trouve la véritable interprétation ? Le Français a besoin de le savoir au moment où son pays accueille cette culture sur son territoire et cela au nom de l’identité nationale.

Car voici, par exemple, ce que je lis sous la plume d’un Père Jésuite égyptien, le Père Boulad, bon connaisseur de l’islam : « Quand un musulman me dit : l’islam est la religion de la tolérance, je lui réponds : parmi les 57 pays musulmans de la planète, cite m’en un seul où la liberté religieuse existe. Si bien que le non-musulman n’a pas sa place. Il est toléré, tout juste, comme dhimmi, mais à part ça, non. La tolérance, pour l’islam, c’est que vous êtes toléré comme citoyen de deuxième zone en tant que chrétien ou juif. Mais en dehors de ça, si vous êtes bouddhiste ou hindouiste, vous n’êtes plus toléré. Vous êtes un kafir, c’est-à-dire carrément un apostat, un impie. [...] »

N’est-ce pas le rappel de l’exigence d’un dialogue en vérité, au moment où l’on s’interroge sur l’identité nationale ? Et cette exigence dépasse largement la discussion sur la hauteur des minarets, même si celle-ci est à prendre aussi en considération. »

Père Guy-Marie Bagnard, Évêque de Belley-Ars
http://catholique-belley-ars.cef.fr/spi ... rticle4628

Ca donnera du baume au coeur à tous les patriotes amoureux de l'identité chrétienne de leur pays. Je salue cet évêque de ne pas tomber pour une fois dans la langue de bois.

Re: Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : sam. 19 déc. 2009, 1:56
par omicron
ESSAI DE REPONSE

L'idée que l'Europe soit à l'origine de la dilution du concept d'identité nationale me semble insuffisante. Cette Communauté Européenne souhaitée après guerre fut au départ un simple prolongement et non un dépassement des identités nationales.
Chaque membre fondateur l'a ainsi fantasmée comme caisse de résonance de ses propres particularismes nationaux, sans trop s'en rendre compte consciemment. (Je reproduis l'hypothèse d'un historien dont j'ai totalement perdu le nom mais qui voit dans cette analyse les incessants tiraillements intra-européens.)
La perte d'importance du concept d'identité nationale est plutôt à rechercher dans une conjonction de facteurs qui se croisent et se recouvrent en partie :
- L'oubli autorisé par le le confort des trente glorieuses qui ont rangé dans un coin de l'inconscient un souvenir nauséeux et vaguement vichyssois.
Mais cet oubli a accouché d'un monstre qui nous taraude aujourd'hui : l'individualisme confortable qui nous coupe de toute communauté et qui nous fragilise.
- L'air du large chanté par un libéralisme coloré à l'américaine et tellement plus glamour que l'humour soviétique qui se tenait à nos portes.
Mais ce libéralisme qui a si bien réussi portait en lui une marchandisation de l'Homme qui a accouché d'un autre monstre qui nous vampirise : le village global.
- L'appel du large martelé par une idéologie libertaire paradoxalement si attachée à l'hédonisme et si désincarnée : L'Individu, l'Homme universel, sans feu ni lieu, débarrassé de ses frontières.
Mais cette idéologie sans frontières a accouché d'un troisième monstre qui nous déstabilise : le relativisme comme horizon obligatoire.
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"Une nation est une âme, un principe spirituel" (Renan), je sais c'est daté, mais je crois encore que cette formule devrait figurer au frontispice de nos bâtiments officiels et Mgr Bagnard a bien raison de rappeler un élément de ce principe spirituel qui trouve sa source dans "la possession en commun d'un riche legs de souvenirs" (Renan encore).
L'exemple qu'il donne en tant qu'évêque de Belley-Ars est une humble et lumineuse illustration de ce legs commun.
En outre, à partir des chiffres qu'il donne concernant son évêché, je note que chaque évêque a officié en moyenne quinze ans, assurément le temps qu'il faut pour laisser une empreinte sur le psychisme de ses ouailles, pour le meilleur, le pire, l'abrupt ou le tempéré.
Emergeait ainsi un petit Français différent du petit Suisse....
Ou du petit Italien.
Cependant cette âme historique est niée ou tronquée par beaucoup de nos contemporains, aidé en cela par un nombre d'intellectuels "post-libertaires" qui résument La France à une série de mots qui tournent autour de l'universalisme : "Universelle", "plurielle", "diverse", "métisse", "multiculturelle".
S'ils savaient à quel point ils font le jeu du libéralisme qu'ils honnissent par ailleurs !
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Tous ces intellectuels qui ont pignons sur media adhèrent à la formule de Renan mais leur mire historique est réglée sur 1789.
Avant 1789 ?
C'était le temps de la barbarie, de l'ombre, de la forêt moyenâgeuse où régnaient les loups féroces et les potentats locaux dominés par des clercs...obscurs.
Bien sûr, tous ces intellectuels qui prêchent pour un multiculturalisme échevelé acceptent une antériorité à 1789 qui se trouve dans les fruits de la Renaissance, la bien-nommée, et dans les philosophes de la Grèce antique.
Sans scrupule, sans vergogne, ils enjambent plus d'un millénaire de Christianisme.
Ce n'est même plus pour eux une terra incognita qu'il s'agirait de redécouvrir, mais une terra indesiderata qu'il s'agit de salir ou d'enfouir.
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Le Christianisme, Mgr Bagnard, n'est pas une racine qui entrerait de ce fait en concurrence avec d'autres racines grecques, arabes ou autre, mais un terreau noble, riche et fertile qui a autorisé que croissent d'antiques racines et que germent de nouvelles, dont celles que vous mentionnez.
Personnellement, je ne pense pas que ce terreau soit devenu stérile et je pense que l'effort qui est le nôtre consiste plutôt à pratiquer une taille sévère dans ce qui a germé grâce à lui.
Tout en gardant à l'esprit la prudence du Christ évoquée dans la parabole du bon grain et de l'ivraie, ainsi que les perversions du Christianisme lorsqu'il s'est pris pour LA racine.
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La confrontation avec l'anthropologie proposée par l'islam, car confrontation il y a, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, nous ramène à notre propre identité, c'est vrai, et je suis abasourdi par les propos enfin lucides que tient cet évêque au sujet de ce système de pensée qui propose un autre rapport au monde à l'intérieur de nos frontières.
Moi-même, je n'aurais pas osé en dire tant sur mon propre blog !
Mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas le seul tremblement qui nous oblige à rechercher à quoi nous raccrocher ; je voudrais rappeler que c'est simplement un des éléments du cocktail détonnant que nous propose la promotion de l'individualisme, de la mondialisation et du multiculturalisme.
Et j'ajoute l'émergence de l'Homme-Objet qui se sent nu comme jamais.
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J'apprécie l'initiative de Mgr Bagnard qui veut réconcilier Christianisme et Lumières. Bien sûr, il n'est pas le premier et c'est même de l'ordre de l'évidence pour quelques uns, mais il faut inlassablement oeuvrer dans le sens de la filiation de ces mémoires pour nous réconcilier avec nous-mêmes.
Certes, nous avons coupé la tête à notre Roi mais il ne faut pas que cela nous prive de mémoire(s) !
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"Une grande agrégation saine d'esprit et chaude de coeur crée une conscience qui s'appelle un nation" (Renan toujours), et une identité nationale qui, si elle n'existe pas, fait drôlement bien semblant !!
A ce sujet je vais m'abriter derrière Pierre-André Taguieff :
"[L'identité est le diable en personne, et d'une incroyable importance] (Ludwig Wittgenstein). Sa démonie tient à ce qu'elle est insaisissable, toujours autre qu'elle n'est pour qui la définit. Entité individuée assimilable à un individu collectif, mais supra-individuelle, l'identité collective résiste à toute approche conceptuelle. Il n'y a toujours pas de science de l'individuel, en quoi l'on ne saurait s'étonner du fait que les identités nationales ne soient pas objets de science. En toute identité collective, le "ce qu'elle est" ne cesse de nous échapper. Mais ce n'est pas une preuve de son inexistence".
Que voulez-vous, je suis bien obligé de voir qu'il se passe en moi quelque chose qui me dépasse chaque fois que les Français foutent une branlée aux All Blacks !...
Ce qui arrive rarement.
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Dans le même discours de 1882, Renan émet l'hypothèse de la disparition des nations : "Les volontés humaines changent : Mais qu'est-ce qui ne change pas ici bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera."
Et c'est vrai que les égoïsmes nationaux qui se sont déchaîné(s) tout au long du XXè siècle et qui perdurent encore invitent au dépassement et à la relecture de nos copies, dont celle de l'identité nationale, sans pour autant avoir à jeter le bébé avec l'eau du bain.
Car l'enjeu de ce qui reste à inventer ou à réactualiser, je ne sais, est toujours le même : permettre ce plébiscite de tous les jours dont parle Renan, en ôtant le côté un peu doloriste de son discours et en le remplaçant peut-être par cette "communauté d'amitié" dont parle François Huguenin dans son livre "Résister au libéralisme".
Que voulez-vous, il en va peut-être des nations comme des couples : n'étant plus obligés de vivre ensemble pour survivre, on cherche à vivre ensemble sur des rapports de qualité et d'amitié, avec des projets partagés.

Re: Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : sam. 19 déc. 2009, 4:16
par Anne
Ben voilà un évèque qui a toute mon admiration!
:clap: :clap: :clap:

Re: Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : sam. 19 déc. 2009, 9:23
par coeurderoy
polomnic a écrit : Ca donnera du baume au coeur à tous les patriotes amoureux de l'identité chrétienne de leur pays. Je salue cet évêque de ne pas tomber pour une fois dans la langue de bois.

Je suis un peu étonné de lire ce mot sous votre plume, polomnic, "la Patrie en danger", ce terme de patriote (que je n'ai jamais apprécié quant-à-moi...) était fort en vogue en 1792, il me semble qu'il a toujours plus ou moins servi à monter les Français les uns contre les autres et relève je crois de la dictature des mots qui permit aussi à certains, lors de l'épuration, de donner des leçons de patriotisme aux "mauvais Français".
J'aime, dans notre Histoire nationale, les périodes magnifiques de reconstruction, réconciliation, espérance : l'après Guerre de Cent ans et la vitalité des années 1500 par ex, la reconstruction d'un royaume dévasté par les Guerres de Religion à partir de 1589, etc...
J'ai peu de temps, mais notre identité nationale, chrétienne, née à Lyon en 177, au baptistère de Reims en 496, à Paris, "Nouvelle Athènes" où convergeaient au XIII ème s. les étudiants de l'Europe entière, à Rouen sur le bûcher de 1431, cette identité est, pour moi, issue du geste de saint Martin à Amiens, de l'action de St Vincent-de-Paul, de celle des hommes et femmes de bonne volonté qui cachèrent des familles juives dans des couvents ou maisons particulières : Amour préférentiel du Christ et de la patrie céleste ; pour le reste je m'estime "Français d'ancienne roche" mais me méfie des vanités cocardières...


Cordialement !

Re: Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : sam. 19 déc. 2009, 11:36
par polomnic
J'admets que le terme patriote peut prêter à confusion. Mais dans mon esprit, il relève de son véritable sens étymologique issu du mot patrie, à savoir la terre de nos pères.
C'est dans son sens charnel qu'il faut l'entendre, et non dans son sens politique issu de la Révolution et de ses valeurs abstraites, qui sont d'ailleurs en contradiction avec le sens de patrie, puisqu'elles sont totalement désincarnées.

C'est bien évidemment comme cela que je l'entends. Et la terre de nos pères était, sans conteste, catholique, avec ses dizaines de milliers de clochers.

Re: Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : sam. 19 déc. 2009, 11:53
par coeurderoy
Il est vrai qu'avant la Révolution "dite française" ;) je ne crois pas qu'on trouve ce terme fréquemment employé : concernant, par exemple les vestiges du patrimoine médiéval auxquels les hommes du XVIIIème s. (via les savantes recherches des Bénédictins de St Maur) commencent à s'intéresser, on parle "d'antiquités nationales". Le concept de Nation - pays de la naissance, avec les devoirs que cela implique, notamment recueillir et transmettre l'héritage de nos pères (et le Seigneur a voulu les nations...) me touche davantage que l'idée de patrie (sans doute parce qu'à partir de 7 ans on m'emmenait chaque 11 novembre chanter l'hymne national devant le Monument aux Morts de mon patelin et que je ne supportais pas, déjà, "Amour sacré de la Patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs !" ni "Que le génie de la Victoire, accoure à nos mâles accents, que nos ennemis expirants voient ton triomphe et notre gloire" !!!!

Remarquez (c'est révélateur) qu'on a viré la Patrie mais qu'on s'est rué tout à coup sur "le Patrimoine", terme sorti des officines notariales (ce qui nous est transmis par nos pères...): lorsqu'on tue le Père, Il revient au galop !!!
Bonne journée à vous ! :)

Re: Identité Nationale par l'Evêque de Belley-Ars

Publié : sam. 19 déc. 2009, 13:58
par coeurderoy
Allez assumons nos emblèmes !!!

Je sais que beaucoup ricanent du Français, associé (disent certains Anglais...) au coq de basse-cour dressé sur ses ergots (et dans son fumier disent les mauvais esprits...).

Rappelons que le Coq qui surmonte nos clochers est symbole chrétien de vigilance (relevant de la vertu de Prudence) : outre le jeu de mot sur Gallus (Coq en latin, et Gaulois...), le coq annonce le retour du soleil, comme le Chrétien annonce au monde la Lumière du Nouveau Testament dissipant les brumes et obscurités de l'Ancien, le Jour de Pâques après la nuit du Vendredi Saint : c'est donc aussi un symbole de Foi !
Dans le Roman de Renart, Chanteclerc est aussi celui qui veille sur les gelines sans cesses menacées par le rusé goupil : son cri prévient les chiens ou le fermier qu'un danger menace le poulailler !

A tout prendre je préfère (malgré les fanfaronnades qu'on lui reproche...) ce brave coq de basse-cour aux aigles bicéphales, lions, léopards et autres ours armés de griffes et de crocs qui figurent dans les armes de plusieurs de nos voisins européens...Les Armes de France étant, rappelons le, le Lys marial, emblème de pureté et de fécondité : en réduisant leur nombre à 3 dès le XIV ème s. on a désiré par ailleurs honorer la Très Sainte Trinité.

Imitons donc, malgré nos travers hexagonaux, les vertus théologales et cardinales symbolisées par ce brave volatile qui pousse sa charité, associé à une bonne sauce, jusqu'à réjouir nos repas de fête !
Cocorico ! :france:

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