Méditations du vendredi 14 décembre

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
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etienne lorant
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Méditations du vendredi 14 décembre

Message non lu par etienne lorant »

1.Jésus est condamné à mort
Par qui est-il condamné ? Par Pilate ? Répondre que c'est Pilate le responsable, c'est oublier le complot. Judas livre Jésus aux Juifs, les juifs n'ayant pas le droit de mettre un homme à mort dans sous l'occupation romaine, livrent Jésus à Pilate, et Pilate qui cherchait à le faire libérer, s'en remit à la foule - à l'applaudimètre. Les disciples se sont enfuis, Pierre à renié trois fois. Dans cette condamnation, qui est innocent ?

2. Jésus est chargé de sa croix.
"Celui qui veut me suivre, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive". Jésus a parlé de la croix bien avant qu'on lui mette la sienne sur le dos. Je me souviens qu'AC Emmerich avait vu le Christ se précipiter vers l'arbre du jardin d'Eden, dont Adam avait mangé le fruit défendu. "Je voyais en même temps, dans une vision opposée, comment Jésus, né de la Vierge Immaculée, se hâtait vers la Croix et la serrait dans ses bras, et comment la descendance de nos premiers parents, souillée et dispersée par la faute d'Eve, retrouvait sa pureté grâce aux souffrances de Jésus il m'a été montre comment la convoitise et ses troubles doivent être extirpés de la chair par les douleurs de l'expiation".

3. Jésus tombe pour la première fois.
Je me souviens qu'avant Jésus, Isaac avait lui aussi porté le bois de son propre sacrifice. Mais comme elle est lourde, la croix de Jésus ! Comme elle pèse encore aujourd'hui du poids du mensonge ! Ce mensonge que l'homme continue d'asséner contre l'homme. En reniant Dieu, ce qu'ont fait les idéologies modernes, c'est simplement augmenter le fardeau qui fait chuter tous les hommes. Pourquoi avons-nous le coeur assez sec pour ne pas écouter la voix qui dit: "Venez à moi, vous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous donnerai du repos". Les crucifix restirés de partout ne font que grandir la Croix.

4. Jésus rencontre sa mère.
Marie est là. Que peut une mère dans une situation aussi tragique ? Ne dîtes pas "rien", mais qu'elle est là ! C'est vrai que les mères, les vraies mères, en tout cas, ont la capacité de souffrir avec leurs enfants blessés, au point que ces enfants reprennent courage rien que pour diminuer sa souffrance à elle. Et désormais, chaque fois qu'un homme affrontera son destin, Marie sera là.

5. Simon de Cyrène aide Jésus.
Un jour, au travers d'une lecture, Jésus me fit savoir que si je voulais continuer, il me faudrait prendre ma part de soufffrances. Aussitôt, je me suis dit: "Mais pourquoi moi, c'est injuste !" - et j'entendis en moi comme une réponse soufflée dans mon coeur: "Et pour moi, est-ce juste ?" C'était en même temps l'écho de ma propre voix, et la voix du Christ souffrant. Aujourd'hui, j'ai bien compris, car cela arrive souvent: porter un temps la sa croix en l'ssociant à celle de Jésus, c'est cela qui assure une vraie sérénité devant tout ce que doit vivre un homme par amour pour Dieu. C'est la souffrance, mais comme du sel sur une plaie, c'est une souffrance à guérison. C'est tout à fait ainsi que j'ai souffert dans la joie quand je fus délivré du tabac.

6. Véronique essue la face de Jésus.
Véronique m'inspire beaucoup. Quelle audace pour se lancer dans les pieds des gardes, afin de rendre à un homme sa figure humaine. Car le visage de Jésus ne devait plus être qu'un voile de sang. Voici un vrai geste d'amour. Voici qui montre combien l'Eglise a besoin des femmes ! Qui peut donner des hommes , sinon les femmes; et qui peut donner des prêtres à l'Eglise, sinon les mères ? Je suis souvent dans l'idée, mais je ne sais comment, qu'il y a un lien entre le mépris des femmes par les hommes, et le fait que l'Eglise rencontre tous ces problèmes de pédophilie qui lui font honte. A côté de cela, je vois souvent combien ma tante, ancienne sacristine, se fait mépriser pour avoir recueilli chez elle un vieux prêtre - ce que fit déjà mon arrière-grand-mère. Les paroissiennes jasent, les prêtres viennent se confesser à lui. Comprenne qui poura.

7. Jésus tombe pour la seconde fois.
Humainement c'est impossible. Comment son coeur n'a-t-il pas laché à ce moment-là ? J'ai ramassé mon père tombé du haut de la première volée d'escaliers (18 marches) menant au premier étage. De loin, comme il ne bougeait plus, je l'ai cru mort. Un ange, le sien, Gabriel, l'aura sauvé et soutenu sa tête et sa nuque ? S'il était mort à ce moment-là, j'imagine les consolations des autres: "Il n'a pas eu le temps de souffir, c'est mieux ainsi." Eh bien non, c'est faux, . Et c'est ce que Jésus me dit par sa seconde chute: um'homme a besoin d'avoir le temps de souffrir avant de mourir - c'est tellement important - non à cause de la souffrance, mais dans l'imitation de Jésus-Christ.

8. Jésus console les femmes de Jérusalem.
Elles ont cru en lui, les voilà qui pleurent et qui crient à cause de lui. Plus tard, cloîtrées dans les monastères, telles les soeurs Clarisses qui ont soutenu ma prière pendant quinze ans, elles s'offriront entièrement pour le salut des pécheurs. Elles désireront et obtiendront du Seigneur, par vif amour, de participer à la souffrance de ce "bois vert" qu'on maltraite,afin que les bois secs soient sauvés du feu éternel.

9. Jésus tombe pour la troisième fois
La troisième et dernière fois. Je me dis que Dieu tombe trois fois puisqu'Il est un et trois. Quand le Fils tombe, le Père a mal avec le Fils, et quand le Père tombe, l'Esprit les suit. Sans doute n'est-ce pas théologique ? Mais si, je crois que oui. Je pense encore à l'ode à l'Amour de saint Paul :
L'amour est patient,
" Il est plein de bonté.
L'amour n'est point envieux
L'amour ne se vante point,
Il ne s'enfle pas d’orgueil.
Il ne fait rien de malhonnête,
Il ne cherche point son intérêt,
Il ne s'irrite point,
Il ne soupçonne point le mal.
Il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité.
Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

L’amour ne périt jamais.

10. Jésus est dépouillé de ses vêtements
La nudité, quand elle n'est pas volontaire, est toujours vécue comme une terrible humiliation, comme l'abandon de la dignité, comme une perte du nom, de la personne, et comme un présage de mort. Combien de maryrs ont subi ce premier supplice ? Mais la foi me dit qu'il faut bien en passer par là, et que la confession ressemble à cela, et qu'il faut y aller de soi-même, car c'est pour revenir en ayant "revêtu" le Christ.

11. Jésus est mis en croix.
"Une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi". Il eut suffi à Jésus de léviter au-desssus des Pharisiens, et tous se seraient mis à genoux. Mais cela , c'est de la magie, du surnaturel de pacotille - bien que les saints aient lévité, j'y crois, mais rarement en public ! Dans l'Evangile, Jésus parle souvent d'abaissement et d'élévation. Les autres luis crient: "Pourquoi ne te sauves-tu pas toi-même ?" Tiens, c'est vrai, lisez et relisez les Evangiles et vous verrez que jamais le Christ n'a accompli un miracle pour se servir lui-même. Pour tous les autres, et pour nous, Il le fait, mais pour lui-même rien.

C'est l'heure que vit David. Il est impossible que le psalmiste n'ait pas vu cette scène pour la décrire aussi précisément:

Et moi, je suis un ver, pas un homme,
raillé par les gens, rejeté par le peuple.
Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
"Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre !
Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami !"
C'est toi qui m'as tiré du ventre de ma mère,
qui m'as mis en sûreté entre ses bras.
A toi je fus confié dès ma naissance ;
dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu.

Ne sois pas loin, l'angoisse est proche,
je n'ai personne pour m'aider.
Des fauves nombreux me cernent,
des taureaux de Basan m'encerclent.
Des lions qui déchirent et rugissent
ouvrent leur gueule contre moi.
Je suis comme l'eau qui se répand,
tous mes membres se disloquent.
Mon coeur est comme la cire,
il fond au milieu de mes entrailles.
Ma vigueur a séché comme l'argile,
ma langue colle à mon palais.

Tu me mènes à la poussière de la mort. +

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m'entoure.
Ils me percent les mains et les pieds ;
je peux compter tous mes os.
es gens me voient, ils me regardent. +
Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l'épée,
arrache-moi aux griffes du chien ;
sauve-moi de la gueule du lion
et de la corne des buffles. "

O Jésus, fis de David, aie pitié de moi, pécheur !

12. Jésus meurt sur la Croix.
"In manus tuas commendo spiritum meum" - Entre tes mains, je remets mon esprit. Il faut que nous apprenions à le dire pour notre propre compte : Jésus, je Te remets mon esprit, moi qui ne suis pas sur la croix, moi qui vis, moi dont tu fais battre mon coeur d'amour: je te remets mon esprit, car j'ai confiance en Toi. Ainsi tout est accompli, dès cet instant, dès maintenatn. Seingneur, en tout ce qui doit m'arriver, j'ai confiance, que puis-je craindre de Celui qui a donné sa vie pour que je vive ?

13. Le corps de Jésus est remis à sa mère.
Retour de la mère, retour de la femme. Marie, on te rend ton Fils. Après ces horreurs, l'humanité peut revenir comme l'air vient dans les poumons qui se déplient. Aujourd'hui vous pleurez, mais demain vous rirez ! Vous me reverrez et votre coeurs se réjouira. Pour Jean commece une vie avec Marie, et Marie lui confiera tant de choses que nous voudrions bien connaître, mais on ne peut apprendre que par amour.

14. Jésus est mis au tombeau
C'était aujourd'hui. Aujourd'hui, Jésus fut mis au tombeau pour partager jusque-là le destin de l'homme et pour le transformer. Jésus au tombeau, c'est la mort vaincue. Il va descendre au séjour des morts et libérer tous les justes qui ont espéré en Lui - et pour moi, aujourd'hui, je vois en premier: saint Jean-Baptiste... et aussi saint Joseph.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Anne
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Re: Méditations du vendredi 14 décembre

Message non lu par Anne »

Très touchant chemin de croix, Étienne!

Merci d'avoir "relevé le défi" lancé et de nous avoir donné cette magnifique méditation! :coeur:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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