Parabole sur la Genèse
Publié : mer. 07 oct. 2009, 13:27
Parabole sur la Genèse.
J’ouvre la bouche en paraboles, j’évoque du passé les mystères (Ps 77,1).
Le Roi vivait avec son fils. Ils ont un invité.
Chez eux, la table est ouverte. Personne ne les a jamais vu séparés parce qu’ils ont toujours été ensemble, liés par une indéfectible amitié.
Quelle vitalité !
Toujours occupés à s’intéresser à un monde nouveau, à construire.
Leur imagination n’a d’égale que leur capacités.
Leur création ne peut que susciter l’admiration infinie.
Leurs conversations mettent en commun un même désir.
Ils créent un univers avec un souffle dynamique dans des particules, une énergie explosive d’où surgit une lumière immense.
Des éléments sortis du néant et infiniment petits se combinent dans un mouvement de danse. Des gaz, des eaux et du solide apparaissent.
Puis bientôt, du vivant qui pousse, se transforme, se reproduit, se régénère sans cesse. Des combinaisons de vie se décomposent pour en reproduire d’autres semblables. Certaines se transforment et après des mutations diverses se reproduisent sous des formes modifiées.
Le Roi, son fils et leur invité ont depuis toujours un rêve d’une fête ouverte à un grand nombre d’amis qui viendront partager leur joie, leur vie, leur communion.
Après trois jours de création, lorsqu’il y a déjà, dans leur univers tout neuf, de la lumière, des eaux et des planètes, des plantes vivantes, ils décident de créer une terre pour y créer des humains à leur image et à leur ressemblance.
Dans l’explosion de vie de l’univers, voilà qu’apparaît un ensemble de planètes façonnées avec une terre. Tout est mis en place, elle est placée dans la lumière et dans l’orbite d’un grand luminaire qui éclairera ses jours et lui donnera la meilleure des chaleurs, il y aura un petit luminaire qui éclairera un peu ses nuits avec toutes les autres planètes lointaines et leur système qui serviront d’étoiles dans le ciel de cette petite terre.
Pour préparer la venue de l’humain, il ne suffit pas d’avoir du vivant qui se reproduit, il faut aussi du mouvement. La vie est mouvement. Alors, sur la terre, des êtres vivants passent de l’état statique des plantes à un état animé, tant dans les eaux que sur le sol sec.
De générations en générations, de nouvelles espèces surgissent par l’évolution et des mutations, d’innombrables combinaisons qui différencient sans cesse les vivants.
Ces vivants s’adaptent aux autres vivants et aux choses qui les entourent. Leur intelligence ne cesse de grandir. Ils s’organisent et exploitent sans cesse ce qui les entourent pour mieux satisfaire leurs besoins et leurs désirs.
Déjà, parmi eux, le fils du Roi ne cesse de travailler avec son père et leur invité pour préparer la venue de leur rêve commun.
Parmi tous les êtres animés qui se transforment au fil des siècles, une lignée est façonnée tout spécialement. Elle est bichonnée comme un berceau pour un futur bébé attendu avec confiance, espérance et amour.
Ils sont déjà tellement beaux et intelligents. A chaque génération, ils semblent s’améliorer et c’est toujours tellement bien, tellement mieux.
Dans la lignée qui prépare le rêve, ils chassent et ils cueillent, ils ont découvert le feu, ils ont appris à tailler des outils, ils se construisent des habitats, ils dessinent avec brio des évènements de leur vie, ils savent que leur vie se renouvelle sans cesse, ils enterrent ceux qui arrêtent de respirer et entourent de milles soins les nouveaux qui naissent.
Comme les plantes et tous les autres êtres animés, comme toutes les cellules qui composent leur corps, ce n’est pas la mort qui les atteint, mais un renouvellement profond permanent. Une perpétuelle transformation.
Le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas. Il se décompose pour rejaillir en épi nouveau. La particule qui était hier d’un corps animal se retrouve demain dans une plante. Rien ne se perd. Tout élément du vivant dans une forme quitte cette forme et revient dans une autre. Les formes elles-mêmes perpétuent leur renouvellement à l’identique avec parfois une mutation qui fait surgir une forme nouvelle.
Tout est presque prêt pour l’accomplissement du rêve. La création d’un semblable qui va pouvoir vivre avec le Roi, son fils et leur invité. Quelle joie !
Dans la lignée qui prépare le rêve, il paraît qu’il s’agit d’homo sapiens, voici que naît un mâle. Il est entouré d’affection. Son père et sa mère le protègent, le nourrissent. Il apprend à chasser, à construire des outils et des huttes pour s’abriter. Il rit quand un ami dessine une scène de la vie quotidienne sur un mur. Il s’adapte avec prudence aux choses et à ceux qui l’entourent. Il sait que la nature se renouvelle sans cesse. Parfois, on enterre ceux qui ont cessé de bouger.
Ce petit mâle sera appelé Adam.
Un jour, il rencontre une petite voisine sympathique qui sera appelée Eve. Elle est comme lui, partage la même existence.
Mais, ils sont seuls, l’un comme l’autre. Seul dans la réalité terrestre où ils ne sont que de passage, sans vie personnelle durable, sans lien pour résister au temps.
Mais, le Roi, son fils et l’invité se regardent. Il est temps d’achever notre travail, de réaliser notre rêve, de faire un humain à notre image et à notre ressemblance.
Le vivant est devenu très complexe. Adam et Eve ont un ADN composé de plus de trois milliards de paires de gênes qui viennent de leurs parents. Adam a un chromosome Y qui lui vient de ses ancêtres masculins. Ils ont tous deux, dans chacune de leurs cellules, des mitochondries différentes qui leur viennent de leurs ancêtres féminins respectifs, de mère en fille, qui leur permettent d’utiliser l’oxygène pour le transformer en énergie.
Dans la nature, un agent mutagène pénètre dans le sang d’Adam et se généralise à toutes les cellules de son être. Il est atteint d’une torpeur. Mais ce n’est pas une maladie, ni un mal. C’est une volonté du Roi, de son fils et de l’invité.
Il se rapproche de Eve. L’agent mutagène qui est en Adam passe chez Eve. Dans cet échange, resté unique dans l’histoire, se produit un triple effet.
En trois. La torpeur quitte Adam et l’agent mutagène produit une mutation physique majeure en lui.
En deux. Au même moment, la même mutation physique majeure se produit chez Eve, envahie par le même agent mutagène transmis par Adam. La rencontre amoureuse est intense.
En un. Quoi d’étonnant si l’invité s’y incruste avec la complicité du Roi et de son fils. Au cœur même de la rencontre, l’invité y fait naître un souffle, un amour semblable à celui qu’il partage depuis toujours avec le Roi et son fils, une confiance parfaite et une espérance illimitée. La vie remplit leur être.
Ils n’étaient que poussière du sol. Ils n’étaient que deux. Les voici un. Voici deux personnes uniques en communion entre elles et avec leur créateur.
La mort n’existe pas désormais dans cette nouvelle réalité. La transformation naturelle des êtres ne porte aucune atteinte à ces deux personnes nouvelles qui ne font qu’un. L’humanité est créée.
Elle est en parfaite harmonie. Elle a toute la vie et toute la connaissance de Dieu en elle. Adam et Eve sont immortels. Rien ne peut leur faire du mal. Tout leur est soumis. Ils n’ont besoin d’aucune protection contre un risque extérieur quelconque, d’aucun vêtement, ni pour leurs corps, ni pour leur âme, ni pour leur esprit. L’harmonie est totale.
Harmonie avec la réalité terrestre. Harmonie aussi avec la réalité spirituelle. Harmonie avec Dieu.
Ils voient la réalité corporelle avec les yeux de leur corps, ils perçoivent les réalités immatérielles du monde terrestre avec le cerveau et la sensibilité de leur chair. Ils voient et perçoivent aussi la réalité spirituelle dans laquelle ils vivent et dialoguent avec le Roi, son fils, leur invité et des anges. Eux aussi ont été créés, mais ils n’ont pas le privilège d’un corps terrestre.
Quelle beauté infinie !
Mais, dans cette réalité spirituelle, un drame se prépare. Le Roi, son fils et son invité n’ignorent rien du complot qui menace. Ils savent que tout est grâce. Tout est bon.
Ils savent que la liberté qui habite la vie va soumettre la création à un ultime passage. Le fils est déjà prêt. Il a le soutien indéfectible de son père et de l’invité. La réussite finale est certaine.
J’ouvre la bouche en paraboles, j’évoque du passé les mystères (Ps 77,1).
Le Roi vivait avec son fils. Ils ont un invité.
Chez eux, la table est ouverte. Personne ne les a jamais vu séparés parce qu’ils ont toujours été ensemble, liés par une indéfectible amitié.
Quelle vitalité !
Toujours occupés à s’intéresser à un monde nouveau, à construire.
Leur imagination n’a d’égale que leur capacités.
Leur création ne peut que susciter l’admiration infinie.
Leurs conversations mettent en commun un même désir.
Ils créent un univers avec un souffle dynamique dans des particules, une énergie explosive d’où surgit une lumière immense.
Des éléments sortis du néant et infiniment petits se combinent dans un mouvement de danse. Des gaz, des eaux et du solide apparaissent.
Puis bientôt, du vivant qui pousse, se transforme, se reproduit, se régénère sans cesse. Des combinaisons de vie se décomposent pour en reproduire d’autres semblables. Certaines se transforment et après des mutations diverses se reproduisent sous des formes modifiées.
Le Roi, son fils et leur invité ont depuis toujours un rêve d’une fête ouverte à un grand nombre d’amis qui viendront partager leur joie, leur vie, leur communion.
Après trois jours de création, lorsqu’il y a déjà, dans leur univers tout neuf, de la lumière, des eaux et des planètes, des plantes vivantes, ils décident de créer une terre pour y créer des humains à leur image et à leur ressemblance.
Dans l’explosion de vie de l’univers, voilà qu’apparaît un ensemble de planètes façonnées avec une terre. Tout est mis en place, elle est placée dans la lumière et dans l’orbite d’un grand luminaire qui éclairera ses jours et lui donnera la meilleure des chaleurs, il y aura un petit luminaire qui éclairera un peu ses nuits avec toutes les autres planètes lointaines et leur système qui serviront d’étoiles dans le ciel de cette petite terre.
Pour préparer la venue de l’humain, il ne suffit pas d’avoir du vivant qui se reproduit, il faut aussi du mouvement. La vie est mouvement. Alors, sur la terre, des êtres vivants passent de l’état statique des plantes à un état animé, tant dans les eaux que sur le sol sec.
De générations en générations, de nouvelles espèces surgissent par l’évolution et des mutations, d’innombrables combinaisons qui différencient sans cesse les vivants.
Ces vivants s’adaptent aux autres vivants et aux choses qui les entourent. Leur intelligence ne cesse de grandir. Ils s’organisent et exploitent sans cesse ce qui les entourent pour mieux satisfaire leurs besoins et leurs désirs.
Déjà, parmi eux, le fils du Roi ne cesse de travailler avec son père et leur invité pour préparer la venue de leur rêve commun.
Parmi tous les êtres animés qui se transforment au fil des siècles, une lignée est façonnée tout spécialement. Elle est bichonnée comme un berceau pour un futur bébé attendu avec confiance, espérance et amour.
Ils sont déjà tellement beaux et intelligents. A chaque génération, ils semblent s’améliorer et c’est toujours tellement bien, tellement mieux.
Dans la lignée qui prépare le rêve, ils chassent et ils cueillent, ils ont découvert le feu, ils ont appris à tailler des outils, ils se construisent des habitats, ils dessinent avec brio des évènements de leur vie, ils savent que leur vie se renouvelle sans cesse, ils enterrent ceux qui arrêtent de respirer et entourent de milles soins les nouveaux qui naissent.
Comme les plantes et tous les autres êtres animés, comme toutes les cellules qui composent leur corps, ce n’est pas la mort qui les atteint, mais un renouvellement profond permanent. Une perpétuelle transformation.
Le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas. Il se décompose pour rejaillir en épi nouveau. La particule qui était hier d’un corps animal se retrouve demain dans une plante. Rien ne se perd. Tout élément du vivant dans une forme quitte cette forme et revient dans une autre. Les formes elles-mêmes perpétuent leur renouvellement à l’identique avec parfois une mutation qui fait surgir une forme nouvelle.
Tout est presque prêt pour l’accomplissement du rêve. La création d’un semblable qui va pouvoir vivre avec le Roi, son fils et leur invité. Quelle joie !
Dans la lignée qui prépare le rêve, il paraît qu’il s’agit d’homo sapiens, voici que naît un mâle. Il est entouré d’affection. Son père et sa mère le protègent, le nourrissent. Il apprend à chasser, à construire des outils et des huttes pour s’abriter. Il rit quand un ami dessine une scène de la vie quotidienne sur un mur. Il s’adapte avec prudence aux choses et à ceux qui l’entourent. Il sait que la nature se renouvelle sans cesse. Parfois, on enterre ceux qui ont cessé de bouger.
Ce petit mâle sera appelé Adam.
Un jour, il rencontre une petite voisine sympathique qui sera appelée Eve. Elle est comme lui, partage la même existence.
Mais, ils sont seuls, l’un comme l’autre. Seul dans la réalité terrestre où ils ne sont que de passage, sans vie personnelle durable, sans lien pour résister au temps.
Mais, le Roi, son fils et l’invité se regardent. Il est temps d’achever notre travail, de réaliser notre rêve, de faire un humain à notre image et à notre ressemblance.
Le vivant est devenu très complexe. Adam et Eve ont un ADN composé de plus de trois milliards de paires de gênes qui viennent de leurs parents. Adam a un chromosome Y qui lui vient de ses ancêtres masculins. Ils ont tous deux, dans chacune de leurs cellules, des mitochondries différentes qui leur viennent de leurs ancêtres féminins respectifs, de mère en fille, qui leur permettent d’utiliser l’oxygène pour le transformer en énergie.
Dans la nature, un agent mutagène pénètre dans le sang d’Adam et se généralise à toutes les cellules de son être. Il est atteint d’une torpeur. Mais ce n’est pas une maladie, ni un mal. C’est une volonté du Roi, de son fils et de l’invité.
Il se rapproche de Eve. L’agent mutagène qui est en Adam passe chez Eve. Dans cet échange, resté unique dans l’histoire, se produit un triple effet.
En trois. La torpeur quitte Adam et l’agent mutagène produit une mutation physique majeure en lui.
En deux. Au même moment, la même mutation physique majeure se produit chez Eve, envahie par le même agent mutagène transmis par Adam. La rencontre amoureuse est intense.
En un. Quoi d’étonnant si l’invité s’y incruste avec la complicité du Roi et de son fils. Au cœur même de la rencontre, l’invité y fait naître un souffle, un amour semblable à celui qu’il partage depuis toujours avec le Roi et son fils, une confiance parfaite et une espérance illimitée. La vie remplit leur être.
Ils n’étaient que poussière du sol. Ils n’étaient que deux. Les voici un. Voici deux personnes uniques en communion entre elles et avec leur créateur.
La mort n’existe pas désormais dans cette nouvelle réalité. La transformation naturelle des êtres ne porte aucune atteinte à ces deux personnes nouvelles qui ne font qu’un. L’humanité est créée.
Elle est en parfaite harmonie. Elle a toute la vie et toute la connaissance de Dieu en elle. Adam et Eve sont immortels. Rien ne peut leur faire du mal. Tout leur est soumis. Ils n’ont besoin d’aucune protection contre un risque extérieur quelconque, d’aucun vêtement, ni pour leurs corps, ni pour leur âme, ni pour leur esprit. L’harmonie est totale.
Harmonie avec la réalité terrestre. Harmonie aussi avec la réalité spirituelle. Harmonie avec Dieu.
Ils voient la réalité corporelle avec les yeux de leur corps, ils perçoivent les réalités immatérielles du monde terrestre avec le cerveau et la sensibilité de leur chair. Ils voient et perçoivent aussi la réalité spirituelle dans laquelle ils vivent et dialoguent avec le Roi, son fils, leur invité et des anges. Eux aussi ont été créés, mais ils n’ont pas le privilège d’un corps terrestre.
Quelle beauté infinie !
Mais, dans cette réalité spirituelle, un drame se prépare. Le Roi, son fils et son invité n’ignorent rien du complot qui menace. Ils savent que tout est grâce. Tout est bon.
Ils savent que la liberté qui habite la vie va soumettre la création à un ultime passage. Le fils est déjà prêt. Il a le soutien indéfectible de son père et de l’invité. La réussite finale est certaine.